Tag

autohelm

Browsing

Après avoir passé presque un mois à Salerne, nous reprenons la route pour Agropoli, d’où nous visiterons Paestum. Nous irons ensuite à Palinuro, Sapri, les îles éoliennes dont Stromboli, Tono et nous terminerons notre periple à Termini Imerese.

21 août 2018

Sur le chemin, une corde du lazy jack (pour les non-marins, il s’agit d’un arrangement pour retenir la grande voile quand on la fait tomber, histoire qu’elle ne se mette pas partout), se coince dans le système de la grand voile, et Pierre me fait monter à la moitié du mat pour la décoincer. La côte est encore loin et les vagues petites donc tout se passe sans de problème. C’est la première fois que je monte au mat, à cause de mon vertige, et bizarrement je n’ai pas eu peur.

En regardant ce qu’il y a visiter dans la région, je remarque Paestum et cherche un mouillage correct à proximité. Voilà pourquoi nous partons à Agropoli. Nous y resterons assez longtemps pour d’autres raisons que son charme.

Agropoli

Le mouillage se trouve juste à coté du port, et du quai où s’arretent les ferrys. Il y une très grande falaise et la hauteur d’eau est très réduite, de 3 mètres à 50 cm juste devant la plage.

Tout d’abord nous ne sommes pas très sur de vouloir y mouiller à cause de cette profondeur. Nous souhaitons aller jeter un coup d’oeil au mouillage de l’autre coté de la falaise. Nous essayons de mettre la marche arrière, rien ne se passe. Marche avant, toujours rien. Oh oh, que se passe-t-il encore avec ce moteur. On entend du bruit, ce qui nous fait dire qu’il y a de la puissance.

Vite jetons l’ancre pour aller voir, heureusement, nous sommes bien placer par rapport à la falaise et à la digue et il y assez de profondeur pour nos 90 centimètres de tirant d’eau.

Nous examinons la commande, ca va, on retirons le cache, ca va. Qu’est ce que ça peut bien être. Nous relevons le moteur et surprise ! Il n’y a plus d’hélice. Comment ? Pourquoi ? Où est-elle tombée? Pierre essaye de chercher dans la petite baie mais on n’y voit rien à cause des algues. Par précaution, il vérifie l’ancre et pousse dessus pour l’enfoncer un maximum.

Avant de partir d’Espagne, nous avions changer l’hélice pour en acheter une plus adaptée à notre bateau et avions garder l’ancienne à bord. Mais il manque une petite pièce en plastique qui la bloque. C’est surement ce qui a du casser ou tomber et qui nous a fait perdre notre hélice.

Il descend du bateau et demande à un loueur de petits bateaux à moteur s’il connait un mecano disponible rapidement et le loueur dit qu’il peu l’aider, qu’il pense avoir la pièce chez lui. Problème, nous sommes au mois d’aout et il est débordé.

Finalement il n’a pas eu le temps de chercher où il n’a pas la bonne pièce, nous sommes et nous sommes donc contraints de passer la nuit ici sans moteur fonctionnel. Nous ne dormons pas très bien même si le vent est très faible.

Le lendemain, un samedi, nous partons faire tous les magasins pour bateau afin de chercher cette pièce, nous cherchons tous les mécaniciens sur le port. Personne ne semble avoir cette pièce. Finalement, en fin de journée, après avoir marcher nos 10000 pas, nous trouvons enfin un magasin qui appelle un autre magasin qui a cette pièce. Houra !! Nous sommes sauvés. Nous aurions eu l’air bien bête si nous avions échoué le bateau à cause d’une pièce à moins de 5 euros.

Après ce grand tour d’Agropoli, nous avons repéré pas mal de point interessant pour nous. Comme un snack qui vend des pizzerias à la part, un resto qui sert des fruits de mers frits, des boucheries, des poissoneries où les crustacés et coquillages ne coutent rien, des glaces, un spar pas très loin où nous irons très souvent, une machine à laver dans le port, des magasins de téléphonie pour acheter des cartes prépayées,…

Et tenez vous bien, Pierre a pu manger des vraies pâtes carbonara !

