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1 an après avoir vendu Te Fiti, on n’en pouvait déjà plus, ca nous paraissait une éternité.

Des recherches dans tous les sens

Pierre et moi regardions les site de vente de bateaux depuis longtemps, nous avions d’ailleurs visiter un Catana 42s à Port Saint Louis du Rhone. Très bien mais pas dans notre budget. Nous avions aussi envisager d’acheter un Neel 45 et de démarrer une activité en Corse, mais pareil, il fallait un énorme capital de départ.

On a aussi réfléchi à d’autres choses, acheter une péniche, une maison, un immeuble à appartement en Espagne, faire construire… puis finalement Pierre a encore changé de travail et a accepté un boulot au Luxembourg.

Il devait aller au bureau tous les matins et nous avions donc cherché une maison à louer. On avait même signer le contrat, mais le Corona virus est arrivé, et rien n’était plus sur, sauf notre envie de racheter un bateau.

On a intensifié les recherches et on s’est mis d’accord sur un modèle, le fontaine Pajot Louisiane. Deux (et demi) étaient à la vente. Tous en méditérannée. Un en corse, appelé disquette et trouvé sur catamaran-occasion, un qui était peut être une arnaque ou une ancienne annonce à Nice, sur France-bateau, et Bella Bianca en Italie, sur le site multihull.nl . Avec le Covid, impossible de les visiter, et on se disait, on n’achète rien avant de l’avoir vu.

Finalement le 6 ème sens de Pierre s’est mis en route et il commençait à être impatient. Il a fait une offre pour Bella Bianca au Brooker. Nous n’avons pas eu de réponse, et comme l’offre était bien inférieure au prix, on s’est dit qu’ils n’avaient même pas pris ca au sérieux. 1 semaine plus tard, toujours impatient, il me dit « je m’en fous, j’appelle celui de Corse, et je le réserve »

A la fin du coup de fil, il crie de rage. Le propriétaire vient de signer un accord de vente. « Je le sentais, t’as vu! ».

Toujours énervé, il essaye d’appeler celui de Nice, et laisse un message après le bip sonore.

Un accord

Puis il appelle le brooker qui s’occupe de Bella Bianca, et lui demande (très poliment ne vous inquiétez pas) s’il avait bien reçu son mail. Il y avait un drôle de bug entre leurs deux boites mails et certains n’arrivaient pas et d’autres tardivement. Le Brooker avait en fait répondu mais c’était arrivé dans les spams. Pierre regarde vite ses mails. Je suis à coté de lui et je n’entends que sa part de la conversation. Puis il dit : ah c’est super si le propriétaire a accepté notre offre (mais en anglais). Je ne comprends pas tout de suite, il doit avoir mal entendu.

Mais non ! Notre offre a été acceptée. La bulle de stress de Pierre éclate et il redevient souriant. Et moi je commence à stresser, faites qu’ils ne changent pas d’avis.

Photo prise sur le site du Brooker, multihull.nl

Le Brooker étant occupé avec un autre bateau, ça a mis un peu de temps pour nous envoyer le premier contrat.

Pierre avait déjà acheter une bouteille de champagne le lendemain de l’appel. Ils voulaient tous la boire tout de suite. J’avoue j’ai un peu cassé l’ambiance, je ne voulais pas en boire avant d’avoir envoyer l’acompte. J’avais peur d’attirer la malchance.

Quand nous avons reçu le contrat et vérifier qu’il était corrects, nous nous sommes empressés de faire le virement avec l’acompte. Et à la seconde où la notification de confirmation est apparue, Pierre faisait peter le magnum.

Le 14 juin, après être descendu jusque dans la plante de pied italienne, et avoir failli tuer Joseph (notre camping car) dans les montagnes, nous rencontrons pour la première fois Belle Bianca et les propriétaires, Markus et Monika (des allemands, décidément, c’est un signe).

C’est le coup de foudre, et après un tour du bateau, nous signons les papiers. Puis nous sortons en mer, et faisons un petit tour pour voir les voiles. Logiquement, on fait ça avant de signer les papiers c’est vrai, mais nous étions surs et nous avons confiance en ce bateau.

Il répond à tous nos critères à l’exception de la hauteur intérieur. Et il tape un peu quand il y a des vagues mais c’est juste bruyant et ça ne représente pas de danger pour le bateau.

Bella Bianca est à nous !

Nous envoyons le paiement final, qui arrive sur leur compte le jour d’après. Markus et Monika partent le lendemain matin, le 16, ce qui signifie nous emménageons dans notre nouvelle maison !

https://youtu.be/Kvftb8NzTHM

C’est là où les choses deviennent moins glamours. Il faut déplacer toutes nos affaires du camping car au bateau, et s’occuper des papiers (l’assurance, le pavillon belge, le port,…).

Une fois que tout ça sera en ordre, nous partirons naviguer !

Quelques informations techniques

  • Nom : Bella Bianca
  • Construction : Fountaine Pajot, 1987
  • Modèle : Louisiane 37
  • Taille : 11,99 de long (originellement 37 pied, rallongée d’1 mètres) ; 6 mètre de large.
  • Tirant d’eau : 80 cm
  • Poids : 4,5 tonnes

Pour récupérer nos affaires sur le bateau, nous ne savions pas quelle serait la meilleure option, et nous avons opté pour l’achat d’un camping car d’occasion.

Nous avons trouvé Joseph, et il nous a permis de descendre jusque là et bien plus. C’est un vieux camping car Peugeot Burstner.

Voici quelques photos et souvenirs de notre descente.

Nous partons de Namur, et empruntons l’autoroute qui passe par Metz, puis par la Suisse.

La première nuit que nous passons est… mouvementée. Nous nous arrêtons sur une aire d’autoroute après peu de kilomètres, un peu avant la frontière luxembourgeoise. Nous nous parquons entre des camions.

Au milieu de la nuit, Pierre se réveille grâce à son 6ème sens, il sent une présence. Nous dormons dans la capucine et en baissant la tête, il voit mon sac qui se fait emportés par une perche. Ni une ni deux, il attrape la perche et les voleurs s’enfuient. Son père veut sortir mais on s’emmêle un peu les pieds. Heureusement que personne n’est sortis, on ne sait jamais.

Nous avions bien sur tout fermés et pourtant. Il y a des petites fenêtres dans la zone conducteur qui s’ouvrent différemment.

Avec un tournevis on suppose, ils ont percés le joint et fait tourner la poignée puis ouvert la porte.

Plus de peur que de mal, mais les prochaines nuits vont être difficile.

Le jour suivant nous roulons jusqu’à Milan où nous nous arrêtons près d’un cimetière, un spot que nous avons trouvé sur Park4Night. Et comme nous sommes en Italie, nous allons manger une pizza dans le village.

Le 2 ème jour, nous roulons jusqu’à Cassino, une petite ville où apparement un film a été tourné. Nous nous arrêtons dans un spot recommandé sur l’application mais c’est aussi un lieu de rendez vous de jeunes. Ils mettent de la musique et font des tours en scooter sur le parking. On est le seul mobil home donc on ne se sent pas très à l’aise, mais ils finissent pas partir.

3 ème jour, nous partons tôt car nous pouvons prendre le ferry ce soir pour la Sicile. Nous pensions qu’il y avait un ferrys une fois par jour, mais en fait, le bateau fait un aller retour constant entre Villa San Giovanni et Messine. Les bateaux rentrent dans un sens, le bateau fait les 20-30 de trajet. Puis il se stabilisent et les voitures sortent de l’autre coté, dans le bon sens pour continuer leur route, et le ferry se remplit à nouveau.

Nous arrivons vers 20h au bateau.

Qu’il est beau, les gens du chantier ont vraiment fait un super boulot. Les jours prochains vont être difficiles. Nous dormirons au port cette nuit puisque la barrière du chantier est fermée.

4 ème jour, il est temps de vider le bateau et de jouer au tetris dans le camping car

Pendant notre déménagement, Pierre reçoit un coup de fil, c’est le futur nouveau propriétaire qui est au port et qui ne sait pas comment nous rejoindre. Il est à pied. Déjà !

Pierre va donc le chercher en camping car pendant que nous continuons de sortir les affaires.

Quelques minutes plus tard, le camping car revient et Pierre nous présente Stephane et puis présente Te fiti à son futur-nouveau propriétaire.

A ce moment là, Pierre me dit qu’il est toujours temps de se rétracter si c’est ce que nous voulons. C’est difficile les au-revoir.

Mais Stéphane a l’air d’un type bien, qui en prendra soin et qui partage la philosophie wharram et notre philosophie.

Le soir, nous passons une dernière nuit dans notre chambre.

Le lendemain, nous n’avons plus de raisons de rester un jour supplémentaire. Ca a été tellement vite. Nous prenons le ticket de ferry, mais cette fois au départ du port de Termini, direction Civitavecchia, au dessus de Rome. Le départ est à 2 heures du matin et le voyage dure 10h.

Il nous reste un peu de temps et Pierre veut aller acheter quelque chose pour son ancien collègue/ami. Il adore un vin de vendange tardive produit en Sicile, le 50 gradi all’ombra, 50 degrés à l’ombre. Un vin qu’il est très difficile à trouver en Belgique, et à trouver tout court car produit en petite quantité. Ce n’est qu’à une heure et demi de Termini et le producteur, qui parle français, nous indique un magasin de vin qu’il fournit.

On se perd un peu, la marche arrière ne fonctionne plus alors que nous devons faire demi tour, mais un habitant de la rue nous aide et nous finissons par trouver le magasin et nous achetons une caisse.

A 11h du soir, nous attendons sur le parking notre tour pour rentrer. Ce sont d’abord les camions. On assiste à des manoeuvres digne de fast and furious.

Nous finissons par rentrer et on nous positionne, on espère qu’on aura pas besoin de la marche arrière pour sortir. Puis on va faire un tour et haut et on se rend compte qu’on ne pourra pas dormir dans le camping car. Nous n’avons pas pris de chambre. 10h ça va être long. L’option pour dormir compris dans notre ticket, ce sont des chaises qui ressemblent à celle des avions low cost.

Nous préférons dormir sur les sièges du hall, mais si la lumière reste allumée.

Au revoir la Sicile, Au revoir Te fiti

Après ce qui a semblé bien plus long que 10 heures, nous arrivons à Civitavecchia, lessivés, mais à bon port.

Nous roulons un petit peu avant de nous arrêter à Grosseto, où nous passerons une nuit bien méritée après avoir manger un bout dans un bar/resto en bord de mer, comme Pierre en rêve pour ses vieux jours

Sienne

Aujourd’hui, nous jouons les touristes. C’est un peu bête de voyager en camping car et de ne pas s’arrêter pour visiter.

Nous prenons un bus au hasard et arrivons pas très loin du centre historique.

Nous sommes heureux de cet arrêt car cette ville est spectaculaire. La cathédrale est construire dans des pierres blanches et bleues, un peu comme à Florence. Et la place principale, la piazza Del Campo, est immense et impressionnante. Nous visitons aussi la Fortezza Medicea, autant dire que nous n’avons pas économiser nos pieds aujourd’hui.

