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Rocapina

On démarre assez tôt de la baie de Rondinara, histoire d’aller le plus loin possible avant la tombée de la nuit.

Rondinara

Le vent n’est pas très fort mais une fois les bouches de Bonifacio en vue, il monte juste assez pour sortir les voiles et avancer à une bonne allure. 8 noeuds de vitesse pour 10 noeuds de vent.

Quand nous arrivons en face de Bonifacio, nous avançons assez vite, les vagues viennent de dos, c’est super agréable.

Le vent continue à monter et à 30 minutes de la plage Roccapina, il y a des rafales à 30 noeuds, et les vagues grossissent. Nous descendons la voile de devant mais préférons garder la grand voile pour ne pas perdre de temps. Rappelons qu’elle a un ris naturel du faut de sa taille trop petite pour notre mat et que le wharram est sous toilé de base. Le bateau est un peu plus difficile à manoeuvrer mais nous avons confiance en Te fiti et il ne reste plus qu’à tourner pour s’abriter. Le moteur galère un peu à combattre les rafales mais nous tournons et descendons la grand voile. Le génois se fait prendre par le vent et est à deux doigts d’emporter le dinghy mais pas le temps de l’attacher, il faut vite jeter l’ancre. Il faudrait vraiment un enrouleur…

C’est une très grande baie et nous jetons l’ancre le plus rapidement possible dans 12 mètres d’eau car nous n’avons pas confiance en le moteur..

Juste après un méga yacht de la mort ( oui oui c’est comme ça qu’on les s’appelle) s’ancre juste devant nous.

Le vent monte à 30 noeuds constants avec des rafales à 45. On hésite à bouger pour se rapprocher de la côte mais il y a 5 bateaux et avec notre moteur on se dit que ce ne serait peut-être pas prudent si le vent y est aussi fort là-bas.

On se rend compte qu’un des catamarans est en fait Beluga, le bateau de Didier, rencontré à Porto Vecchio. C’est lui qui nous avait conseillé cette crique par beau temps et il fait actuellement du charter. On le voit justement revenir tranquille dans son gros dinghy, d’une promenade surement.

Il vient nous faire un bref coucou après avoir déposé ses invités à bord. On se dit que même si c’est un marin bien plus expérimenté que nous, il ne laisserait pas son bateau avec des rafales à 45. Il doit y avoir moins de vent pas là.

Après un temps d’hésitation, on se décide à bouger car on a l’impression que l’ancre recule très doucement à cause des à-coups.

Le moteur a beaucoup de difficulté à aller contre le vent mais après 2-3 ronds, on arrive enfin près de Didier et on constate qu’en effet il y a vraiment beaucoup moins de vent. Les rafales sont descendues à 15-20.

On peut même se permettre d’aller nager jusqu’à la plage. Roccapina est d’ailleurs incroyablement belle. Le sable blanc, les montagnes, les rochers.

Nous sommes assez étonnés de voir que Didier remonte l’ancre pour continuer son tour de Corse. Nous allons rester ici pour la nuit, en attendant que les vagues redescendent.

Ajaccio et les îles sanguinaires

Le lendemain, nous continuons notre ascension pour arriver quelques miles avant l’aéroport d’Ajaccio. On pose l’ancre à la Plage d’argent, à la limite de la zone interdite. Pourquoi avoir un catamaran si c’est pour s’ancrer à 1 kilomètre… Spectacle étonnant, des vaches sur la plage…

De loin, on aperçoit une cahutte et des paddles, si ce n’est pas trop cher, on essaye !! 1 h de paddle que l’on se partage, c’est vraiment pas mal.

On rencontre Mégane qui s’occupe de cette petite cabane et nous l’invitons sur le bateau. Elle nous raconte son histoire, et puis on la suit et on fait du snorkeling entre les posidonis et rochers de bords de plage.

Pierre : « Regarde ! Un poulpe ! Allons l’embeter. » (prise par Mégane)
Te fiti ( photo prise par Mégane)

Puis elle nous invite dans le resto de son camping pour un verre où sa voisine de terrain, Chloé, nous rejoints.

C’est vraiment l’une des choses qu’on préfère dans le voyage. Rencontrer des gens, découvrir leur histoire, s’inspirer. Cette soirée en était un bon exemple. C’est vraiment chouette de rencontrer des personnes de tous horizons, pas seulement des voileux, Ca n’arrive pas très souvent, car c’est difficile d’engager la conversation quand on visite des monuments et on passe peu de temps sur la plage.

un dîner typique sur le bateau

4 juillet 2018

Jour J, ma soeur Céline et sa copine arrive. On court, enfin on pédale pas avec notre vélo électrique pour aller faire quelque courses pour les recevoir ce soir. Demain on ira faire les grosses courses.