La ville a un charme qui nous a conquit. La vue depuis la falaise sur notre mouillage est incroyable, surtout avec le coucher du soleil.

Nous visitons le chateau un jour où il y a un mariage et nous sommes impressioné par l’équipe de photographes et vidéastes. Ils ne rigolent pas avec ça ici. Il y a un photographe et son assistant, bon ca d’accord, puis un cameraman qui filmait le shooting, et une personne qui pilotait un drône.

Un soir, nous sommes tranquillement installés dans le carré, et nous soupons. Nous apercevons un orage dans les nuages, bien au dessus de nous et qui s’éloigne. On se dit « C’est quand même joli les éclairs », et je prend quelques photos. Le temps est calme et la météo n’annonce rien de spécial.

Puis au milieu de la nuit, nous sommes reveillés par le vent qui monte et l’orage qui après avoir fait un petit tour, est revenu dans la baie.

Le vent souffle de plus en plus fort et tire tellement sur la pate d’oie (la corde attachée à l’ancre), qu’on se demande si notre celle-ci n’a pas laché. Rappelons que quelques mètres plus loin il n’y a que 50 cm d’eau et quelques cailloux dans le fond.

Et il se met à dracher, nous nous cachons à l’intérieur et strutons par la fenetre notre point de repère sur le quai pour verifier si nous reculons. Pierre sort une première fois pour préparer notre deuxième ancre, au cas où nous glisserions. Il rentre complètement trempé et retire ses vetements de gros temps. La voile d’avant, que nous laissons au cas ou le moteur lache se lève à cause de la force du vent. Pierre ressort une nouvelle fois pour la rentrer.

Les éclairs fusent dans tous les sens et nous comptons les secondes entre le flash et le tonerre. L’orage est juste au dessus de nous. Nous prions pour qu’il ne frappe pas sur notre mat. Normalement ça ne devrait pas arriver, il y a des points beaucoup plus haut.

Le vent forcit encore… de combien ? On se saura jamais, foutue girouette. On ne parvient plus à voir notre point de repère sur le quai car le vent crée des vagues et emporte l’eau avec lui. Nous pensons y voir un vent de force 8-9, quelque chose comme 45 noeuds.

Heureusement, le coup de vent ne reste pas longtemps et l’ancre a tenu. En fait, nous avons encore eu beaucoup de chance car en tournant, la chaine s’est coincée entre des blocs qui avaient été placés dans le fond pour des bouées.

C’est une nuit donc nous nous souviendrons. Nous sommes tellement heureux d’avoir changer l’ancre et rectifier son attache.

Allez, nous sommes déjà rester assez longtemps ici, il est temps de partir.

Nous regardons la météo. Elle annonce une période calme et puis un peu de vent. Mais avec les orages fréquents, nous préférons tenter cette fenetre.

Et voila nous quittons la baie au moteur, nous avançons pendant 30 minutes et puis le moteur commence a grincer. Pas bon ça… Obligés de faire demi-tour.

Notre place est toujours libre. Personne a part nous ne pourrait si mettre.

Nous demandons au loueur de petits bateaux ce qu’on peut faire et il nous propose de le réparer pour nous dans son atelier. Il manque encore une pièce. Nous lui demandons aussi de vérifier le carburateur et de voir pourquoi le moteur galère autour. Il nettoie tout et change les bougies et notre moteur remarche de nouveau ! Il n’est toujours pas parfait, mais ca fera l’affaire.


Puisque nous sommes encore coincés ici, nous en profitons pour commander un nouveau pilote automatique sur Ebay. Et la version au dessus tant qu’à faire. Nous galèrons à trouver une adresse où la livrer, le port est tout le temps fermé, le shipchandler aussi. Finalement, nous demandons conseil au point d’information que nous voyons depuis le bateau. Comme la poste est un peu loin à pied, ils nous autorisent à utiliser leur adresse.

