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Le voyage continue, prochaines destinations : Nidri, Meganisi, Kalamos, Itaque, Zakynthos

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Fichu moteur ! Grosse frayeur. Navigation d’Antipaxos à Nidri

Lundi 7 juin 2021, grissaille et vent instable

Le ciel est bien gris aujourd’hui, ce n’est pas très rassurant alors on garde un œil sur la mer, à la recherche du moindre signe de vent plus fort. La météo annonce maximum 14 noeud.
Nous alternons entre moteur et voile avec petit vent. Mais nous parvenons à faire la course avec des voiliers au moteur.

On mange un petit bout à midi et je crois que quelque chose n’était plus très bon car nous avons tout deux 2 de tension après ça. Nos paupières sont tellement lourdes, on espère arriver vite.
Mais il faut d’abord passer le pont à l’entrée de l’île, pour pénétrer dans la mer intérieure.

Nous arrivons 20 minutes avant l’heure pile. 2 autres bateaux attendent et 2 autres arrivent bientôt.
Le vent monte à 21 nœuds et c’est bien sûr à ce moment là que le mauvais moteur décide de buguer une fois de plus. On jete l’ancre même s’il ne reste que quelques minutes avant l’ouverture, car ce serait trop dangereux de faire des ronds autour des bateaux avec un moteur défaillant.

La sirène résonne, c’est l’heure.
Nous décidons de partir avec un seul moteur. Le cata devant nous va trop lentement et nous perdons notre direction, il faut faire un petit tour sur place pour répartir correctement, ce qui force le bateau de derrière à faire pareil. Désolé !

Nous entrons dans le canal, le vent monte soudainement, et nous pousse contre le pont, qui n’est en fait qu’un bateau qui pivote. Pierre parvient par miracle à faire redémarrer le moteur. Juste à temps pour contrer les 28 nœuds de vent. Nous avançons en crabe, les doigts croisés pour que le moteur reste allumé et que le cata de devant ne ralentisse pas.

Le canal semble très long, heureusement il n’y a que 2‑3 bateaux qui viennent de l’autre sens.

Nous sortons enfin du canal, et la c’est la grosse question. Où aller ?
Les baies les plus proches ne semblent pas protégées. Il faut aller à Nidri, c’est à 7 miles. Nous rallons car nous sommes fatigués mais il n’y a pas d’autre choix.
Nous essayons de faire un peu de voile mais le vent faible vient pile de face. Pierre n’est pas content.

2 jours à Nidri, réunion de belges.

La baie de Nidri nous apparait après quelques îles florissantes.
On voit une petite église avec un ponton. Serait‑ce un sacrilège de s’amarrer la ? Prendrions la place d’un prêtre ? Nous préférons ne pas risquer de nous attirer les colères divines. Il y a un ancrage pour nous juste après.
Un ferry est en train de faire une manœuvres. Le moteur fonctionne toujours ? Ouf.
La baie se dévoile à nous, il n’y a pas une seule place ! Si peut être la, devant tout le monde, à l’écart. Nous n’aimons pas les grandes profondeurs. Nous allons nous placer un peu à côté de cette bouée.

Face au vent, et l’ancre est lâchée. Une marche arrière et on se rend compte qu’elle glisse. Ce n’est rien ça arrive. On essaie de remonter mais c’est extrêmement dur. Nous avons du choper quelque chose un câble, une corde ? Non une grosse chaîne, surment celle d’une bouée, les bateaux sont à bonne distance.
On attache une corde à la chaîne et on relâche l’ancre pour la décoincer. Ça rappelle des souvenirs à Pierre.

Un homme sur son voilier nous conseille d’aller vers la droite mais un autre nous indique que son ancre se trouve à cet endroit là. Aurait il mis 100 m de chaîne, pas le temps d’argumenter. Nous apercevons une bouée et l’attrapons du premier coup et après des centaines de marche arrière pour vérifier l’état de la corde et le recul, oui car il y a des épaves dans cette baie, nous pouvons éteindre les moteurs qui ont tous les deux fonctionné. Il y a du en avoir des commentaires dans le mouillage mais qu’importe. C’est juste pour une nuit. Nous changerons d’endroit demain.

Mardi 8 juin 2021, grand soleil

En fin de matinée, nous appelons le ponton de l’iris hotel pour réserver une place. Le voilier Talia est déjà sur place. Nous occupions à quelques centaines de mètres près le même mouillage à corfu et avions prévu de boire un petit verre mais ça ne s’était pas fait.

Nous arrivons sur le ponton et nous amarrons sans trop de problème grâce à l’aide de nos voisins anglais.
Après un petit snack à l’hôtel et une discussion avec nos amis, nous allons à un magasin pour bateau acheter un moteur pour le Dinghy. Demain nous aurons 3 moteurs ! Espérons 3 moteurs fonctionnels.


Mercredi 9 juin 2021

Nous avons passé une très bonne soirée avec Luke et Laure de Talia.

Photo prise par Luke

Aujourd’hui la mission si vous l’acceptez est de tester le moteur et de lui trouver une place.
Avec l’électrique, paix à son âme, c’était facile, on pouvait le mettre coucher dans un coffre, mais celui là doit rester droit.

Pierre MacGyver retire une des barres qui servaient anciennement pour le carré d’ombre. Il l’attacha à la barre arrière droite, avec des cordes, reste de notre philosophie wharram. Il pris une planche retiree des banquettes et fit des trous dedans, histoire qu’elle tiennent sur les barres. Et encore des cordelettes. A chaque fois je dois faire les fonds de cales pour en trouver d’autres. Quelques roulettes et manilles. C’est fait. 
Prêt pour le test ?
Nous montons le banana boat et installons le moteur derrière. Je garde le pied à l’avant pour éviter qu’il ne bascule.

Quand il est bien fixé, j’embarque.
Le moteur a l’air de faire un beau bruit, il crache de l’eau. Il y a de l’essence. Voilà en gros nos compétences en mécanique. Ça a l’air bon.
Un deuxième voyage pour aller rendre le diable au magasin et au retour, le moteur s’arrête. Mais c’est juste une coincidence hein ?

Nous testons à présent le système de levage diy.
Et c’est un franc succès ! Nous sommes tous les deux étonnés.

Nous pensions partir après cela mais les nuages d’orage sur les sommets des montagnes nous ont rappelés quelques souvenirs et on a pris peur. Une nuit de plus c’est pas grave. Ça me permettra de faire une machine à laver.

Comment une robe peut vous embarasser en 2 secondes

Jeudi 10 juin 2021

Aujourd’hui c’est sur on quitte Nidri.
Le prochaine point n’est qu’à 5 miles donc nous ne sommes pas très stressé. Pierre fait quelques travaux électriques sur sont bateaux et moi je rattrape mon retard de lessive. Et vers 13h nous disons à plus tard à l’équipage de Talia et quittons le ponton.

Le vent est très faible et un peu capricieux entre les îles très proches. Il vient forcément de la où on doit aller.
Finalement nous redemarrons le moteur pour passer cette zone. Nous passons à côté de l’île du milliardaire russe. L’ancrage y est interdit de nuit, dommage ça a l’air joli. Et puis nous n’avons jamais rencontré de milliardaire, ou alors on ne le savait pas.

Après avoir passé la zone, nous pouvons avancer aux voiles avec un petit vent. Nous profitons de ce silence paisible, le seul bruit de l’eau sur les côtes est un délice. Bien sûr ce moment n’est que de courte durée, un drôle de cata à moteur nous dépasse lentement. Pierre se demande s’il ne va pas au même endroit que nous.

Nous arrivons dans la baie, démarrons les moteurs, affalons les voiles et je me positionne à l’avant, près de l’ancre. Il y a un ponton public au fond, nous allons nous y mettre. Normalement c’est gratuit.

L’amarrage se passe sans problème, grâce à l’aide de voisins. La communauté nautique est incroyable.
Tout est sécurisé, nous pouvons aller nous promener.
Je vais me changer et met une robe longue. Le bateau n’est pas très proche du quai mais il suffit de sauter.

Sauf que cette robe, achetée à Namur en mai il y a longtemps, n’a sûrement pas apprécié d’avoir quitté la Belgique car elle me trahit. Pourquoi !! La fin de la robe n’était pas élastique, elle me coupe les jambes et je ne peux sauter. Je finis tout entière dans la flotte.
Pierre saute rapidement sur le quai pour m’aider à sortir.

Mon sac étanche n’était pas correctement fermé et un peu d’eau à pénétré mais normalement les téléphones sont sains et saufs. Mais je vais encore l’entendre dans quelques années ça.
J’ai quelques égratignures, un petit choc et beaucoup d’embarras mais tout va bien.

Kalamos, ou l’attaque des guêpes.

La veille, nous avons rencontré des allemands au ponton. Ils ont vu le chat et ont demandé comment il se portait sur le bateau. Eux aussi ont trouvé un chat sur l’île.

Vendredi 11 juin 2021

Nous avons pris un verre avec eux et ils nous ont proposé un café avant de partir.

Nous partons pour une navigation de 10 miles. Le vent vient forcément d’où nous voulons aller et est très faible. Nous faisons les premiers miles au moteur, puis le vent se lève un petit peu et nous pouvons le couper et tirer un bord.

Il y a plein d’autres bateau qui naviguent dans toutes les directions et nous devons en éviter quelques uns.
Nous arrivons à proximité de la pointe, Pierre passe vraiment très près comme d’habitude. C’est un peu stressant mais magnifique

Après le tournant, le vent monte subitement, jusqu a 18 nœuds.
Naviguer dans les îles ioniennes c’est être à la merci de ses reliefs. Mais ces rafales passent vite et nous arrivons dans une baie très large et sublime. Nous jetons l’ancre, elle n’accroche pas du premier coup, pas de bol ça semble être de la boue pourtant. Remonter l’ancre au Winch manuel ça peut être sportif.
A la deuxième tentative, elle est bien plantée.

Nous mettons le dinghy à l’eau pour faire courir le chat sur la plage. Nous sommes les seuls de ce côté de la baie, la plage est rien qu’à nous aujourd’hui. Et nous lançons le dessal car nous n’avons plus d’eau à boire.

La baie est très jolie mais la plage est remplie d’immondice, c’est triste à voir. Et envahie par les guêpes. Heureusement que Pierre n’est plus allergique.
On fait brûler le peu de café moulu qu’il nous reste pour les éloigner, une astuce que nous a appris nos amis de @sy_second_life. Mais ces guêpes sont tenaces, il faut plus de café.

On se sent bien, seuls, loin de tout. Dans un silence paisible, seulement perturbé par une famille de chèvres qui se promenent dans les montagnes. Et aussi par un voilier qui fait un tour avec de la musique et qui seront surpris par Sibary la star qui est à l’avant du bâteau (surment pour vérifier qu’ils ne mettent pas l’ancre sur la notre). Mais après avoir filmé le chat, ils repartiront vers une autre baie et le silence reviendra.

Ithaque et le chat qui a le mal de terre

Samedi 12 juin 2021

Départ de Kalamos en fin de matinée. C’est samedi, pourquoi se presser.
Aller à la prochaine île ne nous ferait faire que 2 miles. Trop court, on veut naviguer ! On veut être prêt pour une transat.
Le vent est timide au départ, nous faisons quelques miles au moteur. En quittant l’île le vent se dévoile, il vient pile de la ou on veut aller.
Changement de plan. Nous allons au sud de l’île. En plus nous avons un point sur la carte.

En passant près d’une autre île, le vent forçit, ces foutus reliefs ! Et pourquoi pas, il change de sens à mesure qu on se rapproche d’Itaque. Bien sûr!
Le mouillage semble bien protégé de ces vents. Et non c’est encore un coup des montagnes ! Le vent tourne autour de force 4 puis meurt et on descend les voiles et pile quand on rentre dans le mouillage, il monte à 18 nœuds ! Ça va être chouette pour mettre l’ancre. Surtout avec 2 bateaux qui nous suivent.
On veut d’abord se mettre près d’un îlot mais il y a un panneau interdit s’ancrer. Moi je le sentais pas c’est pas grave.

On hésite à se mettre au ponton, comme les autres mais nous aurions le vent de côté et en étant ammaré avec l’ancre. Ça ne nous plaît pas. Finalement nous jetons l’ancre dans la grande baie.. Et décidons de la relever après 5 minutes. Le vent ne va pas se calmer et les vagues sont déjà bien formées dans la baie. Il nous faut un endroit protégée. Nous repartons vers l’entrée, il y a un ponton gratuit dans un petit tournant de la montagne, cela devrait nous éviter les vagues.

Dire que l’amarage était ridicule et chaotique est un euphémisme. Nous avons galere une éternité pour parvenir à mettre le bateau dans une position où il ne touchait pas le quai. Peut être qu’on a jeté l’ancre trop près ? Finalement on y arrive. Et nous partons boire un verre avec Sibary.

Ce chat veut aller partout et surtout sur une barque en décomposition. Il finit par bloquer sa lesse et je dois aller le récupérer. Sibary ! Le soir, nous mangeons des Prawns Saganaki hyper bon avec un vin vraiment pas bon. Ce n’était pas l’avis d’un frelon qui s’est baigné dans mon verre.

La météo se gate dans les prochains jours. Nous devrons trouver un autre abri.

Changement de plan, la météo s’en mêle.

Dimanche 13 juin 2021, un peu de vent puis trop de vent

Vu la météo annoncée, il n’est pas sage de rester au quai à Vathi. Nous partons donc avec pour destination un mouillage au sud de Kefalonia.
Nous démarrons et je reçois un message de notre maman d’instagram nous disant de venir plutôt dans le grand mouillage au sud ouest de Kefalonia. Le problème C est que ça nous rajoute beaucoup de miles au voyage. Mais bon si c’est protégé.

Le vent est correct pour commencer, nous avançons bien. Puis au moment de tourner pour arriver sur le flanc sud de l’île, le vent monte progressivement. Nous sommes partis avec un ris dans la grand voile et nous prenons le deuxième par précaution. Le vent monte à ~21 noeud. Les vagues se forment rapidement. Nous ne pouvons continuer sur cette route. Il faut dévier et aller sur l’île de Zakynthos. Un coup d’œil rapide sur Navily, il y a un port gratuit au début de l’île, à 8 miles de notre position. 1 h avec ce vent la.

Nous sommes un peu secoués mais nous avançons bien. Il y a d’autres bateaux qui font la même chose que nous, espérons qu’il y ait de la place.
Nous sommes presque arrivés. Plus que quelques miles.
Pierre voit la couleur de l’eau qui s’assombrit, il décide immédiatement de faire quelques tours dans le génois. 1 minute plus tard, nous avons une rafale à 26. C’était une bourrasque perdue, le vent retombe à 17, avec des rafales à 20.

Nous arrivons au port, il y a un peu de trafic. On ne comprend pas très bien ce qu’il font.
Finalement ils quittent tous le quai et nous avons plein de place pour nous mettre longside. Avec 21 nœuds, il faut que ça marche du premier coup. Je me poste à l’avant, le vent est face à nous, prête à monter sur le quai. Pierre fait une excellente manœuvre et nous nous parquons sans problème.

Même pas le temps de rajouter des pares-battages qu’un homme sur un petit tracteur vient vers nous, va‑t‑il nous dire quelque chose pour la place ? Non il n’est pas du port, il vent ses produits. Nous craquons et lui achetons quelques truc comme un vin artisanal, du miel et des œufs frais.
Puis nous partons manger, en nous arrêtant pour voir le Harbour master qui est en train de couper un thon immense. Il nous dit que nous pouvons rester là.

On surfe !

Lundi 14 juin 2021, pas mal de vent mais du soleil

Nous sommes à agios nikolaus, sur l’île de Zakynthos. L’endroit est plutot mignon. C’est surtout un départ pour les points d’intérêt de l’île qu’une ville à visiter.
La météo n’est pas terrible. Le bateau subit les mouvements des bateaux de tourisme qui rentrent et qui sortent de la baie. Et le vent risque de changer de sens et de forcir encore plus. Nous ne serons pas du tout protégé. Nous hésitons. Ou serions à l’abri ? Le continent est beaucoup trop loin. Et le vent souffle de l’autre côté de l’île. Le harbor Master, Dimitri, nous propose une de ses bouées à quelques dizaines de mètres des quais, nous prendrions les vagues de face, et ne seront pas poussé sur le quai. Mais ce n’est pas une solution idéale. Nous hésitons longuement.
Finalement vers 16h nous décidons de partir pour le port de Zakynthos. Le vent a l’extérieur est loin d’être faible, mais nous l’aurons d’arrière, ainsi que les vagues.

Au sortir de la baie, nous recevons une rafale à 31 noeuds. Nous avons très rarement eu des conditions pareilles pour naviguer, c’est peut être arrivé 1 fois en Corse. D’habitude, on se retrouve malgré nous dans ces situations, car la météo est plus forte qu’annonce et se on se cache des qu’on peut. La nous sortons volontairement, est ce une bonne idée ? Rester au port n’est pas bon pour le matériel, Pierre avait peur que quelque chose casse et s’exclame que nous bougeons moins avec cette mer.

Nous n’avons que le génois au vent, et nous avons fait quelques tours. Le vent vient pile de dos et nous devons le changer de côté de temps en temps. Puis il se stabilise et redescend un peu. Nous pouvons relâcher un peu de génois. Les vagues nous ralentissent énormément, ou nous font surfer hyper vite.
Le bateau se comporte bien, le pilote fait son job, il ne galère pas trop face aux vagues. Nous nous sentons en sécurité. Il faut juste patienter. Il n’y a que 13 miles à parcourir au total. Nous avons quand même mis nos gilets de sauvetage, prudence avant tout.

À quelques miles de la destination, nous devons de nouveau faire quelques tours de génois, le vent est remontée à 32 nœuds de rafales, encore un coup des reliefs. Il y a 2 bateaux devant nous, pas idéal pour rentrer dans le port. Les moteurs sont allumés, nous entrons dans l’entrée pendant que je roule le génois. Nous voulons aller au fond du port mais on nous indique qu il n’y a plus de place, il faudra de nouveau se mettre longside, le comble. Et la en faisant demi tour, bip bip bip ! Le moteur s’est encore eteind, tiens ça faisait longtemps. Impossible de le redémarrer, il va falloir accoster avec un seul moteur sous 25 nœuds de vent.

Heureusement nous apercevons des employés du port. Pierre arrive tranquillement dans la place, enfin non trop vite malgré le moteur en marche arrière, car le vent nous pousse. Je jeté l’ammare, Pierre fait de même à l’arrière et nous sommes attachés. Plus qu à ajuster les parres battages et ce sera bon.

Port de ***

Mardi 17 juin 2021

Seconde journée à Zakynthos.
Le vent a beaucoup soufflé pendant la nuit, Pierre n’a pas beaucoup dormi. Mais nous n’avons pas senti le vent que nous avons fui.

Nous avons demandé au marinero s’il y avait un mecano, il viendra peut être cette après midi.
En attendant, nous allons faire un tour en ville, visiter ce qui semble être la « capitale de l’île ». En marchant, nous passons devant un panneau Gyros à 2,50 euros. Après un bref regard, nous prenons une table. On ne se lasse pas de ce repas.

Une belle église et sa mosaïque impressionnante, une rue commerçante sympa, mais pas vraiment d’attrait touristique. Encore une fois, c’est plutôt un point de départ vers les caves et l’épave 
Nous passons devant l’autre port. Les bateaux nous appellent. De loin nous avons vu ce qui ressemblait à une galère, mais ce n’est en fait qu’un bateau touristique avec une tete de canard en guise de bulbe d’étrave (peut être), étrange. Plus loin des épaves, des bateaux sur le côté, un rempart defoncé, les barres de fer qui en sortent pliées, un quai qui s’effondre, que s’est il passé ici ?
Des cerises achetées au coin d’une rue, un stop dans un café pour essayer de choper du WiFi, et retour au bateau. 

Pierre est témoin d’un spectacle qui aurait pu mal finir. Un petit ferry bleu entre dans le port à toute vitesse et crée des vagues énormes et courtes. Le bateau derrière nous est au début du quai, il se prend une première vague, le bateau se soulève et les pattes battages montent sur le quai, le bateau est sans protection. Le couple sautent sur le quai pour essayer de contrer. La deuxième vague arrive et emmène presque le bateau sur le quai, puis les autres font taper 3 fois la coque.
Nous avons eu plus de chance, nous sommes seulement secoués.

Nous avons inviter nos voisins allemands pour un apero, deux programmeurs sur un bateau de 30 et des pieds. Pierre part au magasin acheter 2‑3 trucs pendant que je range. Sur le chemin, il aperçoit le capitaine du ferry bleu et va à sa rencontre. Il a sa tête de tueur. Je ne sais même pas à quoi elle ressemble, je ne suis jamais là quand il la fait. Mais le capitaine ne fait pas trop le fier. Il lui explique ce qui est arrivé.
Il ose dire « ah ben tant mieux si vous n’avez rien eux » et « je ne peux pas aller moins vite, ce sont les moteurs » sur quoi Pierre répond qu’il ne serait pas aussi courtois si c’était lui qui était monté sur le quai et qu’il avait qu’à adapter, c’est lui le capitaine.

