Le voyage continue, prochaines destinations : Nidri, Meganisi, Kalamos, Itaque, Zakynthos

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Fichu moteur ! Grosse frayeur. Navigation d’Antipaxos à Nidri

Lundi 7 juin 2021, grissaille et vent instable

Le ciel est bien gris aujourd’hui, ce n’est pas très rassurant alors on garde un œil sur la mer, à la recherche du moindre signe de vent plus fort. La météo annonce maximum 14 noeud.
Nous alternons entre moteur et voile avec petit vent. Mais nous parvenons à faire la course avec des voiliers au moteur.

On mange un petit bout à midi et je crois que quelque chose n’était plus très bon car nous avons tout deux 2 de tension après ça. Nos paupières sont tellement lourdes, on espère arriver vite.
Mais il faut d’abord passer le pont à l’entrée de l’île, pour pénétrer dans la mer intérieure.

Nous arrivons 20 minutes avant l’heure pile. 2 autres bateaux attendent et 2 autres arrivent bientôt.
Le vent monte à 21 nœuds et c’est bien sûr à ce moment là que le mauvais moteur décide de buguer une fois de plus. On jete l’ancre même s’il ne reste que quelques minutes avant l’ouverture, car ce serait trop dangereux de faire des ronds autour des bateaux avec un moteur défaillant.

La sirène résonne, c’est l’heure.
Nous décidons de partir avec un seul moteur. Le cata devant nous va trop lentement et nous perdons notre direction, il faut faire un petit tour sur place pour répartir correctement, ce qui force le bateau de derrière à faire pareil. Désolé !

Nous entrons dans le canal, le vent monte soudainement, et nous pousse contre le pont, qui n’est en fait qu’un bateau qui pivote. Pierre parvient par miracle à faire redémarrer le moteur. Juste à temps pour contrer les 28 nœuds de vent. Nous avançons en crabe, les doigts croisés pour que le moteur reste allumé et que le cata de devant ne ralentisse pas.

Le canal semble très long, heureusement il n’y a que 2‑3 bateaux qui viennent de l’autre sens.

Nous sortons enfin du canal, et la c’est la grosse question. Où aller ?
Les baies les plus proches ne semblent pas protégées. Il faut aller à Nidri, c’est à 7 miles. Nous rallons car nous sommes fatigués mais il n’y a pas d’autre choix.
Nous essayons de faire un peu de voile mais le vent faible vient pile de face. Pierre n’est pas content.

2 jours à Nidri, réunion de belges.

La baie de Nidri nous apparait après quelques îles florissantes.
On voit une petite église avec un ponton. Serait‑ce un sacrilège de s’amarrer la ? Prendrions la place d’un prêtre ? Nous préférons ne pas risquer de nous attirer les colères divines. Il y a un ancrage pour nous juste après.
Un ferry est en train de faire une manœuvres. Le moteur fonctionne toujours ? Ouf.
La baie se dévoile à nous, il n’y a pas une seule place ! Si peut être la, devant tout le monde, à l’écart. Nous n’aimons pas les grandes profondeurs. Nous allons nous placer un peu à côté de cette bouée.

Face au vent, et l’ancre est lâchée. Une marche arrière et on se rend compte qu’elle glisse. Ce n’est rien ça arrive. On essaie de remonter mais c’est extrêmement dur. Nous avons du choper quelque chose un câble, une corde ? Non une grosse chaîne, surment celle d’une bouée, les bateaux sont à bonne distance.
On attache une corde à la chaîne et on relâche l’ancre pour la décoincer. Ça rappelle des souvenirs à Pierre.

Un homme sur son voilier nous conseille d’aller vers la droite mais un autre nous indique que son ancre se trouve à cet endroit là. Aurait il mis 100 m de chaîne, pas le temps d’argumenter. Nous apercevons une bouée et l’attrapons du premier coup et après des centaines de marche arrière pour vérifier l’état de la corde et le recul, oui car il y a des épaves dans cette baie, nous pouvons éteindre les moteurs qui ont tous les deux fonctionné. Il y a du en avoir des commentaires dans le mouillage mais qu’importe. C’est juste pour une nuit. Nous changerons d’endroit demain.