Je voulais aller les accueillir à l’aéroport, mais le bus en a décidé autrement et ne s’arrete pas. Elles arrivent 30 minutes plus tard alors que nous les attendions à une terrasse.

Première expérience pour elles du cul mouillé en montant dans le dinghy, pas la dernière c’est sur. Je vous vends du rêve n’est-ce pas …

Après un autre barbecue ( mais toujours sans poisson, merci Jacques <3) , elles vont faire un bain de minuit.. sans nous, on est pas fous…non on est juste trop frileux.

Le jour suivant, nous faisons les grosses courses et puis nous partons pour les iles sanguinaires.

Comme d’habitude, vent pile de face, on essaye de faire des bords histoire d’économiser l’essence qu’on vient juste d’acheter, mais on capitule en se rendant compte qu’il nous faudrait 3h pour faire 2 miles… Vive notre poisse !

Grosse déception, rien à voir avec des pirates, les iles tirent leur nom de la couleur des roches à la tombée de la nuit (ou bien du nom du golfe, ou d’une indication géographique, pour une explication plus claire, il y a wikipédia), ca tombe bien, on arrive juste à temps.

Une des îles sanguinaires

On regarde la météo, et bien qu’on ai pris l’habitude de le faire 2 fois par jour, on se rend compte qu’une méchante tempête au nord causera l’arrivée de grosses vagues le lendemain. On prend donc la décision de naviguer de nuit pour trouver un endroit plus ou moins abrité. Sinon il faut faire demi tour et se cacher à Ajaccio, et comme on a pas toute l’année, ce n’est pas envisageable.

Sagone

Petite virée tranquille, tout se passe bien jusqu’à la baie de Sagone. On est content d’arrivée, on a hate de dormir mais il faut d’abord jouer au slalom dans ce parking a bateau. C’était pas noté ca. On avance à 2 à l’heure ( 2 mètres ne vous emballez pas) car aucun bateau n’a de lumières, et qu’on rencontre une bouée de temps en temps. Notre moteur n’apprécierai pas trop.

Finalement on trouve une place, on recommence plusieurs fois la manœuvre car on n’est pas sur des distances.

En se levant quelques heures plus tard, on constate le nombre de bateau autour et on se demande vraiment comment on a fait. Un pro des créneaux ce doudou.

Les vagues ont commencé à monter et les rouleaux sont énormes en bords de plage. On a pas trop envie d’aller à terre. Mais c’est un jour de match et en plus Gizem, la copine, doit aller chez le médecin.

Ce qui devait arriver, arriva… Nous sommes trempés. Mais ce n’est rien il fait très beau.

Après un tour chez le médecin et à la pharmacie, nous croisons par hasard un patron de bar. Nous cherchions justement un bar avec écran pou regarder les matchs.

Entre les deux matchs, nous retournons au bateau pour se mettre en tenue et on mange une très bonne pizza pendant que l’équipe belge écrase celle du Brésil.

Galeria

7 juillet 2018

Pour ne pas perdre de temps, on démarre le matin, afin de faire un maximum de miles, malgré les vagues assez inconfortables. Le bateau se comporte bien mais les filles sont un peu malades.

Un conseil qu’on nous a donné par la suite pour mieux prendre le sturgeron, notre médicament miracle (bon là il n’a pas fonctionné du coup), c’est de le laisser fondre sous la langue plutôt que de l’avaler, pour ne pas irriter un estomac déjà secoué.

On s’arrête pour la nuit à Galéria, où on ne peut en fait pas jeter l’ancre à cause d’une loi passée pour les fonds. Le principe est tout à fait génial et respectable. Mais bien sur le résultat est qu’ils ont installés des bouées partout et qu’ils les louent super chers… Je veux pas qu’il faut rembourser la pose ,mais bon,… notre but, c’est de vivre avec le minimum alors payer plus cher qu’une nuit d’hotel pour juste accrocher le bateau ça fait mal…

Galéria
Les côtes corses

Calvi

8 juillet 2018

Jour suivant, ville suivante. Calvi. Pareil que pour trop d’endroits en corse, les mouillages à proximité des villes sont inaccessibles à cause de bouées.

On arrive en plein « festival » de plage. Une musique techno est jouée assez fort,… ca y est, on est vieux c’est officiel.

L’eau est turquoise et transparente et on y aperçoit un crabe et une sole en faisant du snorkeling.

Après cette interlude rafraîchissant, nous partons pour visiter la ville. Elle n’est pas tout prêt, on passe bien 20 minutes dans le dinghy, heureusement le moteur marche !