Le lendemain, nous le verrons raser l’autre côté, et avancer à une vitesse plus correcte.
Finalement le mécanicien ne viendra pas, et nous partirons le lendemain pour ne plus payer le port, trop cher. Direction le continent.

Katacolon

Mercredi 16 juin 2021

Pierre travaillant en matinée, nous quittons le port de Zakynthos en début d’après midi, le vent est faible, la météo nous annonçait un peu de vent pour partir, nous commençons cette navigation au moteur, au moins la houle ne montera pas.
On se traîne un peu, le bateau avance plus vite avec les voiles. Mais doucement on sent une brise se lever et nous caresser les joues. On en a bien besoin, quelle chaleur ! Se cacher sous la voile ne suffit pas avec le soleil à son zénith.

Le vent nous vient de 3/4 arrière ? Qui sait ce que ça veut dire ? (bruit de buzzer) Spi asymétrique ! Et oui oui oui, 2 points pour vous.
Je lance le live pour nos amis d’instagram. De quelle action, quel spectacle incroyable vont ils être témoins ? La vie de bateau trépidante leur apparaît au travers de leur écran. Une mer plate, avec des vagues de côté qui viennent d’on ne sait où et qui balote nos estomacs. Et surtout le capitaine de mon cœur qui nous fait une démonstration de combat contre la chaussette.

Un coup du gauche, on admire son jeu de jambes, beau retournement, va-t-elle rester au sol, non la chaussette repart à l’attaque ! Plusieurs rounds sont nécessaires, les deux combattants sont fatigués, ce sera à celui qui faillira en premier. Et… C’est un knock out de la part du combattant belge !
Finalement, nous devrons le redescendre 5 minutes plus tard, pour le remonter 15 minutes après, en galerant toujours autant.

Heureusement tout ce tintouin ne nous aura pas ralentit tant que ça, nous arrivons à Katakolon avec une belle luminosité, parfait pour s’ancrer.
L’eau est trouble et nous avons du jeter l’ancre 2 fois car le sol est couvert d’algues. Il est l’heure d’aller manger.

Le matin se lève, et comme souvent je reste quelques minutes de plus au lit pendant que Pierre lance la bouilloire. Mais cette fois, il ne réapparaît à l’autre bout du bateau et au lieu de ça s’exclame
– le Dinghy s’est barré !
Oups, c’est moi qui l’ait attaché la veille. Apparement mon noeud n’a pas supporte la petite houle que nous avons subi cette nuit. Il y a de grosses méduses dans l’eau trouble, nager est proscrit Heureusement, nous avons le petit dinghy dégonflé. Après avoir remis un peu d’air dedans, Pierre monte dedans, se met à l’avant et comme à ramer avec ses mains jusqu’au banana Boat qui avancent très lentement vers la plage.

Vendredi 18 juin 2021

Notre destination aujourd’hui est Pylos.
Le vent nous pousse, nous devons profiter de ces occasions. Si nous avançons bien, nous serons en même Egée dimanche ou lundi.
Par contre ça va être une longue journée. 45 miles à parcourir. 9h avec une moyenne de 5 nœuds.

Ca souffle !

Samedi 19 juin 2021

Samedi matin se lève sur la Gr!ce, et avec lui le vent, un peu trop tôt pour nous, même pas le temps de boire un café que nous quittons la baie car les vagues se sont déjà formées.
Nous partons avec un ris dans la grand voile, il y a des rafales à 18, on ne sait jamais. Nous avançons un petit moment. Puis les vagues sont ralentissent énormément. Encore ce fichu bouillon ! C’est tellement désagréable que nous décidons de mettre le moteur pour atteindre plus rapidement la pointe. La nous ne devrions pas avoir de vagues, ou d’une meilleure direction.

Ça y est nous y sommes, ah non c’est la prochaine. On va bientôt tourner ? Non c’est pas celle la non plus. Mais quand est ce qu on tourne !
Enfin nous pouvons changer de cap et nous passons à côté d’un super endroit avec un château sur l’eau. Il faudra qu on s’arrête là sur le retour.
Le vent nous vient pile de derrière, il est plutôt faible, nous allons sortir le spy symmetrique. Et voila qu’il s’emmêle autour du génois et tourne sur lui même . Pourtant il n’a pas de chaussette celui là ! Finalement il se remet bien tour seul et nous avançons très bien.

Le vent monte progressivement et bientôt il est temps de le redescendre. Il y a 24 nœuds. Une fois, nous l’avons descendu à 18 nœuds et ça s’était passé très facilement. Mais la c’est vraiment la limite. Nous le saurons pour la prochaine fois. Nous avons maintenant déroulé le génois. Le vent continue de monter. Les montagnes doivent créer un effet d’entonoir. La mer devient de plus en plus moche. Heureusement, nous sommes bientôt sorti de ces îles. Après, 30 miles pour arriver à l’autre pointe. Et 10 miles supplémentaires pour trouver un abri.

Le vent monte à 25 nœuds constants avec des rafales à 29. Le génois est réduit.
Ça va être une longue longue nav. Le vent ne nous fait pas plus peur que ça. Ce sont les vagues qui nous stressent un peu. En med et en mer Ionienne, ça monte hyper vite, et elles ne sont pas petites. Il y a des grosses différences de dénivelés dans les fond et ça influe fort sur les vagues. Sans parler qu elles sont très courtes. En bref, on essaye de naviguer avec des vents en dessous de 15 nœuds pour les éviter, mais récemment, c’est presque impossible.

Malgre les vagues qui nous ralentissent un peu, nous avançons bien. Nous devrions arriver de l’autre côté de la pointe avant la nuit si on continue comme ça.
Les vagues sont maintenant plus grosses que le bateau. La météo annonçait maximum 1 m. Mais la elles tournent plutôt autour de 2m50. On est bien contents qu’elles viennent de dos. On ne comprend pas ces bateaux qui vont dans le sens opposé à nous.
Petit à petit, on était pas surs au départ, on rattrape un voilier qui semble avoir un gennaker déplié. Ça souffle pas un peu trop pour ça ?

À mesure qu on se rapproche de lui, on se demande vraiment s’il y a quelqu’un de réveillé. Ils changent de cap sans arrêt.
On ne voit personne en les dépassant. Mais ils n’ont plus le gennaker.
À ce moment là le vent meurt complètement. C’est à peine si nous avons 6 nœuds. Avec ces vagues, on avance plus. On hésite à mettre le moteur, des hords bords dans cette mer, on risque de les foutre en l’air.
Finalement on n’a plus trop le choix, on recule. Le voilier derrière nous n’avance plus non plus. On espère qu’ils n’ont pas de problème ? On ne saurait faire demi tour maintenant. On voit leur génois qui réduit. Ça va ils sont réveillés.

Nous changeons de destination pour Geromolinas, non Geroliménas, non Géromélinas, aargh je sais plus. Cette journée nous a trop epuisé.
Une petite anse dans la roche. On devrait être protégés mais le challenge sera de trouver une place pour s’ancrer. Il y a une plaque de roche sur la moitié de l’ancrage, et la rocna n’aime pas la roche. Il y a 4 autres voiliers et 2 bateaux de pêcheurs accrochés. Ça va être drôle. Surtout que comme d’habitude, le mauvais moteur fait grève… On va lui mettre un gilet jaune, ça sera cohérent.
Nous arrivons dans l’ancrage avec un seul moteur, heureusement le vent est bloqué par les montagnes. Pas facile de juger des fonds. C’est assez profond.

Avec un seul moteur et une baie très étroite, pas moyen de faire des petits tours, nous jetons l’ancre sur le premier patch de sable que nous voyons. Enfin non à côté. Mais avec une marche avant, nous la glissons sur le sable. Elle n’est pas plantée, mais il n’y a pas de vent, en principe. Ça va être encore une nuit extraordinaire.

On a frôlé l’accident !

Dimanche 20 juin 2021

Dimanche, le vent ne se lève pas avant 14h et nous devons faire des petites courses.
Nous sautons sur notre banana boat. On a appris qu il avait surment 40 ans, une barque plus vieille que Bella Bianca, c’est pas commode.
Avant de faire les courses, nous mangeons un bout au resto.

Le serveur a d’abord pensé que Pierre était grec, ce qui n’est pas tout à fait faux. Un beau compliment. Il lui a conseillé une bière qu on ne trouve que là-bas, la sparte. Sur la bouteille, une représentation caricaturale d’un sparte qui tire la langue. Il ressemble très fort Gérard Butler dans le rôle de Leonidas.

Nous quittons la baie, avec les deux moteurs. Bien sûr il marche quand nous sommes seuls dans la baie et dans le bon sens pour partir. Incroyable…
Le vent est très faible, nous ne savons pas si nous devons traverser aujourd’hui. Mais dès que nous nous éloignons de la terre, ça commence à souffler un peu. Pile de dos. Que devons nous faire ? Il y a 15 nœuds de vent, c’est un peut limite pour mettre le spi. Peut être celui avec la chaussette ? Nous essayons mais le cap que nous devons prendre nous éloigne beaucoup trop. Nous le redescendons, non pas sans galerer une fois de plus avec la chaussette. On ne change pas les bonnes habitudes !

Nous remettons le génois et prenons le bon cap, le vent a un peu tourner. Devans, nous remarquons une silhouette qui nous semble familier. C’est encore le bateau fantôme, nous le rattrapons. Comment est ce possible ? Ils sont partis 2h avant nous. Comme la vieille, on ne comprend pas ce qu’il font.
Le vent est encore bien au dessus des prévisions. La météo disait maximum 14 nœuds, nous en avons 19. On va finir par s’habituer. Les vagues grossissent derrière nous. Un peu moins qu’hier heureusement.

Et comme la veille, il se meurt à quelques miles de la destination. Nous approchons de l’ancrage, il n’y a pas beaucoup de profondeur. Il y a un petit bateau à moteur en face de nous qui refuse de dévier sa course, pas de problème, c’est au voilier aux moteurs hors-bord défaillants et de faible puissance à bouger. Et un ferry qui sort du port, on essaie de rester loin, il nous klaxonne. Sérieux ? Derrière nous un autre ferry ?

Il nous fonce dessus, nous tournons pour les laisser passer. Mais pourquoi tant de trafic ? Nous les avions vu 20 minutes auparavant de loin.
2 pêcheurs nous crient dessus pour nous avertir de la profondeur. Décidément. Il n’y a aucune indication sur la carte, pas de chenal non plus.


Nous arrivons dans l’ancrage et glissons pendant 5 bonnes minutes que l’ancre se plante dans un patch de sable.
Encore une journée bien fatiguante, nous sommes contents d’être arrivés.

Les iles ioniennes avec notre catamaran Bella Biance. Nos premières étapes après l’italie : Erikousa, l’ile de Corfu (Kassiopi, Corfu ville) Syvota, Paxos, AntiPaxos. La suite dans le prochain article.

Printscreen de google maps avec nos points visités jusque là

A pronto Cariati !

Dimanche 16 mai

Il est 4h du matin, le réveil sonne. La nuit a été courte, nous avons fait un bel apéritif pour dire au revoir à nos amis. Nos têtes tournent encore à cause des nombreux cocktails.
Mais une longue journée nous attend, je lance la bouilloire déjà remplie, les pieds encore sous la couette.
Sibary à compris tout de suite que nous étions levés et il commence sa tirade matinale pour avoir à manger.
Pendant que je prépare les cafés, Pierre sort dehors et démarre les moteurs. Comme d’habitude, celui à tribord à du mal à démarrer, malgré avoir été révisé plusieurs fois et malgré les sous dépensés…

L'horizon orange et Bella Bianca sur une mer calme


Il fait étonnement très clair ce matin, parfait pour partir sereinement. Le ciel est d’un rose sublime et les lumières de la ville brille sur l’eau comme des étoiles.
Ça fait bizarre de partir mais il est temps.

Selfie avec nos amis de Cariati pour la dernière soirée avant le départ
A pronto !!

On ne sait pas pourquoi, mais on est tous les deux barbouillés. Le mal de mer ? Une gueule de bois ? Un truc qui n’est pas passé ? Avec une grosse houle de côté, nos estomacs rendent la navigation difficile.
On est tous les deux allongés, lui dans les filets, moi dans le lit avec le chat.

À un moment donné, Pierre vient me chercher et me dit qu’il y a des dauphins ! Des dauphins !!! Tant pis pour la nausée, c’est la première fois que des dauphins nagent aux côtés de Bella Bianca. Ils ralentissent pour toujours rester près des coques. C’est incroyable, on a l’impression qu’on peut les toucher. Longtemps ils restent avec nous, même quand nous finissons par retourner nous mettre en boule sur un coussin après avoir rallumé le moteur.
Le vent est maintenant plus constant, la houle plus grosse aussi mais le bateau avance bien. Les voiles sont réglées au mieux, pas d’ajustement toutes les minutes aujourd’hui.

Nous arrivons vers 17h à Santa Maria di Leuca. Nous allons au port car la houle pénètre dans la baie et nous avons besoin d’aller à terre après cette journée. Après s’être amarré, on se rappelle pourquoi on avait qualifié ce port de pire port du monde. Les bateaux à cote de nous tanguent comme un cheval à bascule. Ça devra le faire pour cette nuit..


Grosses vagues entre Santa Maria di Leuca et Othonoi

Lundi 17 mai

Nous partons plus tard que d’habitude. Pierre a du travailler ce matin et nous avons galéré à payer la taxe tepai.
À peine sortis du port, les vagues nous donnent la tendance de la journée. Ça va être inconfortable. Difficile de savoir comment se positionner par rapport à elles. Elles semblent venir de tous les côtés.
Nous avons gardé le ris dans la voile de la veille. Le vent monte rapidement à 15 nœuds. Espérons que ça ne monte pas plus, et surtout que la mer ne se forme pas plus.
Et non, pas de chance, la houle résiduelle ne s’applatit pas, et par dessus se créent les vagues de vent. 

La météo avait annoncé un vent de 3/4 arrière, voire côté. Mais c’est de face qu’il vient. Bon tant qu’il ne vient pas du canal de la mer adriatique, ça peut aller. Apparemment ça pourrait être très méchant si c’était le cas. 
Pourtant la mer est loin d’être sympa avec nous aujourd’hui. 
On a pas souvent été pris dans des mauvaises météos, donc on ne sait pas comment qualifier ces vagues, et c’est toujours difficile d’évaluer leur taille ou de les filmer. Ce qui est sur, c’est que ce sont les plus grosses vagues qu’on ait jamais eu.

Par chance, il y a du soleil, comme pour nous dire tout ira bien. Et les pilotes automatiques font leur jobs. Je dis « les » car nous avions mis le simrad pour barre franche au départ mais le jeu a fait sauter le petit bitouillout et nous avons remis l’autohelm. On est tellement contents d’en avoir 2
Plusieurs fois, nous croisons des cargos mais nous ne devons pas ajuster notre cap, heureusement, car l’angle pour prendre ces vagues est très réduit.
Le bateau se comporte très bien, il tape beaucoup, c’est le gros problème du Louisiane, mais jamais il ne se plante dans l’eau. On se sent en sécurité dans le carré.

Le vent est monté à 20 nœuds (37km/h) et tourne autour des 17 nœuds (31km/h). Nous avons pris 2 ris dans la voile, et roulé un peu le génois.
C’est surment un peu trop tôt, mais nous ne voulons pas devoir prendre le ris en catastrophe dans cette mer. Et nous avançons bien. La vitesse du bateau (Boat speed) théorique monte jusqu’à 10 nœuds (18km/h) mais les vagues nous ralentissent et nous faisons plutôt du 6‑7 noeud (11-12km/h) (speed over ground). Mais quand nous sommes frappés par de grosses vagues, nous avons l’impression de ne plus avancer du tout. Et comble de tout, de temps en temps le vent décide de venir pile de face et nous devons dévier un peu, le temps qu’il se replace pour ne pas être à la merci des vagues.

Après une attente interminable, l’île d’Othonoi commence à apparaître au travers de la brume au large. Je finissais pas me demander si elle était toujours là. Le genre de questions débiles qu’on ne se pose qu’en bateau. 
Les vagues qui s’étaient alors un peu calmée, reprennent de plus belles et le bouillon s’intensifie. On est maintenant à moins d’1h de l’île mais plus on avance, plus on a l’impression qu’elle recule. Et d’ici on ne voit pas d’endroit calme dans la baie ou nous allons jeter l’ancre. 
Pendant ces derniers miles, on hésite beaucoup à aller dans cette baie ou de l’autre côté de l’île en prévision du temps du lendemain. Mais si les vagues rentrent dans l’ancrage d’ammos, nous ne serons pas du tout protégés cette nuit. Il faut se decider. Nous irons ce soir dans la baie au nord de l’île et partirons tôt le matin pour se mettre à l’abri. 

Nous arrivons finalement à l’ancrage. Le vent et les vagues se sont calmés au bord des falaises. Nous jetons l’ancre juste à temps pour admirer le coucher de soleil. 
Nous avons bien mérité notre dîner. Bon boulot Bella Bianca

Retour à Erikousa et superbes rencontres

Mardi 18 mai

Après une nuit courte et pas si calme que ça, nous partons pour Erikousa vers 5h du matin, juste après que le vent ait changé de direction.
Nous avions déjà fait un arrêt sur cette île au mois de septembre et étions tombés amoureux de ses ruelles pavées, des panoramas sublimes, des paysages sauvages et de la gentillesse des gens. Nous retournons au port, en espérant être bien protégés pour les jours à venir.
Pas de vent pour cette petite traversée de 2h.
Sur le chemin, une de nos bouée de sauvetage décide de prendre un bain. La mer est correcte, nous allons la récupérer avec la gaffe.

Nous arrivons au port d’Erikousa vers 6h ou 7h, on vient de se rappeler qu’il y a un décalage horaire. Bien sur personne ne répond à cette heure. En fait personne ne répondra car l’office est fermé. Ils ne sont pas encore prêts. Une place gratuite, nous n’allons pas nous plaindre.


Le soir nous cherchons un petit resto car nous n’avons pas envie de cuisiner. On est pas vraiment sur qu’ils soient ouverts. Un bistrot à sorti ses tables. On s’était dit la dernière fois que ça devrait être le resto des gens de l’ile, on avait d’ailleurs été un peu intimidés.

Pierre content car il peut manger du tzatziki et des olives grecques, avec un vin blanc bien frais naturellement

Nous croisons le propriétaire du port et de l’hôtel, il nous dit qu’on peut rester au quai sans problème. 
Je me rappelle à ce moment là que je devais envoyer un message sur insta à une femme qui voulait nous rencontrer et surtout rencontrer Sibary la Rockstar.

Même pas 30 minutes plus tard, elle nous trouve à cette terrasse et nous invite à manger chez elle le soir, avec ses amis. On reste un peu sous le choc, tout est allé si vite. C’est drôle comme les rencontres peuvent se produire par hasard. Notre voyage démarre vraiment de manière incroyable

Soirée chez Francesca, avec des granitas au citron facon napolitaine

Mercredi 19 juin 2021

Nous découvrons un nouveau bateau dans le port. Sea project, sous pavillon italien.
Ce sera journée boulot et soirée avec nos nouveaux amis au seul resto ouvert, chez Leonidas

Terrasse du restaurant de Leonidas


Nous arrivons bien trop tôt la bas, et prenons un apero avec tzatziki et olives. Le patron nous avait dit que les grecs mangeaient Hyper tard et nos estomacs gargouillent déjà.
Une personne sort du resto et nous dit qu’il a entendu parler italien, c’est le propriétaire de sea project, il s’appelle Giovanni et a besoin d’un adaptateur pour prise italienne. Après 1 an en Italie, nous avons bien sûr ça.

Plus tard, nous retrouvons le groupe et nous commandons tout ce que Leonidas nous propose, agneau cuit 6h au four, calamar, tzatziki, fromage pané,… Pierre veut tout goûter. Il a bien raison, après la cuisine italienne, la cuisine grecque nous rappelle un peu celle de la maison, des plats en sauce, de la crème,… Nos estomacs sont ravis.

un plat d'agneau cuit au four 6h


Quand le calamar arrive, tout le monde a les yeux écarquillés. La taille de cette bête ! Heureusement on en a pris 1 pour deux. Francesca a été la plus maligne et a demandé un petit calamar.

un pouple cuit plus grand qu'une main


Quand nous avons fini le repas, le patron nous amene un dessert, apparement c’est coutume de l’offrir. Un espèce de carré qui fait penser au nougat, plutôt bon mais très sucré, 1 seul suffira.
Quand nous rentrons au bateau, je reste pour jouer avec Sibary et Pierre part apporter la prise à l’autre bateau. Et bien sûr, il est invité à boire un petit verre. C’est ça la communauté nautique.


Jeudi 20 – Vendredi 21 juin 2021

La météo n’est pas très bonne et nous sommes bien contents d’être à l’abri au port.On fait une petite promenade sur l’île avec le chat qui pèse une tonne et bien sûr on a oublié de prendre de l’eau et tout est fermé.
Les rues sont loin d’être plates et la marche est difficile. Pierre voit un panneau qu’on ne comprend pas et emprunte un escalier pour monter plus haut. La on sort le chat pour qu’il marche avec nous maintenant que nous sommes à l’ombre. Bien sur il ne veut pas, il veut aller se perdre dans les buissons. Mais la laisse est la pour lui rappeler qu’il ne peut pas.
Au fur et à mesure il commence à accepter de marcher avec nous. On prend 2 fois plus de temps mais qu’importe, nous profitons.