Pise

Bien que nous avions déjà visité Pise lors de nos 3 semaines de roadtrip en camping camion, c’est toujours un plaisir de revoir ces bâtiments imposant et la célèbre tour penchée. Et bien sur, la piazza dei cavalièri a toujours son charme.

Département du Herault

Nous stoppons notre roadtrip chez la maman de Pierre, pour lui rendre visite. Elle nous introduit aux courses de taureaux, célèbres dans la région. Même si ça implique un taureau et une arène, ca n’a rien à voir avec la corrida. Cette fois ci, ce sont les raseteurs qui courent après le taureau en traversant l’arène et qui essayent de lui prendre des ficelles attachées aux cornes. S’ils y parviennent, ils gagnent des prix. Il y a plusieurs ligues de courses. Les raseteurs de la première ligue sont des professionnels de haut niveau. Et les taureaux aussi.

Le spectacle auquel nous avons assisté faisaient partis des ligues de départ, les taureaux n’étaient pas encore bien habitués aux arènes.

Dans ce sport, ce sont les taureaux les stars, s’ils se font mal, le spectacle est suspendu, et ils ne courent pas plus de 15 minutes. Il fallait qu’on se fasse une idée.

Ca reste un sport qui implique des animaux, mais ce n’est pas vraiment cruel (sauf parfois pour les raseteurs) , et c’est très loin de la corrida.

Ce ne sont que de brèves explications, si vous voulez en avoir d’autres plus claires et plus complètes, je vous invite à chercher sur internet : courses camarguaises.

Après avoir naviguer de Cartagène (Espagne) à Termini Imerese (Sicile, Italie), nous avons du prendre une décision quand à la suite.

Cette expérience nous a vraiment assuré dans ce que nous voulions et ne voulions pas, dans la vie, dans le monde, dans un bateau.

D’abord, cela nous a confirmé que la vie à bord, et la vie de voyage en général, c’est vraiment ce qui nous convenait. On ne se voyait pas retourner dans la vie « normale ». Trouver un job 9-17, métro boulot dodo, acheter une maison, faire des enfants et aller une fois par an en vacances, pas une mauvaise vie mais pas pour nous.

Par contre, nous ne voulons plus avoir peur des dépenses. Nous voulons pouvoir aller au port si la météo nous y obligent. Nous étions partis sans argent pratiquement et c’est assez stressant.

En ce qui concerne le bateau : Te fiti est un incroyable bateau. Elle n’est pas parfaite, surtout car nous ne comprenions pas certains détails de sa construction. Et aussi car nous n’avons pas eu le budget pour la remettre complètement à neuf.

Petit rappel

Te fiti est un Wharram basé sur le modèle Ariki. Elle fait 47 pieds de long (14,40m) et 7m50 de large, au lieu des 6m50 prévu dans le design.

Son tirant d’eau est de 90 centimètres et son poids, pesé au chantier sans nos affaires, est de 6 tonnes et quelques. Selon le plan wharram, le bateau doit faire 3,5 tonnes.

Ensuite, le mat a été placé différemment par rapport au plan, et nous n’avons pas tout de suite compris à quoi servait toutes les roulettes.

Les wharram sont des bateaux construits en bois, et donc il faut les entretenir, ce qui n’est pas notre fort.

Le bateau, avant que nous ne l’achetions, a été échoué sur une plage et des morceaux ont été détruits, comme la direction,… Et pendant qu’il était échoué, il a été dépouillée de bons nombre de choses.

Nous avons donc du racheter un moteur, une grand voile, une ancre et une chaine, les instruments, un génois et d’autre chose que j’oublie.

Comme tous ca était d’occasion, ce n’était pas toujours adapté au bateau. Le moteur unique par exemple n’était pas bien positionné et en plus a laché au port. La grand voile et le génois n’était pas de la bonne taille.


Tout ca semble négatif et pourtant ça ne l’est pas. C’était une période stressante pour des raisons budgétaires mais tellement excitante pour le reste.

Quand il a fallu choisir entre le fait de garder le bateau et de travailler pour l’améliorer au fur et à mesure, et le vendre, on ne savait pas. Surtout, nous avions peur des surprises, une poutre pourrie, le mat fissuré,… Nous voulions changer le mat, rajouter un milieu, changer le moteur et peut être en mettre 2, racheter des voiles, découper les cotés pour améliorer l’amarrage au port. Oui ca aurait impliquer pas mal de travaux et d’investissement mais Te fiti aurait été un tout nouveau bateau. Te Fiti 2.0. Ou plutôt 3.0

On s’est décidé à le mettre en vente juste pour voir, et on a rien fait. Un brooker nous a contacter et on lui a aussi donner les infos.


Pierre a accepté le boulot et nous avons travaillé pour se refaire un petit capital.

Au mois de janvier, les gens du port nous ont contacté pour nous informer que le bateau avait des dommages à la suite d’une tempête. Les cordes ont frotté et poussé sur les cotés qui ont finis par casser, rien de grave pour la structure du bateau. Ils l’ont immédiatement sortis de l’eau et amené à leur chantier.

Nous sommes partis retrouver Te fiti 2 semaines pour discuter des travaux.

Mais quelques jours avant notre départ, quelqu’un nous a appelé pour avoir des renseignements sur le bateau et pour le reserver. Il vit en Guadeloupe et ne peut se déplacer.

Après réflexion, nous acceptons, et il nous envoie un acompte.

Au mois de juin, nous descendons chercher nos affaires et nous rencontrons cet homme et lui donnons les clefs du bateau.

Te fiti a un nouveau propriétaire et est maintenant en Guadeloupe.

Nous sommes toujours un peu triste de l’avoir vendu mais c’est pour le mieux. Elle est plus à sa place sous les tropiques.

Et nous avons maintenant un nouveau bateau et sommes bien décider à aller retrouver Te fiti un de ces jours.

Merci Te Fiti de nous avoir toujours fait sentir en sécurité et de nous avoir pardonné nos erreurs de débutant. Merci de nous avoir permis de vivre nos rêves avec toi pendant ces mois.

Après avoir passé presque un mois à Salerne, nous reprenons la route pour Agropoli, d’où nous visiterons Paestum. Nous irons ensuite à Palinuro, Sapri, les îles éoliennes dont Stromboli, Tono et nous terminerons notre periple à Termini Imerese.

21 août 2018

Sur le chemin, une corde du lazy jack (pour les non-marins, il s’agit d’un arrangement pour retenir la grande voile quand on la fait tomber, histoire qu’elle ne se mette pas partout), se coince dans le système de la grand voile, et Pierre me fait monter à la moitié du mat pour la décoincer. La côte est encore loin et les vagues petites donc tout se passe sans de problème. C’est la première fois que je monte au mat, à cause de mon vertige, et bizarrement je n’ai pas eu peur.

En regardant ce qu’il y a visiter dans la région, je remarque Paestum et cherche un mouillage correct à proximité. Voilà pourquoi nous partons à Agropoli. Nous y resterons assez longtemps pour d’autres raisons que son charme.

Agropoli

Le mouillage se trouve juste à coté du port, et du quai où s’arretent les ferrys. Il y une très grande falaise et la hauteur d’eau est très réduite, de 3 mètres à 50 cm juste devant la plage.

Tout d’abord nous ne sommes pas très sur de vouloir y mouiller à cause de cette profondeur. Nous souhaitons aller jeter un coup d’oeil au mouillage de l’autre coté de la falaise. Nous essayons de mettre la marche arrière, rien ne se passe. Marche avant, toujours rien. Oh oh, que se passe-t-il encore avec ce moteur. On entend du bruit, ce qui nous fait dire qu’il y a de la puissance.

Vite jetons l’ancre pour aller voir, heureusement, nous sommes bien placer par rapport à la falaise et à la digue et il y assez de profondeur pour nos 90 centimètres de tirant d’eau.

Nous examinons la commande, ca va, on retirons le cache, ca va. Qu’est ce que ça peut bien être. Nous relevons le moteur et surprise ! Il n’y a plus d’hélice. Comment ? Pourquoi ? Où est-elle tombée? Pierre essaye de chercher dans la petite baie mais on n’y voit rien à cause des algues. Par précaution, il vérifie l’ancre et pousse dessus pour l’enfoncer un maximum.

Avant de partir d’Espagne, nous avions changer l’hélice pour en acheter une plus adaptée à notre bateau et avions garder l’ancienne à bord. Mais il manque une petite pièce en plastique qui la bloque. C’est surement ce qui a du casser ou tomber et qui nous a fait perdre notre hélice.

Il descend du bateau et demande à un loueur de petits bateaux à moteur s’il connait un mecano disponible rapidement et le loueur dit qu’il peu l’aider, qu’il pense avoir la pièce chez lui. Problème, nous sommes au mois d’aout et il est débordé.

Finalement il n’a pas eu le temps de chercher où il n’a pas la bonne pièce, nous sommes et nous sommes donc contraints de passer la nuit ici sans moteur fonctionnel. Nous ne dormons pas très bien même si le vent est très faible.

Le lendemain, un samedi, nous partons faire tous les magasins pour bateau afin de chercher cette pièce, nous cherchons tous les mécaniciens sur le port. Personne ne semble avoir cette pièce. Finalement, en fin de journée, après avoir marcher nos 10000 pas, nous trouvons enfin un magasin qui appelle un autre magasin qui a cette pièce. Houra !! Nous sommes sauvés. Nous aurions eu l’air bien bête si nous avions échoué le bateau à cause d’une pièce à moins de 5 euros.

Après ce grand tour d’Agropoli, nous avons repéré pas mal de point interessant pour nous. Comme un snack qui vend des pizzerias à la part, un resto qui sert des fruits de mers frits, des boucheries, des poissoneries où les crustacés et coquillages ne coutent rien, des glaces, un spar pas très loin où nous irons très souvent, une machine à laver dans le port, des magasins de téléphonie pour acheter des cartes prépayées,…

Et tenez vous bien, Pierre a pu manger des vraies pâtes carbonara !

La ville a un charme qui nous a conquit. La vue depuis la falaise sur notre mouillage est incroyable, surtout avec le coucher du soleil.

Nous visitons le chateau un jour où il y a un mariage et nous sommes impressioné par l’équipe de photographes et vidéastes. Ils ne rigolent pas avec ça ici. Il y a un photographe et son assistant, bon ca d’accord, puis un cameraman qui filmait le shooting, et une personne qui pilotait un drône.

Un soir, nous sommes tranquillement installés dans le carré, et nous soupons. Nous apercevons un orage dans les nuages, bien au dessus de nous et qui s’éloigne. On se dit « C’est quand même joli les éclairs », et je prend quelques photos. Le temps est calme et la météo n’annonce rien de spécial.

Puis au milieu de la nuit, nous sommes reveillés par le vent qui monte et l’orage qui après avoir fait un petit tour, est revenu dans la baie.

Le vent souffle de plus en plus fort et tire tellement sur la pate d’oie (la corde attachée à l’ancre), qu’on se demande si notre celle-ci n’a pas laché. Rappelons que quelques mètres plus loin il n’y a que 50 cm d’eau et quelques cailloux dans le fond.