Mardi 8 juin 2021, grand soleil

En fin de matinée, nous appelons le ponton de l’iris hotel pour réserver une place. Le voilier Talia est déjà sur place. Nous occupions à quelques centaines de mètres près le même mouillage à corfu et avions prévu de boire un petit verre mais ça ne s’était pas fait.

Nous arrivons sur le ponton et nous amarrons sans trop de problème grâce à l’aide de nos voisins anglais.
Après un petit snack à l’hôtel et une discussion avec nos amis, nous allons à un magasin pour bateau acheter un moteur pour le Dinghy. Demain nous aurons 3 moteurs ! Espérons 3 moteurs fonctionnels.


Mercredi 9 juin 2021

Nous avons passé une très bonne soirée avec Luke et Laure de Talia.

Photo prise par Luke

Aujourd’hui la mission si vous l’acceptez est de tester le moteur et de lui trouver une place.
Avec l’électrique, paix à son âme, c’était facile, on pouvait le mettre coucher dans un coffre, mais celui là doit rester droit.

Pierre MacGyver retire une des barres qui servaient anciennement pour le carré d’ombre. Il l’attacha à la barre arrière droite, avec des cordes, reste de notre philosophie wharram. Il pris une planche retiree des banquettes et fit des trous dedans, histoire qu’elle tiennent sur les barres. Et encore des cordelettes. A chaque fois je dois faire les fonds de cales pour en trouver d’autres. Quelques roulettes et manilles. C’est fait. 
Prêt pour le test ?
Nous montons le banana boat et installons le moteur derrière. Je garde le pied à l’avant pour éviter qu’il ne bascule.

Quand il est bien fixé, j’embarque.
Le moteur a l’air de faire un beau bruit, il crache de l’eau. Il y a de l’essence. Voilà en gros nos compétences en mécanique. Ça a l’air bon.
Un deuxième voyage pour aller rendre le diable au magasin et au retour, le moteur s’arrête. Mais c’est juste une coincidence hein ?

Nous testons à présent le système de levage diy.
Et c’est un franc succès ! Nous sommes tous les deux étonnés.

Nous pensions partir après cela mais les nuages d’orage sur les sommets des montagnes nous ont rappelés quelques souvenirs et on a pris peur. Une nuit de plus c’est pas grave. Ça me permettra de faire une machine à laver.

Comment une robe peut vous embarasser en 2 secondes

Jeudi 10 juin 2021

Aujourd’hui c’est sur on quitte Nidri.
Le prochaine point n’est qu’à 5 miles donc nous ne sommes pas très stressé. Pierre fait quelques travaux électriques sur sont bateaux et moi je rattrape mon retard de lessive. Et vers 13h nous disons à plus tard à l’équipage de Talia et quittons le ponton.

Le vent est très faible et un peu capricieux entre les îles très proches. Il vient forcément de la où on doit aller.
Finalement nous redemarrons le moteur pour passer cette zone. Nous passons à côté de l’île du milliardaire russe. L’ancrage y est interdit de nuit, dommage ça a l’air joli. Et puis nous n’avons jamais rencontré de milliardaire, ou alors on ne le savait pas.

Après avoir passé la zone, nous pouvons avancer aux voiles avec un petit vent. Nous profitons de ce silence paisible, le seul bruit de l’eau sur les côtes est un délice. Bien sûr ce moment n’est que de courte durée, un drôle de cata à moteur nous dépasse lentement. Pierre se demande s’il ne va pas au même endroit que nous.

Nous arrivons dans la baie, démarrons les moteurs, affalons les voiles et je me positionne à l’avant, près de l’ancre. Il y a un ponton public au fond, nous allons nous y mettre. Normalement c’est gratuit.

L’amarrage se passe sans problème, grâce à l’aide de voisins. La communauté nautique est incroyable.
Tout est sécurisé, nous pouvons aller nous promener.
Je vais me changer et met une robe longue. Le bateau n’est pas très proche du quai mais il suffit de sauter.