Samedi 22 juin 2021

Normalement nous avions prévu de partir ce jour là, mais les gens du bel hôtel d’Erikousa nous ont proposé une soirée cocktail lors du resto de mercredi, et Jacques est en chemin. Donc nous partirons ensemble demain plutôt. Je profite pour mettre à sécher la lessive que j’ai fait la veille. J’aime cette machine à laver.
Un tout petit bateau à voile arrive, propulsé par un hors bord. Pierre est en train de travailler, je vais l’aider à accoster.
L’homme me dit bonjour en français. Après l’avoir aidé, j’apprends qu’il vient de Santa Maria di Leuca. Il s’appelle Patrice et son bateau Orion

Bien plus tard dans la journée, Jacquouille et Olga arrivent dans le port et Pierre les aide à s’attacher.
On invite tout le monde à un apero dans les filets et ensuite à un dîner chez Leonidas. Entre temps Pierre et Jacques essaieront de fileter le bitouillou du pilote auto, sans succès. 

Bella Biance sous un coucher de soleil au port d'erikousa

Chaussette de ****, navigation entre Erikousa et Kassiopi

Dimanche 23 juin 2021

Départ d’Erikousa dimanche 23 juin après avoir retrouvé Jacquouille et Olga la veille et avoir rencontré Patrice et son petit bateau Orion.
Après un super repas chez Leonidas, Pierre a du aller récupéré Sibary qui s’était promené trop loin et était resté coincée au dessus d’une petite falaise, peut être après avoir voulu chasser des mouettes.
Il faut bien le surveiller aujourd’hui car il essaie de retourner explorer. 

Nous partons en fin de matinée, sous un beau soleil et avec une légère brise agréable qui nous pousse.
Il n’y a que ~17 miles entre erikousa et kassiopi, un lieu que Giovanni, un italien sur Sea Project nous a recommandé. Nous écoutons la plupart du temps les recommandations des gens que l’on rencontré, sauf si la météo est trop mauvaise car nous pensons que nous n’avons pas croisé leur chemin par hasard.

À l’horizon, l’île de Corfou, une eau turquoise au pied de rochers de calcaire. Et derrière, les montagnes imposantes de l’Albanie. Un spectacle magique.
Le bateau avance à bonne allure, un peu plus vite que celui de Jacques et la distance entre nos deux bateaux se creuse à vue d’œil. C’est d’ailleurs impressionnant à quelle vitesse on s’éloigne sur un si petit trajet. Qu’est ce que ça doit être sur une transatlantique.
La canne à peche de la mort est sortie, cadeau de notre ami Michel, on croise les doigts pour manger un tartare ce soir.. 

À mesure que l’on avance, la direction du vent change et le genois est maintenant deventee par la grand voile.
Pierre veut sortir le spi asymétrique et on commence tout le chmilblik pour le mettre en place. Installer le bout dehors, se pencher dangereusement pour l’accrocher au coques, attacher le spi à ce bout, décoincer la drisse de spi (corde attachee en haut du mat et sur la pointe en haut du spi) qui s’est mis autour de l’enrouleur de génois, monter le spi, passer l’écoute (corde attachee sur la pointe e extérieur du spi sur le Winch) derrière le hauban, ouvrir le spi en tirant sur la chaussette.

Et la ça coince. La chaussette ne monte pas correctement 
On avance avec seulement la grand voile mal réglée sous un vent très léger. On avance surment à 1 noeud. A cette vitesse, on pourrait pêcher. Mais pour l’instant on se concentre sur le spi. On Essie de le remonter plusieurs fois, on le retire complètement de la chaussette et on le remet.
Ça dure bien une demi heure, peut être bien plus.
Jacques en a profiter pour amoindrir la distance par rapport à nous. Il est maintenant à moins d’1 miles (2km) de nous. 

Toute cette galère nous a pris tellement de temps que l’on est maintenant à la pointe et nous devons changer de cap. On verra comment le vent sera de l’autre côté.
Il est vraiment très faible, on avance quelques temps au moteur, en discutant à la vhf avec Jacquouille et en prenant des photos avec le téléobjectif… Paparazzi ici.
On tourne à la pointe, et le vent faible tourne avec nous. 

Il nous reste maintenant moins de 2 miles avant le port de Kassiopi. 
Est ce que ça vaut la peine de remonter les voiles ? Allez on va essayer quand même.
Et ça recoince ! C est pas vrai. Bon cette fois ci on parvient quand même à la monter correctement et rapidement. Et on remet la grand voile.
On parcours les derniers miles en un rien de temps, le bateau file et on laisse Jacquouille et Olga sur place.

Photo prise par Olga

Finalement le vent baisse tellement que le spi flappote, on le rentre, cette fois ci sans problème. Seule la grand voile reste. 
Les baffles sont à fond et on danse dans le carré. Pierre fait un mojito avec le peu de rhum que l’on a pas bu lors de l apéros avec nos amis à Cariati.
Il fait beau, on file avec le vent, la musique dans les oreilles, la vie est belle.
Oups on en oublierai presque qu’on a atteint notre destination.

Pierre tourne le bateau rapidement et on abaisse la grand voile avant de pénétré dans le port.
L’ancre est prête à être jetée. C’est la première fois que nous allons faire cette manoeuvre à deux. On s’était attaché à un rocher à Bonifacio avec Jacquouille mais c’était plutôt chaotique on a rien retenu.
On laisse une bonne place pour Jacques qui a un tirant d’eau bien plus important que nous et on se met en marche arrière devant une terrasse.

La profondeur est vraiment très petite. Je jeté l’ancre après l’ordre de mon capitaine et on recule doucement. A mi chemin, je stoppe pour m’assurer que l’ancre se plante. Tout va bien. C’est tellement rassurant de savoir qu’on peut compter sur son ancre.
Puis nous continuons, Pierre le pilote met les moteurs de façon à ce qu’on recule bien droit.
Et puis je bloque l’ancre alors que les moteurs sont toujours en marche arrière et Pierre descend dans l’eau pour nous attacher a terre. Il est mouillé jusqu’au bassin, c’est vraiment très peu profond.
L’amarrage se passe sans problème, à part un lancer de corde raté. Pour sortir, nous aurons besoin du dingy qui se dégonfle.

Jacquouille a du s’y prendre à 2 fois car il avait oublié de remonter sa ligne de pêche, pas de tartare aujourd’hui pour lui non plus. Il parvient à s’amarrer sans soucis lui aussi.
Nous avons tous mérité un petit apéro dans le resto juste à côté. 

Photo de Pierre et Jacques sur une terrasse de Kassiopi


Là on demande comment avoir l’électricité et s’il y a quelqu’un en charge du port.
On nous répond que la personne n’est pas là. On dirait qu’eux non plus n’ont pas encore commencé leur saison. Nous ne devrons pas payer la nuit. 

Quelle chance on a.

Kassiopi, ville médiévale et balnéaire


Après avoir bu le cocktail pas bon marché, nous allons faire un petit tour dans la ville où nous trouvons l’accès au fort byzantin.
Les marches pour y parvenir sont à l’image du fort, pas entretenues. Et comme d’hab nous avons les meilleures chaussures pour visiter, des tongs !
Le fort est très beau malgré la jungle, c’est difficile de se représenter à quoi ça ressemblait mais la balade nature est très sympa. On voit même une petite tortue. Et de magnifiques panoramas bien sur.

Après cette visite, nous continuons notre tour dans la ville en cherchant un resto pour le soir. Une ville qui doit être très touristique en pleine saison mais avec beaucoup de charme. Et le clou du spectacle, les chats ont des petites maisons pour eux avec de l’eau du pâté et un coin d’ombre.

Le soir, nous mangeons pleins de spécialités, calamar, slouvaki, mezze, agneau, viande avec fêta et tomate cuits au four, miam !
Et puis après le repas, Pierre propose un cocktail dans les trampolines à nos amis déjà éméchés.
Aïe aïe aïe, pour résumer la soirée se terminera avec les fesses mouillées et un téléphone mort.

Lunch à Agios Stefanos et navigation jusqu’à la ville de Corfou 

Lundi 24 juin 2021

Nous partons de Kassiopi pour une petite navigation de 3 miles vers Agios Stefanos. On y avait déjà passé 1 nuit en septembre et on avait adoré le fait que chaque restaurant a son ponton.
Une belle navigation nous amene dans cette ancrage.
Nous jetons l’ancre, presque au même endroit que la dernière fois. Et Jacques et Olga à côté de nous. Leur ancre a encore des problèmes à se planter et Pierre sort le Dinghy pour les aider.

Des que tout est sécurisé, nous allons manger ensemble. Un seul restaurant est ouvert, pas le même que la dernière fois.
La vue est splendide, les pontons, nos bateaux en second plan et les falaises.
Le patron arrive à notre table pour prendre notre commande. Il insiste pour que nous prenions le loup de mer. On l’écoute.
L’attente est très longue mais la nourriture est bonne. Par contre l’addition est salee. On n’aurait pas du l’écouter.

Pierre et Jacques doivent travailler le lendemain et la connection est mauvaise et ne cesse de sauter sur le réseau albanais, qui n’est pas compris dans nos abonnements. 60 euros de supplements en un clin d’œil. Ouch !
Nous décidons d’aller à Corfou après notre repas.
9 miles. Ce n’est pas grand chose.
Une fois de plus, nous pouvons sortir le spi, qui se déplie correctement. C’est une super sensation. Et la voile est magnifique.

On voit au loin la forteresse de Corfou. On se sent comme des explorateurs qui arrivons dans un endroit méconnu, même si pour nous, il n’est pas inconnu.


Croisons les doigts pour qu’il y ait de la place à l’ancrage.
Quelle chance ! Il est vide. Nous pouvons chercher un patch de sable à notre aise.
Et je lache l’ancre. Pile dedans. Elle se plante direct. Génial. Au tour de Jacquouille qui se met un peu trop près mais ça ira.

Corfu, ville magique

Cette ville est aussi belle que dans nos souvenirs. Des rues étroites, une luminosité accueillante, des boutiques mignonnes, des restaurants sur des coins,… tellement beau. Sans parler de la forteresse et de notre vue privilégiée.

« Je veux aller là bas! »

Nous la re‑visiterons un autre jour, nous sommes dans le coin pour quelques temps. 
On ne compte plus le nombre de gyros qu’on a mangé. C’est pas bon pour la ligne tout ça. 


Une nuit, Pierre se réveille en sursaut car notre bateau et celui de Jacques se sont touchés. Pas très fort heureusement, mais nous avons ré‑ancré le lendemain. Jacques n’a rien entendu alors qu’il était levé.

Un autre virement de bord !  

Predict wind annonce une mauvaise météo pour les jours suivants et nous n’avons pas eu le temps de bouger. Nous resterons derrière la forteresse pour se cacher

Mais aujourd’hui la météo annoncée n’est pas si terrible et nous pouvons aller faire un tour et emmener Jacques et Olga avec nous pour qu’ils découvrent la navigation sur Bella Bianca.

Nous levons l’ancre, et hésitons sur le cap à prendre.Le vent de face pour revenir ou pour partir? Pour partir.

Nous partons vers le nord. Et a la seconde où les voiles sont sorties nous enclenchons le mode fusée.

Le vent est bien établi et les vagues mouille le bateau. Je dois aller à l’avant pour tout fixer et je reviens avec les fesses mouillées.

Nous avançons quelques minutes à cette allure mais nous faisons vite demi tour, histoire de manger notre repas plus à notre aise.

Tous dans les filets, un verre à la main et un pain à la saucisse dans l’autre, nous avançons à bonne vitesse. C’est très agréable, nous ne sentons presque pas le vent de force 5 (de 17 à 21 noeuds ; de 31 à 38 km/h).

Quand nous avons terminé notre repas, il est temps de faire demi tour, et le fun commence.

La vitesse nous a fait nous éloigner pas mal de la forteresse et le vent vient pile de face. C’est parti pour des virements de bords à répétition.

Tout comme des fesses mouillées à répétition car les poufs et coussins ne veulent pas rester en place dans le trampoline qui saute.Je parviens à tout fixer et à ce moment là Olga veut s’installer au pied du mat sous un pouf. Quel timing.

Je rentre à l’intérieur et Sibary vient directement pour me chanter comme il trouve que ça bouge beaucoup et que ça tape trop. Il ne veut pas rester tout seul.Nous arrivons finalement à notre ancrage. 2 bateaux se sont rajoutés et nous ne pouvons pas nous remettre à notre endroit.

Avant de s’ancrer, Pierre ramène Jacquouille à son bateau tout en douceur, et celui ci nous rejoins quelques minutes plus tard en Dinghy.Notre première tentative d’ancrage n’a pas marché, nous étions dans les algues. Il nous aide à viser le patch de sable. Et malgré un bug au guindeau qui ne voulait pas lâcher l’ancre, nous y sommes et elle est bien plantée. 

Il n’y a plus de vent capitaine !

Vendredi soir, on hésitait. Est ce qu’on devait rester à Corfou en attendant le vol, ou bien se promener et revenir la veille.
Plein de gens qu’on avait croisé ou qu’on suivait sur insta allait ou était à Paxos. Alors on s’est dit qu’on irait bien là‑bas pour le week end.

Samedi 29 mai 2021

On se lève tard, la faute à avoir commencé une série. Il n’y a pas de vent, pas un pet. Le problème c’est qu’on a plus vraiment d’essence dans nos bidons et qu’on a pas envie de faire du moteur.
Pierre va quand même en chercher 1 bidon en skate board au cas et Jacques doit se réapprovisionner un peu en eau.
On ne quitte l’ancrage que vers midi. Paxos semble un peu loin pour le vent qui ne s’est toujours pas levé et surtout à cause de la météo du lendemain, le vent viendrai pile de face, on a pas vraiment envie de ça.
Donc on décide de se diriger plutôt vers le continent. Jacques a trouvé un ancrage avec un ponton gratuit à Syvota. Pourquoi pas !

Démarrage des moteurs, enfin surtout du moteur qui marche et puis on monte la grand voile. Même pas besoin de se mettre face au vent tellement il n’y en a pas.
On sort le génois ? Allez on essaie.
Le vent est vraiment très très faible. Notre vitesse maximale ne dépasse pas les 4 nœuds, 3 nœuds pour Jacques, branché sur le canal 66.
Et ça diminue, le vent descend autour des 1 noeud, 1,2‑ 0,9‑ 1,4 ‑ 0.

Mais on ne veut pas mettre les moteurs ! Non pas question ! Voilà qu’on avance à 0,1 noeud.
Ça dure bien 2h comme ça. Jacques lui recule, si bien qu’on le rattrape. Ni une ni deux, on sort le baffle et on lance la musique de pirates des caraïbes. A l’abordage !


Heureusement que la musique dure longtemps car 10 minute plus tard, on est toujours pas à sa hauteur.
Quand on arrive enfin, on lui donne des cordes et on s’attache pour un verre de vin en pleine mer. Pas trop longtemps car il y a quand même des ferrys qui passent pas loin de temps en temps.

Les deux bateaux amarrés au milieu de nulle part


Après le petit verre, on se décroche et on lance les moteurs. C’est pas tout ça mais il faudrait arriver avant la nuit quand même. Il est déjà 16h. Et on n’a fait que 3 miles sur les 19.
On avance à peu près en même temps.

Enfin une petite brise de lève. Qui vient de dos. C’est parti pour le spi symétrique.
On avance doucement, 4 nœuds c’est déjà bien.
Mais vite le vent change et vient maintenant de 3/4 arrière. On sait ce que ça veut dire. Spi asymétrique !
Tout le chmilblik recommence, ce qui aide Jacques à prendre de la distance car on a coupé les moteurs.

Le spy seul nous fait avance à 4 nœuds, c’est bien mais peu mieux faire. Montons la grand voile.
À peine un peu dépliée, on sent le bateau qui accélère. Fusée !
Le vent fait un pic à 11 noeud et nous a 10 nœuds sur le boat speed. La distance avec Jacquouille s’amoindrie.
Mais le vent redescend ensuite et nous faisons 6‑7 noeud. Nous ne rattraperons pas Jacques. Mais quel plaisir de ne pas devoir faire du moteur.

Nous arrivons à l’entrée de la baie, les voiles sont rangées. Mais où est Jacques ? Il n’est quand même pas au port. Je sort les jumelles et essaie de chercher une tâche verte. Je crois la voir.
‑ Mon capitaine ou êtes vous ? Dis Pierre à la vhf
‑ derrière le bateau brun, tu vas trop loin.
Nous nous approchons du ponton flottant.
Il faut s’amarrer en jetant l’ancre d’abord. Nous n’aimons pas trop ça mais ça a l’air d être une technique répandue en Grèce.

On galère un peu car on a pas sorti les longues cordes et bien sur le mauvais moteur fait encore des siennes. Mais au final, on arrive à se mettre grâce à l’aide de Georges et de Jacquouille.
Autour de nous, un voilier français et un beau voilier autrichien.
Des que tout est sécurisé, nous allons manger au restaurant. C’est un peu la condition tacite pour utiliser le ponton. Mais c’est bien normal.
Tout est bien géré, il y a de l’eau si on veut, des poubelles et des douches en construction et Georges qui surveille.
Le restaurant est bon, un peu cher mais une bonne soirée tout de même.

Syvota, retrouvaille avec Sea Project

Dimanche 30 mai 2021

Aujourd’hui, la mission si vous l’acceptez est d’installer le déssanilisateur, ou plutôt de finir de le brancher. On ne l’avait pas fait en Italie car l’eau du port n’était pas assez propre pour le faire tourner régulièrement et on ne voulait pas faire sortir le liquide d’hivernage. Espérons que ça marche.

Le manuel en main, Pierre connecte les câbles et tuyaux restants avec l’aide de Jacques et fait la manipulation peur lancer le dessal.
Sous le bateau, l’eau est cristalline, des conditions parfaites.
C’est parti, les vannes sont ouvertes. On appuie sur le petit bouton pour mettre de la pression. Le tuyau est dans l’évier. Et…..
‑ Il y a de l’eau !!
Et le tuyau d’évacuation crache lui aussi.

Trop génial ! Comme des bleus, on a fait le plein d’eau une heure avant mais nous allons remplir des bouteilles millésime eau Bella Bianca 2021. Et goûter notre eau pour la première fois.
Le liquide produit est transparent et clair, c’est un bon point. Mais que goûte‑t‑il. Y a t il un petit gout salé ou étrange ?
C’est parti. Oh c’est étonnant, c’est plutôt bon. Il y a bien un petit gout de sel mais cela vient du verre qui avait été lavé à l’eau de mer et pas assez rincé visiblement.

Mission réussie ! Il faut maintenant lancer le cycle de nettoyage. Ah mince ! On a oublié de brancher ce tuyau. Pas de probleme tout était presque bon.
Allez, après avoir connecter tout ça on retente l’expérience. Ça marche ! Ouf !

Jacques change quelques cordes chez lui et décide de partir car Olga a un rendez vous le lendemain matin. Mais Pierre ne le sent pas plus que ça et me demande si l’on resterait jusqu’au lendemain.
Cela nous permettrait de prendre l’apero avec l’équipage de Sea Project que l’on avait rencontré à Erikousa. Tant que la météo n’est pas catastrophique demain, ça me va.

Le vent monte doucement dans la baie, il atteint 18 nœuds et nous arrive de côté. L’ancre tient pour l’instant mais nous sommes un peu de travers. Et les vagues montent très vite.
Nous n’aimons pas ça, Pierre veut que nous allions nous mettre longside de l’autre côté du ponton. J’ai peur que le moteur ne réponde pas mais j’accepte quand même. Mieux vaut le faire maintenant qu’en urgence plus tard.
Il va demander à Georges si nous pouvons le faire et s’il veut bien nous aider.

Pierre avance pendant que je remonte l’ancre et nous nous éloignons de sea project, amarré à côté de nous. Quand ça deviens difficile, il me rejoint et nous finissons de remonter l’ancre a deux. Des que c’est fait, il retourne aux moteurs pendant que je prépare les cordes du bon côté. Elles s’emmêlent et je dois les arranger si bien que je ne vois pas sa manœuvre. Mais comme le pgm qu’il est, il nous fait entrer dans la place sans probleme, et nous arrivons parallèlement au quai. Le moteur n’a pas posé de problème cette fois ci. Je donne les cordes et 2 minutes plus tard, nous sommes installés, et nous ne sentons plus les vagues. Et aucun vêtement de la lessive ne s’est envolé. Nickel. 

Giovanni et son ami reviennent sur le bateau, ils veulent faire pareil maintenant que nous ne sommes plus là pour absorber le vent.
Pierre sera l’homme fort dans cette manœuvre, il devra tirer le bateau vers le quai malgré les 16 nœuds qui le pousse, et je l’aiderait en reprenant la corde. Oh hisse oh hisse. Heureusement qu’il a des gants. Après de longues minutes, le bateau est longside. Nous sommes tous rassurés. Nous pouvons prendre l’apero dans le salon, il fait gris dehors.