Et il se met à dracher, nous nous cachons à l’intérieur et strutons par la fenetre notre point de repère sur le quai pour verifier si nous reculons. Pierre sort une première fois pour préparer notre deuxième ancre, au cas où nous glisserions. Il rentre complètement trempé et retire ses vetements de gros temps. La voile d’avant, que nous laissons au cas ou le moteur lache se lève à cause de la force du vent. Pierre ressort une nouvelle fois pour la rentrer.

Les éclairs fusent dans tous les sens et nous comptons les secondes entre le flash et le tonerre. L’orage est juste au dessus de nous. Nous prions pour qu’il ne frappe pas sur notre mat. Normalement ça ne devrait pas arriver, il y a des points beaucoup plus haut.

Le vent forcit encore… de combien ? On se saura jamais, foutue girouette. On ne parvient plus à voir notre point de repère sur le quai car le vent crée des vagues et emporte l’eau avec lui. Nous pensons y voir un vent de force 8-9, quelque chose comme 45 noeuds.

Heureusement, le coup de vent ne reste pas longtemps et l’ancre a tenu. En fait, nous avons encore eu beaucoup de chance car en tournant, la chaine s’est coincée entre des blocs qui avaient été placés dans le fond pour des bouées.

C’est une nuit donc nous nous souviendrons. Nous sommes tellement heureux d’avoir changer l’ancre et rectifier son attache.

Allez, nous sommes déjà rester assez longtemps ici, il est temps de partir.

Nous regardons la météo. Elle annonce une période calme et puis un peu de vent. Mais avec les orages fréquents, nous préférons tenter cette fenetre.

Et voila nous quittons la baie au moteur, nous avançons pendant 30 minutes et puis le moteur commence a grincer. Pas bon ça… Obligés de faire demi-tour.

Notre place est toujours libre. Personne a part nous ne pourrait si mettre.

Nous demandons au loueur de petits bateaux ce qu’on peut faire et il nous propose de le réparer pour nous dans son atelier. Il manque encore une pièce. Nous lui demandons aussi de vérifier le carburateur et de voir pourquoi le moteur galère autour. Il nettoie tout et change les bougies et notre moteur remarche de nouveau ! Il n’est toujours pas parfait, mais ca fera l’affaire.


Puisque nous sommes encore coincés ici, nous en profitons pour commander un nouveau pilote automatique sur Ebay. Et la version au dessus tant qu’à faire. Nous galèrons à trouver une adresse où la livrer, le port est tout le temps fermé, le shipchandler aussi. Finalement, nous demandons conseil au point d’information que nous voyons depuis le bateau. Comme la poste est un peu loin à pied, ils nous autorisent à utiliser leur adresse.

Nous commandons donc notre pilote et le jour de la livraison nous sommes à bord à observer la petite cabane. Nous voyons une camionnette s’arrêter devant et Pierre se dépêche de sauter dans le dinghy et rame jusqu’à l’escalier.

Il revient bredouille. Ce n’était pas la même personne au point d’info et elle n’avait pas été mise au courant. Nous rappelons le service de livraison et ils finissent pas re-planifier pour le lendemain matin entre 9 et 13h.

Le lendemain, nous sommes dès 8h sur la terrasse à coté du cabanon à prendre un petit déjeuner. Et nous attendons ce camion. Les heures passent, toujours rien. Pierre travaille depuis une table de café et puis depuis un banc. 13 heures passent et le camion n’est toujours pas arrivé. Nous ne pouvons appeler le service car c’est l’heure de leur pause. A 14h je vais chercher une pizza à 6euros. Nous reverifions le site de suivi et les heures ont été mis à jour. Nous voyons un premier camion passer et aller directement au port, mais ce n’est pas le notre. Puis finalement a 15h30 notre colis arrive.

Il est temps de l’installer

Le nouveau pilote automatique placé sur la direction

Rester un peu plus longtemps n’est pas si grave car nous retrouvons nos amis allemand, Damijana et Peter. Nous décidons partir ensemble pour Palinuro

Selfie avec Damijana et Peter

Paestum

Par un bus ou un train au départ d’Agropoli, il est possible d’aller visiter les ruines grecques de Paestum. Ils sont forts ces grecs, ils construisent des temples même ici.

Sur la route vers l’arrêt de bus, nous sentons une bonne odeur venant d’un resto et le patron ne tarde pas à nous accoster. Comme il est l’heure de manger et que Pierre commence à être grognon, nous cédons. Notre italien étant toujours approximatif, la serveuse prend notre commande en français. Après notre repas, le patron revient et nous apprenons au fil de la discussion qu’il a vécu en Belgique et même parié pour elle à la coupe du monde. Il nous offre ensuite un livre sur la réserve naturelle du Cilento dont Agropoli fait partie. Il nous conseille notre prochaine destination : Palinuro.

Le ventre plein, nous sommes prêt à visiter Paestum. Nous ne connaissions pas cette ville qui fut fondée au 7ème siècle avant J-C. Elle s’appelait Poseidonia au temps des grecs. Nous avions apprécié pouvoir marcher dans ces grands monuments. En plus, il n’y avait vraiment pas beaucoup de gens, et moins de barrières donc c’était plus facile à se projeter. L’entrée est à 9 euros, enfin à ce jour en 2018.

Palinuro

09 septembre 2018

Après une navigation sans vent, nous arrivons juste avant la tombée du jour à Palinuro et ancrons dans la baie de Buon Dormire. Ca présage une bonne nuit ça non ? Au rêveil, nous profitons d’une eau turquoise et de la visite de petits poissons en aiguille très bizarres.

Nous devons aller faire les courses et il y a un petit magasin dans la ville. Mais pour y arriver, c’est La Croix et la banière. Nous laissons notre dinghy sur une plage et sortons le vélo. Il faut retrouver le chemin en empruntunt un escalier exigu dans la petite falaise. Puis il faut traverser un petit ruisseau. Je monte ensuite sur le porte bagage et nous traversons un grand parking/camping ou ce qui y ressemble. Puis une longue route et enfin nous rejoignons le magasin. Qui ferme pour l’âpres-midi dans 5 minutes ! Vite vite ! Le retour fut encore plus fatiguant et inconfortable.

Quelques heures plus tard, nous décidons de partir à la recherche d’une grotte dans la falaise. Peter et Damijana ont tenté l’expédition juste avant mais ont fait demi tour car il n’avait pas assez d’essence dans leur dinghy.

Nous passons devant un petit creux dans la roche où il fait bien frais. Nous progressons très lentement en cherchant cette grotte grâce au point et photos de Google Map. Nous voyons un petit trou dans la roche mais ça ne ressemble pas à ça. Nous continuons, toujours rien. Après un tournant, les vagues deviennent soudain trop grosse pour le dinghy et une nous trempe de la tête au pied. Il est temps d’abandonner. Tant pis. L’entrée n’est sûrement pas accessible avec ces vagues.

Sapri

12 septembre 2018

Nous continuons notre dèscente progressive vers la Sicile, toujours suivi par nos amis.

Pierre a depuis quelques semaines des problèmes pour plonger et nous cherchons un médecin pour regarder à ca. Mais nous ne trouvons personne et finissons par nous rabattre sur une pharmacie où ils nous donnent de quoi lui nettoyer les sinus.

Le soir, nous nous installons dans un bar à cocktails où nous profitons de la vue sur le bateau et d’un bon mojito.

Le lendemain, nous disons au revoir et souhaitons bon vent à Damijana et Peter qui s’en vont vers les îles éoliennes. Nous attendons encore quelques jours, en espérant avoir un peu de vent car nous en avons marre de faire du moteur.

Plus tard, notre voisin, un autre allemand (décidément) sur un catamaran Leopard nous invite à boire vient nous dire bonjour, et nous l’invitons à bord pour un verre. Il nous retournera l’invitation le jour suivant et nous découvrons son bateau et son chien.

17 septembre 2018

Nous redémarrons et continuons notre route. La côte est assez plate, la première nuit en jetant l’ancre à Scaléa.

Ensuite, nous avançons jusqu à mouiller juste avant un port où nous sommes de nouveau voisin avec l’allemand. Mais pas le temps de boire un verre, nous prenons le dinghy pour aller nous ravitailler dans un Lidl à 1 miles. C’est bien long !! Les prix nous parraissent bien cher par rapport aux autres magasins. Pourtant en Espagne, les Lild étaient moins chers que tous les autres. Le trajet retour se déroule dans la nuit noire.

3 ème jourée de navigation au bout de laquelle nous jetons l’ancre près d’amantea, il n’y a pas vraiment de protection, mais pas de vent non plus et on est très fatigué.

La journée suivante, nous nous dirigeons vers Vibo Marina. Nous avons un peu de vent qui s’engouffre entre deux montagnes et accélère. C’est très chouette mais nous stressons quand même un peu que les prévisions météo ne soient pas corrects une fois de plus et que le temps se gâtent. Il nous reste 10 miles à notre trajet du jour quand nous voyons des orages en face. On aperçoit même les colonnes de pluie. On met le moteur en plus de la voile pour arriver avant que le temps ne se gate.

Sur la mer, on voit un couloir où le vent est plus fort qui s’approche de nous. Par précaution, et aussi pour le tester, nous prenons un ris. En réalité, ca équivaut à deux ris car notre voile est trop petite pour notre bateau. Le vent n’augmente pas drastiquement mais au moins nous aurons testé le ris.

Nous nous arrêtons dans la crique derrière le port, et au petit matin, on se fait réveiller par la Garde côtière ! 3 ème fois en 6 mois, ils nous aiment ! Nous n’avions pas le papier de renouvellement de l’assurance mais ils nous ont laissés tranquilles et nous demande de l’envoyer par mail, ce que nous avons bien sur fait. Pierre tente de récupérer une ancre abandonnée mais son problème au sinus l’empêche de plonger à 5 mètres. Et moi je ne sais toujours pas aller si profond.

Nous avons un petit doute sur le fait que notre lumière de mat fonctionne et nous décidons de passer une nuit au port. Nous amarrons le bateau, lançons des machines à laver puis je monte au mat. C’est la première fois que je monte tout en haut. Je ne fait pas grand chose mais ça se passe bien. Pierre essaye de réparer notre ancienne girouette à pression qui semble juste déconnectée de l’intérieur. Mais rien n’y fait. Nous sommes toujours sans girouette.

Stromboli et les îles éoliennes

22 septembre 2018

Il est temps de traverser vers Stromboli. La météo est plutôt bonne, il n’y a pas de vent violent qui pourrait venir du canal de Messine. Tout se passe bien, on voit quelques ferrys.

A quelques miles de l’île, on pense apercevoir des dauphins. Ils ne viennent pas jusqu’au bateau. C’est dommage mais vu que c’est la première fois depuis la traversée Minorque – Corse, ça compte quand même.

Approcher d’un volcan à la tombée du jour, c’est très impressionnant. On voit des coulées figées noires sur les flans. Pierre sort  » Ca ressemble à Jurassic Park ». C’est vrai qu’on s’attendrait presque à voir un ptérodactyle au dessus du cratère.