Sauf que cette robe, achetée à Namur en mai il y a longtemps, n’a sûrement pas apprécié d’avoir quitté la Belgique car elle me trahit. Pourquoi !! La fin de la robe n’était pas élastique, elle me coupe les jambes et je ne peux sauter. Je finis tout entière dans la flotte.
Pierre saute rapidement sur le quai pour m’aider à sortir.

Mon sac étanche n’était pas correctement fermé et un peu d’eau à pénétré mais normalement les téléphones sont sains et saufs. Mais je vais encore l’entendre dans quelques années ça.
J’ai quelques égratignures, un petit choc et beaucoup d’embarras mais tout va bien.

Kalamos, ou l’attaque des guêpes.

La veille, nous avons rencontré des allemands au ponton. Ils ont vu le chat et ont demandé comment il se portait sur le bateau. Eux aussi ont trouvé un chat sur l’île.

Vendredi 11 juin 2021

Nous avons pris un verre avec eux et ils nous ont proposé un café avant de partir.

Nous partons pour une navigation de 10 miles. Le vent vient forcément d’où nous voulons aller et est très faible. Nous faisons les premiers miles au moteur, puis le vent se lève un petit peu et nous pouvons le couper et tirer un bord.

Il y a plein d’autres bateau qui naviguent dans toutes les directions et nous devons en éviter quelques uns.
Nous arrivons à proximité de la pointe, Pierre passe vraiment très près comme d’habitude. C’est un peu stressant mais magnifique

Après le tournant, le vent monte subitement, jusqu a 18 nœuds.
Naviguer dans les îles ioniennes c’est être à la merci de ses reliefs. Mais ces rafales passent vite et nous arrivons dans une baie très large et sublime. Nous jetons l’ancre, elle n’accroche pas du premier coup, pas de bol ça semble être de la boue pourtant. Remonter l’ancre au Winch manuel ça peut être sportif.
A la deuxième tentative, elle est bien plantée.

Nous mettons le dinghy à l’eau pour faire courir le chat sur la plage. Nous sommes les seuls de ce côté de la baie, la plage est rien qu’à nous aujourd’hui. Et nous lançons le dessal car nous n’avons plus d’eau à boire.

La baie est très jolie mais la plage est remplie d’immondice, c’est triste à voir. Et envahie par les guêpes. Heureusement que Pierre n’est plus allergique.
On fait brûler le peu de café moulu qu’il nous reste pour les éloigner, une astuce que nous a appris nos amis de @sy_second_life. Mais ces guêpes sont tenaces, il faut plus de café.

On se sent bien, seuls, loin de tout. Dans un silence paisible, seulement perturbé par une famille de chèvres qui se promenent dans les montagnes. Et aussi par un voilier qui fait un tour avec de la musique et qui seront surpris par Sibary la star qui est à l’avant du bâteau (surment pour vérifier qu’ils ne mettent pas l’ancre sur la notre). Mais après avoir filmé le chat, ils repartiront vers une autre baie et le silence reviendra.

Ithaque et le chat qui a le mal de terre

Samedi 12 juin 2021

Départ de Kalamos en fin de matinée. C’est samedi, pourquoi se presser.
Aller à la prochaine île ne nous ferait faire que 2 miles. Trop court, on veut naviguer ! On veut être prêt pour une transat.
Le vent est timide au départ, nous faisons quelques miles au moteur. En quittant l’île le vent se dévoile, il vient pile de la ou on veut aller.
Changement de plan. Nous allons au sud de l’île. En plus nous avons un point sur la carte.

En passant près d’une autre île, le vent forçit, ces foutus reliefs ! Et pourquoi pas, il change de sens à mesure qu on se rapproche d’Itaque. Bien sûr!
Le mouillage semble bien protégé de ces vents. Et non c’est encore un coup des montagnes ! Le vent tourne autour de force 4 puis meurt et on descend les voiles et pile quand on rentre dans le mouillage, il monte à 18 nœuds ! Ça va être chouette pour mettre l’ancre. Surtout avec 2 bateaux qui nous suivent.
On veut d’abord se mettre près d’un îlot mais il y a un panneau interdit s’ancrer. Moi je le sentais pas c’est pas grave.