Un verre de prosecco et un toast de sardella, pas très dépaysant pour des italiens mais c’est parfait et nous n’entendons même plus le vent à l’extérieur, je suis d’ailleurs prise par surprise quand il commence à pleuvoir et je dois rentrer les vêtements en vitesse.
Jacques nous appelle à ce moment là, il est seulement arrivé à Corfou et s’est chopé un vent de face à 25 nœuds. Ouille pas top, l’instinct de Pierre a encore frappé. 

Après cela nous partons tous les 5 au restaurant du ponton et passons une très bonne soirée suivie d’un verre de rhum sur le bateau. La il nous partage toutes les criques à voir en mer ionienne. Tout est noté dans la tablette, nous avons notre itinéraire. 

Encore plus de virements de bords, navigation entre Syvota et Mandraki


Dimanche soir, avant de se coucher, nous avons regardé la météo et comme souvent, celle ci avait changé et s’était aggravé. Résultat, il faut partir le matin assez tôt.

Lundi 31 mai 2021

Il est 6h du matin, le réveil sonne et nous commençons à préparer notre départ. Nous ne pourrons pas dire au revoir à nos amis italiens, mais qui sait nous recroiserons peut être leur chemin plus tard
La bouilloire est sur le feu, le chat dans le bateau et nous quittons le quai un peu avant 6h30. La météo nous donne une matinée calme, espérons qu’elle soit correcte.
Par précaution nous partons directement vers corfu, au plus court, si ça devient trop moche, nous pourrons alors coller la côte et faire du moteur.

Les ferrys sont déjà au travail, on voit même passer un bateau de croisière qui nous fait des grosses vagues. On se prépare à être secoués, je suis à l’intérieur pour tenir ce qui pourrait valser, mais Pierre prend parfaitement ces vagues au 3/4 et nous ne les sentons même pas.
À mi chemin vers le point le plus proche de corfu, le vent commence à monter. Les météos se sont complètement plantées, à l’exception d’une seule, qu’on ne regarde jamais. Mais bonne nouvelle c’est aussi celle qui est la moins pessimiste pour le début d’après midi. On verra bien.

Des que nous avons passé la petite pointe, nous pourrons prendre un cap par rapport au vent. Bien sûr il vient exactement de corfu et nous devons tirer des bords serrés.
Nous montons la voile tant que le vent vient de face, en prenant directement 2 ris par prudence et facilité, les vagues sont déjà bien inconfortables.

Ca y est la zone dangereuse près de la pointe est passée, nous tournons et sortons directement le génois. Le vent souffle à 15 nœuds, avec des rafales à 18. Le bateau avance très bien, 9 nœuds mais l’heure d’arrivée est bien loin.
Notre angle pour remonter au vent n’est pas terrible, pas catastrophique non plus et on arrive à distancer un voilier derrière nous. En plus le vent change un peu de directement et on doit multiplier les bords.

Malgre tout ,cette navigation est plutôt plaisante, on frôle les côtes vertes, on voit de loin un ancrage où on avait passé une nuit la dernière fois, on s’entraîne à virer le génois sans qu’il se coince dans les Winchs du mat et on file ! Ça tape beaucoup comme d’habitude dans le salon et le chat sort de temps en temps pour ne pas être seul, et rentre aussitôt par les coques.
On est très attentifs à l’horizon, a l’affût des moutons sur la mer, d’un changement de force du vent. Ça a l’air stable, même moins fort.

Nous dépassons enfin la forteresse. Pierre veut attendre un peu pour avoir un bon angle pour viser le port. Je garde un œil sur le ferry derrière nous mais il est encore très loin.
En fait, nous aurions pu tourner depuis longtemps, Pierre s’est trompé de port pour son calcul.
Virement de bord ! Mince la corde se coince dans le bloqueur inutile, encore un nouveau truc.


Nous descendons la voile et Pierre allume les moteurs. Ils démarrent tous les deux heureusement.
Nous contactons le port à la vhf et entrons doucement, cherchant la personne entre les mâts.
Notre place se situe juste à côté d’un yacht, les pares-battages sont mis, la gaffe est à portée de main, les cordes préparées. Tous les bateaux sont mis en marche arrière mais nous préférons y aller par l’avant.

Bip bip bip bip, le mauvais moteur s’éteint. C’est chose courante. Sauf que cette fois, il refuse de se rallumer. Heureusement le vent ne pénètre pas dans le port, c’est presque magique d’ailleurs, il devrait être exposé. Nous sommes arrêtés à quelques mètres de la place en train de tourner la clef à répétition, mettre des gaz, pomper,… Rien n’y fait. Il va falloir se parquer avec un seul moteur. Problème, le cata ne tourne presque pas avec un seul moteur, il faut prendre de la vitesse et bien viser. Heureusement Pierre est très bon avec tous les véhicules. Il s’y reprend à plusieurs fois et nous fait rentrer dans la place. Vite j attrape la corde arrière avec la gaffe et la lui passe pendant que je rate mes lancers de corde avant.

On ajuste les cordes ensuite pour être bien mis et savoir sortir du bateau et c’est bon.
Il y a un resto devant le port. Nous avons besoin d’un apero avant de nous occuper du moteur. Et Andrea qui nous a aidé mérite bien un café pour sa patience.

4 jours à Mandraki, travail, repos, et des tongs cassées

1-3 juin 2021

Que s’est il passé ces derniers jours à corfu. Pas grand chose a vrai dire, beaucoup de travail, une promenade dans la ville, des achats pour le moteur. Des courses au lidl parce que les petits magasins c’est bien mais pas toujours bon marché.
La visite d’un mécanicien et bien sûr le moteur qui fait mine de rien et fonctionne parfaitement.
160 euros de dépensé pour le port et l’avion qui part sans les 2 hommes car ça ne sert plus à rien de rentrer en Belgique quand on se trompe de date.

Des journées hyper chaudes et quelques nuits fraîches.
Deux jours de mauvaise météo et un jour où on aurait aimé être dehors.
Des restos au bord de mer, des glaces à l’intérieur de la ville. Encore des gyros. 
Toujours pas de sac à dos pour le chat. Des tongs qui ont lâché à mi-chemin.

Des apéros au port, des rencontres brèves et des blagues du gars du port. Un ouzo bien servi.
De la nourriture offerte par les voisins parce qu’ils s’en vont. Trop sympa.
Une série avalée et un épisode de top chef trop long.
Sortir du port et passer par la forteresse, voir une école de musique qui répète à l’extérieur.

Vent, pas vent ? Et fusée !! Navigation entre Mandraki et Paxos

Vendredi 4 juin 2021

Vendredi 4 juin, le jour où Pierre et Jacques devait revenir de Belgique, nous quittons le port de Mandraki après avoir pris un café avec Andrea, l’homme qui nous a aidé à nous ammarer. Il nous a rajouté plein de points sur navionics.
Nous partons une dizaine de minute après Jacques et Olga.
On prend un peu de temps à sortir la grand voile car il y a toujours les 2 ris dedans.
Jacques lui aussi a des problème avec sa grand voile sur enrouleur qui s’est encore bloquée.

L’attache du pilote automatique est un peu cassé et la tige du simrad n’est toujours pas fileté donc Pierre improvise une réparation avec un bout de bois et un Collier de serrage.
L’attache du pilote automatique de Jacques s’est cassé elle aussi.
Mais quel est ce sort ?

Le vent est plutôt correct, 14 nœuds d’arrière, puis de côté. Nous prenons pas mal d’avance. Puis une montagne doit faire barrière car c’est à peine si nous avons 2 nœud.
Puis le vent revient mais seulement à 7 noeud. Nous voulons sortir le spi asymétrique.
Une fois de plus, la chaussette fait des siennes. On galère bien pendant une demi heure et on finit par abandonner et remettre le spi dans son sac, même pas rangé dans sa chaussette. Il faudra qu’on trouve un endroit calme pour le deplier et le ranger correctement.

Le GPS de la tablette doit un peu buguer et n’a pas compris que nous avons passé le dernier way point. Il nous indique une arrivee à 23h. On est un peu stressé avant de comprendre ce problème et nous relançons la route. Il ne nous reste que 15 miles 

J’ai lu sur internet quelques jours auparavant qu’on a un problème par jour sur le bateau et que si on en a pas eu, on aura 2 problemes le lendemain. On a passé 3 jours au port sans problème… 

On alterne entre moteur et voile avec peu de vent jusqu’à la pointe finale de Corfou.
Là le vent forcit et tourne autour des 15 nœuds de côté avec une pointe à 18. Puis il redescend progressivement et nous arrivons à proximité de l’ancrage de Lakka avec seulement 7 noeud. Nous arrivons avec 1h d’avance par rapport à Jacques. Bella Bianca la fusée !

Lakka (Paxos), retrouvaille avec Orion et Imagine

Nous arrivons dans la baie de Lakka et découvrons le changement soudain de couleur de l’eau. Une eau turquoise et incroyablement transparente. On voit que les 2 mega voiliers ont mis leur chaîne au milieu de la baie. Où va t on s’ancrer?

Bernard et Laurence, aka womanwhosails sur insta, sur leur bateau Imagine, nous accueillent dans la baie avec de grands signes de la main, ils nous indiquent une place entre eux et le gros voilier, mais à cause de cette ancre dans le fond, nous nous approchons trop près du voilier à notre goût et nous préférons une place au bout de la baie, à quelques mètres d’une plage de galets.


Bernard vient très gentiment nous chercher sur son Dinghy et nous amène vers son bateau, sur le chemin, nous apercevons Jacques qui fait la course au moteur avec un autre voilier pour rentrer dans la baie. Il prendre cette place à côté du mega voilier. Et nous passerons tous les 6 une excellente soirée à bord s’imagine.

Instagram aura servi à rapprocher des personnes cette fois‑ci. Il y a peut être de l’espoir.

Encore perdu mes lunettes…


De retour sur notre bateau, nous apercevons ce message de Patrice d’Orion.
Le lendemain, nous hésitons à continuer notre route et rencontrons Patrice et sa femme à midi, mais finalement, nous décidons de rester une autre nuit et d’aller manger un bout dans les terres avec eux.


Pierre ne veut pas prendre de taxi et se dit qu’y aller en vélo et skate board serait une bonne idée. Idée de génie oui…

Paxos n’est pas du tout fait pour le vélo, le skate ou même a pied. Il y a des côtes à 60 degrés.
Nos véhicules sont électriques mais avec ces routes, les batteries tombent en panne à la moitié du chemin. Sans parler du fait qu’ on a fait une réservation pour 19h30. Finalement on galère tellement qu’on arrivera plutôt vers 20h30.

Le resto, on voulait un restaurant typique avec des gens qui dansent mais on s’est trompé


La soirée se passe très bien. On boit beaucoup trop de rosé.
Le lever sera difficile demain.

Antipaxos, retrouvaille avec Second Life

Départ de Lakka en fin de matinée avec la tête qui tourne. Le vin de la veille nous en veut.
Nous hésitons sur la destination. Il n’y a vraiment pas beaucoup de vent, et il vient de lefkada. Nous décidons d’aller vers le continent et avançons très lentement, ce qui ne me dérange pas plus que ça, car je ne me sens pas bien du tout.
Il y a moins de 10 miles mais ça risque de prendre un petit temps.

Comme nous sommes barbouillés, nous avons à peine regardé nos téléphones.
Pierre ouvre insta et découvre un message de nos amis de Second life, que nous avions rencontré en 2018 à Ibiza avec Te Fiti. Ils remontent vers Corfou et nous demandent où nous sommes.
Nous finissons par faire demi tour et nous diriger vers Antipaxos, cette fois au moteur car le vent s’en est allé.
À mi chemin. Nous devons les mettre à plein puissance pour nous décaler du chemin d’un énorme ferry qui fonçait sur nous.


Nous arrivons dans une baie à l’eau turquoise et allons jeter l’ancre au plus près de la plage, la où personne ne peut aller. Certains tenteront de se mettre tout près de nous mais la proximité de rochers les dissuadera, mais pas avant d’avoir essayé de jeter l’ancre une dizaine de fois.


En fin d’après midi, Peer, Christine et Nuchi nous retrouvent dans la baie et nous allons boire un café sur leur bateau, puis plus tard un verre dans nos trampolines.


Sibary crie sur Nuchi les premières minutes, pour tester, et puis il est très curieux et s’approche de plus en plus. 
Vers 19h, nous nous faisons attaqué par des centaines de moustiques, résistants au pchiit et aux spirales. Ces sales bêtes. Si bien que nous devons rentrer à l’intérieur.

Nous passons une super soirée même si nous sommes tous un peu fatigués. Eux parce qu’ils avalent les miles et nous a cause de la soirée de la veille. 

Le lendemain nous nous disons à bientôt, comme lorsque nous les avions laissé à Mallorca. Et nous prenons la direction de Lefkada

Suite dans le prochain article.

1 an après avoir vendu Te Fiti, on n’en pouvait déjà plus, ca nous paraissait une éternité.

Des recherches dans tous les sens

Pierre et moi regardions les site de vente de bateaux depuis longtemps, nous avions d’ailleurs visiter un Catana 42s à Port Saint Louis du Rhone. Très bien mais pas dans notre budget. Nous avions aussi envisager d’acheter un Neel 45 et de démarrer une activité en Corse, mais pareil, il fallait un énorme capital de départ.

On a aussi réfléchi à d’autres choses, acheter une péniche, une maison, un immeuble à appartement en Espagne, faire construire… puis finalement Pierre a encore changé de travail et a accepté un boulot au Luxembourg.

Il devait aller au bureau tous les matins et nous avions donc cherché une maison à louer. On avait même signer le contrat, mais le Corona virus est arrivé, et rien n’était plus sur, sauf notre envie de racheter un bateau.

On a intensifié les recherches et on s’est mis d’accord sur un modèle, le fontaine Pajot Louisiane. Deux (et demi) étaient à la vente. Tous en méditérannée. Un en corse, appelé disquette et trouvé sur catamaran-occasion, un qui était peut être une arnaque ou une ancienne annonce à Nice, sur France-bateau, et Bella Bianca en Italie, sur le site multihull.nl . Avec le Covid, impossible de les visiter, et on se disait, on n’achète rien avant de l’avoir vu.

Finalement le 6 ème sens de Pierre s’est mis en route et il commençait à être impatient. Il a fait une offre pour Bella Bianca au Brooker. Nous n’avons pas eu de réponse, et comme l’offre était bien inférieure au prix, on s’est dit qu’ils n’avaient même pas pris ca au sérieux. 1 semaine plus tard, toujours impatient, il me dit « je m’en fous, j’appelle celui de Corse, et je le réserve »

A la fin du coup de fil, il crie de rage. Le propriétaire vient de signer un accord de vente. « Je le sentais, t’as vu! ».

Toujours énervé, il essaye d’appeler celui de Nice, et laisse un message après le bip sonore.

Un accord

Puis il appelle le brooker qui s’occupe de Bella Bianca, et lui demande (très poliment ne vous inquiétez pas) s’il avait bien reçu son mail. Il y avait un drôle de bug entre leurs deux boites mails et certains n’arrivaient pas et d’autres tardivement. Le Brooker avait en fait répondu mais c’était arrivé dans les spams. Pierre regarde vite ses mails. Je suis à coté de lui et je n’entends que sa part de la conversation. Puis il dit : ah c’est super si le propriétaire a accepté notre offre (mais en anglais). Je ne comprends pas tout de suite, il doit avoir mal entendu.

Mais non ! Notre offre a été acceptée. La bulle de stress de Pierre éclate et il redevient souriant. Et moi je commence à stresser, faites qu’ils ne changent pas d’avis.

Photo prise sur le site du Brooker, multihull.nl

Le Brooker étant occupé avec un autre bateau, ça a mis un peu de temps pour nous envoyer le premier contrat.

Pierre avait déjà acheter une bouteille de champagne le lendemain de l’appel. Ils voulaient tous la boire tout de suite. J’avoue j’ai un peu cassé l’ambiance, je ne voulais pas en boire avant d’avoir envoyer l’acompte. J’avais peur d’attirer la malchance.

Quand nous avons reçu le contrat et vérifier qu’il était corrects, nous nous sommes empressés de faire le virement avec l’acompte. Et à la seconde où la notification de confirmation est apparue, Pierre faisait peter le magnum.

Le 14 juin, après être descendu jusque dans la plante de pied italienne, et avoir failli tuer Joseph (notre camping car) dans les montagnes, nous rencontrons pour la première fois Belle Bianca et les propriétaires, Markus et Monika (des allemands, décidément, c’est un signe).

C’est le coup de foudre, et après un tour du bateau, nous signons les papiers. Puis nous sortons en mer, et faisons un petit tour pour voir les voiles. Logiquement, on fait ça avant de signer les papiers c’est vrai, mais nous étions surs et nous avons confiance en ce bateau.

Il répond à tous nos critères à l’exception de la hauteur intérieur. Et il tape un peu quand il y a des vagues mais c’est juste bruyant et ça ne représente pas de danger pour le bateau.

Bella Bianca est à nous !

Nous envoyons le paiement final, qui arrive sur leur compte le jour d’après. Markus et Monika partent le lendemain matin, le 16, ce qui signifie nous emménageons dans notre nouvelle maison !

https://youtu.be/Kvftb8NzTHM

C’est là où les choses deviennent moins glamours. Il faut déplacer toutes nos affaires du camping car au bateau, et s’occuper des papiers (l’assurance, le pavillon belge, le port,…).

Une fois que tout ça sera en ordre, nous partirons naviguer !

Quelques informations techniques

  • Nom : Bella Bianca
  • Construction : Fountaine Pajot, 1987
  • Modèle : Louisiane 37
  • Taille : 11,99 de long (originellement 37 pied, rallongée d’1 mètres) ; 6 mètre de large.
  • Tirant d’eau : 80 cm
  • Poids : 4,5 tonnes

Pour récupérer nos affaires sur le bateau, nous ne savions pas quelle serait la meilleure option, et nous avons opté pour l’achat d’un camping car d’occasion.

Nous avons trouvé Joseph, et il nous a permis de descendre jusque là et bien plus. C’est un vieux camping car Peugeot Burstner.

Voici quelques photos et souvenirs de notre descente.

Nous partons de Namur, et empruntons l’autoroute qui passe par Metz, puis par la Suisse.

La première nuit que nous passons est… mouvementée. Nous nous arrêtons sur une aire d’autoroute après peu de kilomètres, un peu avant la frontière luxembourgeoise. Nous nous parquons entre des camions.

Au milieu de la nuit, Pierre se réveille grâce à son 6ème sens, il sent une présence. Nous dormons dans la capucine et en baissant la tête, il voit mon sac qui se fait emportés par une perche. Ni une ni deux, il attrape la perche et les voleurs s’enfuient. Son père veut sortir mais on s’emmêle un peu les pieds. Heureusement que personne n’est sortis, on ne sait jamais.

Nous avions bien sur tout fermés et pourtant. Il y a des petites fenêtres dans la zone conducteur qui s’ouvrent différemment.

Avec un tournevis on suppose, ils ont percés le joint et fait tourner la poignée puis ouvert la porte.

Plus de peur que de mal, mais les prochaines nuits vont être difficile.

Le jour suivant nous roulons jusqu’à Milan où nous nous arrêtons près d’un cimetière, un spot que nous avons trouvé sur Park4Night. Et comme nous sommes en Italie, nous allons manger une pizza dans le village.

Le 2 ème jour, nous roulons jusqu’à Cassino, une petite ville où apparement un film a été tourné. Nous nous arrêtons dans un spot recommandé sur l’application mais c’est aussi un lieu de rendez vous de jeunes. Ils mettent de la musique et font des tours en scooter sur le parking. On est le seul mobil home donc on ne se sent pas très à l’aise, mais ils finissent pas partir.

3 ème jour, nous partons tôt car nous pouvons prendre le ferry ce soir pour la Sicile. Nous pensions qu’il y avait un ferrys une fois par jour, mais en fait, le bateau fait un aller retour constant entre Villa San Giovanni et Messine. Les bateaux rentrent dans un sens, le bateau fait les 20-30 de trajet. Puis il se stabilisent et les voitures sortent de l’autre coté, dans le bon sens pour continuer leur route, et le ferry se remplit à nouveau.

Nous arrivons vers 20h au bateau.

Qu’il est beau, les gens du chantier ont vraiment fait un super boulot. Les jours prochains vont être difficiles. Nous dormirons au port cette nuit puisque la barrière du chantier est fermée.

4 ème jour, il est temps de vider le bateau et de jouer au tetris dans le camping car

Pendant notre déménagement, Pierre reçoit un coup de fil, c’est le futur nouveau propriétaire qui est au port et qui ne sait pas comment nous rejoindre. Il est à pied. Déjà !

Pierre va donc le chercher en camping car pendant que nous continuons de sortir les affaires.

Quelques minutes plus tard, le camping car revient et Pierre nous présente Stephane et puis présente Te fiti à son futur-nouveau propriétaire.

A ce moment là, Pierre me dit qu’il est toujours temps de se rétracter si c’est ce que nous voulons. C’est difficile les au-revoir.

Mais Stéphane a l’air d’un type bien, qui en prendra soin et qui partage la philosophie wharram et notre philosophie.