Nous commandons donc notre pilote et le jour de la livraison nous sommes à bord à observer la petite cabane. Nous voyons une camionnette s’arrêter devant et Pierre se dépêche de sauter dans le dinghy et rame jusqu’à l’escalier.

Il revient bredouille. Ce n’était pas la même personne au point d’info et elle n’avait pas été mise au courant. Nous rappelons le service de livraison et ils finissent pas re-planifier pour le lendemain matin entre 9 et 13h.

Le lendemain, nous sommes dès 8h sur la terrasse à coté du cabanon à prendre un petit déjeuner. Et nous attendons ce camion. Les heures passent, toujours rien. Pierre travaille depuis une table de café et puis depuis un banc. 13 heures passent et le camion n’est toujours pas arrivé. Nous ne pouvons appeler le service car c’est l’heure de leur pause. A 14h je vais chercher une pizza à 6euros. Nous reverifions le site de suivi et les heures ont été mis à jour. Nous voyons un premier camion passer et aller directement au port, mais ce n’est pas le notre. Puis finalement a 15h30 notre colis arrive.

Il est temps de l’installer

Le nouveau pilote automatique placé sur la direction

Rester un peu plus longtemps n’est pas si grave car nous retrouvons nos amis allemand, Damijana et Peter. Nous décidons partir ensemble pour Palinuro

Selfie avec Damijana et Peter

Paestum

Par un bus ou un train au départ d’Agropoli, il est possible d’aller visiter les ruines grecques de Paestum. Ils sont forts ces grecs, ils construisent des temples même ici.

Sur la route vers l’arrêt de bus, nous sentons une bonne odeur venant d’un resto et le patron ne tarde pas à nous accoster. Comme il est l’heure de manger et que Pierre commence à être grognon, nous cédons. Notre italien étant toujours approximatif, la serveuse prend notre commande en français. Après notre repas, le patron revient et nous apprenons au fil de la discussion qu’il a vécu en Belgique et même parié pour elle à la coupe du monde. Il nous offre ensuite un livre sur la réserve naturelle du Cilento dont Agropoli fait partie. Il nous conseille notre prochaine destination : Palinuro.

Le ventre plein, nous sommes prêt à visiter Paestum. Nous ne connaissions pas cette ville qui fut fondée au 7ème siècle avant J-C. Elle s’appelait Poseidonia au temps des grecs. Nous avions apprécié pouvoir marcher dans ces grands monuments. En plus, il n’y avait vraiment pas beaucoup de gens, et moins de barrières donc c’était plus facile à se projeter. L’entrée est à 9 euros, enfin à ce jour en 2018.

Palinuro

09 septembre 2018

Après une navigation sans vent, nous arrivons juste avant la tombée du jour à Palinuro et ancrons dans la baie de Buon Dormire. Ca présage une bonne nuit ça non ? Au rêveil, nous profitons d’une eau turquoise et de la visite de petits poissons en aiguille très bizarres.

Nous devons aller faire les courses et il y a un petit magasin dans la ville. Mais pour y arriver, c’est La Croix et la banière. Nous laissons notre dinghy sur une plage et sortons le vélo. Il faut retrouver le chemin en empruntunt un escalier exigu dans la petite falaise. Puis il faut traverser un petit ruisseau. Je monte ensuite sur le porte bagage et nous traversons un grand parking/camping ou ce qui y ressemble. Puis une longue route et enfin nous rejoignons le magasin. Qui ferme pour l’âpres-midi dans 5 minutes ! Vite vite ! Le retour fut encore plus fatiguant et inconfortable.

Quelques heures plus tard, nous décidons de partir à la recherche d’une grotte dans la falaise. Peter et Damijana ont tenté l’expédition juste avant mais ont fait demi tour car il n’avait pas assez d’essence dans leur dinghy.