On hésite à se mettre au ponton, comme les autres mais nous aurions le vent de côté et en étant ammaré avec l’ancre. Ça ne nous plaît pas. Finalement nous jetons l’ancre dans la grande baie.. Et décidons de la relever après 5 minutes. Le vent ne va pas se calmer et les vagues sont déjà bien formées dans la baie. Il nous faut un endroit protégée. Nous repartons vers l’entrée, il y a un ponton gratuit dans un petit tournant de la montagne, cela devrait nous éviter les vagues.

Dire que l’amarage était ridicule et chaotique est un euphémisme. Nous avons galere une éternité pour parvenir à mettre le bateau dans une position où il ne touchait pas le quai. Peut être qu’on a jeté l’ancre trop près ? Finalement on y arrive. Et nous partons boire un verre avec Sibary.

Ce chat veut aller partout et surtout sur une barque en décomposition. Il finit par bloquer sa lesse et je dois aller le récupérer. Sibary ! Le soir, nous mangeons des Prawns Saganaki hyper bon avec un vin vraiment pas bon. Ce n’était pas l’avis d’un frelon qui s’est baigné dans mon verre.

La météo se gate dans les prochains jours. Nous devrons trouver un autre abri.

Changement de plan, la météo s’en mêle.

Dimanche 13 juin 2021, un peu de vent puis trop de vent

Vu la météo annoncée, il n’est pas sage de rester au quai à Vathi. Nous partons donc avec pour destination un mouillage au sud de Kefalonia.
Nous démarrons et je reçois un message de notre maman d’instagram nous disant de venir plutôt dans le grand mouillage au sud ouest de Kefalonia. Le problème C est que ça nous rajoute beaucoup de miles au voyage. Mais bon si c’est protégé.

Le vent est correct pour commencer, nous avançons bien. Puis au moment de tourner pour arriver sur le flanc sud de l’île, le vent monte progressivement. Nous sommes partis avec un ris dans la grand voile et nous prenons le deuxième par précaution. Le vent monte à ~21 noeud. Les vagues se forment rapidement. Nous ne pouvons continuer sur cette route. Il faut dévier et aller sur l’île de Zakynthos. Un coup d’œil rapide sur Navily, il y a un port gratuit au début de l’île, à 8 miles de notre position. 1 h avec ce vent la.

Nous sommes un peu secoués mais nous avançons bien. Il y a d’autres bateaux qui font la même chose que nous, espérons qu’il y ait de la place.
Nous sommes presque arrivés. Plus que quelques miles.
Pierre voit la couleur de l’eau qui s’assombrit, il décide immédiatement de faire quelques tours dans le génois. 1 minute plus tard, nous avons une rafale à 26. C’était une bourrasque perdue, le vent retombe à 17, avec des rafales à 20.

Nous arrivons au port, il y a un peu de trafic. On ne comprend pas très bien ce qu’il font.
Finalement ils quittent tous le quai et nous avons plein de place pour nous mettre longside. Avec 21 nœuds, il faut que ça marche du premier coup. Je me poste à l’avant, le vent est face à nous, prête à monter sur le quai. Pierre fait une excellente manœuvre et nous nous parquons sans problème.

Même pas le temps de rajouter des pares-battages qu’un homme sur un petit tracteur vient vers nous, va‑t‑il nous dire quelque chose pour la place ? Non il n’est pas du port, il vent ses produits. Nous craquons et lui achetons quelques truc comme un vin artisanal, du miel et des œufs frais.
Puis nous partons manger, en nous arrêtant pour voir le Harbour master qui est en train de couper un thon immense. Il nous dit que nous pouvons rester là.

On surfe !