Le soir, nous passons une dernière nuit dans notre chambre.

Le lendemain, nous n’avons plus de raisons de rester un jour supplémentaire. Ca a été tellement vite. Nous prenons le ticket de ferry, mais cette fois au départ du port de Termini, direction Civitavecchia, au dessus de Rome. Le départ est à 2 heures du matin et le voyage dure 10h.

Il nous reste un peu de temps et Pierre veut aller acheter quelque chose pour son ancien collègue/ami. Il adore un vin de vendange tardive produit en Sicile, le 50 gradi all’ombra, 50 degrés à l’ombre. Un vin qu’il est très difficile à trouver en Belgique, et à trouver tout court car produit en petite quantité. Ce n’est qu’à une heure et demi de Termini et le producteur, qui parle français, nous indique un magasin de vin qu’il fournit.

On se perd un peu, la marche arrière ne fonctionne plus alors que nous devons faire demi tour, mais un habitant de la rue nous aide et nous finissons par trouver le magasin et nous achetons une caisse.

A 11h du soir, nous attendons sur le parking notre tour pour rentrer. Ce sont d’abord les camions. On assiste à des manoeuvres digne de fast and furious.

Nous finissons par rentrer et on nous positionne, on espère qu’on aura pas besoin de la marche arrière pour sortir. Puis on va faire un tour et haut et on se rend compte qu’on ne pourra pas dormir dans le camping car. Nous n’avons pas pris de chambre. 10h ça va être long. L’option pour dormir compris dans notre ticket, ce sont des chaises qui ressemblent à celle des avions low cost.

Nous préférons dormir sur les sièges du hall, mais si la lumière reste allumée.

Au revoir la Sicile, Au revoir Te fiti

Après ce qui a semblé bien plus long que 10 heures, nous arrivons à Civitavecchia, lessivés, mais à bon port.

Nous roulons un petit peu avant de nous arrêter à Grosseto, où nous passerons une nuit bien méritée après avoir manger un bout dans un bar/resto en bord de mer, comme Pierre en rêve pour ses vieux jours

Sienne

Aujourd’hui, nous jouons les touristes. C’est un peu bête de voyager en camping car et de ne pas s’arrêter pour visiter.

Nous prenons un bus au hasard et arrivons pas très loin du centre historique.

Nous sommes heureux de cet arrêt car cette ville est spectaculaire. La cathédrale est construire dans des pierres blanches et bleues, un peu comme à Florence. Et la place principale, la piazza Del Campo, est immense et impressionnante. Nous visitons aussi la Fortezza Medicea, autant dire que nous n’avons pas économiser nos pieds aujourd’hui.

Pise

Bien que nous avions déjà visité Pise lors de nos 3 semaines de roadtrip en camping camion, c’est toujours un plaisir de revoir ces bâtiments imposant et la célèbre tour penchée. Et bien sur, la piazza dei cavalièri a toujours son charme.

Département du Herault

Nous stoppons notre roadtrip chez la maman de Pierre, pour lui rendre visite. Elle nous introduit aux courses de taureaux, célèbres dans la région. Même si ça implique un taureau et une arène, ca n’a rien à voir avec la corrida. Cette fois ci, ce sont les raseteurs qui courent après le taureau en traversant l’arène et qui essayent de lui prendre des ficelles attachées aux cornes. S’ils y parviennent, ils gagnent des prix. Il y a plusieurs ligues de courses. Les raseteurs de la première ligue sont des professionnels de haut niveau. Et les taureaux aussi.

Le spectacle auquel nous avons assisté faisaient partis des ligues de départ, les taureaux n’étaient pas encore bien habitués aux arènes.

Dans ce sport, ce sont les taureaux les stars, s’ils se font mal, le spectacle est suspendu, et ils ne courent pas plus de 15 minutes. Il fallait qu’on se fasse une idée.

Ca reste un sport qui implique des animaux, mais ce n’est pas vraiment cruel (sauf parfois pour les raseteurs) , et c’est très loin de la corrida.

Ce ne sont que de brèves explications, si vous voulez en avoir d’autres plus claires et plus complètes, je vous invite à chercher sur internet : courses camarguaises.

Après avoir naviguer de Cartagène (Espagne) à Termini Imerese (Sicile, Italie), nous avons du prendre une décision quand à la suite.

Cette expérience nous a vraiment assuré dans ce que nous voulions et ne voulions pas, dans la vie, dans le monde, dans un bateau.

D’abord, cela nous a confirmé que la vie à bord, et la vie de voyage en général, c’est vraiment ce qui nous convenait. On ne se voyait pas retourner dans la vie « normale ». Trouver un job 9-17, métro boulot dodo, acheter une maison, faire des enfants et aller une fois par an en vacances, pas une mauvaise vie mais pas pour nous.

Par contre, nous ne voulons plus avoir peur des dépenses. Nous voulons pouvoir aller au port si la météo nous y obligent. Nous étions partis sans argent pratiquement et c’est assez stressant.

En ce qui concerne le bateau : Te fiti est un incroyable bateau. Elle n’est pas parfaite, surtout car nous ne comprenions pas certains détails de sa construction. Et aussi car nous n’avons pas eu le budget pour la remettre complètement à neuf.

Petit rappel

Te fiti est un Wharram basé sur le modèle Ariki. Elle fait 47 pieds de long (14,40m) et 7m50 de large, au lieu des 6m50 prévu dans le design.

Son tirant d’eau est de 90 centimètres et son poids, pesé au chantier sans nos affaires, est de 6 tonnes et quelques. Selon le plan wharram, le bateau doit faire 3,5 tonnes.

Ensuite, le mat a été placé différemment par rapport au plan, et nous n’avons pas tout de suite compris à quoi servait toutes les roulettes.

Les wharram sont des bateaux construits en bois, et donc il faut les entretenir, ce qui n’est pas notre fort.

Le bateau, avant que nous ne l’achetions, a été échoué sur une plage et des morceaux ont été détruits, comme la direction,… Et pendant qu’il était échoué, il a été dépouillée de bons nombre de choses.

Nous avons donc du racheter un moteur, une grand voile, une ancre et une chaine, les instruments, un génois et d’autre chose que j’oublie.

Comme tous ca était d’occasion, ce n’était pas toujours adapté au bateau. Le moteur unique par exemple n’était pas bien positionné et en plus a laché au port. La grand voile et le génois n’était pas de la bonne taille.


A vendre : bateau atypique

Tout ca semble négatif et pourtant ça ne l’est pas. C’était une période stressante pour des raisons budgétaires mais tellement excitante pour le reste.

Quand il a fallu choisir entre le fait de garder le bateau et de travailler pour l’améliorer au fur et à mesure, et le vendre, on ne savait pas. Surtout, nous avions peur des surprises, une poutre pourrie, le mat fissuré,… Nous voulions changer le mat, rajouter un milieu, changer le moteur et peut être en mettre 2, racheter des voiles, découper les cotés pour améliorer l’amarrage au port. Oui ca aurait impliquer pas mal de travaux et d’investissement mais Te fiti aurait été un tout nouveau bateau. Te Fiti 2.0. Ou plutôt 3.0

On s’est décidé à le mettre en vente juste pour voir, et on a rien fait. Un brooker nous a contacter et on lui a aussi donner les infos.


Un nouveau propriétaire pour Te Fiti

Pierre a accepté le boulot et nous avons travaillé pour se refaire un petit capital.

Au mois de janvier, les gens du port nous ont contacté pour nous informer que le bateau avait des dommages à la suite d’une tempête. Les cordes ont frotté et poussé sur les cotés qui ont finis par casser, rien de grave pour la structure du bateau. Ils l’ont immédiatement sortis de l’eau et amené à leur chantier.

Nous sommes partis retrouver Te fiti 2 semaines pour discuter des travaux.

Mais quelques jours avant notre départ, quelqu’un nous a appelé pour avoir des renseignements sur le bateau et pour le reserver. Il vit en Guadeloupe et ne peut se déplacer.

Après réflexion, nous acceptons, et il nous envoie un acompte.

Au mois de juin, nous descendons chercher nos affaires et nous rencontrons cet homme et lui donnons les clefs du bateau.

Te fiti a un nouveau propriétaire et est maintenant en Guadeloupe.

Nous sommes toujours un peu triste de l’avoir vendu mais c’est pour le mieux. Elle est plus à sa place sous les tropiques.

Et nous avons maintenant un nouveau bateau et sommes bien décider à aller retrouver Te fiti un de ces jours.

Merci Te Fiti de nous avoir toujours fait sentir en sécurité et de nous avoir pardonné nos erreurs de débutant. Merci de nous avoir permis de vivre nos rêves avec toi pendant ces mois.

Après avoir passé presque un mois à Salerne, nous reprenons la route pour Agropoli, d’où nous visiterons Paestum. Nous irons ensuite à Palinuro, Sapri, les îles éoliennes dont Stromboli, Tono et nous terminerons notre periple à Termini Imerese.

21 août 2018

Sur le chemin, une corde du lazy jack (pour les non-marins, il s’agit d’un arrangement pour retenir la grande voile quand on la fait tomber, histoire qu’elle ne se mette pas partout), se coince dans le système de la grand voile, et Pierre me fait monter à la moitié du mat pour la décoincer. La côte est encore loin et les vagues petites donc tout se passe sans de problème. C’est la première fois que je monte au mat, à cause de mon vertige, et bizarrement je n’ai pas eu peur.

En regardant ce qu’il y a visiter dans la région, je remarque Paestum et cherche un mouillage correct à proximité. Voilà pourquoi nous partons à Agropoli. Nous y resterons assez longtemps pour d’autres raisons que son charme.

Agropoli

Le mouillage se trouve juste à coté du port, et du quai où s’arretent les ferrys. Il y une très grande falaise et la hauteur d’eau est très réduite, de 3 mètres à 50 cm juste devant la plage.

Tout d’abord nous ne sommes pas très sur de vouloir y mouiller à cause de cette profondeur. Nous souhaitons aller jeter un coup d’oeil au mouillage de l’autre coté de la falaise. Nous essayons de mettre la marche arrière, rien ne se passe. Marche avant, toujours rien. Oh oh, que se passe-t-il encore avec ce moteur. On entend du bruit, ce qui nous fait dire qu’il y a de la puissance.

Vite jetons l’ancre pour aller voir, heureusement, nous sommes bien placer par rapport à la falaise et à la digue et il y assez de profondeur pour nos 90 centimètres de tirant d’eau.

Nous examinons la commande, ca va, on retirons le cache, ca va. Qu’est ce que ça peut bien être. Nous relevons le moteur et surprise ! Il n’y a plus d’hélice. Comment ? Pourquoi ? Où est-elle tombée? Pierre essaye de chercher dans la petite baie mais on n’y voit rien à cause des algues. Par précaution, il vérifie l’ancre et pousse dessus pour l’enfoncer un maximum.

Avant de partir d’Espagne, nous avions changer l’hélice pour en acheter une plus adaptée à notre bateau et avions garder l’ancienne à bord. Mais il manque une petite pièce en plastique qui la bloque. C’est surement ce qui a du casser ou tomber et qui nous a fait perdre notre hélice.

Il descend du bateau et demande à un loueur de petits bateaux à moteur s’il connait un mecano disponible rapidement et le loueur dit qu’il peu l’aider, qu’il pense avoir la pièce chez lui. Problème, nous sommes au mois d’aout et il est débordé.

Finalement il n’a pas eu le temps de chercher où il n’a pas la bonne pièce, nous sommes et nous sommes donc contraints de passer la nuit ici sans moteur fonctionnel. Nous ne dormons pas très bien même si le vent est très faible.

Le lendemain, un samedi, nous partons faire tous les magasins pour bateau afin de chercher cette pièce, nous cherchons tous les mécaniciens sur le port. Personne ne semble avoir cette pièce. Finalement, en fin de journée, après avoir marcher nos 10000 pas, nous trouvons enfin un magasin qui appelle un autre magasin qui a cette pièce. Houra !! Nous sommes sauvés. Nous aurions eu l’air bien bête si nous avions échoué le bateau à cause d’une pièce à moins de 5 euros.

Après ce grand tour d’Agropoli, nous avons repéré pas mal de point interessant pour nous. Comme un snack qui vend des pizzerias à la part, un resto qui sert des fruits de mers frits, des boucheries, des poissoneries où les crustacés et coquillages ne coutent rien, des glaces, un spar pas très loin où nous irons très souvent, une machine à laver dans le port, des magasins de téléphonie pour acheter des cartes prépayées,…

Et tenez vous bien, Pierre a pu manger des vraies pâtes carbonara !

La ville a un charme qui nous a conquit. La vue depuis la falaise sur notre mouillage est incroyable, surtout avec le coucher du soleil.

Nous visitons le chateau un jour où il y a un mariage et nous sommes impressioné par l’équipe de photographes et vidéastes. Ils ne rigolent pas avec ça ici. Il y a un photographe et son assistant, bon ca d’accord, puis un cameraman qui filmait le shooting, et une personne qui pilotait un drône.

Un soir, nous sommes tranquillement installés dans le carré, et nous soupons. Nous apercevons un orage dans les nuages, bien au dessus de nous et qui s’éloigne. On se dit « C’est quand même joli les éclairs », et je prend quelques photos. Le temps est calme et la météo n’annonce rien de spécial.

Puis au milieu de la nuit, nous sommes reveillés par le vent qui monte et l’orage qui après avoir fait un petit tour, est revenu dans la baie.

Le vent souffle de plus en plus fort et tire tellement sur la pate d’oie (la corde attachée à l’ancre), qu’on se demande si notre celle-ci n’a pas laché. Rappelons que quelques mètres plus loin il n’y a que 50 cm d’eau et quelques cailloux dans le fond.

Et il se met à dracher, nous nous cachons à l’intérieur et strutons par la fenetre notre point de repère sur le quai pour verifier si nous reculons. Pierre sort une première fois pour préparer notre deuxième ancre, au cas où nous glisserions. Il rentre complètement trempé et retire ses vetements de gros temps. La voile d’avant, que nous laissons au cas ou le moteur lache se lève à cause de la force du vent. Pierre ressort une nouvelle fois pour la rentrer.

Les éclairs fusent dans tous les sens et nous comptons les secondes entre le flash et le tonerre. L’orage est juste au dessus de nous. Nous prions pour qu’il ne frappe pas sur notre mat. Normalement ça ne devrait pas arriver, il y a des points beaucoup plus haut.

Le vent forcit encore… de combien ? On se saura jamais, foutue girouette. On ne parvient plus à voir notre point de repère sur le quai car le vent crée des vagues et emporte l’eau avec lui. Nous pensons y voir un vent de force 8-9, quelque chose comme 45 noeuds.

Heureusement, le coup de vent ne reste pas longtemps et l’ancre a tenu. En fait, nous avons encore eu beaucoup de chance car en tournant, la chaine s’est coincée entre des blocs qui avaient été placés dans le fond pour des bouées.

C’est une nuit donc nous nous souviendrons. Nous sommes tellement heureux d’avoir changer l’ancre et rectifier son attache.

Allez, nous sommes déjà rester assez longtemps ici, il est temps de partir.

Nous regardons la météo. Elle annonce une période calme et puis un peu de vent. Mais avec les orages fréquents, nous préférons tenter cette fenetre.

Et voila nous quittons la baie au moteur, nous avançons pendant 30 minutes et puis le moteur commence a grincer. Pas bon ça… Obligés de faire demi-tour.

Notre place est toujours libre. Personne a part nous ne pourrait si mettre.

Nous demandons au loueur de petits bateaux ce qu’on peut faire et il nous propose de le réparer pour nous dans son atelier. Il manque encore une pièce. Nous lui demandons aussi de vérifier le carburateur et de voir pourquoi le moteur galère autour. Il nettoie tout et change les bougies et notre moteur remarche de nouveau ! Il n’est toujours pas parfait, mais ca fera l’affaire.


Un nouveau pilote auto

Puisque nous sommes encore coincés ici, nous en profitons pour commander un nouveau pilote automatique sur Ebay. Et la version au dessus tant qu’à faire. Nous galèrons à trouver une adresse où la livrer, le port est tout le temps fermé, le shipchandler aussi. Finalement, nous demandons conseil au point d’information que nous voyons depuis le bateau. Comme la poste est un peu loin à pied, ils nous autorisent à utiliser leur adresse.

Nous commandons donc notre pilote et le jour de la livraison nous sommes à bord à observer la petite cabane. Nous voyons une camionnette s’arrêter devant et Pierre se dépêche de sauter dans le dinghy et rame jusqu’à l’escalier.

Il revient bredouille. Ce n’était pas la même personne au point d’info et elle n’avait pas été mise au courant. Nous rappelons le service de livraison et ils finissent pas re-planifier pour le lendemain matin entre 9 et 13h.

Le lendemain, nous sommes dès 8h sur la terrasse à coté du cabanon à prendre un petit déjeuner. Et nous attendons ce camion. Les heures passent, toujours rien. Pierre travaille depuis une table de café et puis depuis un banc. 13 heures passent et le camion n’est toujours pas arrivé. Nous ne pouvons appeler le service car c’est l’heure de leur pause. A 14h je vais chercher une pizza à 6euros. Nous reverifions le site de suivi et les heures ont été mis à jour. Nous voyons un premier camion passer et aller directement au port, mais ce n’est pas le notre. Puis finalement a 15h30 notre colis arrive.

Il est temps de l’installer

Le nouveau pilote automatique placé sur la direction

Rester un peu plus longtemps n’est pas si grave car nous retrouvons nos amis allemand, Damijana et Peter. Nous décidons partir ensemble pour Palinuro

Selfie avec Damijana et Peter

Paestum

Par un bus ou un train au départ d’Agropoli, il est possible d’aller visiter les ruines grecques de Paestum. Ils sont forts ces grecs, ils construisent des temples même ici.

Sur la route vers l’arrêt de bus, nous sentons une bonne odeur venant d’un resto et le patron ne tarde pas à nous accoster. Comme il est l’heure de manger et que Pierre commence à être grognon, nous cédons. Notre italien étant toujours approximatif, la serveuse prend notre commande en français. Après notre repas, le patron revient et nous apprenons au fil de la discussion qu’il a vécu en Belgique et même parié pour elle à la coupe du monde. Il nous offre ensuite un livre sur la réserve naturelle du Cilento dont Agropoli fait partie. Il nous conseille notre prochaine destination : Palinuro.

Le ventre plein, nous sommes prêt à visiter Paestum. Nous ne connaissions pas cette ville qui fut fondée au 7ème siècle avant J-C. Elle s’appelait Poseidonia au temps des grecs. Nous avions apprécié pouvoir marcher dans ces grands monuments. En plus, il n’y avait vraiment pas beaucoup de gens, et moins de barrières donc c’était plus facile à se projeter. L’entrée est à 9 euros, enfin à ce jour en 2018.

Palinuro

09 septembre 2018

Après une navigation sans vent, nous arrivons juste avant la tombée du jour à Palinuro et ancrons dans la baie de Buon Dormire. Ca présage une bonne nuit ça non ? Au rêveil, nous profitons d’une eau turquoise et de la visite de petits poissons en aiguille très bizarres.

Nous devons aller faire les courses et il y a un petit magasin dans la ville. Mais pour y arriver, c’est La Croix et la banière. Nous laissons notre dinghy sur une plage et sortons le vélo. Il faut retrouver le chemin en empruntunt un escalier exigu dans la petite falaise. Puis il faut traverser un petit ruisseau. Je monte ensuite sur le porte bagage et nous traversons un grand parking/camping ou ce qui y ressemble. Puis une longue route et enfin nous rejoignons le magasin. Qui ferme pour l’âpres-midi dans 5 minutes ! Vite vite ! Le retour fut encore plus fatiguant et inconfortable.

Quelques heures plus tard, nous décidons de partir à la recherche d’une grotte dans la falaise. Peter et Damijana ont tenté l’expédition juste avant mais ont fait demi tour car il n’avait pas assez d’essence dans leur dinghy.

Nous passons devant un petit creux dans la falaise où il fait bien frais. Le dinghy avance très lentement pendant que nous cherchons cette grotte à l’aide des photos de Google Map. Il y a un petit trou dans la roche mais ça ne ressemble pas à ça. Nous continuons, toujours rien. Après un tournant, les vagues deviennent soudain trop grosse pour le dinghy et une nous trempe de la tête au pied. Il est temps d’abandonner. Tant pis. L’entrée n’est sûrement pas accessible avec ces vagues.

Sapri

12 septembre 2018

Nous continuons notre dèscente progressive vers la Sicile, toujours suivi par nos amis.

Pierre a depuis quelques semaines des problèmes pour plonger et nous cherchons un médecin pour regarder à ca. Mais nous ne trouvons personne et finissons par nous rabattre sur une pharmacie où ils nous donnent de quoi lui nettoyer les sinus.

Le soir, nous nous installons dans un bar à cocktails où nous profitons de la vue sur le bateau et d’un bon mojito.

Le lendemain, nous disons au revoir et souhaitons bon vent à Damijana et Peter qui s’en vont vers les îles éoliennes. Nous attendons encore quelques jours, en espérant avoir un peu de vent car nous en avons marre de faire du moteur.