On se rapproche du mouillage trouvé sur Navily. Il est assez proche du petit port. On voit plein de bateaux de l’autre coté. Saurait-il quelque chose qu’on ne sait pas. Ce dont on est surs, c’est qu’il ne faut pas mouiller au nord ouest de l’île, c’est d’ailleurs indiqué sur la carte car il y a des risques de propulsion de pierres et de coulée de lave.

S’ancrer au pied d’un volcan ? On serait pas devenu fous? Le sable est noire et les profondeurs de l’eau chute vertigineusement. Faut pas se rater avec l’accroche de l’ancre, si elle lache, le bateau repart vers Vibo Marina.

La nuit que nous passons n’est pas des plus reposantes à cause du roulis de la mer. Et le lendemain ce n’est pas mieux, les bateaux touristiques et petits ferrys arrivent toutes les heures.

Nous hésitons à quitter le bateau mais il le faut. Nous n’avons plus d’eau. Ni de papier toilette. Le seul magasin de ce coté de l’île est très loin. Nous qui voulons monter sur le volcan, ca n’économise pas nos pieds.

Nous apprenons qu’il faut impérativement un guide pour monter les 900 mères jusqu’au cratères. Ceux sans guide doivent s’arrêter à 400.

Saviez que ces 900 mètres ne représentent qu’une partie du volcan. En dessous il y a encore 2000 mètres ! Donc en fait, on s’est ancrés sur le volcan. Nous marchons et sélectionnons une agence de guide au hasard. Ce n’est plus la saison, ils ont encore de la place pour le soir même. Ils nous donnent rendez vous à 17h et nous donnent quelques instructions et une adresse pour aller louer des chaussures de trek.

Les rues de cette partie de l’île sont vraiment mignonnes. Il n’y a pas de voitures, elles ne passeraient pas. A la place, on voit des camionnettes piaggo et des voiturettes de golfes. On aimerait bien qu’on nous prennent en stop mais elles sont toutes occupées par des gens et leurs valises.

Sur la plage, on voit 2 wharram, ils sont partout !

Il est bientôt 4h et nous devons nous dépêcher. Nous voulons partir juste après car la fin de saison approche et une tempête avec, donc Pierre court refaire le plein en dinghy.

Puis nous courrons et slalomons entre des gens sortis d’un ferry, nous sautons dans nos chaussures de trek et nous arrivons au lieu de rendez vous. Visiblement, nous sommes soit très rapide, soit nulle pour regarder l’heure car nous sommes en fait trop tôt et nous allons même nous prendre une glace. Du sucre avant de monter un volcan ca ne peut pas nous faire de tort.

Le guide arrive. Il s’appelle Pierre. Ben si encore un. Après quelques explications, il distribue des casques et des lampes frontales.

Et c’est parti pour 900 mètres d’escalade. Nous ne sommes pas encore au début du chemin que nous sommes déjà fatigué. Ca promet ! Le rythme est assez épuisant car on piétine derrière les autres personnes et les autres groupes.

Au bout de quelques temps, nous sommes assez haut pour apercevoir le bateau. Il est toujours là où nous l’avons laissé. Ouf ! Il y a un peu de nuage autour de la montagne et la vue est splendide. Ca vaut l’effort.

Nous continuons la montée et nous passons le signe des 400 mètres et le chemin de sable plutôt facile à suivre se transforme en des sentiers étroits de roches sur un flan pentu. On est content d’avoir pris un guide. Et des chaussures de trek !

Ca devient vraiment dur, les cuisses brulent et les genoux de Pierre craque. On a du mal a reprendre sa respiration. Mais il ne faut pas s’arrêter. On voit des gens qui font demi tour car ils n’en peuvent plus. Pas question pour nous de rebrousser chemin ! On se demande d’ailleurs par où on redescend. Pas par ici on espère !

Le soleil se couche et nous sommes bien haut. Soudain, on entend un vrombissement. On se rappelle alors qu’on n’escalade pas une simple montagne. Dites il a pas prévu de grosse éruption le Stromboli ?

Parfois on se demande comment les gens de Pompéi n’ont pas compris qu’ils étaient à coté d’un volcan et comment certaines personnes construisent leur maison à leur pied. Et de l’autre on se dit que ca ferait de beau souvenir d’escalader un volcan en activité et d’être si près du cratère qu’on respire les gaz nocifs. On est des drôles de bêtes quand même nous les humains.

Soit, il est temps de faire une pause pour enfiler nos vêtements chauds et mettre notre casque. Mince je me rends compte que j’ai pris 2 hauts. J’étais pourtant sures de bien avoir fait notre sac.

Pierre en gentleman attentionné et qui n’a jamais froid me laisse son pantalon/legging de ski. Les bruits et explosions sont de plus en plus proche.

Nous sommes au environ de 23 h. Il fait complètement noir maintenant, tout le monde se met en file indienne et nous marchons les derniers mètres qui nous séparent du point de vue sur le cratère.

Le spectacle est époustouflant. Le volcan est réglé comme une horloge, toute les minutes, il y a une gerbe de lave qui en sort. On se sent vraiment tout petit. Tout le monde prend des photos ou filme pour ne pas oublie cette expérience. Tous ces gens sont aussi en train de tricoter leurs souvenirs.

Avant de démarrer la descente, le guide distribue à chacun un masque contre la poussière et nous demande de vérifier les protèges chaussures car nous allons descendre dans du sable.

On se remet tous en file indienne, on rallume nos lampes frontales et on entame la descente. Ca ira plus vite que la montée, 3h contre 5h. Mais c’est aussi sportif. Nos jambes adoptent un rythme automatique qu’il est difficile de ralentir quand la personne devant s’arrête. Il faut faire attention à rester dans les pas de l’autre pour éviter de faire tomber trop de sable. Mais de temps en temps on glisse et on se retrouve les fesses par terre. Il faut vite se remettre en marche.

On arrive enfin en bas, et après avoir remercier le guide, nous retournons au bateau. Nos jambes sont lourdes et douloureuses et nous avons un peu de mal a remarcher normalement et en tong.

Finalement, vous l’aurez senti, nous ne partirons pas cette nuit, nous sommes trop épuisés. Pierre mange un bol de Kellogs avant d’aller dormir et passe une nuit tranquille alors que je me réveille au milieu de ce qu’il reste de cette nuit car mes jambes mes font trop souffrir. Moralité, toujours manger des kellogs après avoir escalader un volcan.

Le lendemain, il faut absolument que nous avançions, nous démarrons tôt et prenons la direction de Vulcano, l’autre volcan des iles éoliennes. Il faut passer un petit passage entre Vulcano et Lipari pour arriver à notre mouillage et le vent s’engouffre et vient pile dans notre nez. Nous ne voulons pas utiliser le moteur et décidons de tirer des bords. Le bateau file, c’est tellement agréable, mais quand nous comprenons que nous faisons des bords carrés, nous abandonnons et allumons le moteur.

C’est très frustrant en plus de voir ces ferrys du futur aller à plus de trente noeuds en se soulevant de l’eau.

Nous ancrons dans la baie de Vulcano mais nous ne sommes pas très satisfaits de la protection qu’elle donne, donc finalement nous faisons demi tour pour nous ancrer à Lipari. Tout ces efforts pour ça !!

Une fois arrivé je fonce au magasin pour racheter de l’eau. Pas de bol, c’est de l’eau pétillante, il faudra y retourner.

25 septembre 2018

Nous regardons une fois de plus la météo et nous découvrons que la direction a changé, nous ne sont plus protégés sur ces iles.

Il faut réfléchir vite, nous partons pour la Sicile. Nous avons repéré une petite excroissance qui devrait nous protéger de ce vent et qui nous éloignent du coeur de la tempête.

Les vagues sont déjà plus importantes, mais Te fiti se comporte très bien et avance à bonne allure. Nous observons ce que les autres bateaux font.

Certains se dirigent vers Lipari, peut être pour aller au port, d’autres dans une baie de Vulcan. Un grand voilier nous dépasse et nous voyons sur marine traffic qu’il fait 12 noeuds… On grince des dents. Nous sommes stressés mais nous ne craignons rien, nous sommes partis à temps, et il n’y a que 19 miles. On voit un bateau qui essaye de nous rattraper, ca ressemble à un Leopard, ce doit être l’allemand. Mais il change finalement son cap et se dirige vers Lipari.

Ious arrivons a destination sans problème et ancrons dans une belle baie de sable où la profondeur est confortable et ne remonte que sur la plage.

Tono

Nous nous félicitons de cette navigation et nous récompensons par un cocktail dans l’hôtel d’en face. Je vais racheter de l’eau plate en vélo pendant que Pierre reste sur le bateau par sureté.

Nous avons bien fait de nous cacher ici. A l’horizon, nous arrivons à percevoir les grosses vagues que la tempête provoque. Nous vérifions Windy toutes les 10 minutes pour nous assurer qu’elle n’a pas changer de route.

Le lendemain, mauvaise nouvelle, qui ne concerne pas la météo. Je reçois un rappel d’un rendez vous en Belgique que je ne dois pas manquer, et il est dans 5 jours… Oh oh… Je prend les billets d’avion à la seconde. C’est pas donné. Pierre hésite à rentrer mais il a reçu une offre d’emploi très intéressante et décide qu’il ne perd rien à les rencontrer.

26 septembre 2018 – 15h09

Nous démarrons notre dernière navigation. Le vent ne sera pas vraiment au rendez vous, mais les vagues créées par la tempête de la vieille seront, elles toujours présentes. Nous faisons un seul arret, à la marina di capo d’Orlando pour refaire le plein d’essence.

28 septembre 2018 – 07h52

Termini Imerese

Nous arrêtons le traçage du gps. Nous sommes amarrés sur la digue en face du port car personne ne répond ni à la VHF, ni au téléphone. Nous sommes lessivés, tant pis pour eux, nous dormons là quelques heures.

Vers la fin de journée, on nous dirige notre place d’hivernage. D’abord trop petite, ils bougeront un bateau et nous aideront à amarrer le bateau. Après, nous avoir indiquer les commodités. Nous leur demandons s’ils connaissent un moyen de se rendre à l’aéroport de Palerme qui se trouve à 1h en voiture. Nous avons notre vol tôt le matin et il demande à son frère de nous y emmener. Il nous reste un jour pour tout ranger. Et puis nous voilà reparti à la hâte en Belgique après 6 mois sur le bateau.

Notre périple s’achève pour cette année ici.

PS : voici une preuve que je suis montée au mat si vous ne me croyez pas !

Après avoir visiter Rome, nous vous emmenons, dans cette article, à Ponza, Ventotene, Ischia, Procida, Capri, Salerne, Pompéi, Naples

24 juillet 2018

Nous restons encore une semaine dans ce port abandonné, histoire de refaire le plein de courses, de travailler dans un endroit calme, et d’attendre une bonne fenêtre météo. Deux autres voiliers jettent l’ancre autour de nous, un allemand et un drôle de voilier à moteur qui a surêment jeté son ancre sur la nôtre.

Les gardes-cotes viennent nous informer que nous dérangeons, et nous demandent de nous en aller, mais nous leur informons que nous bougerons que le lendemain car le vent est trop fort ( et notre ancre est probablement entortillé avec celle du bateau bizarre qui a recommencé sa manoeuvre quatre fois).