Lundi 14 juin 2021, pas mal de vent mais du soleil

Nous sommes à agios nikolaus, sur l’île de Zakynthos. L’endroit est plutot mignon. C’est surtout un départ pour les points d’intérêt de l’île qu’une ville à visiter.
La météo n’est pas terrible. Le bateau subit les mouvements des bateaux de tourisme qui rentrent et qui sortent de la baie. Et le vent risque de changer de sens et de forcir encore plus. Nous ne serons pas du tout protégé. Nous hésitons. Ou serions à l’abri ? Le continent est beaucoup trop loin. Et le vent souffle de l’autre côté de l’île. Le harbor Master, Dimitri, nous propose une de ses bouées à quelques dizaines de mètres des quais, nous prendrions les vagues de face, et ne seront pas poussé sur le quai. Mais ce n’est pas une solution idéale. Nous hésitons longuement.
Finalement vers 16h nous décidons de partir pour le port de Zakynthos. Le vent a l’extérieur est loin d’être faible, mais nous l’aurons d’arrière, ainsi que les vagues.

Au sortir de la baie, nous recevons une rafale à 31 noeuds. Nous avons très rarement eu des conditions pareilles pour naviguer, c’est peut être arrivé 1 fois en Corse. D’habitude, on se retrouve malgré nous dans ces situations, car la météo est plus forte qu’annonce et se on se cache des qu’on peut. La nous sortons volontairement, est ce une bonne idée ? Rester au port n’est pas bon pour le matériel, Pierre avait peur que quelque chose casse et s’exclame que nous bougeons moins avec cette mer.

Nous n’avons que le génois au vent, et nous avons fait quelques tours. Le vent vient pile de dos et nous devons le changer de côté de temps en temps. Puis il se stabilise et redescend un peu. Nous pouvons relâcher un peu de génois. Les vagues nous ralentissent énormément, ou nous font surfer hyper vite.
Le bateau se comporte bien, le pilote fait son job, il ne galère pas trop face aux vagues. Nous nous sentons en sécurité. Il faut juste patienter. Il n’y a que 13 miles à parcourir au total. Nous avons quand même mis nos gilets de sauvetage, prudence avant tout.

À quelques miles de la destination, nous devons de nouveau faire quelques tours de génois, le vent est remontée à 32 nœuds de rafales, encore un coup des reliefs. Il y a 2 bateaux devant nous, pas idéal pour rentrer dans le port. Les moteurs sont allumés, nous entrons dans l’entrée pendant que je roule le génois. Nous voulons aller au fond du port mais on nous indique qu il n’y a plus de place, il faudra de nouveau se mettre longside, le comble. Et la en faisant demi tour, bip bip bip ! Le moteur s’est encore eteind, tiens ça faisait longtemps. Impossible de le redémarrer, il va falloir accoster avec un seul moteur sous 25 nœuds de vent.

Heureusement nous apercevons des employés du port. Pierre arrive tranquillement dans la place, enfin non trop vite malgré le moteur en marche arrière, car le vent nous pousse. Je jeté l’ammare, Pierre fait de même à l’arrière et nous sommes attachés. Plus qu à ajuster les parres battages et ce sera bon.

Port de ***

Mardi 17 juin 2021

Seconde journée à Zakynthos.
Le vent a beaucoup soufflé pendant la nuit, Pierre n’a pas beaucoup dormi. Mais nous n’avons pas senti le vent que nous avons fui.

Nous avons demandé au marinero s’il y avait un mecano, il viendra peut être cette après midi.
En attendant, nous allons faire un tour en ville, visiter ce qui semble être la « capitale de l’île ». En marchant, nous passons devant un panneau Gyros à 2,50 euros. Après un bref regard, nous prenons une table. On ne se lasse pas de ce repas.

Une belle église et sa mosaïque impressionnante, une rue commerçante sympa, mais pas vraiment d’attrait touristique. Encore une fois, c’est plutôt un point de départ vers les caves et l’épave 
Nous passons devant l’autre port. Les bateaux nous appellent. De loin nous avons vu ce qui ressemblait à une galère, mais ce n’est en fait qu’un bateau touristique avec une tete de canard en guise de bulbe d’étrave (peut être), étrange. Plus loin des épaves, des bateaux sur le côté, un rempart defoncé, les barres de fer qui en sortent pliées, un quai qui s’effondre, que s’est il passé ici ?
Des cerises achetées au coin d’une rue, un stop dans un café pour essayer de choper du WiFi, et retour au bateau. 