Plus tard, notre voisin, un autre allemand (décidément) sur un catamaran Leopard nous invite à boire vient nous dire bonjour, et nous l’invitons à bord pour un verre. Il nous retournera l’invitation le jour suivant et nous découvrons son bateau et son chien.

17 septembre 2018

Nous redémarrons et continuons notre route. La côte est assez plate, la première nuit en jetant l’ancre à Scaléa.

Ensuite, nous avançons jusqu à mouiller juste avant un port où nous sommes de nouveau voisin avec l’allemand. Mais pas le temps de boire un verre, nous prenons le dinghy pour aller nous ravitailler dans un Lidl à 1 miles. C’est bien long !! Les prix nous parraissent bien cher par rapport aux autres magasins. Pourtant en Espagne, les Lild étaient moins chers que tous les autres. Le trajet retour se déroule dans la nuit noire.

3 ème jourée de navigation au bout de laquelle nous jetons l’ancre près d’amantea, il n’y a pas vraiment de protection, mais pas de vent non plus et on est très fatigué.

La journée suivante, nous nous dirigeons vers Vibo Marina. Nous avons un peu de vent qui s’engouffre entre deux montagnes et accélère. C’est très chouette mais nous stressons quand même un peu que les prévisions météo ne soient pas corrects une fois de plus et que le temps se gâtent. Il nous reste 10 miles à notre trajet du jour quand nous voyons des orages en face. On aperçoit même les colonnes de pluie. On met le moteur en plus de la voile pour arriver avant que le temps ne se gate.

Sur la mer, on voit un couloir où le vent est plus fort qui s’approche de nous. Par précaution, et aussi pour le tester, nous prenons un ris. En réalité, ca équivaut à deux ris car notre voile est trop petite pour notre bateau. Le vent n’augmente pas drastiquement mais au moins nous aurons testé le ris.

Nous nous arrêtons dans la crique derrière le port, et au petit matin, on se fait réveiller par la Garde côtière ! 3 ème fois en 6 mois, ils nous aiment ! Nous n’avions pas le papier de renouvellement de l’assurance mais ils nous ont laissés tranquilles et nous demande de l’envoyer par mail, ce que nous avons bien sur fait. Pierre tente de récupérer une ancre abandonnée mais son problème au sinus l’empêche de plonger à 5 mètres. Et moi je ne sais toujours pas aller si profond.

Nous avons un petit doute sur le fait que notre lumière de mat fonctionne et nous décidons de passer une nuit au port. Nous amarrons le bateau, lançons des machines à laver puis je monte au mat. C’est la première fois que je monte tout en haut. Je ne fait pas grand chose mais ça se passe bien. Pierre essaye de réparer notre ancienne girouette à pression qui semble juste déconnectée de l’intérieur. Mais rien n’y fait. Nous sommes toujours sans girouette.

Stromboli et les îles éoliennes

22 septembre 2018

Il est temps de traverser vers Stromboli. La météo est plutôt bonne, il n’y a pas de vent violent qui pourrait venir du canal de Messine. Tout se passe bien, on voit quelques ferrys.

A quelques miles de l’île, on pense apercevoir des dauphins. Ils ne viennent pas jusqu’au bateau. C’est dommage mais vu que c’est la première fois depuis la traversée Minorque – Corse, ça compte quand même.

Approcher d’un volcan à la tombée du jour, c’est très impressionnant. On voit des coulées figées noires sur les flans. Pierre sort  » Ca ressemble à Jurassic Park ». C’est vrai qu’on s’attendrait presque à voir un ptérodactyle au dessus du cratère.

On se rapproche du mouillage trouvé sur Navily. Il est assez proche du petit port. On voit plein de bateaux de l’autre coté. Saurait-il quelque chose qu’on ne sait pas. Ce dont on est surs, c’est qu’il ne faut pas mouiller au nord ouest de l’île, c’est d’ailleurs indiqué sur la carte car il y a des risques de propulsion de pierres et de coulée de lave.

S’ancrer au pied d’un volcan ? On serait pas devenu fous? Le sable est noire et les profondeurs de l’eau chute vertigineusement. Faut pas se rater avec l’accroche de l’ancre, si elle lache, le bateau repart vers Vibo Marina.

La nuit que nous passons n’est pas des plus reposantes à cause du roulis de la mer. Et le lendemain ce n’est pas mieux, les bateaux touristiques et petits ferrys arrivent toutes les heures.

Nous hésitons à quitter le bateau mais il le faut. Nous n’avons plus d’eau. Ni de papier toilette. Le seul magasin de ce coté de l’île est très loin. Nous qui voulons monter sur le volcan, ca n’économise pas nos pieds.

Nous apprenons qu’il faut impérativement un guide pour monter les 900 mères jusqu’au cratères. Ceux sans guide doivent s’arrêter à 400.

Saviez que ces 900 mètres ne représentent qu’une partie du volcan. En dessous il y a encore 2000 mètres ! Donc en fait, on s’est ancrés sur le volcan. Nous marchons et sélectionnons une agence de guide au hasard. Ce n’est plus la saison, ils ont encore de la place pour le soir même. Ils nous donnent rendez vous à 17h et nous donnent quelques instructions et une adresse pour aller louer des chaussures de trek.

Les rues de cette partie de l’île sont vraiment mignonnes. Il n’y a pas de voitures, elles ne passeraient pas. A la place, on voit des camionnettes piaggo et des voiturettes de golfes. On aimerait bien qu’on nous prennent en stop mais elles sont toutes occupées par des gens et leurs valises.

Sur la plage, on voit 2 wharram, ils sont partout !

Il est bientôt 4h et nous devons nous dépêcher. Nous voulons partir juste après car la fin de saison approche et une tempête avec, donc Pierre court refaire le plein en dinghy.

Puis nous courrons et slalomons entre des gens sortis d’un ferry, nous sautons dans nos chaussures de trek et nous arrivons au lieu de rendez vous. Visiblement, nous sommes soit très rapide, soit nulle pour regarder l’heure car nous sommes en fait trop tôt et nous allons même nous prendre une glace. Du sucre avant de monter un volcan ca ne peut pas nous faire de tort.

Le guide arrive. Il s’appelle Pierre. Ben si encore un. Après quelques explications, il distribue des casques et des lampes frontales.

Et c’est parti pour 900 mètres d’escalade. Nous ne sommes pas encore au début du chemin que nous sommes déjà fatigué. Ca promet ! Le rythme est assez épuisant car on piétine derrière les autres personnes et les autres groupes.

Au bout de quelques temps, nous sommes assez haut pour apercevoir le bateau. Il est toujours là où nous l’avons laissé. Ouf ! Il y a un peu de nuage autour de la montagne et la vue est splendide. Ca vaut l’effort.

Nous continuons la montée et nous passons le signe des 400 mètres et le chemin de sable plutôt facile à suivre se transforme en des sentiers étroits de roches sur un flan pentu. On est content d’avoir pris un guide. Et des chaussures de trek !

Ca devient vraiment dur, les cuisses brulent et les genoux de Pierre craque. On a du mal a reprendre sa respiration. Mais il ne faut pas s’arrêter. On voit des gens qui font demi tour car ils n’en peuvent plus. Pas question pour nous de rebrousser chemin ! On se demande d’ailleurs par où on redescend. Pas par ici on espère !

Le soleil se couche et nous sommes bien haut. Soudain, on entend un vrombissement. On se rappelle alors qu’on n’escalade pas une simple montagne. Dites il a pas prévu de grosse éruption le Stromboli ?

Parfois on se demande comment les gens de Pompéi n’ont pas compris qu’ils étaient à coté d’un volcan et comment certaines personnes construisent leur maison à leur pied. Et de l’autre on se dit que ca ferait de beau souvenir d’escalader un volcan en activité et d’être si près du cratère qu’on respire les gaz nocifs. On est des drôles de bêtes quand même nous les humains.

Soit, il est temps de faire une pause pour enfiler nos vêtements chauds et mettre notre casque. Mince je me rends compte que j’ai pris 2 hauts. J’étais pourtant sures de bien avoir fait notre sac.

Pierre en gentleman attentionné et qui n’a jamais froid me laisse son pantalon/legging de ski. Les bruits et explosions sont de plus en plus proche.

Nous sommes au environ de 23 h. Il fait complètement noir maintenant, tout le monde se met en file indienne et nous marchons les derniers mètres qui nous séparent du point de vue sur le cratère.

Le spectacle est époustouflant. Le volcan est réglé comme une horloge, toute les minutes, il y a une gerbe de lave qui en sort. On se sent vraiment tout petit. Tout le monde prend des photos ou filme pour ne pas oublie cette expérience. Tous ces gens sont aussi en train de tricoter leurs souvenirs.

Avant de démarrer la descente, le guide distribue à chacun un masque contre la poussière et nous demande de vérifier les protèges chaussures car nous allons descendre dans du sable.

On se remet tous en file indienne, on rallume nos lampes frontales et on entame la descente. Ca ira plus vite que la montée, 3h contre 5h. Mais c’est aussi sportif. Nos jambes adoptent un rythme automatique qu’il est difficile de ralentir quand la personne devant s’arrête. Il faut faire attention à rester dans les pas de l’autre pour éviter de faire tomber trop de sable. Mais de temps en temps on glisse et on se retrouve les fesses par terre. Il faut vite se remettre en marche.

On arrive enfin en bas, et après avoir remercier le guide, nous retournons au bateau. Nos jambes sont lourdes et douloureuses et nous avons un peu de mal a remarcher normalement et en tong.

Finalement, vous l’aurez senti, nous ne partirons pas cette nuit, nous sommes trop épuisés. Pierre mange un bol de Kellogs avant d’aller dormir et passe une nuit tranquille alors que je me réveille au milieu de ce qu’il reste de cette nuit car mes jambes mes font trop souffrir. Moralité, toujours manger des kellogs après avoir escalader un volcan.

Lipari

Le lendemain, il faut absolument que nous avançions, nous démarrons tôt et prenons la direction de Vulcano, l’autre volcan des iles éoliennes. Il faut passer un petit passage entre Vulcano et Lipari pour arriver à notre mouillage et le vent s’engouffre et vient pile dans notre nez. Nous ne voulons pas utiliser le moteur et décidons de tirer des bords. Le bateau file, c’est tellement agréable, mais quand nous comprenons que nous faisons des bords carrés, nous abandonnons et allumons le moteur.

C’est très frustrant en plus de voir ces ferrys du futur aller à plus de trente noeuds en se soulevant de l’eau.

Nous ancrons dans la baie de Vulcano mais nous ne sommes pas très satisfaits de la protection qu’elle donne, donc finalement nous faisons demi tour pour nous ancrer à Lipari. Tout ces efforts pour ça !!

Une fois arrivé je fonce au magasin pour racheter de l’eau. Pas de bol, c’est de l’eau pétillante, il faudra y retourner.

25 septembre 2018

Nous regardons une fois de plus la météo et nous découvrons que la direction a changé, nous ne sont plus protégés sur ces iles.

Il faut réfléchir vite, nous partons pour la Sicile. Nous avons repéré une petite excroissance qui devrait nous protéger de ce vent et qui nous éloignent du coeur de la tempête.

Les vagues sont déjà plus importantes, mais Te fiti se comporte très bien et avance à bonne allure. Nous observons ce que les autres bateaux font.

Certains se dirigent vers Lipari, peut être pour aller au port, d’autres dans une baie de Vulcan. Un grand voilier nous dépasse et nous voyons sur marine traffic qu’il fait 12 noeuds… On grince des dents. Nous sommes stressés mais nous ne craignons rien, nous sommes partis à temps, et il n’y a que 19 miles. On voit un bateau qui essaye de nous rattraper, ca ressemble à un Leopard, ce doit être l’allemand. Mais il change finalement son cap et se dirige vers Lipari.

Ious arrivons a destination sans problème et ancrons dans une belle baie de sable où la profondeur est confortable et ne remonte que sur la plage.

Tono

Nous nous félicitons de cette navigation et nous récompensons par un cocktail dans l’hôtel d’en face. Je vais racheter de l’eau plate en vélo pendant que Pierre reste sur le bateau par sureté.

Nous avons bien fait de nous cacher ici. A l’horizon, nous arrivons à percevoir les grosses vagues que la tempête provoque. Nous vérifions Windy toutes les 10 minutes pour nous assurer qu’elle n’a pas changer de route.

Le lendemain, mauvaise nouvelle, qui ne concerne pas la météo. Je reçois un rappel d’un rendez vous en Belgique que je ne dois pas manquer, et il est dans 5 jours… Oh oh… Je prend les billets d’avion à la seconde. C’est pas donné. Pierre hésite à rentrer mais il a reçu une offre d’emploi très intéressante et décide qu’il ne perd rien à les rencontrer.

26 septembre 2018 – 15h09

Nous démarrons notre dernière navigation. Le vent ne sera pas vraiment au rendez vous, mais les vagues créées par la tempête de la vieille seront, elles toujours présentes. Nous faisons un seul arret, à la marina di capo d’Orlando pour refaire le plein d’essence.

28 septembre 2018 – 07h52

Termini Imerese

Pierre arrête le traçage du gps. Nous avons amarré le bateau sur la digue en face du port car personne ne répond ni à la VHF, ni au téléphone. Nous sommes lessivés, tant pis pour eux, nous dormons là quelques heures.

Vers la fin de journée, on nous dirige notre place d’hivernage. D’abord trop petite, ils bougeront un bateau et nous aideront à amarrer le bateau. Après, nous avoir indiquer les commodités. Nous leur demandons s’ils connaissent un moyen de se rendre à l’aéroport de Palerme qui se trouve à 1h en voiture. Nous avons notre vol tôt le matin et il demande à son frère de nous y emmener. Il nous reste un jour pour tout ranger. Et puis nous voilà reparti à la hâte en Belgique après 6 mois sur le bateau.

Notre périple s’achève pour cette année ici.

PS : voici une preuve que je suis montée au mat si vous ne me croyez pas !

Après avoir visiter Rome, nous vous emmenons, dans cette article, à Ponza, Ventotene, Ischia, Procida, Capri, Salerne, Pompéi, Naples

24 juillet 2018

Nous restons encore une semaine dans ce port abandonné, histoire de refaire le plein de courses, de travailler dans un endroit calme, et d’attendre une bonne fenêtre météo. Deux autres voiliers jettent l’ancre autour de nous, un allemand et un drôle de voilier à moteur qui a surêment jeté son ancre sur la nôtre.

Les gardes-cotes viennent nous informer que nous dérangeons, et nous demandent de nous en aller, mais nous leur informons que nous bougerons que le lendemain car le vent est trop fort ( et notre ancre est probablement entortillé avec celle du bateau bizarre qui a recommencé sa manoeuvre quatre fois).

Le lendemain, nous nous rendons compte que nos bidons d’essence sont assez pauvres, on se dit que les gendarmes ne vont pas revenir tout de suite et que l’on a peut etre encore une heure… que neni,…

A peine le dinghy amaré au petit port, après avoir informé le gérant de notre présence, nous voyons arrivé les gardes-côtes, qui montent sur notre bateau. Sans gêne. Ils appellent le boss, qui les informent que nous sommes partis faire quelque courses avant de partir. Pourtant il nous annonce qu’ils l’ont enregistrés en bateau abandonné… sans déc****r

Nous n’osons pas retourner dessus car s’ils nous obligent à bouger nous ne saurions pas où aller. Et si c’est pour payer une journée complète de port pour 30 minutes de courses, surtout que les ports alentours sont trop petits pour notre confort de manoeuvre et qu’on risque ne pas trouver d’essence.

Finalement nous decidons d’aller remplir ces bidons, après que le boss les ai un peu calmé et enguelé au passage, car gener dans un port abandonné, c’est un peu gros comme argument.

Petite mésaventure qui n’est finalement qu’une anecdote puisqu’il ne s’est rien passé de grave. Nous hissons les voiles et prenons le cap de Ponza, qui est à 70 miles de notre ancrage à Fiumicino.

Nous parvenons à naviguer à la voile jusqu’à l’ile, en ajustant légèrement afin de prendre les vagues de 3/4 arrière. La « route » est très agréable malgré le passage près des ferrys. Nous croisons même un policier à jet-ski qui nous informe qu’il faut rester à distance d’une régate en cours. Nous apercevons même le gagnant franchir la ligne d’arivée.

Ponza

Nous arrivons à Ponza de nuit, ce n’est vraiment pas ce que nous préferons, surtout que le vent semble changer de direction toutes les minutes, nous faisons plusieurs tentatives d’ancrage avant de trouver le bon angle. Il y a quelque rochers au alentours donc nous ne sommes pas sereins mais nous passons quand même une bonne nuit.

25 juillet 2018

Au petit matin, on se rend compte de la distance qui nous sépare du bateau d’à coté, peut mieux faire. Le vent à pas mal tourné et nous pensons que notre ancre est sous son bateau, et vu le vent qui monte, nous ne nous sentons pas à l’aise dans cette crique, et nous décidons d’aller dans la suivante. Ca nous rapprochera en même temps de la ville. Nous l’informons de notre départ au cas où mais finalement, il n’y a aucun problème et nous pénétrons dans la vaste crique, où beaucoup de bateaux ont déja jeté l’ancre. Nous sommes entourés de murs blancs imposants qui nous protègent du vent, et l’eau turquoise et transparente ne met pas longtemps à être fendue par nos plongeons.

Photo des falaises de Ponza
Ponza

Un peu de snorkeling sous les rochers et nous démarrons le moteur du dinghy pour une petite visite de la ville. Après un long moment, nous y sommes enfin !

Une partie du chemin vers Ponza en accéléré

Pierre a un appel professionnel en cours, donc je marche un peu au hasard et il me suit. De jolies ruelles, des boutiques atypiques, et unle glace au gout non-identifié plus tard, c’est reparti pour le trajet en dinghy.

Sans attendre le lendemain, nous levons l’ancre et partons pour Ventotene.

Nous pouvons faire toute la navigation à la voile, ça fait du bien !

Ventotene

Les fonds sont rocailleux et il est très délicat de trouver un patch de sable. Pierre se jete à l’eau pour reperer les lieux mais rien n’y fait, les cailloux ont des formes étranges, on dirait presque une ville abadonnée sous marine. On se lance, on verra bien.

Chose étrange que nous remarquons, les poissons stagnent derrière le bateau à cause du courant. Comme nous n’avons pas vraiment trouvé de bon spots de snorkeling jusque là, nous ne tardons pas à enfiler nos masques. C’est là que je me rends compte qu’il faut vraiment que je m’entraine à la plongée et à l’apnée…

On ne le voit pas sur les photos mais il y avait beaucoup de poissons

Il est temps de faire un tour dans la ville, le moteur a demarré fort heureusement. Les rues sont vides, il fait très c’est l’heure de la sieste, quelle idée de sortir maintenant. Les supermarchés sont fermés, nous errons sans destination, sans carte, peut être que nous tomberons sur une découverte surprise. Au détour d’un chemin de terre, nous tombons sur un billet de 5 euros, la voilà notre surprise ! Ce n’est peut-être pas grand chose, un apéro jambon, un cocktail, un pack d’eau, nous sommes content.

Notre vie est pour l’instant assez minimaliste, et nos préoccupations assez basiques : est-ce qu’il nous reste assez d’eau à boire? aurons-nous assez d’essence pour nous déplacer en cas de tempête? allons nous retrouver notre maison au retour des courses où sera-t-elle dans les rochers. Ca remet vraiment en perspective les détails qui nous encombraient la tête en Belgique. Nous prenons des douches spartiates, nous évitons de faire des repas qui demandent beaucoup de gaz ou d’ustensiles, nous lavons notre vaisselle à l’eau de mer. Pour certains cela peut paraître archaïque et trop privatif comme vie, mais pour nous, c’est tout l’inverse. On se sent plus libres, plus connectés à la nature et aux gens.

Prochaine étape, Ischia. La levée de l’ancre s’est déroulée doucement. La chaine s’était coincée dans les rochers et nous avons du zigzager pour la remonter.

Ischia

Nous arrivons le soir, dans une crique preque vide, un couple bronze sur une petite barque mais il ne tarde pas à partir. Le fond est tapissé d’algues, nous ajoutons un peu de chaine. La nuit va être calme donc nous ne nous inquiétons pas. Si la météo reste bonne, nous irons sur terre demain.

28 juillet 2018

Au petit matin, nous sommes surpris de voir une ribambelle de petits bateaux à moteur, sortir du port, qui se trouve à 5 minutes en dinghy, pour s’ancrer tout autour de nous. Les minutes passent et les mètres carrés d’eau libre disparaissent. On en vient à se demander comment il reste des algues sur le fond si ces moteurs sortent tous les week ends depuis le début du mois.

Nous n’oserons pas sortir jusqu’au départ du dernier bateau proche, qui forcément est le dernier bateau à partir. C’est assez étrange comme ces italiens aiment la proximité, nous le remarquons sur les plages et aujourd’hui, où jusqu’à cinq bateaux s’attachent les uns aux autres.

Il est 19 h quand nous mettons enfin un pied à terre. Nous y faisons un petit tour et nous y achetons le repas du soir. Ces temps ci, nous ne faisons pas de grosses courses, seulement de quoi manger le soir et de l’eau. La file est immense, si bien que quand nous sortons, il est déja l’heure de rentrer au bateau.