Nous passons devant un petit creux dans la roche où il fait bien frais. Nous progressons très lentement en cherchant cette grotte grâce au point et photos de Google Map. Nous voyons un petit trou dans la roche mais ça ne ressemble pas à ça. Nous continuons, toujours rien. Après un tournant, les vagues deviennent soudain trop grosse pour le dinghy et une nous trempe de la tête au pied. Il est temps d’abandonner. Tant pis. L’entrée n’est sûrement pas accessible avec ces vagues.

Sapri

12 septembre 2018

Nous continuons notre dèscente progressive vers la Sicile, toujours suivi par nos amis.

Pierre a depuis quelques semaines des problèmes pour plonger et nous cherchons un médecin pour regarder à ca. Mais nous ne trouvons personne et finissons par nous rabattre sur une pharmacie où ils nous donnent de quoi lui nettoyer les sinus.

Le soir, nous nous installons dans un bar à cocktails où nous profitons de la vue sur le bateau et d’un bon mojito.

Le lendemain, nous disons au revoir et souhaitons bon vent à Damijana et Peter qui s’en vont vers les îles éoliennes. Nous attendons encore quelques jours, en espérant avoir un peu de vent car nous en avons marre de faire du moteur.

Plus tard, notre voisin, un autre allemand (décidément) sur un catamaran Leopard nous invite à boire vient nous dire bonjour, et nous l’invitons à bord pour un verre. Il nous retournera l’invitation le jour suivant et nous découvrons son bateau et son chien.

17 septembre 2018

Nous redémarrons et continuons notre route. La côte est assez plate, la première nuit en jetant l’ancre à Scaléa.

Ensuite, nous avançons jusqu à mouiller juste avant un port où nous sommes de nouveau voisin avec l’allemand. Mais pas le temps de boire un verre, nous prenons le dinghy pour aller nous ravitailler dans un Lidl à 1 miles. C’est bien long !! Les prix nous parraissent bien cher par rapport aux autres magasins. Pourtant en Espagne, les Lild étaient moins chers que tous les autres. Le trajet retour se déroule dans la nuit noire.

3 ème jourée de navigation au bout de laquelle nous jetons l’ancre près d’amantea, il n’y a pas vraiment de protection, mais pas de vent non plus et on est très fatigué.

La journée suivante, nous nous dirigeons vers Vibo Marina. Nous avons un peu de vent qui s’engouffre entre deux montagnes et accélère. C’est très chouette mais nous stressons quand même un peu que les prévisions météo ne soient pas corrects une fois de plus et que le temps se gâtent. Il nous reste 10 miles à notre trajet du jour quand nous voyons des orages en face. On aperçoit même les colonnes de pluie. On met le moteur en plus de la voile pour arriver avant que le temps ne se gate.

Sur la mer, on voit un couloir où le vent est plus fort qui s’approche de nous. Par précaution, et aussi pour le tester, nous prenons un ris. En réalité, ca équivaut à deux ris car notre voile est trop petite pour notre bateau. Le vent n’augmente pas drastiquement mais au moins nous aurons testé le ris.

Nous nous arrêtons dans la crique derrière le port, et au petit matin, on se fait réveiller par la Garde côtière ! 3 ème fois en 6 mois, ils nous aiment ! Nous n’avions pas le papier de renouvellement de l’assurance mais ils nous ont laissés tranquilles et nous demande de l’envoyer par mail, ce que nous avons bien sur fait. Pierre tente de récupérer une ancre abandonnée mais son problème au sinus l’empêche de plonger à 5 mètres. Et moi je ne sais toujours pas aller si profond.

Nous avons un petit doute sur le fait que notre lumière de mat fonctionne et nous décidons de passer une nuit au port. Nous amarrons le bateau, lançons des machines à laver puis je monte au mat. C’est la première fois que je monte tout en haut. Je ne fait pas grand chose mais ça se passe bien. Pierre essaye de réparer notre ancienne girouette à pression qui semble juste déconnectée de l’intérieur. Mais rien n’y fait. Nous sommes toujours sans girouette.