Pierre est témoin d’un spectacle qui aurait pu mal finir. Un petit ferry bleu entre dans le port à toute vitesse et crée des vagues énormes et courtes. Le bateau derrière nous est au début du quai, il se prend une première vague, le bateau se soulève et les pattes battages montent sur le quai, le bateau est sans protection. Le couple sautent sur le quai pour essayer de contrer. La deuxième vague arrive et emmène presque le bateau sur le quai, puis les autres font taper 3 fois la coque.
Nous avons eu plus de chance, nous sommes seulement secoués.

Nous avons inviter nos voisins allemands pour un apero, deux programmeurs sur un bateau de 30 et des pieds. Pierre part au magasin acheter 2‑3 trucs pendant que je range. Sur le chemin, il aperçoit le capitaine du ferry bleu et va à sa rencontre. Il a sa tête de tueur. Je ne sais même pas à quoi elle ressemble, je ne suis jamais là quand il la fait. Mais le capitaine ne fait pas trop le fier. Il lui explique ce qui est arrivé.
Il ose dire « ah ben tant mieux si vous n’avez rien eux » et « je ne peux pas aller moins vite, ce sont les moteurs » sur quoi Pierre répond qu’il ne serait pas aussi courtois si c’était lui qui était monté sur le quai et qu’il avait qu’à adapter, c’est lui le capitaine.

Le lendemain, nous le verrons raser l’autre côté, et avancer à une vitesse plus correcte.
Finalement le mécanicien ne viendra pas, et nous partirons le lendemain pour ne plus payer le port, trop cher. Direction le continent.

Katacolon

Mercredi 16 juin 2021

Pierre travaillant en matinée, nous quittons le port de Zakynthos en début d’après midi, le vent est faible, la météo nous annonçait un peu de vent pour partir, nous commençons cette navigation au moteur, au moins la houle ne montera pas.
On se traîne un peu, le bateau avance plus vite avec les voiles. Mais doucement on sent une brise se lever et nous caresser les joues. On en a bien besoin, quelle chaleur ! Se cacher sous la voile ne suffit pas avec le soleil à son zénith.

Le vent nous vient de 3/4 arrière ? Qui sait ce que ça veut dire ? (bruit de buzzer) Spi asymétrique ! Et oui oui oui, 2 points pour vous.
Je lance le live pour nos amis d’instagram. De quelle action, quel spectacle incroyable vont ils être témoins ? La vie de bateau trépidante leur apparaît au travers de leur écran. Une mer plate, avec des vagues de côté qui viennent d’on ne sait où et qui balote nos estomacs. Et surtout le capitaine de mon cœur qui nous fait une démonstration de combat contre la chaussette.

Un coup du gauche, on admire son jeu de jambes, beau retournement, va-t-elle rester au sol, non la chaussette repart à l’attaque ! Plusieurs rounds sont nécessaires, les deux combattants sont fatigués, ce sera à celui qui faillira en premier. Et… C’est un knock out de la part du combattant belge !
Finalement, nous devrons le redescendre 5 minutes plus tard, pour le remonter 15 minutes après, en galerant toujours autant.

Heureusement tout ce tintouin ne nous aura pas ralentit tant que ça, nous arrivons à Katakolon avec une belle luminosité, parfait pour s’ancrer.
L’eau est trouble et nous avons du jeter l’ancre 2 fois car le sol est couvert d’algues. Il est l’heure d’aller manger.

Le matin se lève, et comme souvent je reste quelques minutes de plus au lit pendant que Pierre lance la bouilloire. Mais cette fois, il ne réapparaît à l’autre bout du bateau et au lieu de ça s’exclame
– le Dinghy s’est barré !
Oups, c’est moi qui l’ait attaché la veille. Apparement mon noeud n’a pas supporte la petite houle que nous avons subi cette nuit. Il y a de grosses méduses dans l’eau trouble, nager est proscrit Heureusement, nous avons le petit dinghy dégonflé. Après avoir remis un peu d’air dedans, Pierre monte dedans, se met à l’avant et comme à ramer avec ses mains jusqu’au banana Boat qui avancent très lentement vers la plage.