Le soir, nous allons sur la plage en espérant trouver de la musique pour les filles mais tout est fermé. Très étrange comme concept. Au loin, on entend un gros concert. On trouve un kicker et, par chance, on a pris des boissons. Les soirées improvisées sont les meilleurs, on finit même par faire un bain de minuit. L’eau est vraiment bonne cette fois.

L’Ile Rousse

9 juillet 2018

Visiblement on est très mauvais en math car on avait pas très bien mesuré la taille de la Corse. Arrêt necessaire pour refaire le plein, et quelques courses dans la ville nommée l’Ile Rousse. On a pas le droit de rester à l’ancre entre les bouées donc après le plein en dinghy (impossible d’y aller en bateau, heureusement qu’on a pas osé tester), on laisse les filles aller faire les courses et on déplace le bateau.

Là on rencontre un voisin qui fait quelques brasses. De fil en aiguille, on le rejoint dans l’eau et on discute. Bien sur, on l’invite à venir manger ce soir, ainsi que son co-capitaine. Leur cata était très spécial et ils nous partagent leur histoires de traversée,… notamment une journée dans le détroit de Gibraltar ou des vagues de 15 mètres sont apparues soudainement. Ils ont du surfer d’une manière spéciale. Ils nous donnent aussi de précieux conseils notamment sur les voiles. Céline et gizem peuvent pas la même occasion gouter le fromage corse. On se demande si Marco et Georges, sur leur cata sur mesure Bluenote ne sont pas des navigateurs connus, on ne saura jamais.

Saleccia et Saint Florent

10 juillet 2018

Départ assez tôt pour la ville de Saint Florent, en faisant une petite halte dans la plage paradisiaque de Saleccia.

On en a vu des plages magnifiques en Corse, mais celle là est vraiment incroyable. Uniquement accessible en bateau (il y a d’ailleurs des bateaux touristiques qui déposent les carpettes le matin et les reprend le soir), le sable y est blanc et l’eau cristalline dont les reflets brillent avec le soleil. Pas de poisson mais la vue suffit à nous émerveiller. Je n’ai pas de photo, j’ai du oublier ou les perdre avec le téléphone, alors je met le lien vers les photos de Google pour les souvenirs.

Après ce bain de mer et de soleil, on fonce à toute allure vers Saint Florent histoire d’être à l’heure pour le match France-Belgique. On va pas se mentir, la Corse c’est pas le meilleur endroit pour regarder ce match là, surtout quand on connait l’issue, mais bon.

On ressort nos déguisements et on essaye de trouver un bar. C’est bien plus périlleux que la fois précédente mais on finit par se poser chez un glacier où on est pratiquement seul. Les gens sont supers sympas, on fait même des photos ensemble. On est peut-être sur leur mur du ridicule maintenant qui sait.

11 juillet 2018

Nous restons encore là car il y a une tempête plus loin et nous avons demandé à un mécanicien de venir arranger le moteur qui a des problèmes de puissance.

Il arrive en bateau à moteur, démonte le mercury avec l’aide de Pierre, en faisant tomber au passage une pièce que Pierre a été rechercher. Il emmene ensuite le carburateur pour le nettoyer chez lui. Nous laissant à la mercie de la méteo.

En plus le mouillage se trouve pile dans une zone de jeux d’eau et un type qui traine une bouée prend un malin plaisir à passer entre les bateaux. Nos nerfs sont mis à rude épreuve…

12 juillet 2018

Le mécanicien qui était supposé venir le matin, arrive à 3h, pose le carburateur, vérifie que le moteur redémarre, et repart. On dirait preque qu’il fuit. Même pas le temps de replacer le moteur. Bon, … pas une très bonne impression pour le coup.

Pour ne pas perdre une journée de plus, on décide de partir directement après, pour une navigation de nuit vers l’île italienne de Capraia

Finalement pas un pet de vent cette nuit. Un orage au loin nous fait un peu paniquer, surtout qu’on ne voit rien sur les applications de météo mais on ne le ressent pas. On fait des petits quarts et on décide au moment de passer le cap de passer la nuit juste après le cap Corse, et de profiter du vent du lendemain. Dernier dodo dans la crique juste après les iles Finocchiarola


Ce qu’on a retenu de la Corse, c’est qu’elle porte très bien son nom.

Les paysages sont incroyablement beaux, les gens sont très gentils et leur accent est très dur à imiter. La météo est hyper capricieuse et les applications ne sont jamais correctes. La vie est un peu cher et augmente en été. En résumé, on a vraiment adoré

La corse, île de beauté, île bipolaire

30 mail 2018

Nous voici donc arrivé à Bonifacio, le bateau bien amarré aux rochers, en train de chercher la voiture de Carole, l’amie de Jacques qui nous a invité à manger chez elle.