Le lendemain, nous nous rendons compte que nos bidons d’essence sont assez pauvres, on se dit que les gendarmes ne vont pas revenir tout de suite et que l’on a peut etre encore une heure… que neni,…

A peine le dinghy amaré au petit port, après avoir informé le gérant de notre présence, nous voyons arrivé les gardes-côtes, qui montent sur notre bateau. Sans gêne. Ils appellent le boss, qui les informent que nous sommes partis faire quelque courses avant de partir. Pourtant il nous annonce qu’ils l’ont enregistrés en bateau abandonné… sans déc****r

Nous n’osons pas retourner dessus car s’ils nous obligent à bouger nous ne saurions pas où aller. Et si c’est pour payer une journée complète de port pour 30 minutes de courses, surtout que les ports alentours sont trop petits pour notre confort de manoeuvre et qu’on risque ne pas trouver d’essence.

Finalement nous decidons d’aller remplir ces bidons, après que le boss les ai un peu calmé et enguelé au passage, car gener dans un port abandonné, c’est un peu gros comme argument.

Petite mésaventure qui n’est finalement qu’une anecdote puisqu’il ne s’est rien passé de grave. Nous hissons les voiles et prenons le cap de Ponza, qui est à 70 miles de notre ancrage à Fiumicino.

Nous parvenons à naviguer à la voile jusqu’à l’ile, en ajustant légèrement afin de prendre les vagues de 3/4 arrière. La « route » est très agréable malgré le passage près des ferrys. Nous croisons même un policier à jet-ski qui nous informe qu’il faut rester à distance d’une régate en cours. Nous apercevons même le gagnant franchir la ligne d’arivée.

Ponza

Nous arrivons à Ponza de nuit, ce n’est vraiment pas ce que nous préferons, surtout que le vent semble changer de direction toutes les minutes, nous faisons plusieurs tentatives d’ancrage avant de trouver le bon angle. Il y a quelque rochers au alentours donc nous ne sommes pas sereins mais nous passons quand même une bonne nuit.

25 juillet 2018

Au petit matin, on se rend compte de la distance qui nous sépare du bateau d’à coté, peut mieux faire. Le vent à pas mal tourné et nous pensons que notre ancre est sous son bateau, et vu le vent qui monte, nous ne nous sentons pas à l’aise dans cette crique, et nous décidons d’aller dans la suivante. Ca nous rapprochera en même temps de la ville. Nous l’informons de notre départ au cas où mais finalement, il n’y a aucun problème et nous pénétrons dans la vaste crique, où beaucoup de bateaux ont déja jeté l’ancre. Nous sommes entourés de murs blancs imposants qui nous protègent du vent, et l’eau turquoise et transparente ne met pas longtemps à être fendue par nos plongeons.

Photo des falaises de Ponza
Ponza

Un peu de snorkeling sous les rochers et nous démarrons le moteur du dinghy pour une petite visite de la ville. Après un long moment, nous y sommes enfin !

Une partie du chemin vers Ponza en accéléré

Pierre a un appel professionnel en cours, donc je marche un peu au hasard et il me suit. De jolies ruelles, des boutiques atypiques, et unle glace au gout non-identifié plus tard, c’est reparti pour le trajet en dinghy.

Sans attendre le lendemain, nous levons l’ancre et partons pour Ventotene.

Nous pouvons faire toute la navigation à la voile, ça fait du bien !

Ventotene

Les fonds sont rocailleux et il est très délicat de trouver un patch de sable. Pierre se jete à l’eau pour reperer les lieux mais rien n’y fait, les cailloux ont des formes étranges, on dirait presque une ville abadonnée sous marine. On se lance, on verra bien.

Chose étrange que nous remarquons, les poissons stagnent derrière le bateau à cause du courant. Comme nous n’avons pas vraiment trouvé de bon spots de snorkeling jusque là, nous ne tardons pas à enfiler nos masques. C’est là que je me rends compte qu’il faut vraiment que je m’entraine à la plongée et à l’apnée…

On ne le voit pas sur les photos mais il y avait beaucoup de poissons

Il est temps de faire un tour dans la ville, le moteur a demarré fort heureusement. Les rues sont vides, il fait très c’est l’heure de la sieste, quelle idée de sortir maintenant. Les supermarchés sont fermés, nous errons sans destination, sans carte, peut être que nous tomberons sur une découverte surprise. Au détour d’un chemin de terre, nous tombons sur un billet de 5 euros, la voilà notre surprise ! Ce n’est peut-être pas grand chose, un apéro jambon, un cocktail, un pack d’eau, nous sommes content.

Notre vie est pour l’instant assez minimaliste, et nos préoccupations assez basiques : est-ce qu’il nous reste assez d’eau à boire? aurons-nous assez d’essence pour nous déplacer en cas de tempête? allons nous retrouver notre maison au retour des courses où sera-t-elle dans les rochers. Ca remet vraiment en perspective les détails qui nous encombraient la tête en Belgique. Nous prenons des douches spartiates, nous évitons de faire des repas qui demandent beaucoup de gaz ou d’ustensiles, nous lavons notre vaisselle à l’eau de mer. Pour certains cela peut paraître archaïque et trop privatif comme vie, mais pour nous, c’est tout l’inverse. On se sent plus libres, plus connectés à la nature et aux gens.

Prochaine étape, Ischia. La levée de l’ancre s’est déroulée doucement. La chaine s’était coincée dans les rochers et nous avons du zigzager pour la remonter.

Ischia

Nous arrivons le soir, dans une crique preque vide, un couple bronze sur une petite barque mais il ne tarde pas à partir. Le fond est tapissé d’algues, nous ajoutons un peu de chaine. La nuit va être calme donc nous ne nous inquiétons pas. Si la météo reste bonne, nous irons sur terre demain.

28 juillet 2018

Au petit matin, nous sommes surpris de voir une ribambelle de petits bateaux à moteur, sortir du port, qui se trouve à 5 minutes en dinghy, pour s’ancrer tout autour de nous. Les minutes passent et les mètres carrés d’eau libre disparaissent. On en vient à se demander comment il reste des algues sur le fond si ces moteurs sortent tous les week ends depuis le début du mois.

Nous n’oserons pas sortir jusqu’au départ du dernier bateau proche, qui forcément est le dernier bateau à partir. C’est assez étrange comme ces italiens aiment la proximité, nous le remarquons sur les plages et aujourd’hui, où jusqu’à cinq bateaux s’attachent les uns aux autres.

Il est 19 h quand nous mettons enfin un pied à terre. Nous y faisons un petit tour et nous y achetons le repas du soir. Ces temps ci, nous ne faisons pas de grosses courses, seulement de quoi manger le soir et de l’eau. La file est immense, si bien que quand nous sortons, il est déja l’heure de rentrer au bateau.

Pierre voulait voir s’il savait toujours le faire

29 juillet 2018

Aujourd’hui, nous sommes dimanche et nous sentons que les moteurs ne vont pas tarder à revenir, et pas question de rester coincé entre ces bateaux et risquer que quelqu’un nous touche. Nous levons l’ancre et prenons le cap de Procida. Il y a un peu de trafic sur le chemin, mauvais signe. En effet, en arrivant, on comprend vite que cette journée va être comme la précédente.

Procida

Au moins la crique est plus grande et le fond est partagé entre des parcelles de sable et d’algues. Nous mouillons dans 10 mètres d’eau. Très vite, comme la veille, il n’y a plus un mètre carré d’eau. Comme hier, nous restons jusqu’au soir, et comme hier, le dernier bateau à partir est celui à coté de nous. A 19h, nous rapprochons le bateau de la ville, pour que son accès soit plus facile, et pour que la hauteur d’eau diminue.

Nous sautons dans le dinghy et nous voilà à terre. Les couleurs des batiments melés au coucher du soleil donne un spectacle époustoufflant. Cette ville est vraiment mon coup de coeur de ce voyage, c’est malheureux que nous ayons perdu les photos en même temps que le téléphone. Les ruelles se terminent en escalier et croisent d’autres rues de manière étrange. Nous escaladons les allées pentues pour manger une pizza avec la vue sur la baie, pour garder un oeil sur le bateau au passage. Puis nous allons faire une balade nocturne au fort.

30 juillet 2018

Après une bonne nuit, nous repartons, pas le temps. Nous devons dejà reflechir à l’hiver. Nous ne savons pas où nous allons mettre le bateau ni quand nous devrons arreter. La grèce est une option mais elle n’est pas tout près.

En route pour Capri !

Sur le chemin, une corde du lazy jack (pour les non-marins, il s’agit d’un arrangement pour retenir la grande voile quand on la fait tomber, histoire qu’elle ne se mette pas partout), se coince dans le système de la grand voile, et Pierre me fait monter à la moitié du mat pour la décoincer. La côte est encore loin et les vagues petites donc tout se passe sans de problème. C’est la première fois que je monte au mat, à cause de mon vertige, et bizarrement je n’ai pas eu peur.

Capri

Nous hésitons à aller visiter cette île car elle est réputée pour être chère, et nous n’apprécions pas vraiment les stations balnéaires où les plages sont inaccessibles au grand public car elles sont privatisées par les hôtels. Pourtant nous sommes curieux de connaître la raison pour laquelle Hervé Vilard lui a écrit une chanson.

En changeant le moteur, nous avons également améliorer la direction en ajoutant des cables pour que les moteurs tournent en même temps que le safran. Ca permet de faciliter les manoeuvres au port et de tourner plus facilement. Mais ça ajoute une résistance à la barre, et au pilote automatique dont on se passerait bien quand on est à la voile.

Nous testons donc l’ajout d’un crochet afin de pouvoir enlever ces cables lorsque l’on est à la voile.

Nous nous approchons donc de Capri et des gros yachts d’au moins 30 mètres de long qui sont ancrés juste devant le mouillage que nous avons repéré sur Navily. Il est donc temps de redémarrer le moteur et de faire chuter la grand voile. Mais petit problème, Pierre ne parvient pas à re-attacher le crochet à la direction principale. Il me fait signe de continuer le temps qu’il y parvienne. Par chance, il y a du bon vent, ce qui nous permet de rester à bonne distance de ces yachts. Ouf ! Quelques minutes plus tard, tout est rentré dans l’ordre et nous jetons l’ancre à l’emplacement prévu.

Alors cette île ?

Capri, Ô Capri… Pour nous, Capri c’est fini ! On est clairement pas tombés amoureux de cette île. Le mouillage que nous avions trouvé, qui est l’un des seuls mouillage « sauvages » accessible, est loin d’être idéal. Il se trouve à proximité du port, du coté nord de l’île. Il y en un autre au côté sud, mais il n’est pas sur ces jours ci à cause de la direction du vent.

La hauteur d’eau notre mouillage est de 17 mètres, c’est le mieux que nous puissions faire. Il est impossible de se rapprocher plus près de la côte à cause de digue et de bouées réservées aux bateaux touristiques. En plus de la profondeur un peu trop grande pour notre chaine, le mouillage est rendu très inconfortable voire dangeureux par les allées et retour incessants des bateaux de tourisme qui créent de grosses vagues et des remous très désagréables. Bien sur, nous pourions aller au port, mais il n’est pas très grand et certainement hors budget.