Vendredi 18 juin 2021

Notre destination aujourd’hui est Pylos.
Le vent nous pousse, nous devons profiter de ces occasions. Si nous avançons bien, nous serons en même Egée dimanche ou lundi.
Par contre ça va être une longue journée. 45 miles à parcourir. 9h avec une moyenne de 5 nœuds.

Ca souffle !

Samedi 19 juin 2021

Samedi matin se lève sur la Gr!ce, et avec lui le vent, un peu trop tôt pour nous, même pas le temps de boire un café que nous quittons la baie car les vagues se sont déjà formées.
Nous partons avec un ris dans la grand voile, il y a des rafales à 18, on ne sait jamais. Nous avançons un petit moment. Puis les vagues sont ralentissent énormément. Encore ce fichu bouillon ! C’est tellement désagréable que nous décidons de mettre le moteur pour atteindre plus rapidement la pointe. La nous ne devrions pas avoir de vagues, ou d’une meilleure direction.

Ça y est nous y sommes, ah non c’est la prochaine. On va bientôt tourner ? Non c’est pas celle la non plus. Mais quand est ce qu on tourne !
Enfin nous pouvons changer de cap et nous passons à côté d’un super endroit avec un château sur l’eau. Il faudra qu on s’arrête là sur le retour.
Le vent nous vient pile de derrière, il est plutôt faible, nous allons sortir le spy symmetrique. Et voila qu’il s’emmêle autour du génois et tourne sur lui même . Pourtant il n’a pas de chaussette celui là ! Finalement il se remet bien tour seul et nous avançons très bien.

Le vent monte progressivement et bientôt il est temps de le redescendre. Il y a 24 nœuds. Une fois, nous l’avons descendu à 18 nœuds et ça s’était passé très facilement. Mais la c’est vraiment la limite. Nous le saurons pour la prochaine fois. Nous avons maintenant déroulé le génois. Le vent continue de monter. Les montagnes doivent créer un effet d’entonoir. La mer devient de plus en plus moche. Heureusement, nous sommes bientôt sorti de ces îles. Après, 30 miles pour arriver à l’autre pointe. Et 10 miles supplémentaires pour trouver un abri.

Le vent monte à 25 nœuds constants avec des rafales à 29. Le génois est réduit.
Ça va être une longue longue nav. Le vent ne nous fait pas plus peur que ça. Ce sont les vagues qui nous stressent un peu. En med et en mer Ionienne, ça monte hyper vite, et elles ne sont pas petites. Il y a des grosses différences de dénivelés dans les fond et ça influe fort sur les vagues. Sans parler qu elles sont très courtes. En bref, on essaye de naviguer avec des vents en dessous de 15 nœuds pour les éviter, mais récemment, c’est presque impossible.

Malgre les vagues qui nous ralentissent un peu, nous avançons bien. Nous devrions arriver de l’autre côté de la pointe avant la nuit si on continue comme ça.
Les vagues sont maintenant plus grosses que le bateau. La météo annonçait maximum 1 m. Mais la elles tournent plutôt autour de 2m50. On est bien contents qu’elles viennent de dos. On ne comprend pas ces bateaux qui vont dans le sens opposé à nous.
Petit à petit, on était pas surs au départ, on rattrape un voilier qui semble avoir un gennaker déplié. Ça souffle pas un peu trop pour ça ?

À mesure qu on se rapproche de lui, on se demande vraiment s’il y a quelqu’un de réveillé. Ils changent de cap sans arrêt.
On ne voit personne en les dépassant. Mais ils n’ont plus le gennaker.
À ce moment là le vent meurt complètement. C’est à peine si nous avons 6 nœuds. Avec ces vagues, on avance plus. On hésite à mettre le moteur, des hords bords dans cette mer, on risque de les foutre en l’air.
Finalement on n’a plus trop le choix, on recule. Le voilier derrière nous n’avance plus non plus. On espère qu’ils n’ont pas de problème ? On ne saurait faire demi tour maintenant. On voit leur génois qui réduit. Ça va ils sont réveillés.