Stromboli et les îles éoliennes

22 septembre 2018

Il est temps de traverser vers Stromboli. La météo est plutôt bonne, il n’y a pas de vent violent qui pourrait venir du canal de Messine. Tout se passe bien, on voit quelques ferrys.

A quelques miles de l’île, on pense apercevoir des dauphins. Ils ne viennent pas jusqu’au bateau. C’est dommage mais vu que c’est la première fois depuis la traversée Minorque – Corse, ça compte quand même.

Approcher d’un volcan à la tombée du jour, c’est très impressionnant. On voit des coulées figées noires sur les flans. Pierre sort  » Ca ressemble à Jurassic Park ». C’est vrai qu’on s’attendrait presque à voir un ptérodactyle au dessus du cratère.

On se rapproche du mouillage trouvé sur Navily. Il est assez proche du petit port. On voit plein de bateaux de l’autre coté. Saurait-il quelque chose qu’on ne sait pas. Ce dont on est surs, c’est qu’il ne faut pas mouiller au nord ouest de l’île, c’est d’ailleurs indiqué sur la carte car il y a des risques de propulsion de pierres et de coulée de lave.

S’ancrer au pied d’un volcan ? On serait pas devenu fous? Le sable est noire et les profondeurs de l’eau chute vertigineusement. Faut pas se rater avec l’accroche de l’ancre, si elle lache, le bateau repart vers Vibo Marina.

La nuit que nous passons n’est pas des plus reposantes à cause du roulis de la mer. Et le lendemain ce n’est pas mieux, les bateaux touristiques et petits ferrys arrivent toutes les heures.

Nous hésitons à quitter le bateau mais il le faut. Nous n’avons plus d’eau. Ni de papier toilette. Le seul magasin de ce coté de l’île est très loin. Nous qui voulons monter sur le volcan, ca n’économise pas nos pieds.

Nous apprenons qu’il faut impérativement un guide pour monter les 900 mères jusqu’au cratères. Ceux sans guide doivent s’arrêter à 400.

Saviez que ces 900 mètres ne représentent qu’une partie du volcan. En dessous il y a encore 2000 mètres ! Donc en fait, on s’est ancrés sur le volcan. Nous marchons et sélectionnons une agence de guide au hasard. Ce n’est plus la saison, ils ont encore de la place pour le soir même. Ils nous donnent rendez vous à 17h et nous donnent quelques instructions et une adresse pour aller louer des chaussures de trek.

Les rues de cette partie de l’île sont vraiment mignonnes. Il n’y a pas de voitures, elles ne passeraient pas. A la place, on voit des camionnettes piaggo et des voiturettes de golfes. On aimerait bien qu’on nous prennent en stop mais elles sont toutes occupées par des gens et leurs valises.

Sur la plage, on voit 2 wharram, ils sont partout !

Il est bientôt 4h et nous devons nous dépêcher. Nous voulons partir juste après car la fin de saison approche et une tempête avec, donc Pierre court refaire le plein en dinghy.

Puis nous courrons et slalomons entre des gens sortis d’un ferry, nous sautons dans nos chaussures de trek et nous arrivons au lieu de rendez vous. Visiblement, nous sommes soit très rapide, soit nulle pour regarder l’heure car nous sommes en fait trop tôt et nous allons même nous prendre une glace. Du sucre avant de monter un volcan ca ne peut pas nous faire de tort.

Le guide arrive. Il s’appelle Pierre. Ben si encore un. Après quelques explications, il distribue des casques et des lampes frontales.

Et c’est parti pour 900 mètres d’escalade. Nous ne sommes pas encore au début du chemin que nous sommes déjà fatigué. Ca promet ! Le rythme est assez épuisant car on piétine derrière les autres personnes et les autres groupes.