Cela fait donc le 3ème jour on nous ne pouvons aller sur terre qu’en soirée. Et nous avons du écourter notre séjour car le téléphonne de Pierre s’est jeté à l’eau… si si c’est ce qu’il s’est passé.

C’est quand même l’outil de travail de Pierre, heureusement, presque tout est en ligne, à l’exception de quelques contacts et des photos de Procida. Je ne peux même pas lui donner le mien car depuis Palma, je n’ai moi-même plus de téléphonne car mon écran s’était cassé au point qu’il était inutilisable.

Il n’y a aucun magasin de téléphonie donc nous devons quitter Capri en urgence et rejoindre une ville.

31 juillet 2018

Après avoir jaugé les mouillages sur Navily, nous nous décidons pour Salerne. Celui de Naples n’est pas sur selon certains commentaires, et ceux de Positano, Sorente sont trop profonds.

Nous voici partis pour une belle journée de navigation. Les vagues sont de taille raisonnable et le vent, soufflant de dos, tourne autour des 10-15 noeuds, enfin c’est ce que nous pensons car une fois de plus la girouette n’affiche plus rien.

Nous longeons la fameuse côté Amalfitaine, et passons à moins d’1 mile de 2 gigantesques yachts ancrés. On se sent bien petits et bien pauvres a côté d eux, mais toujours aussi libre.
Le soleil est au rendez vous, plusieurs bateaux sont visibles à l horizon. Nous essayons plusieurs agencement de voile en fonction de la direction du vent.

Itinéraire capturée depuis une application marine. Capri - Salerne
Bon pas une très bonne moyenne j’avoue, mais nous avons oublié d’arreter l’itinéraire

A quelque miles de l’arrivée, les vagues augmentent un peu. Nous pensons y lire un vent de force 4. Jusque là tout va bien, les vagues sont dans notre dos. Nous sommes toujours un peu inquièts et restons sur nos gardes car la météo ne s’est pas souvent avérées juste depuis le début de notre périple. Mais une fois le Cap d’Orso franchi, le vent se couche et la houle tombe d’un coup.

Salerne

Nous arrivons enfin dans un mouillage entouré de ports, dont le fond est sableux et la profondeur de 5 mètres : un mouillage comme on les aime.

(D’ailleurs, on l a tellement aimé qu’on y est resté un trop longtemps)

Ce mois d’août dans cette région est synonyme d’orage. Presque tous les jours à la même heure, de gros nuage s’accrochent sur les hauteurs et s’en suit une demi-heure de pluie et d’éclairs, accompagnés de temps en temps par des rafales. L’une d’elles a même emporter le maillot préfère de Pierre. Je vous demande une minute de silence pour sa mémoire…… Merci

A quelques minutes à pied de la plage se trouve un carrefour market que nous visitons régulièrement pour y acheter de la charcuterie a la découpe. Ca ne coûte rien et c’est tellement bon, surtout la spiana picante, qui est l’équivalent italien du chorizo piquant je dirais. On abuse de l’apéro, parfois on en oublie de souper.

D’abord c’est bizarre de se retrouver de nouveau dans une grande ville. De reprendre un bain de foule dans les allées commerçantes. Mais nous nous imprégnons vite de son ambiance. Nos chaussures, enfin nos tongs s’usent à force d’aller-retour entre la feretéria et la washerette. Nos mollets s’élargissent à cause des rues pentues.

Cette ville regorge de petites surprises. En cherchant une laverie automatique, nous tombons sur les vestiges d’un viaduc par exemple. La rue principale est pavée de marbre et la cathédrale, assez humble de l’extérieur renferme une crypte qu’il faut visiter. Elle est couverte entièrement de marbre. C’est difficile à expliquer mais les fresques sont en marbre et il y a des inserts de marbre bleus dans le marbre blanc. On peut se demander combien d’années ont été nécessaires pour réaliser ce chef-d’oeuvre.

Un jour, un week-end probablement, nous restons à bord toute la journée. Des petits bateaux se mettent autour de nous et des bateaux qui ont également jetés l’ancre. Il y a notamment un beau catamaran appelé Danica 1. L’un d’eux jete son ancre très près de ce cata et se rend compte au moment de repartir que son ancre est accrochée à la leur. Ils galèrent à se démêler , laissant une petite griffe au passage (selon le blog de Danica). Le cata glisse pendant une dizaine de mètres et semble se replanter . Mais par précaution détective Chouchou les contacte sur Facebook. Ils n’ont pas vu le message, mais le soir en allant marcher, nous les croisons et finalement ils nous invitent à manger avec eux. Glen et Mary sont des canadiens (anglophones) qui remontent vers Gibraltar car apparement, leur visa ne leur autorise à rester en Méditerranée que 3 mois. Un peu court…

Chose étrange par contre, cela fait depuis qu’on est entrés en Italie que Pierre cherche un plat de pâtes carbonara, les vraies. On a parcouru toute la ville, et pas moyen de trouver un restaurant qui fait ça, des pizzas en veux-tu en voila ( en même temps on est à 1h de Naples) mais pas de pates carbonara, en entrée comme en plat. Pour se consoler, on s’est envoyé pas mal de part de pizza à 1, 50 euros.

Le 15 aout, nous n’avions plus vraiment de notion des dates, nous sommes tranquillement posés sur le bateau, quand de nombreux bateaux, qui ressemblent à des bateaux de pêcheurs, viennent s’ancrer dans notre baie. Et pas mal de gens sont dessus. Sur la rue qui bordent la mer, les gens commencent à s’amasser. Puis un plus gros bateau de pêche slalome entre les bateaux et va s’amarrer sur un ponton construit pour l’occasion. En sort un grand tableau entouré de fleurs et qui doit représenter la vierge. Du bateau, on ne voit pas très bien. Mais finalement, sans le vouloir, on était au première loge pour assister à cette célébration. Peu après, des feux d’artifices apparaissent à différents endroits sur la côte. C’est un peu étrange en pleine journée mais c’est toujours chouette à voir.

Un autre jour, nous rencontrons un couple allemand sur leur voilier Hobo2, Peter et Damijana. Oui oui, encore un Pierre, on a arrêté de compter après le 5ème, vous avez suivi vous ? Ils nous informent qu’on s’est déjà croisés à Fiumicino. C’était eux le bateaux au pavillon allemand. Un bateau comme le notre, on en croise pas souvent alors c’est facile de nous repérer. Nous sympathisons et nous les invitons à un barbecue.

Nous marchons beaucoup pendant notre séjour, quelque fois pour aller acheter au chinois à l’autre bout de la ville acheter une toile pour notre cinéma en plein air, une autre pour trouver une laverie automatique, un autre jour, nous craquons et achetons une guitare pour apprendre à la jouer et faire les hippies sur la plage, mais finalement nous ne l’utiliserons que 3 fois. D’autres jours, nous devons trouver un café ou restaurant avec wifi pour que Pierre puisse travailler quand la 4G n’est pas bonne et que le Wifi du bar de plage n’arrive pas jusqu’au bateau. Et bien sur, nous allons souvent à la Ferreteria/Shipchandler/le magasin pour bateau, pour y acheter, un disque de mouillage, une pâte pour réparer le bateau quand il est dans l’eau (ça n’a pas marcher, remplacer la bouteille de gaz, essayer de réparer la girouette, ou tout simplement rever à ce qu’on aurait pu acheter si on avait plein de sous.

Autre  » activité » interessante : il y a des bars dire$ ctement sur la rue où l’on peut boire un verre d’Aperol Spritz (de 2 à 6 euros selon la taille) et même acheter des goodies. Ce sont les vrais apérols, super bon. En voici la recette :

Dans un grand verre a vin, déposez des glaçons, versez le Prosecco et l’apérol en quantité égale, ajoutez un trait d’eau pétillante et garnissez d’une rondelle d’orange.

Nous apprenons un peu tout les jours des traditions italiennes modernes. Par exemple, ils mettent des vetements très classe et se promènent sur la rue qui longent le quai, la lungamare trieste, quand la chaleur est tombée, vers 5h30. A ce moment là, on se sent vraiment sous-habillé.

Nous savions déjà qu’ils aimaient sortir le week end en petit bateau et s’accoler, mais le bronzage à la plage est aussi un sport national. Dès le matin, la plage commence à se couvrir de serviettes de plage et les parasols ombragent les patchs de sables restant. Et tous les matins, la même musique provenant du petit cabanon nous réveille. Ca doit être le hit de cet été. Allez, on se la met.

Un autre sport national, c’est le saut dans l’eau. Un jour, un père et son fils sont venus nous demander s’ils pouvaient sauter du bateau, le père parlait aussi espagnol donc on a pu se comprendre. Et un autre jour, deux ados sont venus près du bateau mais on n’a rien compris à ce qu’il disait, peut être qu’ils voulaient faire pareil.


Salerne est un bon point de départ pour visiter les grandes villes du centre d’Italie grâce à la gare bien desservie et les nombreux ferrys y transitent.

Nous prenons le train à 2 reprises pour aller visiter Pompéi et Naples

Pompéi

C’est parti pour une journée visite. Nous sommes un peu anxieux de laisser le bateau tout une journée seul, mais nous avons bien regardé la météo. Certains disent qu’il faut toujours avec quelqu’un à bord en tout temps. On comprend le principe mais en pratique c’est difficilement applicable, à moins d’avoir un skipper, et encore. Cela voudrait dire que l’on devrait visiter à tour de rôle les villes. C’est tout de suite moins romantique comme idée. Et les navigateurs solo ne pourraient pas aller se ravitailler à terre, ou alors devrait payer une fortune le port.

Pour garder un oeil sur la position du bateau, nous laissons un téléphone à bord, un pas trop récent de préférence avec une application pour ancre et la 4G activée. Et nous autorisons le téléphone que nous emmenons à accéder à la trace, en plus de configurer l’envoi de message en cas de dépassement du rayon défini.

Revenons à nos moutons. Le trajet en train dure un peu moins de 40 minutes et puis, il faut rejoindre les ruines. Là, pour être honnete, nous nous sommes fait arnaquer. Nous entrons dans la librairie de la gare pour acheter un guide, afin de l’ajouter à notre collection, et le vendeur nous propose une navette pour le prix de 5 euros par personne. Finalement ce n’était pas si loin que ça et nous ferons le trajet retour à pied.

Arrivés à l’entrée des ruines, il est temps de… faire la file pour acheter des tickets ! Yeaaah. Pendant que nous attendons, des personnes passent pour proposer leur services de guides et ce n’est pas donner. Mais nous avons notre guide papier et nous aimons déambuler plutôt que suivre. Le prix est de 11 euros par personne.

Le site est incroyablement grand. Ce n’est pas encore aujourd’hui que nos pieds se reposeront. Le petit guide est correct, mais les numéros ne correspondent pas. Il y a beaucoup de gens groupés au premiers numéros, les places centrales, et puis presque personne dans le reste du « parc ».

Nous n’avons pas vraiment trouvé de lieux où il y aurait des vidéos explicatives. Peut-être n’avons nous pas chercher assez. Et nous pensions voir les celebres amants de Pompéi, mais ils n’étaient pas dans le musée.