Mouillage à Bonifacio
Pierre, pas content d’être mouillé
Bonifacio

Avec notre gros sac de lessive bien voyant, nous faisons un peu tache dans cette ville visiblement aisée à en croire les dizaines de mega-yachts à quai. Nous rencontrons Carole qui nous permet de prendre une douche avant le soir – 2 vrais douches en une semaine, on vit dans le luxe…

Puis nous allons faire quelques emplettes pour ne pas arriver les mains vides. Nous nous rendons vite compte que le coût de la vie n’est plus le même qu(en Espagne. Nous achetons une tomme de brebis et du vin Corse et partons pour le dîner. Nous arrivons pile à l’heure malgré une adresse approximative… (après le rond point, tu roules jusqu’à un resto,…  nous avons bien ri).

Là, nous rencontrons des personnages tout à fait attachants tel qu’un conseiller municipal – vigneron qui veut nous marier. Dommage que nos familles n’ait pas été là, car il a failli nous convaincre avec son lieu de cérémonie… Il y a aussi un boucher qui nous a fait goûter de très bons morceaux de viande, accompagné de sa femme, corse de souche qui a partagé avec nous quelques bouts d’histoire. Et puis Carole, ses gentils parents en vacances et son voisin qui nous a raconté ses expériences en mer.

Nous passons une super soirée à manger de la viande, boire du champagne, manger une salade, boire du rosé, manger du fromage, boire du vin rouge, manger des desserts corses, boire du café, manger une glace, boire de la myrte… je crois que vous avez saisi le concept.

Nous ne dormirons pas au bateau cette nuit, une chance que nous soyons bien attaché.

31 mai 2018

Le lendemain, Jacques nous dépose au bateau pour que nous nous rapprochions de Porto Vecchio. Les cotes corses sont vraiment superbes, si on aime les rochiers et la verdure bien sur… nous ça nous émerveille. Une plage déserte par ci par là, ça fait vraiment rêver. Pas étonnant que Bonifacio soit rempli de bateaux à touristes.

Le vent n’est pas exceptionnel, mais nous arrivons à faire le plus gros à la voile, en se faisant dépasser par quelques bateaux à moteurs qui ne ralentissent pas et nous font des grosses vagues.

(SPOILER ALERT : ça arrivera souvent à partir de là, tout comme le jeté de main en l’air de Pierre et moi, suivit d’une insulte quelconque, vous avez l’image?)

Les gentils bateaux à moteurs…

Porto Vecchio

Nous parvenons sans encombre dans la baie de Porto Vecchio où nous trouvons un mouillage grâce à Navily, application où les utilisateurs ajoutent des points d’ancrage (similaire à Park4Night pour les camping-caristes qui connaissent).

Baie de Porto Vecchio, vue du Bélvédère

Déjà quelques bateaux sont ancré, quelques autres sur des bouées. Nous n’osons pas en prendre une, nous ne savons pas si elles sont payantes.

2-4 juin 2018

Les jours suivants, nous faisons quelques réparations sur le bateau, beaucoup de rangement. Nous faisons une sortie avec Carole dans la jolie baie de saint Cyprien (San Ciprianu), à seulement quelques miles de notre mouillage. Nous y découvrons une eau turquoise et transparente, loin de la couleur « mer du nord » de la baie de Porto Vecchio. Dommage qu’elle soit encore trop froide, nous aurions bien fait un petit plongeon. En revenant, nous nous accrochons à la bouée, car un petit coup de vent est annoncé.

cof

Un autre jour, elle nous rejoindra pour un petit apéro pour montrer le bateau à ses parents qui garderons un souvenir ineffaçable de leur courte virée en dinghy.

Pierre va aider 2 femmes à fixer une vitre sur leur bateau et ils discutent au passage de la bouée. Elles disent qu’elles ne savent pas qui gère ça. Retenez ça, c’est important pour la suite…

5-10 juin 2018

Je dois retourner en Belgique pour de l’administratif. Pierre et Jacquouille se retrouvent seuls et font quelques travaux chez des clients de Carole.