Pierre voulait voir s’il savait toujours le faire

29 juillet 2018

Aujourd’hui, nous sommes dimanche et nous sentons que les moteurs ne vont pas tarder à revenir, et pas question de rester coincé entre ces bateaux et risquer que quelqu’un nous touche. Nous levons l’ancre et prenons le cap de Procida. Il y a un peu de trafic sur le chemin, mauvais signe. En effet, en arrivant, on comprend vite que cette journée va être comme la précédente.

Procida

Au moins la crique est plus grande et le fond est partagé entre des parcelles de sable et d’algues. Nous mouillons dans 10 mètres d’eau. Très vite, comme la veille, il n’y a plus un mètre carré d’eau. Comme hier, nous restons jusqu’au soir, et comme hier, le dernier bateau à partir est celui à coté de nous. A 19h, nous rapprochons le bateau de la ville, pour que son accès soit plus facile, et pour que la hauteur d’eau diminue.

Nous sautons dans le dinghy et nous voilà à terre. Les couleurs des batiments melés au coucher du soleil donne un spectacle époustoufflant. Cette ville est vraiment mon coup de coeur de ce voyage, c’est malheureux que nous ayons perdu les photos en même temps que le téléphone. Les ruelles se terminent en escalier et croisent d’autres rues de manière étrange. Nous escaladons les allées pentues pour manger une pizza avec la vue sur la baie, pour garder un oeil sur le bateau au passage. Puis nous allons faire une balade nocturne au fort.

30 juillet 2018

Après une bonne nuit, nous repartons, pas le temps. Nous devons dejà reflechir à l’hiver. Nous ne savons pas où nous allons mettre le bateau ni quand nous devrons arreter. La grèce est une option mais elle n’est pas tout près.

En route pour Capri !

Sur le chemin, une corde du lazy jack (pour les non-marins, il s’agit d’un arrangement pour retenir la grande voile quand on la fait tomber, histoire qu’elle ne se mette pas partout), se coince dans le système de la grand voile, et Pierre me fait monter à la moitié du mat pour la décoincer. La côte est encore loin et les vagues petites donc tout se passe sans de problème. C’est la première fois que je monte au mat, à cause de mon vertige, et bizarrement je n’ai pas eu peur.

Capri

Nous hésitons à aller visiter cette île car elle est réputée pour être chère, et nous n’apprécions pas vraiment les stations balnéaires où les plages sont inaccessibles au grand public car elles sont privatisées par les hôtels. Pourtant nous sommes curieux de connaître la raison pour laquelle Hervé Vilard lui a écrit une chanson.

En changeant le moteur, nous avons également améliorer la direction en ajoutant des cables pour que les moteurs tournent en même temps que le safran. Ca permet de faciliter les manoeuvres au port et de tourner plus facilement. Mais ça ajoute une résistance à la barre, et au pilote automatique dont on se passerait bien quand on est à la voile.

Nous testons donc l’ajout d’un crochet afin de pouvoir enlever ces cables lorsque l’on est à la voile.

Nous nous approchons donc de Capri et des gros yachts d’au moins 30 mètres de long qui sont ancrés juste devant le mouillage que nous avons repéré sur Navily. Il est donc temps de redémarrer le moteur et de faire chuter la grand voile. Mais petit problème, Pierre ne parvient pas à re-attacher le crochet à la direction principale. Il me fait signe de continuer le temps qu’il y parvienne. Par chance, il y a du bon vent, ce qui nous permet de rester à bonne distance de ces yachts. Ouf ! Quelques minutes plus tard, tout est rentré dans l’ordre et nous jetons l’ancre à l’emplacement prévu.

Alors cette île ?

Capri, Ô Capri… Pour nous, Capri c’est fini ! On est clairement pas tombés amoureux de cette île. Le mouillage que nous avions trouvé, qui est l’un des seuls mouillage « sauvages » accessible, est loin d’être idéal. Il se trouve à proximité du port, du coté nord de l’île. Il y en un autre au côté sud, mais il n’est pas sur ces jours ci à cause de la direction du vent.

La hauteur d’eau notre mouillage est de 17 mètres, c’est le mieux que nous puissions faire. Il est impossible de se rapprocher plus près de la côte à cause de digue et de bouées réservées aux bateaux touristiques. En plus de la profondeur un peu trop grande pour notre chaine, le mouillage est rendu très inconfortable voire dangeureux par les allées et retour incessants des bateaux de tourisme qui créent de grosses vagues et des remous très désagréables. Bien sur, nous pourions aller au port, mais il n’est pas très grand et certainement hors budget.

Cela fait donc le 3ème jour on nous ne pouvons aller sur terre qu’en soirée. Et nous avons du écourter notre séjour car le téléphonne de Pierre s’est jeté à l’eau… si si c’est ce qu’il s’est passé.

C’est quand même l’outil de travail de Pierre, heureusement, presque tout est en ligne, à l’exception de quelques contacts et des photos de Procida. Je ne peux même pas lui donner le mien car depuis Palma, je n’ai moi-même plus de téléphonne car mon écran s’était cassé au point qu’il était inutilisable.

Il n’y a aucun magasin de téléphonie donc nous devons quitter Capri en urgence et rejoindre une ville.

31 juillet 2018

Après avoir jaugé les mouillages sur Navily, nous nous décidons pour Salerne. Celui de Naples n’est pas sur selon certains commentaires, et ceux de Positano, Sorente sont trop profonds.

Nous voici partis pour une belle journée de navigation. Les vagues sont de taille raisonnable et le vent, soufflant de dos, tourne autour des 10-15 noeuds, enfin c’est ce que nous pensons car une fois de plus la girouette n’affiche plus rien.

Nous longeons la fameuse côté Amalfitaine, et passons à moins d’1 mile de 2 gigantesques yachts ancrés. On se sent bien petits et bien pauvres a côté d eux, mais toujours aussi libre.
Le soleil est au rendez vous, plusieurs bateaux sont visibles à l horizon. Nous essayons plusieurs agencement de voile en fonction de la direction du vent.

Itinéraire capturée depuis une application marine. Capri - Salerne
Bon pas une très bonne moyenne j’avoue, mais nous avons oublié d’arreter l’itinéraire

A quelque miles de l’arrivée, les vagues augmentent un peu. Nous pensons y lire un vent de force 4. Jusque là tout va bien, les vagues sont dans notre dos. Nous sommes toujours un peu inquièts et restons sur nos gardes car la météo ne s’est pas souvent avérées juste depuis le début de notre périple. Mais une fois le Cap d’Orso franchi, le vent se couche et la houle tombe d’un coup.

Salerne

Nous arrivons enfin dans un mouillage entouré de ports, dont le fond est sableux et la profondeur de 5 mètres : un mouillage comme on les aime.

(D’ailleurs, on l a tellement aimé qu’on y est resté un trop longtemps)

Ce mois d’août dans cette région est synonyme d’orage. Presque tous les jours à la même heure, de gros nuage s’accrochent sur les hauteurs et s’en suit une demi-heure de pluie et d’éclairs, accompagnés de temps en temps par des rafales. L’une d’elles a même emporter le maillot préfère de Pierre. Je vous demande une minute de silence pour sa mémoire…… Merci

A quelques minutes à pied de la plage se trouve un carrefour market que nous visitons régulièrement pour y acheter de la charcuterie a la découpe. Ca ne coûte rien et c’est tellement bon, surtout la spiana picante, qui est l’équivalent italien du chorizo piquant je dirais. On abuse de l’apéro, parfois on en oublie de souper.

D’abord c’est bizarre de se retrouver de nouveau dans une grande ville. De reprendre un bain de foule dans les allées commerçantes. Mais nous nous imprégnons vite de son ambiance. Nos chaussures, enfin nos tongs s’usent à force d’aller-retour entre la feretéria et la washerette. Nos mollets s’élargissent à cause des rues pentues.

Cette ville regorge de petites surprises. En cherchant une laverie automatique, nous tombons sur les vestiges d’un viaduc par exemple. La rue principale est pavée de marbre et la cathédrale, assez humble de l’extérieur renferme une crypte qu’il faut visiter. Elle est couverte entièrement de marbre. C’est difficile à expliquer mais les fresques sont en marbre et il y a des inserts de marbre bleus dans le marbre blanc. On peut se demander combien d’années ont été nécessaires pour réaliser ce chef-d’oeuvre.

Un jour, un week-end probablement, nous restons à bord toute la journée. Des petits bateaux se mettent autour de nous et des bateaux qui ont également jetés l’ancre. Il y a notamment un beau catamaran appelé Danica 1. L’un d’eux jete son ancre très près de ce cata et se rend compte au moment de repartir que son ancre est accrochée à la leur. Ils galèrent à se démêler , laissant une petite griffe au passage (selon le blog de Danica). Le cata glisse pendant une dizaine de mètres et semble se replanter . Mais par précaution détective Chouchou les contacte sur Facebook. Ils n’ont pas vu le message, mais le soir en allant marcher, nous les croisons et finalement ils nous invitent à manger avec eux. Glen et Mary sont des canadiens (anglophones) qui remontent vers Gibraltar car apparement, leur visa ne leur autorise à rester en Méditerranée que 3 mois. Un peu court…

Chose étrange par contre, cela fait depuis qu’on est entrés en Italie que Pierre cherche un plat de pâtes carbonara, les vraies. On a parcouru toute la ville, et pas moyen de trouver un restaurant qui fait ça, des pizzas en veux-tu en voila ( en même temps on est à 1h de Naples) mais pas de pates carbonara, en entrée comme en plat. Pour se consoler, on s’est envoyé pas mal de part de pizza à 1, 50 euros.

Le 15 aout, nous n’avions plus vraiment de notion des dates, nous sommes tranquillement posés sur le bateau, quand de nombreux bateaux, qui ressemblent à des bateaux de pêcheurs, viennent s’ancrer dans notre baie. Et pas mal de gens sont dessus. Sur la rue qui bordent la mer, les gens commencent à s’amasser. Puis un plus gros bateau de pêche slalome entre les bateaux et va s’amarrer sur un ponton construit pour l’occasion. En sort un grand tableau entouré de fleurs et qui doit représenter la vierge. Du bateau, on ne voit pas très bien. Mais finalement, sans le vouloir, on était au première loge pour assister à cette célébration. Peu après, des feux d’artifices apparaissent à différents endroits sur la côte. C’est un peu étrange en pleine journée mais c’est toujours chouette à voir.

Un autre jour, nous rencontrons un couple allemand sur leur voilier Hobo2, Peter et Damijana. Oui oui, encore un Pierre, on a arrêté de compter après le 5ème, vous avez suivi vous ? Ils nous informent qu’on s’est déjà croisés à Fiumicino. C’était eux le bateaux au pavillon allemand. Un bateau comme le notre, on en croise pas souvent alors c’est facile de nous repérer. Nous sympathisons et nous les invitons à un barbecue.

Nous marchons beaucoup pendant notre séjour, quelque fois pour aller acheter au chinois à l’autre bout de la ville acheter une toile pour notre cinéma en plein air, une autre pour trouver une laverie automatique, un autre jour, nous craquons et achetons une guitare pour apprendre à la jouer et faire les hippies sur la plage, mais finalement nous ne l’utiliserons que 3 fois. D’autres jours, nous devons trouver un café ou restaurant avec wifi pour que Pierre puisse travailler quand la 4G n’est pas bonne et que le Wifi du bar de plage n’arrive pas jusqu’au bateau. Et bien sur, nous allons souvent à la Ferreteria/Shipchandler/le magasin pour bateau, pour y acheter, un disque de mouillage, une pâte pour réparer le bateau quand il est dans l’eau (ça n’a pas marcher, remplacer la bouteille de gaz, essayer de réparer la girouette, ou tout simplement rever à ce qu’on aurait pu acheter si on avait plein de sous.

Autre  » activité » interessante : il y a des bars dire$ ctement sur la rue où l’on peut boire un verre d’Aperol Spritz (de 2 à 6 euros selon la taille) et même acheter des goodies. Ce sont les vrais apérols, super bon. En voici la recette :

Dans un grand verre a vin, déposez des glaçons, versez le Prosecco et l’apérol en quantité égale, ajoutez un trait d’eau pétillante et garnissez d’une rondelle d’orange.

Nous apprenons un peu tout les jours des traditions italiennes modernes. Par exemple, ils mettent des vetements très classe et se promènent sur la rue qui longent le quai, la lungamare trieste, quand la chaleur est tombée, vers 5h30. A ce moment là, on se sent vraiment sous-habillé.

Nous savions déjà qu’ils aimaient sortir le week end en petit bateau et s’accoler, mais le bronzage à la plage est aussi un sport national. Dès le matin, la plage commence à se couvrir de serviettes de plage et les parasols ombragent les patchs de sables restant. Et tous les matins, la même musique provenant du petit cabanon nous réveille. Ca doit être le hit de cet été. Allez, on se la met.

Un autre sport national, c’est le saut dans l’eau. Un jour, un père et son fils sont venus nous demander s’ils pouvaient sauter du bateau, le père parlait aussi espagnol donc on a pu se comprendre. Et un autre jour, deux ados sont venus près du bateau mais on n’a rien compris à ce qu’il disait, peut être qu’ils voulaient faire pareil.


Salerne est un bon point de départ pour visiter les grandes villes du centre d’Italie grâce à la gare bien desservie et les nombreux ferrys y transitent.

Nous prenons le train à 2 reprises pour aller visiter Pompéi et Naples

Pompéi

C’est parti pour une journée visite. Nous sommes un peu anxieux de laisser le bateau tout une journée seul, mais nous avons bien regardé la météo. Certains disent qu’il faut toujours avec quelqu’un à bord en tout temps. On comprend le principe mais en pratique c’est difficilement applicable, à moins d’avoir un skipper, et encore. Cela voudrait dire que l’on devrait visiter à tour de rôle les villes. C’est tout de suite moins romantique comme idée. Et les navigateurs solo ne pourraient pas aller se ravitailler à terre, ou alors devrait payer une fortune le port.

Pour garder un oeil sur la position du bateau, nous laissons un téléphone à bord, un pas trop récent de préférence avec une application pour ancre et la 4G activée. Et nous autorisons le téléphone que nous emmenons à accéder à la trace, en plus de configurer l’envoi de message en cas de dépassement du rayon défini.

Revenons à nos moutons. Le trajet en train dure un peu moins de 40 minutes et puis, il faut rejoindre les ruines. Là, pour être honnete, nous nous sommes fait arnaquer. Nous entrons dans la librairie de la gare pour acheter un guide, afin de l’ajouter à notre collection, et le vendeur nous propose une navette pour le prix de 5 euros par personne. Finalement ce n’était pas si loin que ça et nous ferons le trajet retour à pied.

Arrivés à l’entrée des ruines, il est temps de… faire la file pour acheter des tickets ! Yeaaah. Pendant que nous attendons, des personnes passent pour proposer leur services de guides et ce n’est pas donner. Mais nous avons notre guide papier et nous aimons déambuler plutôt que suivre. Le prix est de 11 euros par personne.

Le site est incroyablement grand. Ce n’est pas encore aujourd’hui que nos pieds se reposeront. Le petit guide est correct, mais les numéros ne correspondent pas. Il y a beaucoup de gens groupés au premiers numéros, les places centrales, et puis presque personne dans le reste du « parc ».

Nous n’avons pas vraiment trouvé de lieux où il y aurait des vidéos explicatives. Peut-être n’avons nous pas chercher assez. Et nous pensions voir les celebres amants de Pompéi, mais ils n’étaient pas dans le musée.

On regrette un peu qu’il n’y ait pas un espace reconstruit ou en réalité augmentée pour qu’on se représente la vie à cette époque. Qui sait, il faut peut être encore attendre quelques années.

En revenant sur le bateau, on regarde le c’est pas sorcier consacré à Pompéi et un autre documentaire pour se rappeler. On aurait peut être du le faire avant mais on pensait avoir plus d’informations sur le site archéologique.

Il y a aussi moyen de monter sur le Vesuve, on passe d’ailleurs devant en train. Mais nous ne l’avons pas fait.

Je laisse la videos de c’est pas sorcier si jamais. Je ne saurais donner de meilleures explications qu’eux.

En bref, nous avons apprécié visiter ce site célèbre, mais nous avons eu un peu du mal à nous représenter comment c’était. Et quand on pense à l’horreur que ça a du être, c’est dommage de ne pas pouvoir rendre hommage à ces gens qui ont été surpris par la nature. Au moins nous avons participé à l’entretien des lieux en payant notre ticket d’entrée.

Naples

On reprend le train pour une ville mythique d’Italie, celle où la pizza est née ! Spoiler alert : nous n’en mangerons pas.

En sortant du train, il nous faut marcher quelques temps pour trouver le centre historique et nous nous perdons un peu à cause de travaux.

Les rues sont bourrés de gens, il y a même des files devant certaines échoppes et pizzeria. De nombreuses boutiques touristiques proposent des portes clefs et souvenirs avec un piment nous pensons ? Peut-être un produit local ? On s’attendait plutôt à voir des souvenirs pizza à tout va.

Mais apparement ce n’est pas du tout un piment mais une corne d’abondance, ils l’apellent « cornicello ». Nous ne le saurons que bien après.

Au milieu de la rue touristique, des petits chariots proposent des granita au citron pour 2 euros. Allez tant pis, on fait les touristes. On retrouve un pépin dans notre boisson ce qui nous fait dire que c’est fait avec du vrai citron, un fruit qui pousse dans cette région depuis des centaines d’année au moins. C’est bon et rafraichissant, on a bien fait de faire les touristes.

Nous vagabondons dans les rues. On est surpris par le spectacle d’églises entourées de grilles et remplies d’ordures. Hormis cela, c’est une belle ville vivante. On se perd dans les quartiers résidentiels, les marchés, on reprend le train pour un arrêt quand on a été trop loin. On aime bien faire ça, souvent on trouve de belles pepites et on a l’impression de s’imprégner un peu mieux de la ville. Mais là nos pieds souffrent.

Pour seule carte, nous avons un plan que nous avons pris au sortir de la gare. Et c’est moi qui fait le guide. Pas une très bonne idée.

Après avoir marché un peu pour rien, nous faisons demi tour pour aller visiter le chateau. Nous passons par la rue commerçante et la gallerie qui nous rappelle un peu celle de Milan dans sa structure.

C’était une longue journée. On retiendra la belle cathédrale, la rue principale, le beau chateau et bien sur la granita.

Nous avons passé 3 mois en Italie, donc pour ménager l’ordinateur, je divise ce récit en plusieurs parties

13 juillet 2018

On quitte la Corse pour la terre italienne, mais pour ne pas se faire prendre par la météo très changeante, on préfère passer par les îles. On voulait aller directement à Elbe pour gagner un peu de temps, mais le vent vient pile dans notre nez donc direction Capraia !

Le bateau avance super bien, il n’y a pas beaucoup de vent, seulement 10 noeuds mais on arrive à atteindre les 7 noeuds de vitesse. C’est tellement agréable d’être à la voile. On aimerait que ça arrive plus souvent, ce serait plus économique en plus.

Pas mal de bateau sont ancrés près des falaises mais il y a encore trop de vent pour qu’on puisse visiter l’ile sans stresser. On se rapproche au maximum de la ville, quitte à ancrer dans 10 mètres d’eau. Miracle, il n’y a plus de vent !

C’est drôle ce paradoxe entre notre joie quand il y a du vent pour naviguer et notre gêne quand on vient de s’arrêter et qu’il y en a encore.

Superbe endroit, il n’y a pas trop de bateaux autour de nous,… et j’ai parlé trop vite. D’autres voiliers arrivent au compte goute et s’ancre assez près.

Après un saut dans l’eau (c’est une manière comme une autre de s’imprégner de l’endroit), nous partons visiter l’île. Pour sortir de notre mouillage il faut grimper des grosses marches et nous faisons quelques pauses en route pour admirer la vue.

Capraia, la perception des distances est vraiment faussée quand on est à bord…

Coup de foudre pour cette ile, surtout pour Gizem qui dit même qu’elle aimerait bien y habiter plus tard.

Plein de fleurs partout, des ruelles pavées comme on aime, des fontaines, des gens super sympas, …

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La rue le long du port tout mignon dégage une sérénité envoutante. Mais on ne peut pas rester 1 jour de plus.

Vite vite

14 juillet 2018

On veut avoir au moins 1 jour pour faire Rome avant qu’elles repartent donc il faut se dépêcher. Pas le temps de s’arrêter à Elbe trop longtemps. On fait juste le plein, en oubliant au passage de baisser la grand voile.

Pierre fait une bonne action au passage en ramenant au port 2 personnes dont le moteur du dinghy (qui coute plus cher que notre bateau) est tombé en panne.

C’est reparti pour avaler les miles. On monte les voiles mais le vent n’est pas très constant. On arrive quand même à économiser de l’essence.

Quand le vent se cache, il fait tellement chaud qu’on se refroidit en se jetant des sauts d’eau de mer toutes les 10 minutes. Quand on ne sait pas se jeter dans l’eau, c’est l’eau qui vient à nous.

Quand il fait chaud et qu’il n’y a pas de vent, on se rafraîchit comme on peut.
Thank you, Christine and Peer, for this awesome gift !