Nous changeons de destination pour Geromolinas, non Geroliménas, non Géromélinas, aargh je sais plus. Cette journée nous a trop epuisé.
Une petite anse dans la roche. On devrait être protégés mais le challenge sera de trouver une place pour s’ancrer. Il y a une plaque de roche sur la moitié de l’ancrage, et la rocna n’aime pas la roche. Il y a 4 autres voiliers et 2 bateaux de pêcheurs accrochés. Ça va être drôle. Surtout que comme d’habitude, le mauvais moteur fait grève… On va lui mettre un gilet jaune, ça sera cohérent.
Nous arrivons dans l’ancrage avec un seul moteur, heureusement le vent est bloqué par les montagnes. Pas facile de juger des fonds. C’est assez profond.

Avec un seul moteur et une baie très étroite, pas moyen de faire des petits tours, nous jetons l’ancre sur le premier patch de sable que nous voyons. Enfin non à côté. Mais avec une marche avant, nous la glissons sur le sable. Elle n’est pas plantée, mais il n’y a pas de vent, en principe. Ça va être encore une nuit extraordinaire.

On a frôlé l’accident !

Dimanche 20 juin 2021

Dimanche, le vent ne se lève pas avant 14h et nous devons faire des petites courses.
Nous sautons sur notre banana boat. On a appris qu il avait surment 40 ans, une barque plus vieille que Bella Bianca, c’est pas commode.
Avant de faire les courses, nous mangeons un bout au resto.

Le serveur a d’abord pensé que Pierre était grec, ce qui n’est pas tout à fait faux. Un beau compliment. Il lui a conseillé une bière qu on ne trouve que là-bas, la sparte. Sur la bouteille, une représentation caricaturale d’un sparte qui tire la langue. Il ressemble très fort Gérard Butler dans le rôle de Leonidas.

Nous quittons la baie, avec les deux moteurs. Bien sûr il marche quand nous sommes seuls dans la baie et dans le bon sens pour partir. Incroyable…
Le vent est très faible, nous ne savons pas si nous devons traverser aujourd’hui. Mais dès que nous nous éloignons de la terre, ça commence à souffler un peu. Pile de dos. Que devons nous faire ? Il y a 15 nœuds de vent, c’est un peut limite pour mettre le spi. Peut être celui avec la chaussette ? Nous essayons mais le cap que nous devons prendre nous éloigne beaucoup trop. Nous le redescendons, non pas sans galerer une fois de plus avec la chaussette. On ne change pas les bonnes habitudes !

Nous remettons le génois et prenons le bon cap, le vent a un peu tourner. Devans, nous remarquons une silhouette qui nous semble familier. C’est encore le bateau fantôme, nous le rattrapons. Comment est ce possible ? Ils sont partis 2h avant nous. Comme la vieille, on ne comprend pas ce qu’il font.
Le vent est encore bien au dessus des prévisions. La météo disait maximum 14 nœuds, nous en avons 19. On va finir par s’habituer. Les vagues grossissent derrière nous. Un peu moins qu’hier heureusement.

Et comme la veille, il se meurt à quelques miles de la destination. Nous approchons de l’ancrage, il n’y a pas beaucoup de profondeur. Il y a un petit bateau à moteur en face de nous qui refuse de dévier sa course, pas de problème, c’est au voilier aux moteurs hors-bord défaillants et de faible puissance à bouger. Et un ferry qui sort du port, on essaie de rester loin, il nous klaxonne. Sérieux ? Derrière nous un autre ferry ?

Il nous fonce dessus, nous tournons pour les laisser passer. Mais pourquoi tant de trafic ? Nous les avions vu 20 minutes auparavant de loin.
2 pêcheurs nous crient dessus pour nous avertir de la profondeur. Décidément. Il n’y a aucune indication sur la carte, pas de chenal non plus.


Nous arrivons dans l’ancrage et glissons pendant 5 bonnes minutes que l’ancre se plante dans un patch de sable.
Encore une journée bien fatiguante, nous sommes contents d’être arrivés.

Après avoir naviguer de Cartagène (Espagne) à Termini Imerese (Sicile, Italie), nous avons du prendre une décision quand à la suite. Cette expérience nous a vraiment assuré dans…