Un matin, Pierre se fait reveiller par un homme qui lui demande de bouger le bateau car la bouée appartient à une association pour handicapés et leur bateau peut arriver à tout moment. Ça parait un peu bizarre comme histoire, mais il s’exécute et jette l’ancre un peu plus loin. Un peu plus tard dans la journée, les 2 femmes, qui étaient parties faire un tour, s’attachent à la bouée. Pierre  va gentiment les prévenir que quelqu’un est passé lui dire que cette bouée était réservée et que lui répondent ces femmes ? :  » Nous faisons parties de cette association et on nous a autorisé à nous attacher »… Louche non… D’autant plus qu’elles ont quitté leur bateau par la suite. Pas pratique si ce bateau devait arriver à tout moment… Le karma se chargera d’elles.

11 juin 2018

Je reviens enfin sur le bateau en compagnie de mes parents.

Pierre ayant trouvé le matin même un dinghy à vendre dans le nord de la corse, nous partons le chercher pour éviter que mes parents n’aient à subir notre petit dinghy qui se dégonfle et qui prend l’eau.

Après avoir apprécié les paysages depuis la fenêtre, fait la rencontre du gentil monsieur qui nous le vendait et qui nous a offert un petit verre, et apprécié la Corse dans le sens inverse, nous arrivons au moment fatidique de gonfler l’annexe et de faire monter tout le monde sur le bateau.

Pierre monte et gonfle Gold sans trop de peine, et nous nous asseyons sur ce nouveau destrier, bien plus solide et bien plus grand. Derrière nous, notre ancien dinghy que l’on traîne avec nos valises.

Ce soir, ce sera barbecue sur le bateau.

12  juin 2018

Pour bien débuter leurs vacances, nous faisons une visite de Porto Vecchio, courte car c’est une petite ville en fait. Là nous avons découvert une église très particulière. L’intérieur est tapissé de trompes l’œil.

Nous montons sur le belvédère pour avoir un panorama de la baie et s’assurer que notre bateau est toujours au même endroit

Pas de chance pour mes parents, la météo de la Corse est très capricieuse.  Nous devons resté dans la baie deux jours à cause d’orage et de vents forts. Même si des petites vagues déplaisantes se forment, le bateau ne bouge pas.

13 juin 2018

Pour l’anniversaire de ma maman, nous allons dans un restaurant de spécialités qui propose un concert de chants corses. Un peu cliché mais intéressant pour découvrir la gastronomie de la région. Le groupe est super doué et nous avons une visite inattendue… Carole nous avait déjà parlé des sangliers qui se promenaient près de chez elle mais nous ne pensions pas en voir. On apprend que le resto leur donnent à manger. Un peu étrange quand on sait que dans nos assiettes se trouvent leur frères et sœurs.

14 juin 2018

Bonifacio

Comme nous n’avons pas beaucoup de temps et plus trop envie de retenter l’expérience de s’attacher aux rochers, nous allons visiter Bonifacio en voiture.

Cette ville fortifiée, visible depuis le large, est construite sur les falaises. Assez impressionnant. Malgré les touristes nombreux, nous apprécions beaucoup ces petites ruelles et ces maisons couleur sable. Et les vues sur les falaises sont magnifiques.

15 juillet 2018

Démarrage du moteur, relevage de l’ancre, et c’est parti pour 2 jours de visite de criques. Ça aurait été dommage de ne pas pouvoir sortir.

Premier arrêt pas très loin, sur l’île de maestro maria. Les fonds sont peu profonds et l’eau est incroyablement transparente et turquoise.

Te fiti et sa corne

Le bateau voisin nous fait un peu peur en parlant de hauts fonds et comme le vent doit monter un peu, nous décidons de nous diriger vers la crique d’en face, Capu di Acciaju, où nous voyons un voilier sur une bouée.

Après avoir jeté l’ancre, Pierre va faire un petit coucou à ce voisin, et l’invite pour manger le soir. C’est comme ça dans le monde de la navigation, on a l’apéro facile.

L’eau est tellement belle que je me décide à faire le premier saut de la saison.

Le soir, nous accueillons Julien pour un petit dîner et puis nous partons boire un digestif sur son bateau tout beau tout neuf.

Après une nuit un peu roulante, nous partons sur les conseils de Julien, pour une crique à 30 minutes, où il y aurait une source.

Nous avons cherché un petit temps, mais jamais nous ne l’avons trouvé.

Mais la vue depuis le haut de la colline valait le détour et être seule sur une plage de sable fin c’est une sensation terrible.

Après  un saut dans l’eau et quelques poissons qui nous frôlent les pieds, nous repartons pour voir les iles Lavezzi. En fait, c’est plutôt pour apercevoir car la météo monte tout d’un coup et nous ne voulons pas prendre le risque que la météo se dégrade plus, surtout avec les fonds peu profonds. Nous nous dirigeons plutôt vers une grosse crique bien protégée en face. Mais pendant cette petite heure, l’attache du génois arrache le bois et la balustrade dans son passage. Rien de très grave, mais bien pénible.