Au bout de quelques temps, nous sommes assez haut pour apercevoir le bateau. Il est toujours là où nous l’avons laissé. Ouf ! Il y a un peu de nuage autour de la montagne et la vue est splendide. Ca vaut l’effort.

Nous continuons la montée et nous passons le signe des 400 mètres et le chemin de sable plutôt facile à suivre se transforme en des sentiers étroits de roches sur un flan pentu. On est content d’avoir pris un guide. Et des chaussures de trek !

Ca devient vraiment dur, les cuisses brulent et les genoux de Pierre craque. On a du mal a reprendre sa respiration. Mais il ne faut pas s’arrêter. On voit des gens qui font demi tour car ils n’en peuvent plus. Pas question pour nous de rebrousser chemin ! On se demande d’ailleurs par où on redescend. Pas par ici on espère !

Le soleil se couche et nous sommes bien haut. Soudain, on entend un vrombissement. On se rappelle alors qu’on n’escalade pas une simple montagne. Dites il a pas prévu de grosse éruption le Stromboli ?

Parfois on se demande comment les gens de Pompéi n’ont pas compris qu’ils étaient à coté d’un volcan et comment certaines personnes construisent leur maison à leur pied. Et de l’autre on se dit que ca ferait de beau souvenir d’escalader un volcan en activité et d’être si près du cratère qu’on respire les gaz nocifs. On est des drôles de bêtes quand même nous les humains.

Soit, il est temps de faire une pause pour enfiler nos vêtements chauds et mettre notre casque. Mince je me rends compte que j’ai pris 2 hauts. J’étais pourtant sures de bien avoir fait notre sac.

Pierre en gentleman attentionné et qui n’a jamais froid me laisse son pantalon/legging de ski. Les bruits et explosions sont de plus en plus proche.

Nous sommes au environ de 23 h. Il fait complètement noir maintenant, tout le monde se met en file indienne et nous marchons les derniers mètres qui nous séparent du point de vue sur le cratère.

Le spectacle est époustouflant. Le volcan est réglé comme une horloge, toute les minutes, il y a une gerbe de lave qui en sort. On se sent vraiment tout petit. Tout le monde prend des photos ou filme pour ne pas oublie cette expérience. Tous ces gens sont aussi en train de tricoter leurs souvenirs.

Avant de démarrer la descente, le guide distribue à chacun un masque contre la poussière et nous demande de vérifier les protèges chaussures car nous allons descendre dans du sable.

On se remet tous en file indienne, on rallume nos lampes frontales et on entame la descente. Ca ira plus vite que la montée, 3h contre 5h. Mais c’est aussi sportif. Nos jambes adoptent un rythme automatique qu’il est difficile de ralentir quand la personne devant s’arrête. Il faut faire attention à rester dans les pas de l’autre pour éviter de faire tomber trop de sable. Mais de temps en temps on glisse et on se retrouve les fesses par terre. Il faut vite se remettre en marche.

On arrive enfin en bas, et après avoir remercier le guide, nous retournons au bateau. Nos jambes sont lourdes et douloureuses et nous avons un peu de mal a remarcher normalement et en tong.

Finalement, vous l’aurez senti, nous ne partirons pas cette nuit, nous sommes trop épuisés. Pierre mange un bol de Kellogs avant d’aller dormir et passe une nuit tranquille alors que je me réveille au milieu de ce qu’il reste de cette nuit car mes jambes mes font trop souffrir. Moralité, toujours manger des kellogs après avoir escalader un volcan.

Le lendemain, il faut absolument que nous avançions, nous démarrons tôt et prenons la direction de Vulcano, l’autre volcan des iles éoliennes. Il faut passer un petit passage entre Vulcano et Lipari pour arriver à notre mouillage et le vent s’engouffre et vient pile dans notre nez. Nous ne voulons pas utiliser le moteur et décidons de faire des quarts. Le bateau file, c’est tellement agréable, mais quand nous comprenons que nous faisons des bords carrés, nous abandonnons et allumons le moteur.