On regrette un peu qu’il n’y ait pas un espace reconstruit ou en réalité augmentée pour qu’on se représente la vie à cette époque. Qui sait, il faut peut être encore attendre quelques années.

En revenant sur le bateau, on regarde le c’est pas sorcier consacré à Pompéi et un autre documentaire pour se rappeler. On aurait peut être du le faire avant mais on pensait avoir plus d’informations sur le site archéologique.

Il y a aussi moyen de monter sur le Vesuve, on passe d’ailleurs devant en train. Mais nous ne l’avons pas fait.

Je laisse la videos de c’est pas sorcier si jamais. Je ne saurais donner de meilleures explications qu’eux.

En bref, nous avons apprécié visiter ce site célèbre, mais nous avons eu un peu du mal à nous représenter comment c’était. Et quand on pense à l’horreur que ça a du être, c’est dommage de ne pas pouvoir rendre hommage à ces gens qui ont été surpris par la nature. Au moins nous avons participé à l’entretien des lieux en payant notre ticket d’entrée.

Naples

On reprend le train pour une ville mythique d’Italie, celle où la pizza est née ! Spoiler alert : nous n’en mangerons pas.

En sortant du train, il nous faut marcher quelques temps pour trouver le centre historique et nous nous perdons un peu à cause de travaux.

Les rues sont bourrés de gens, il y a même des files devant certaines échoppes et pizzeria. De nombreuses boutiques touristiques proposent des portes clefs et souvenirs avec un piment nous pensons ? Peut-être un produit local ? On s’attendait plutôt à voir des souvenirs pizza à tout va.

Mais apparement ce n’est pas du tout un piment mais une corne d’abondance, ils l’apellent « cornicello ». Nous ne le saurons que bien après.

Au milieu de la rue touristique, des petits chariots proposent des granita au citron pour 2 euros. Allez tant pis, on fait les touristes. On retrouve un pépin dans notre boisson ce qui nous fait dire que c’est fait avec du vrai citron, un fruit qui pousse dans cette région depuis des centaines d’année au moins. C’est bon et rafraichissant, on a bien fait de faire les touristes.

Nous vagabondons dans les rues. On est surpris par le spectacle d’églises entourées de grilles et remplies d’ordures. Hormis cela, c’est une belle ville vivante. On se perd dans les quartiers résidentiels, les marchés, on reprend le train pour un arrêt quand on a été trop loin. On aime bien faire ça, souvent on trouve de belles pepites et on a l’impression de s’imprégner un peu mieux de la ville. Mais là nos pieds souffrent.

Pour seule carte, nous avons un plan que nous avons pris au sortir de la gare. Et c’est moi qui fait le guide. Pas une très bonne idée.

Après avoir marché un peu pour rien, nous faisons demi tour pour aller visiter le chateau. Nous passons par la rue commerçante et la gallerie qui nous rappelle un peu celle de Milan dans sa structure.

C’était une longue journée. On retiendra la belle cathédrale, la rue principale, le beau chateau et bien sur la granita.

Nous avons passé 3 mois en Italie, donc pour ménager l’ordinateur, je divise ce récit en plusieurs parties

13 juillet 2018

On quitte la Corse pour la terre italienne, mais pour ne pas se faire prendre par la météo très changeante, on préfère passer par les îles. On voulait aller directement à Elbe pour gagner un peu de temps, mais le vent vient pile dans notre nez donc direction Capraia !

Le bateau avance super bien, il n’y a pas beaucoup de vent, seulement 10 noeuds mais on arrive à atteindre les 7 noeuds de vitesse. C’est tellement agréable d’être à la voile. On aimerait que ça arrive plus souvent, ce serait plus économique en plus.

Pas mal de bateau sont ancrés près des falaises mais il y a encore trop de vent pour qu’on puisse visiter l’ile sans stresser. On se rapproche au maximum de la ville, quitte à ancrer dans 10 mètres d’eau. Miracle, il n’y a plus de vent !

C’est drôle ce paradoxe entre notre joie quand il y a du vent pour naviguer et notre gêne quand on vient de s’arrêter et qu’il y en a encore.

Superbe endroit, il n’y a pas trop de bateaux autour de nous,… et j’ai parlé trop vite. D’autres voiliers arrivent au compte goute et s’ancre assez près.

Après un saut dans l’eau (c’est une manière comme une autre de s’imprégner de l’endroit), nous partons visiter l’île. Pour sortir de notre mouillage il faut grimper des grosses marches et nous faisons quelques pauses en route pour admirer la vue.

Capraia, la perception des distances est vraiment faussée quand on est à bord…

Coup de foudre pour cette ile, surtout pour Gizem qui dit même qu’elle aimerait bien y habiter plus tard.

Plein de fleurs partout, des ruelles pavées comme on aime, des fontaines, des gens super sympas, …

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La rue le long du port tout mignon dégage une sérénité envoutante. Mais on ne peut pas rester 1 jour de plus.

Vite vite

14 juillet 2018

On veut avoir au moins 1 jour pour faire Rome avant qu’elles repartent donc il faut se dépêcher. Pas le temps de s’arrêter à Elbe trop longtemps. On fait juste le plein, en oubliant au passage de baisser la grand voile.

Pierre fait une bonne action au passage en ramenant au port 2 personnes dont le moteur du dinghy (qui coute plus cher que notre bateau) est tombé en panne.

C’est reparti pour avaler les miles. On monte les voiles mais le vent n’est pas très constant. On arrive quand même à économiser de l’essence.

Quand le vent se cache, il fait tellement chaud qu’on se refroidit en se jetant des sauts d’eau de mer toutes les 10 minutes. Quand on ne sait pas se jeter dans l’eau, c’est l’eau qui vient à nous.

Quand il fait chaud et qu’il n’y a pas de vent, on se rafraîchit comme on peut.
Thank you, Christine and Peer, for this awesome gift !

On voit enfin la côte italienne : Piombino. Ca fait bizarre de voir cette ville de la mer. En 2015, on avait fait un road trip dans notre camping camion et étions passés par là en espérant trouver un spot de kite surf.

Photo de Piombino de 2015

La nuit arrive et il va falloir faire des quarts. On se décide sur 3h et on implique les filles qui feront leur quart ensemble avec toujours quelqu’un qui dort à coté.

Pas grand chose à faire, il n’y a ni vent ni vagues, et la route est assez droite. De temps en temps replacer la corde qui maintient la roue coincée, vu que le pilote auto est défaillant.

C’est trop calme… J’aime pas trop beaucoup ça… J’préfère quand c’est un peu trop plus moins calme.

Tout se passe bien, on ne croise personne, il y a juste un cargo qui nous dépasse très loin. Quand c’est mon tour de surveiller, Pierre me dit qu’on a quand même éviter la cata. Pendant le quart des filles, on est passé tout près d’un paquet d’îles qui ne s’affichent pas correctement sur la carte. Pas du tout leur faute, il fallait zoomer super fort pour les voir, il n’y a ni phare ni attention sur la carte, super dangereux !!! Remercions notre bonne étoile. Dorénavant, nous scannerons la carte centimètres par centimètres.

15 juillet 2018

Enfin nous arrivons à Rome ! Enfin à Fiumicino, où on s’ancre dans un port pas terminé, une eau peu profonde et une protection moyenne, ça serait parfait pour visiter Rome. Par contre l’eau est pire que la mer du nord…

Nous sommes dimanche et il nous faut absolument de l’eau, on est à sec et ce n’est pas qu’une métaphore. Le magasin le plus proche se trouve à 30 minutes à pieds, mais dans quel trou est-ce qu’on est.

On sympathise avec le patron du port de pêcheurs, et il nous permet d’accrocher le dinghy à un ponton.

Les bords de routes sont assez tristes à voir, plein de sacs poubelles et de detritus. On avait déjà constaté ça auparavant. On ne comprend pas trop comment sont organisés les services de propreté…

Tant pis si la vue du bateau est loin d’être idyllique, le but c’est quand même de voir Rome ! et c’est pour demain

16 juillet 2018

On se lève tôt et c’est parti pour visiter Rome… ou plutôt c’est parti pour le long voyage vers la capitale !

D’abord il faut marcher 40 minutes pour se faire dire que l’agence de locations ne proposent pas de scooter, du coup on attend le bus pendant 1h pour aller à l’aéroport, pour prendre un train pour arriver à la gare de Termini. On va dans une agence de location de scooter à proximité et voilà, fiou… Finalement un taxi aurait couté moins cher et aurait été plus rapide On prend 2 scooters 125 afin de pouvoir emprunter l’autoroute.

Bon j’avoue, je panique un peu car ils sont assez lourds et c’est un peu stressant d’avoir sa soeur à l’arrière. Pierre a bien l’habitude donc pas de problème pour lui.

On a choisi le scooter car en 2012, c’est loin, on avait fait Rome en amoureux et loué un petit 50 pour visiter la ville. On était en août, il faisait super beau, on arrivait à se parquer en face des monuments et aller dans les petites ruelles. On a vraiment vécu la dolce vita pendant quelques jours.

Photo de 2012, et pourtant on s est retrouvés avec les mêmes casques

Cette année, c’est un peu différent. Déja, être au volant, c’est une expérience différente pour moi. Mais surtout, certaines routes ont été modifiées pour qu’on ne puisse pas aller directement sur les places, il y a des panneaux qu’on a jamais vu ailleurs, on peut aller dans un sens mais seul les bus peuvent emprunter le sens opposé. Et il vaut mieux ne pas les rater car l’amande serait salé. La circulation est aussi très dense, mais bon, c’est le problème des grosses villes, on l’avait surement juste oublié.

Avant de visiter, on va manger une pizza dans un resto où on l’achète à la longueur, très drôle et pas mauvais.

Ensuite, on décide de visiter le Forum avant le Colisée. Il y a un peu de file. Comme en 2012, nous allons voir au point d’info touristique où se trouve la meilleure entrée et ils nous dirigent vers une entrée du Palatino.

Nous prenons bien sur le ticket Palatino Forum et Colisée compris.

C’est parti pour une jolie mais assez longue visite. A la fin, on doit même se dépêcher car on ne veut pas manquer le Colisée.

Ensuite, visite du fameux colisée, où nous évitons la grosse file grâce à notre astuce.

Il y a énormément de monde, c’est la queue pour faire une photo avec les sous-sols en arrière plan. On pensait pouvoir voir les autres étages qui sont depuis peu accessibles au public, mais il faut un guide réservé bien à l’avance. Dommage…

Même si nous l’avions déjà visité, c’est toujours impressionnant de marcher là où des personnes il y a des centaines d’années ont marchés, et regarder d’autres humains se faire déchiqueter par des lions,… charmant… et de se dire que ce bâtiment a survécu à la guerre et aux années.

Nos pieds souffrent du piétinement, nous nous asseyons sur quelques marches, qui semblent avoir une histoire particulière car plusieurs guides s’y arrêtent pour expliquer quelques choses dans toutes les langues du monde. Après notre moment sous les feux des projecteurs, nous repartons pour une autre expérience typique italienne, la glace.