17 juin 2018

Le lendemain nous repartons pour Porto Vecchio à notre aise, en insultant au passage les bateaux à moteurs qui nous cassent une assiette. Et c’est déjà le dernier jour pour mes parents. Mais les visites ne sont pas finis, car l’avion qui les ramènera en Belgique, déposera la soeur de Pierre par la même occasion. Je ne me rappelle plus des dates exactes mais nous rencontrons aussi Didier, propriétaire d’un superbe Fontaine Pageot de plus de 50 pieds, Beluga, ainsi qu’un autre Pierre et Christel, à bord de leur voilier Antika. Tous les 3 font du charter et nous donnerons de précieux conseils de navigation, réparation et itinéraire.

cof

La météo n’est décidément pas notre alliée en ce mois de juin. Orages, journée à 30 noeuds,… pas les meilleurs conditions pour une visite de Corse. Nous finissons par refaire les mêmes coins que la semaine précédente mais ce n’est rien car on ne se lasse pas de cette eau transparente et de ces paysages verdoyants.

Nous sommes retournés à la plage de Julien et celle où nous n’avions pas trouvé de source. Là nous avons rencontré une charmante famille qui avait loué un gros dinghy. Nous croisons aussi Pierre, d’Antika (faut préciser car visiblement, 2 hommes sur 3 que nous rencontrons portent ce nom ou presque), qui skippe également sur ce genre de bateau.

cof

On peut résumer la semaine à baignade, snorkeling, cocktails, rencontres, salade de boubou et météo capricieuse…

Petite mésaventure dont nous nous rappèlerons,… avec Jacquouille( qui n’est pas dans une période très chanceuse) nous voulons visiter une crique qui semble être une des plus belles de ce coté de l’ile, en tout cas, les photos font rêver. Il s’agit de la plage quelques miles après celle de Saint Cyprien, la plage Pinarello, un peu couverte en cette journée. Et là, problème, le bateau freine et se coince sur une posidonie. On pensait l’éviter en regardant la carte mais apparement il a bien grossi depuis la dernière mis à jour ou bien n’avait pas été encodé correctement.

Le bateau est seulement posé, et pourtant impossible de le bouger avec notre moteur. Pierre essaye de le pousser depuis le sol pendant que l’on se met tous sur le coté opposé, mais rien y fait. Heureusement, il y a un bateau à moteur un peu plus loin qui accepte de nous aider, à distance, car sa coque est plus profonde que la notre. Après quelques minutes à galérer à amener une corde de leur coté, nous réussissons à nous décoincer de cette posidonie.

Le ciel gris est menaçant et nous nous abritons le temps de manger dans un creux de la crique. Et puis nous repartons sans encombre.

Marine repart et nous avons quatre jours seulement pour faire des lessives et arriver à Ajaccio ou ma soeur et une amie à elles vont atterrir… Ca n’arrete pas…

Nous partons le jour du match France – Algérie… Il n’y a tellement pas de vent, qu’on peut même le regarder en naviguant. Vu notre vitesse incroyablement lente, on a sorti la canne à pêche en se disant que même un poisson sans nageoire pourrait mordre… mais c’est sans compter Jacques qui passe en bateau et coupe la ligne… oui oui jacquouille, si tu lis ça, tu nous a coulé notre super hameçon… pas de poisson pour nous, ca fait juste 3 mois qu’on rêve de poisson au barbecue…

Comme il est déja tard et que nous n’avançons toujours pas, nous décidons de nous arrêter plus tôt que prévu, dans la baie de Rondinara. Eau encore plus turquoise que sur les autres plages ( est ce que c’est seulement possible ?) , chants de criquets sur la plage, et poissons qui tournent autour des posidonies. Point négatif, il y a pas mal de bateau mais Te fiti se fraye un chemin et notre audace et petit tirant d’eau nous permet de nous mettre un peu à l’écart.

Demain nous passerons à coté de Bonifacio pour aller du coté ouest de l’île

Cette traversée de ~ 240 miles est la plus grosse traversée que nous ayons fait jusque-là. C’est aussi l’une des plus grosses traversées que l’on peut faire en méditerranée. Nous avions une petite appréhension car cela représentent quelques jours en mer sans réseau.

Je reviens à Minorque le 24 mai et retrouve Pierre et Jacques qui va nous aider. J’amène avec moi une nouvelle girouette que Jacques monte directement. Je découvre aussi que le pilote automatique est réparé. Ouf ! Sans ces 2 choses-là, la traversée allait être moins drôle.