On voit enfin la côte italienne : Piombino. Ca fait bizarre de voir cette ville de la mer. En 2015, on avait fait un road trip dans notre camping camion et étions passés par là en espérant trouver un spot de kite surf.

Photo de Piombino de 2015

La nuit arrive et il va falloir faire des quarts. On se décide sur 3h et on implique les filles qui feront leur quart ensemble avec toujours quelqu’un qui dort à coté.

Pas grand chose à faire, il n’y a ni vent ni vagues, et la route est assez droite. De temps en temps replacer la corde qui maintient la roue coincée, vu que le pilote auto est défaillant.

C’est trop calme… J’aime pas trop beaucoup ça… J’préfère quand c’est un peu trop plus moins calme.

Tout se passe bien, on ne croise personne, il y a juste un cargo qui nous dépasse très loin. Quand c’est mon tour de surveiller, Pierre me dit qu’on a quand même éviter la cata. Pendant le quart des filles, on est passé tout près d’un paquet d’îles qui ne s’affichent pas correctement sur la carte. Pas du tout leur faute, il fallait zoomer super fort pour les voir, il n’y a ni phare ni attention sur la carte, super dangereux !!! Remercions notre bonne étoile. Dorénavant, nous scannerons la carte centimètres par centimètres.

15 juillet 2018

Enfin nous arrivons à Rome ! Enfin à Fiumicino, où on s’ancre dans un port pas terminé, une eau peu profonde et une protection moyenne, ça serait parfait pour visiter Rome. Par contre l’eau est pire que la mer du nord…

Nous sommes dimanche et il nous faut absolument de l’eau, on est à sec et ce n’est pas qu’une métaphore. Le magasin le plus proche se trouve à 30 minutes à pieds, mais dans quel trou est-ce qu’on est.

On sympathise avec le patron du port de pêcheurs, et il nous permet d’accrocher le dinghy à un ponton.

Les bords de routes sont assez tristes à voir, plein de sacs poubelles et de detritus. On avait déjà constaté ça auparavant. On ne comprend pas trop comment sont organisés les services de propreté…

Tant pis si la vue du bateau est loin d’être idyllique, le but c’est quand même de voir Rome ! et c’est pour demain

16 juillet 2018

On se lève tôt et c’est parti pour visiter Rome… ou plutôt c’est parti pour le long voyage vers la capitale !

D’abord il faut marcher 40 minutes pour se faire dire que l’agence de locations ne proposent pas de scooter, du coup on attend le bus pendant 1h pour aller à l’aéroport, pour prendre un train pour arriver à la gare de Termini. On va dans une agence de location de scooter à proximité et voilà, fiou… Finalement un taxi aurait couté moins cher et aurait été plus rapide On prend 2 scooters 125 afin de pouvoir emprunter l’autoroute.

Bon j’avoue, je panique un peu car ils sont assez lourds et c’est un peu stressant d’avoir sa soeur à l’arrière. Pierre a bien l’habitude donc pas de problème pour lui.

On a choisi le scooter car en 2012, c’est loin, on avait fait Rome en amoureux et loué un petit 50 pour visiter la ville. On était en août, il faisait super beau, on arrivait à se parquer en face des monuments et aller dans les petites ruelles. On a vraiment vécu la dolce vita pendant quelques jours.

Photo de 2012, et pourtant on s est retrouvés avec les mêmes casques

Cette année, c’est un peu différent. Déja, être au volant, c’est une expérience différente pour moi. Mais surtout, certaines routes ont été modifiées pour qu’on ne puisse pas aller directement sur les places, il y a des panneaux qu’on a jamais vu ailleurs, on peut aller dans un sens mais seul les bus peuvent emprunter le sens opposé. Et il vaut mieux ne pas les rater car l’amande serait salé. La circulation est aussi très dense, mais bon, c’est le problème des grosses villes, on l’avait surement juste oublié.

Avant de visiter, on va manger une pizza dans un resto où on l’achète à la longueur, très drôle et pas mauvais.

Ensuite, on décide de visiter le Forum avant le Colisée. Il y a un peu de file. Comme en 2012, nous allons voir au point d’info touristique où se trouve la meilleure entrée et ils nous dirigent vers une entrée du Palatino.

Nous prenons bien sur le ticket Palatino Forum et Colisée compris.

C’est parti pour une jolie mais assez longue visite. A la fin, on doit même se dépêcher car on ne veut pas manquer le Colisée.

Ensuite, visite du fameux colisée, où nous évitons la grosse file grâce à notre astuce.

Il y a énormément de monde, c’est la queue pour faire une photo avec les sous-sols en arrière plan. On pensait pouvoir voir les autres étages qui sont depuis peu accessibles au public, mais il faut un guide réservé bien à l’avance. Dommage…

Même si nous l’avions déjà visité, c’est toujours impressionnant de marcher là où des personnes il y a des centaines d’années ont marchés, et regarder d’autres humains se faire déchiqueter par des lions,… charmant… et de se dire que ce bâtiment a survécu à la guerre et aux années.

Nos pieds souffrent du piétinement, nous nous asseyons sur quelques marches, qui semblent avoir une histoire particulière car plusieurs guides s’y arrêtent pour expliquer quelques choses dans toutes les langues du monde. Après notre moment sous les feux des projecteurs, nous repartons pour une autre expérience typique italienne, la glace.

De nouveau sur nos scooters, nous avançons entre les voitures jusqu’à proximité de la place de Trévi. Par chance, par hasard ou par la volonté du destin, nous atterrissons dans l’une des gelatéria les plus réputées de Rome, recommandée par la sœur de notre amie.

La place de Trévi est aussi belle que dans notre souvenir, et toujours aussi bondée. On n’échappe pas à la tradition, tout le monde jette une pièce, à l’exception de Pierre qui joue les photographes.

Tant qu’il fait encore jour, nous passons par la place d’Espagne pour contempler le soleil qui se couche derrière ses grands monuments. On les laissent monter quelques marches, nous l’avons fait la dernière fois et on nous y reprendra plus.

Il est déja temps de rentrer car le soleil se couche et le ciel se couvre. Ca sent la pluie arrivée… et c’est la grosse drache. On roule très lentement sur les routes mais ca ne derange personne car il n’y a pas vraiment de voiture. Peut-être était un mauvais signe. Quoi qu’il en soit, il ne nous est rien arrivé et nous sommes arrivés trempés à destination, après avoir fait une halte pour manger une pizza à 22h.

17 juillet 2018

Aujourd’hui le temps n’est pas terrible, il y a un peu de vent, et paniqués comme nous sommes, nous n’osons pas quitter le bateau. Après beaucoup d’hésitations, les filles décident de profiter de leur dernière journée de vacances en retournant à Rome. Malheureusement elles n’ont pas le permis, elles sont donc obligées de se re-farcir la randonnée de la veille.

Vers 20h, le vent s’est calmé, nous sommes content d’être restés sur le bateau car nous avons eu l’impression qu’il a un peu bougé. Nous rejoignons les filles pour qu’elles ne soient pas obligées de rentrer avec le dernier train.

Après un détour par ma place préférée, la place Navona, nous les retrouvons au bord du Tibre, où une lignée de petites échoppes sont installées dans le cadre d’un événement du style « Rome sur l’eau », comme il peut y avoir dans les capitales. Nous nous installons dans un bar à chicha, le plus près de l’eau que nous puissions admirez sa beauté féroce. Nous sommes pile en face d’une mini cascade, et les ballons abandonnés sont bousculés et secoués sans relâche. Il ne vaut mieux pas tomber la dedans.

Sur cette pensée le serveur, contourne la tente pour aller à l’autre bout par le rebord étroit.

Nous faisons un dernier tour nocturne de la capitale avant de rentrer sur le bateau. Au lever du jour, les filles sont sur la digue, l’entrée par le port étant condamnée à cause des vagues. Nous sommes de nouveau seuls sur le bateau.

Rocapina

On démarre assez tôt de la baie de Rondinara, histoire d’aller le plus loin possible avant la tombée de la nuit.

Rondinara

Le vent n’est pas très fort mais une fois les bouches de Bonifacio en vue, il monte juste assez pour sortir les voiles et avancer à une bonne allure. 8 noeuds de vitesse pour 10 noeuds de vent.

Quand nous arrivons en face de Bonifacio, nous avançons assez vite, les vagues viennent de dos, c’est super agréable.

Le vent continue à monter et à 30 minutes de la plage Roccapina, il y a des rafales à 30 noeuds, et les vagues grossissent. Nous descendons la voile de devant mais préférons garder la grand voile pour ne pas perdre de temps. Rappelons qu’elle a un ris naturel du faut de sa taille trop petite pour notre mat et que le wharram est sous toilé de base. Le bateau est un peu plus difficile à manoeuvrer mais nous avons confiance en Te fiti et il ne reste plus qu’à tourner pour s’abriter. Le moteur galère un peu à combattre les rafales mais nous tournons et descendons la grand voile. Le génois se fait prendre par le vent et est à deux doigts d’emporter le dinghy mais pas le temps de l’attacher, il faut vite jeter l’ancre. Il faudrait vraiment un enrouleur…

C’est une très grande baie et nous jetons l’ancre le plus rapidement possible dans 12 mètres d’eau car nous n’avons pas confiance en le moteur..

Juste après un méga yacht de la mort ( oui oui c’est comme ça qu’on les s’appelle) s’ancre juste devant nous.

Le vent monte à 30 noeuds constants avec des rafales à 45. On hésite à bouger pour se rapprocher de la côte mais il y a 5 bateaux et avec notre moteur on se dit que ce ne serait peut-être pas prudent si le vent y est aussi fort là-bas.

On se rend compte qu’un des catamarans est en fait Beluga, le bateau de Didier, rencontré à Porto Vecchio. C’est lui qui nous avait conseillé cette crique par beau temps et il fait actuellement du charter. On le voit justement revenir tranquille dans son gros dinghy, d’une promenade surement.

Il vient nous faire un bref coucou après avoir déposé ses invités à bord. On se dit que même si c’est un marin bien plus expérimenté que nous, il ne laisserait pas son bateau avec des rafales à 45. Il doit y avoir moins de vent pas là.

Après un temps d’hésitation, on se décide à bouger car on a l’impression que l’ancre recule très doucement à cause des à-coups.

Le moteur a beaucoup de difficulté à aller contre le vent mais après 2-3 ronds, on arrive enfin près de Didier et on constate qu’en effet il y a vraiment beaucoup moins de vent. Les rafales sont descendues à 15-20.

On peut même se permettre d’aller nager jusqu’à la plage. Roccapina est d’ailleurs incroyablement belle. Le sable blanc, les montagnes, les rochers.

Nous sommes assez étonnés de voir que Didier remonte l’ancre pour continuer son tour de Corse. Nous allons rester ici pour la nuit, en attendant que les vagues redescendent.

Ajaccio et les îles sanguinaires

Le lendemain, nous continuons notre ascension pour arriver quelques miles avant l’aéroport d’Ajaccio. On pose l’ancre à la Plage d’argent, à la limite de la zone interdite. Pourquoi avoir un catamaran si c’est pour s’ancrer à 1 kilomètre… Spectacle étonnant, des vaches sur la plage…

De loin, on aperçoit une cahutte et des paddles, si ce n’est pas trop cher, on essaye !! 1 h de paddle que l’on se partage, c’est vraiment pas mal.

On rencontre Mégane qui s’occupe de cette petite cabane et nous l’invitons sur le bateau. Elle nous raconte son histoire, et puis on la suit et on fait du snorkeling entre les posidonis et rochers de bords de plage.

Pierre : « Regarde ! Un poulpe ! Allons l’embeter. » (prise par Mégane)
Te fiti ( photo prise par Mégane)

Puis elle nous invite dans le resto de son camping pour un verre où sa voisine de terrain, Chloé, nous rejoints.

C’est vraiment l’une des choses qu’on préfère dans le voyage. Rencontrer des gens, découvrir leur histoire, s’inspirer. Cette soirée en était un bon exemple. C’est vraiment chouette de rencontrer des personnes de tous horizons, pas seulement des voileux, Ca n’arrive pas très souvent, car c’est difficile d’engager la conversation quand on visite des monuments et on passe peu de temps sur la plage.

un dîner typique sur le bateau

4 juillet 2018

Jour J, ma soeur Céline et sa copine arrive. On court, enfin on pédale pas avec notre vélo électrique pour aller faire quelque courses pour les recevoir ce soir. Demain on ira faire les grosses courses.

Je voulais aller les accueillir à l’aéroport, mais le bus en a décidé autrement et ne s’arrete pas. Elles arrivent 30 minutes plus tard alors que nous les attendions à une terrasse.

Première expérience pour elles du cul mouillé en montant dans le dinghy, pas la dernière c’est sur. Je vous vends du rêve n’est-ce pas …

Après un autre barbecue ( mais toujours sans poisson, merci Jacques <3) , elles vont faire un bain de minuit.. sans nous, on est pas fous…non on est juste trop frileux.

Le jour suivant, nous faisons les grosses courses et puis nous partons pour les iles sanguinaires.

Comme d’habitude, vent pile de face, on essaye de faire des bords histoire d’économiser l’essence qu’on vient juste d’acheter, mais on capitule en se rendant compte qu’il nous faudrait 3h pour faire 2 miles… Vive notre poisse !

Grosse déception, rien à voir avec des pirates, les iles tirent leur nom de la couleur des roches à la tombée de la nuit (ou bien du nom du golfe, ou d’une indication géographique, pour une explication plus claire, il y a wikipédia), ca tombe bien, on arrive juste à temps.

Une des îles sanguinaires

On regarde la météo, et bien qu’on ai pris l’habitude de le faire 2 fois par jour, on se rend compte qu’une méchante tempête au nord causera l’arrivée de grosses vagues le lendemain. On prend donc la décision de naviguer de nuit pour trouver un endroit plus ou moins abrité. Sinon il faut faire demi tour et se cacher à Ajaccio, et comme on a pas toute l’année, ce n’est pas envisageable.

Sagone

Petite virée tranquille, tout se passe bien jusqu’à la baie de Sagone. On est content d’arrivée, on a hate de dormir mais il faut d’abord jouer au slalom dans ce parking a bateau. C’était pas noté ca. On avance à 2 à l’heure ( 2 mètres ne vous emballez pas) car aucun bateau n’a de lumières, et qu’on rencontre une bouée de temps en temps. Notre moteur n’apprécierai pas trop.

Finalement on trouve une place, on recommence plusieurs fois la manœuvre car on n’est pas sur des distances.

En se levant quelques heures plus tard, on constate le nombre de bateau autour et on se demande vraiment comment on a fait. Un pro des créneaux ce doudou.

Les vagues ont commencé à monter et les rouleaux sont énormes en bords de plage. On a pas trop envie d’aller à terre. Mais c’est un jour de match et en plus Gizem, la copine, doit aller chez le médecin.

Ce qui devait arriver, arriva… Nous sommes trempés. Mais ce n’est rien il fait très beau.

Après un tour chez le médecin et à la pharmacie, nous croisons par hasard un patron de bar. Nous cherchions justement un bar avec écran pou regarder les matchs.

Entre les deux matchs, nous retournons au bateau pour se mettre en tenue et on mange une très bonne pizza pendant que l’équipe belge écrase celle du Brésil.

Galeria

7 juillet 2018

Pour ne pas perdre de temps, on démarre le matin, afin de faire un maximum de miles, malgré les vagues assez inconfortables. Le bateau se comporte bien mais les filles sont un peu malades.

Un conseil qu’on nous a donné par la suite pour mieux prendre le sturgeron, notre médicament miracle (bon là il n’a pas fonctionné du coup), c’est de le laisser fondre sous la langue plutôt que de l’avaler, pour ne pas irriter un estomac déjà secoué.

On s’arrête pour la nuit à Galéria, où on ne peut en fait pas jeter l’ancre à cause d’une loi passée pour les fonds. Le principe est tout à fait génial et respectable. Mais bien sur le résultat est qu’ils ont installés des bouées partout et qu’ils les louent super chers… Je veux pas qu’il faut rembourser la pose ,mais bon,… notre but, c’est de vivre avec le minimum alors payer plus cher qu’une nuit d’hotel pour juste accrocher le bateau ça fait mal…

Galéria
Les côtes corses

Calvi

8 juillet 2018

Jour suivant, ville suivante. Calvi. Pareil que pour trop d’endroits en corse, les mouillages à proximité des villes sont inaccessibles à cause de bouées.

On arrive en plein « festival » de plage. Une musique techno est jouée assez fort,… ca y est, on est vieux c’est officiel.

L’eau est turquoise et transparente et on y aperçoit un crabe et une sole en faisant du snorkeling.

Après cette interlude rafraîchissant, nous partons pour visiter la ville. Elle n’est pas tout prêt, on passe bien 20 minutes dans le dinghy, heureusement le moteur marche !

Le soir, nous allons sur la plage en espérant trouver de la musique pour les filles mais tout est fermé. Très étrange comme concept. Au loin, on entend un gros concert. On trouve un kicker et, par chance, on a pris des boissons. Les soirées improvisées sont les meilleurs, on finit même par faire un bain de minuit. L’eau est vraiment bonne cette fois.

L’Ile Rousse

9 juillet 2018

Visiblement on est très mauvais en math car on avait pas très bien mesuré la taille de la Corse. Arrêt necessaire pour refaire le plein, et quelques courses dans la ville nommée l’Ile Rousse. On a pas le droit de rester à l’ancre entre les bouées donc après le plein en dinghy (impossible d’y aller en bateau, heureusement qu’on a pas osé tester), on laisse les filles aller faire les courses et on déplace le bateau.

Là on rencontre un voisin qui fait quelques brasses. De fil en aiguille, on le rejoint dans l’eau et on discute. Bien sur, on l’invite à venir manger ce soir, ainsi que son co-capitaine. Leur cata était très spécial et ils nous partagent leur histoires de traversée,… notamment une journée dans le détroit de Gibraltar ou des vagues de 15 mètres sont apparues soudainement. Ils ont du surfer d’une manière spéciale. Ils nous donnent aussi de précieux conseils notamment sur les voiles. Céline et gizem peuvent pas la même occasion gouter le fromage corse. On se demande si Marco et Georges, sur leur cata sur mesure Bluenote ne sont pas des navigateurs connus, on ne saura jamais.

Saleccia et Saint Florent

10 juillet 2018

Départ assez tôt pour la ville de Saint Florent, en faisant une petite halte dans la plage paradisiaque de Saleccia.

On en a vu des plages magnifiques en Corse, mais celle là est vraiment incroyable. Uniquement accessible en bateau (il y a d’ailleurs des bateaux touristiques qui déposent les carpettes le matin et les reprend le soir), le sable y est blanc et l’eau cristalline dont les reflets brillent avec le soleil. Pas de poisson mais la vue suffit à nous émerveiller. Je n’ai pas de photo, j’ai du oublier ou les perdre avec le téléphone, alors je met le lien vers les photos de Google pour les souvenirs.

Après ce bain de mer et de soleil, on fonce à toute allure vers Saint Florent histoire d’être à l’heure pour le match France-Belgique. On va pas se mentir, la Corse c’est pas le meilleur endroit pour regarder ce match là, surtout quand on connait l’issue, mais bon.

On ressort nos déguisements et on essaye de trouver un bar. C’est bien plus périlleux que la fois précédente mais on finit par se poser chez un glacier où on est pratiquement seul. Les gens sont supers sympas, on fait même des photos ensemble. On est peut-être sur leur mur du ridicule maintenant qui sait.

11 juillet 2018

Nous restons encore là car il y a une tempête plus loin et nous avons demandé à un mécanicien de venir arranger le moteur qui a des problèmes de puissance.

Il arrive en bateau à moteur, démonte le mercury avec l’aide de Pierre, en faisant tomber au passage une pièce que Pierre a été rechercher. Il emmene ensuite le carburateur pour le nettoyer chez lui. Nous laissant à la mercie de la méteo.

En plus le mouillage se trouve pile dans une zone de jeux d’eau et un type qui traine une bouée prend un malin plaisir à passer entre les bateaux. Nos nerfs sont mis à rude épreuve…

12 juillet 2018

Le mécanicien qui était supposé venir le matin, arrive à 3h, pose le carburateur, vérifie que le moteur redémarre, et repart. On dirait preque qu’il fuit. Même pas le temps de replacer le moteur. Bon, … pas une très bonne impression pour le coup.

Pour ne pas perdre une journée de plus, on décide de partir directement après, pour une navigation de nuit vers l’île italienne de Capraia

Finalement pas un pet de vent cette nuit. Un orage au loin nous fait un peu paniquer, surtout qu’on ne voit rien sur les applications de météo mais on ne le ressent pas. On fait des petits quarts et on décide au moment de passer le cap de passer la nuit juste après le cap Corse, et de profiter du vent du lendemain. Dernier dodo dans la crique juste après les iles Finocchiarola


Ce qu’on a retenu de la Corse, c’est qu’elle porte très bien son nom.

Les paysages sont incroyablement beaux, les gens sont très gentils et leur accent est très dur à imiter. La météo est hyper capricieuse et les applications ne sont jamais correctes. La vie est un peu cher et augmente en été. En résumé, on a vraiment adoré