C’est très frustrant en plus de voir ces ferrys du futur aller à plus de trente noeuds en se soulevant de l’eau.

Nous ancrons dans la baie de Vulcano mais nous ne sommes pas très satisfaits de la protection qu’elle donne, donc finalement nous faisons demi tour pour nous ancrer à Lipari. Tout ces efforts pour ça !!

Une fois arrivé je fonce au magasin pour racheter de l’eau. Pas de bol, c’est de l’eau pétillante, il faudra y retourner.

25 septembre 2018

Nous regardons une fois de plus la météo et nous découvrons que la direction a changé, nous ne sont plus protégés sur ces iles.

Il faut réfléchir vite, nous partons pour la Sicile. Nous avons repéré une petite excroissance qui devrait nous protéger de ce vent et qui nous éloignent du coeur de la tempête.

Les vagues sont déjà plus importantes, mais Te fiti se comporte très bien et avance à bonne allure. Nous observons ce que les autres bateaux font.

Certains se dirigent vers Lipari, peut être pour aller au port, d’autres dans une baie de Vulcan. Un grand voilier nous dépasse et nous voyons sur marine traffic qu’il fait 12 noeuds… On grince des dents. Nous sommes stressés mais nous ne craignons rien, nous sommes partis à temps, et il n’y a que 19 miles. On voit un bateau qui essaye de nous rattraper, ca ressemble à un Leopard, ce doit être l’allemand. Mais il change finalement son cap et se dirige vers Lipari.

Ious arrivons a destination sans problème et ancrons dans une belle baie de sable où la profondeur est confortable et ne remonte que sur la plage.

Tono

Nous nous félicitons de cette navigation et nous récompensons par un cocktail dans l’hôtel d’en face. Je vais racheter de l’eau plate en vélo pendant que Pierre reste sur le bateau par sureté.

Nous avons bien fait de nous cacher ici. A l’horizon, nous arrivons à percevoir les grosses vagues que la tempête provoque. Nous vérifions Windy toutes les 10 minutes pour nous assurer qu’elle n’a pas changer de route.

Le lendemain, mauvaise nouvelle, qui ne concerne pas la météo. Je reçois un rappel d’un rendez vous en Belgique que je ne dois pas manquer, et il est dans 5 jours… Oh oh… Je prend les billets d’avion à la seconde. C’est pas donné. Pierre hésite à rentrer mais il a reçu une offre d’emploi très intéressante et décide qu’il ne perd rien à les rencontrer.

26 septembre 2018 – 15h09

Nous démarrons notre dernière navigation. Le vent ne sera pas vraiment au rendez vous, mais les vagues créées par la tempête de la vieille seront, elles toujours présentes. Nous faisons un seul arret, à la marina di capo d’Orlando pour refaire le plein d’essence.

28 septembre 2018 – 07h52

Termini Imerese

Nous arrêtons le traçage du gps. Nous sommes amarrés sur la digue en face du port car personne ne répond ni à la VHF, ni au téléphone. Nous sommes lessivés, tant pis pour eux, nous dormons là quelques heures.

Vers la fin de journée, on nous dirige notre place d’hivernage. D’abord trop petite, ils bougeront un bateau et nous aideront à amarrer le bateau. Après, nous avoir indiquer les commodités. Nous leur demandons s’ils connaissent un moyen de se rendre à l’aéroport de Palerme qui se trouve à 1h en voiture. Nous avons notre vol tôt le matin et il demande à son frère de nous y emmener. Il nous reste un jour pour tout ranger. Et puis nous voilà reparti à la hâte en Belgique après 6 mois sur le bateau.

Notre périple s’achève pour cette année ici.

PS : voici une preuve que je suis montée au mat si vous ne me croyez pas !