La météo nous annonce une bonne fenêtre de vent pour les 5 prochains jours, à partir du lendemain, par contre le vent ne nous poussera pas. Jacques nous explique qu’il est très rare d’avoir ce genre de vent et qu’il faut donc profiter de cette semaine de mer tranquille et de vents cléments.

1er jour

Nous partons donc le lendemain 25 mai de la baie de Mao vers midi, car c’était l’heure ou le vent se levait.

En sortant de notre mouillage, nous découvrons de petites vagues venant de face. Bon… la météo s’est encore trompée. Il va falloir nous y habituer, ça semble récurrent… Nous prenons le bon cap, le vent vient pile de face, nous devons donc tirer des bords.

Nous jetons la ligne de pêche à la mer. Un flotteur remontera à la surface pour nous avertir si quelque chose a mordu. Croisons les doigts.

Nous essayons de calculer le juste milieu entre cap et vitesse. Les vagues ont un peu grossis 1,50, certaines à 2m, rien de dangereux, quelques gerbes d’eau nettoient l’avant du bateau, celui-ci se comporte très bien. Mais ça bouge un peu, si bien que je suis nauséeuse. Pas de chance… je vais avoir un peu de mal à faire des quarts cette nuit. Heureusement que Jacquouille est là pour aider Pierre. Le pilote tient donc ils peuvent en profiter pour boire un petit verre.

Quelques heures plus tard, Pierre vient me réveiller en criant : « DAUPHINS ! ». J’oublie subitement mon mal de mer et cours près des filets en n’oubliant pas d’attraper mon appareil photo au passage. Il y en a partout ! Sans connaitre exactement leur nombre, nous pensons qu’il y en avait au moins une trentaine.

Même après en avoir vu plusieurs fois, nous sommes toujours émerveillés par le spectacle qu’ils nous offrent. C’était d’autant plus impressionnant avec les vagues. Et la cerise sur le gâteau, c’est de savoir (enfin de croire) qu’ils venaient pour nager avec nous car cette fois-ci, ils ne pouvaient pas nous prendre pour un bateau de pêcheur, puisque nous étions à la voile. C’est peut-être une théorie stupide, mais c’est plus chouette de penser comme ça.

Après ce magnifique moment, je retourne dormir difficilement car les vagues qui tapent contre la coque font des bruits perturbants.

Les premiers quarts se passent bien pour nos deux hommes malgré l’absence de vent et sa direction toujours pourrie. Les vagues ont un peu diminués, mais pas assez pour décider de mettre le moteur sans paniquer. En plus, nous n’avons pas assez d’essence pour faire tout le voyage au moteur. Il faut donc avancer lentement, mais surement.

Et là, le pilote décide de faire grève, il ne veut plus tenir. Quel dommage, il n’aura marché que quelques heures… Cette traversée risque de nous paraitre plus longue…

Cette première nuit prend fin, nous avons parcouru approximativement 90 miles.

2 ème jour

Nous décidons de faire dévier le cap vers la Sardaigne car la météo annonçait un vent contraire de 25 nœuds dans les bouches de Bonifacio le lundi, nous n’avancerions pas. Cela nous rajoute quelques miles, mais c’est pour le mieux. Seulement, petit problème… le vent baisse encore, et vient encore plus dans notre nez, à croire qu’il se joue de nous… Nous continuons à faire des bords… pas le choix… Mais pour avancer à une allure correcte, il faut faire des bords carrés, ce qui veut dire, ne pas progresser beaucoup sur la distance qui nous sépare de notre destination. Ce deuxième jour sera un peu inutile, si bien que la nuit, nous décidons d’allumer le moteur. Toutes les 2 heures, nous réessayons de monter les voiles pour nous faire gagner 1 nœuds, mais le vent est tellement faible qu’elles faseyent.

Nous n’avons que de 40 miles vers la Sardaigne. Pas terrible….  Mais nous avons encore vu des dauphins ! Ça nous remonte le moral. Nous avons aussi vu des jets d’eau très loin sur l’horizon. Surement une très grosse baleine.

3 ème jour

…et dernier jour, sans connexion. Le vent ne veut toujours pas se lever, nous faisons le même cinéma que cette nuit. Nous n’avons plus beaucoup d’essence donc nous n’avançons pas… Mais au petit matin, nous apercevons enfin la terre. Incroyable et bizarre sensation à la fois, qu’est-ce que ça doit être après une transatlantique.

Une tortue à moitié endormie passe à côté de nous, un casque de chantier, du plastique, encore du plastique… Quelle tristesse. Une heure avant d’atteindre les côtes, nous remontons la ligne de pêche. Toujours pas de poissons… et on comprend pourquoi ! L’hameçon au bout de la cuillère a disparu. Simplement détaché ou arraché par un poisson, nous ne saurons jamais… mais ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas encore pour aujourd’hui le poisson au barbecue…

Plus que quelques miles avant l’arrivée, et plus que quelques litres d’essence aussi. Tant pis pour le temps perdu, nous arrêtons le moteur. Il faut quand même que nous gardions de l’essence pour le mouillage.

Après 52 heures en mer, nous entrons dans une jolie baie au nord-ouest et nous jetons l’ancre. Il reste à peine 1 ou 2 litres dans notre bidon. Il y a un port juste à côté, il faut maintenant espérer qu’il y ait une pompe et qu’elle propose de l’essence.

Mais pour l’heure, c’est dodo ! 2 nuits de quarts (bon une pour moi, ok !), c’est éprouvant…

4 ème jour

Le lendemain, nous chargeons les bidons dans le dinghy et partons à la recherche de la pompe. Après avoir mal interprété les infos d’un italien, nous rencontrons un français qui nous renseigne. Et après avoir fait le plein pour un montant exorbitant… on voit bien qu’on a quitté l’Espagne… il nous rejoint pour nous aider à transporter tous ces bidons. Et nous cherchons sa femme sur le chemin pour un petit tour du bateau. C’est marrant comme nous rencontrons plein de gens curieux de voir un wharram en vrai. Très gentil couple, ils nous invitent ensuite à monter sur leur voilier et gouter un petit vin local accompagné d’un morceau de fromage. Nous sommes assez surpris quand ils nous disent qu’ils n’ont pas aimé la Corse. Sans tout à fait nous dire pourquoi, ils nous disent plusieurs fois qu’il faut rester en Sardaigne. Mais nous ne pouvons pas, nous devons être en Corse pour le 30 car nous avons un dîner de prévu. D’ailleurs ça se rapproche.

Nous avions prévu de partir directement mais une grosse drache (comme en Belgique), suivi d’un orage nous est tombé dessus. Nous avons donc reporté ça au lendemain.

5 ème jour

Nous sommes maintenant le 29 et il nous reste 100 miles à parcourir pour arriver à Porto Vecchio. C’est faisable… si la mer est calme. Mais elle nous oblige à nous arrêter dans un port. Chose que nous n’avions plus fait depuis… Carthagène. Pas grave, nous avons droit à une vraie douche… chose que nous n’avons pas fait depuis… non je rigole.

6 ème jour

Vers 2h du matin, les vagues se calment et nous repartons. Mais le vent n’étant toujours pas avec nous (qu’est qu’on a bien pu te faire), nous n’atteindrons pas Porto Vecchio aujourd’hui. Nous nous arrêterons à Bonifacio.

Vers 7h du matin, je relève Jacquouille et prend la barre. La grand-voile est montée mais vu le non-vent, elle fait office de décoration. Mais au moins, nous serons prêts s’il y a 10 minutes de vent. Le soleil tape déjà fort donc je m’assois dans l’ombre de la voile, une main sur le gouvernail. Toutes les dix minutes, je me relève pour faire un tour d’horizon. Personne.

Jusqu’à ce qu’il soit 9-10h. Au moment de jeter un coup d’œil aux alentours, je vois un bateau à moteur noir qui se dirige à tout allure dans notre direction. Il ne dévie pas de sa course. C’est donc bien la douane qui va nous accoster. Désolé les gars, il faut vous réveiller. On descend vite la grand-voile, même pas le temps de se mettre face aux vent. On installe les défenses et ils s’amarrent. A l’abordage ! Ah non… Ils nous demandent nos papiers et font un tour très rapide du bateau. On est un peu soulagé car Jacques nous avait raconter que ceux qui l’avaient contrôlé avaient tout retourné. Faut dire qu’après 3 jours de nav, il n’y avait plus grand-chose à retourner chez nous.

Ils restent bien 45 minutes à faire des recherches dans leur bateau avec nos documents d’identité en main. Et puis ils s’en vont. Aussi rapidement qu’ils sont venus. Et nous reprenons notre route.

Nous arrivons vers 16h à Bonifacio dans une crique ou il faut s’attacher au rocher. Une première pour nous. Et surement une dernière, c’est trop de chipotage. Pierre a dû se tremper jusqu’au cou pour nous passer les cordes. Mais l’avantage, c’est que nous pouvons quitter le bateau l’esprit tranquille, et les mains pleines de sacs de lessive.

Cette traversée a été plutôt positive, pas de gros problèmes, de méchantes météo. Nous avons vu tous les jours des dauphins. Mais nous regrettons d’avoir dû consommer autant d’essence.