De nouveau sur nos scooters, nous avançons entre les voitures jusqu’à proximité de la place de Trévi. Par chance, par hasard ou par la volonté du destin, nous atterrissons dans l’une des gelatéria les plus réputées de Rome, recommandée par la sœur de notre amie.

La place de Trévi est aussi belle que dans notre souvenir, et toujours aussi bondée. On n’échappe pas à la tradition, tout le monde jette une pièce, à l’exception de Pierre qui joue les photographes.

Tant qu’il fait encore jour, nous passons par la place d’Espagne pour contempler le soleil qui se couche derrière ses grands monuments. On les laissent monter quelques marches, nous l’avons fait la dernière fois et on nous y reprendra plus.

Il est déja temps de rentrer car le soleil se couche et le ciel se couvre. Ca sent la pluie arrivée… et c’est la grosse drache. On roule très lentement sur les routes mais ca ne derange personne car il n’y a pas vraiment de voiture. Peut-être était un mauvais signe. Quoi qu’il en soit, il ne nous est rien arrivé et nous sommes arrivés trempés à destination, après avoir fait une halte pour manger une pizza à 22h.

17 juillet 2018

Aujourd’hui le temps n’est pas terrible, il y a un peu de vent, et paniqués comme nous sommes, nous n’osons pas quitter le bateau. Après beaucoup d’hésitations, les filles décident de profiter de leur dernière journée de vacances en retournant à Rome. Malheureusement elles n’ont pas le permis, elles sont donc obligées de se re-farcir la randonnée de la veille.

Vers 20h, le vent s’est calmé, nous sommes content d’être restés sur le bateau car nous avons eu l’impression qu’il a un peu bougé. Nous rejoignons les filles pour qu’elles ne soient pas obligées de rentrer avec le dernier train.

Après un détour par ma place préférée, la place Navona, nous les retrouvons au bord du Tibre, où une lignée de petites échoppes sont installées dans le cadre d’un événement du style « Rome sur l’eau », comme il peut y avoir dans les capitales. Nous nous installons dans un bar à chicha, le plus près de l’eau que nous puissions admirez sa beauté féroce. Nous sommes pile en face d’une mini cascade, et les ballons abandonnés sont bousculés et secoués sans relâche. Il ne vaut mieux pas tomber la dedans.

Sur cette pensée le serveur, contourne la tente pour aller à l’autre bout par le rebord étroit.

Nous faisons un dernier tour nocturne de la capitale avant de rentrer sur le bateau. Au lever du jour, les filles sont sur la digue, l’entrée par le port étant condamnée à cause des vagues. Nous sommes de nouveau seuls sur le bateau.

Rocapina

On démarre assez tôt de la baie de Rondinara, histoire d’aller le plus loin possible avant la tombée de la nuit.

Rondinara

Le vent n’est pas très fort mais une fois les bouches de Bonifacio en vue, il monte juste assez pour sortir les voiles et avancer à une bonne allure. 8 noeuds de vitesse pour 10 noeuds de vent.

Quand nous arrivons en face de Bonifacio, nous avançons assez vite, les vagues viennent de dos, c’est super agréable.

Le vent continue à monter et à 30 minutes de la plage Roccapina, il y a des rafales à 30 noeuds, et les vagues grossissent. Nous descendons la voile de devant mais préférons garder la grand voile pour ne pas perdre de temps. Rappelons qu’elle a un ris naturel du faut de sa taille trop petite pour notre mat et que le wharram est sous toilé de base. Le bateau est un peu plus difficile à manoeuvrer mais nous avons confiance en Te fiti et il ne reste plus qu’à tourner pour s’abriter. Le moteur galère un peu à combattre les rafales mais nous tournons et descendons la grand voile. Le génois se fait prendre par le vent et est à deux doigts d’emporter le dinghy mais pas le temps de l’attacher, il faut vite jeter l’ancre. Il faudrait vraiment un enrouleur…

C’est une très grande baie et nous jetons l’ancre le plus rapidement possible dans 12 mètres d’eau car nous n’avons pas confiance en le moteur..

Juste après un méga yacht de la mort ( oui oui c’est comme ça qu’on les s’appelle) s’ancre juste devant nous.

Le vent monte à 30 noeuds constants avec des rafales à 45. On hésite à bouger pour se rapprocher de la côte mais il y a 5 bateaux et avec notre moteur on se dit que ce ne serait peut-être pas prudent si le vent y est aussi fort là-bas.

On se rend compte qu’un des catamarans est en fait Beluga, le bateau de Didier, rencontré à Porto Vecchio. C’est lui qui nous avait conseillé cette crique par beau temps et il fait actuellement du charter. On le voit justement revenir tranquille dans son gros dinghy, d’une promenade surement.

Il vient nous faire un bref coucou après avoir déposé ses invités à bord. On se dit que même si c’est un marin bien plus expérimenté que nous, il ne laisserait pas son bateau avec des rafales à 45. Il doit y avoir moins de vent pas là.

Après un temps d’hésitation, on se décide à bouger car on a l’impression que l’ancre recule très doucement à cause des à-coups.

Le moteur a beaucoup de difficulté à aller contre le vent mais après 2-3 ronds, on arrive enfin près de Didier et on constate qu’en effet il y a vraiment beaucoup moins de vent. Les rafales sont descendues à 15-20.

On peut même se permettre d’aller nager jusqu’à la plage. Roccapina est d’ailleurs incroyablement belle. Le sable blanc, les montagnes, les rochers.

Nous sommes assez étonnés de voir que Didier remonte l’ancre pour continuer son tour de Corse. Nous allons rester ici pour la nuit, en attendant que les vagues redescendent.

Ajaccio et les îles sanguinaires

Le lendemain, nous continuons notre ascension pour arriver quelques miles avant l’aéroport d’Ajaccio. On pose l’ancre à la Plage d’argent, à la limite de la zone interdite. Pourquoi avoir un catamaran si c’est pour s’ancrer à 1 kilomètre… Spectacle étonnant, des vaches sur la plage…

De loin, on aperçoit une cahutte et des paddles, si ce n’est pas trop cher, on essaye !! 1 h de paddle que l’on se partage, c’est vraiment pas mal.

On rencontre Mégane qui s’occupe de cette petite cabane et nous l’invitons sur le bateau. Elle nous raconte son histoire, et puis on la suit et on fait du snorkeling entre les posidonis et rochers de bords de plage.

Pierre : « Regarde ! Un poulpe ! Allons l’embeter. » (prise par Mégane)
Te fiti ( photo prise par Mégane)

Puis elle nous invite dans le resto de son camping pour un verre où sa voisine de terrain, Chloé, nous rejoints.

C’est vraiment l’une des choses qu’on préfère dans le voyage. Rencontrer des gens, découvrir leur histoire, s’inspirer. Cette soirée en était un bon exemple. C’est vraiment chouette de rencontrer des personnes de tous horizons, pas seulement des voileux, Ca n’arrive pas très souvent, car c’est difficile d’engager la conversation quand on visite des monuments et on passe peu de temps sur la plage.

un dîner typique sur le bateau

4 juillet 2018

Jour J, ma soeur Céline et sa copine arrive. On court, enfin on pédale pas avec notre vélo électrique pour aller faire quelque courses pour les recevoir ce soir. Demain on ira faire les grosses courses.

Je voulais aller les accueillir à l’aéroport, mais le bus en a décidé autrement et ne s’arrete pas. Elles arrivent 30 minutes plus tard alors que nous les attendions à une terrasse.

Première expérience pour elles du cul mouillé en montant dans le dinghy, pas la dernière c’est sur. Je vous vends du rêve n’est-ce pas …

Après un autre barbecue ( mais toujours sans poisson, merci Jacques <3) , elles vont faire un bain de minuit.. sans nous, on est pas fous…non on est juste trop frileux.

Le jour suivant, nous faisons les grosses courses et puis nous partons pour les iles sanguinaires.

Comme d’habitude, vent pile de face, on essaye de faire des bords histoire d’économiser l’essence qu’on vient juste d’acheter, mais on capitule en se rendant compte qu’il nous faudrait 3h pour faire 2 miles… Vive notre poisse !

Grosse déception, rien à voir avec des pirates, les iles tirent leur nom de la couleur des roches à la tombée de la nuit (ou bien du nom du golfe, ou d’une indication géographique, pour une explication plus claire, il y a wikipédia), ca tombe bien, on arrive juste à temps.

Une des îles sanguinaires

On regarde la météo, et bien qu’on ai pris l’habitude de le faire 2 fois par jour, on se rend compte qu’une méchante tempête au nord causera l’arrivée de grosses vagues le lendemain. On prend donc la décision de naviguer de nuit pour trouver un endroit plus ou moins abrité. Sinon il faut faire demi tour et se cacher à Ajaccio, et comme on a pas toute l’année, ce n’est pas envisageable.

Sagone

Petite virée tranquille, tout se passe bien jusqu’à la baie de Sagone. On est content d’arrivée, on a hate de dormir mais il faut d’abord jouer au slalom dans ce parking a bateau. C’était pas noté ca. On avance à 2 à l’heure ( 2 mètres ne vous emballez pas) car aucun bateau n’a de lumières, et qu’on rencontre une bouée de temps en temps. Notre moteur n’apprécierai pas trop.

Finalement on trouve une place, on recommence plusieurs fois la manœuvre car on n’est pas sur des distances.

En se levant quelques heures plus tard, on constate le nombre de bateau autour et on se demande vraiment comment on a fait. Un pro des créneaux ce doudou.

Les vagues ont commencé à monter et les rouleaux sont énormes en bords de plage. On a pas trop envie d’aller à terre. Mais c’est un jour de match et en plus Gizem, la copine, doit aller chez le médecin.

Ce qui devait arriver, arriva… Nous sommes trempés. Mais ce n’est rien il fait très beau.

Après un tour chez le médecin et à la pharmacie, nous croisons par hasard un patron de bar. Nous cherchions justement un bar avec écran pou regarder les matchs.

Entre les deux matchs, nous retournons au bateau pour se mettre en tenue et on mange une très bonne pizza pendant que l’équipe belge écrase celle du Brésil.

Galeria

7 juillet 2018

Pour ne pas perdre de temps, on démarre le matin, afin de faire un maximum de miles, malgré les vagues assez inconfortables. Le bateau se comporte bien mais les filles sont un peu malades.

Un conseil qu’on nous a donné par la suite pour mieux prendre le sturgeron, notre médicament miracle (bon là il n’a pas fonctionné du coup), c’est de le laisser fondre sous la langue plutôt que de l’avaler, pour ne pas irriter un estomac déjà secoué.

On s’arrête pour la nuit à Galéria, où on ne peut en fait pas jeter l’ancre à cause d’une loi passée pour les fonds. Le principe est tout à fait génial et respectable. Mais bien sur le résultat est qu’ils ont installés des bouées partout et qu’ils les louent super chers… Je veux pas qu’il faut rembourser la pose ,mais bon,… notre but, c’est de vivre avec le minimum alors payer plus cher qu’une nuit d’hotel pour juste accrocher le bateau ça fait mal…

Galéria
Les côtes corses

Calvi

8 juillet 2018

Jour suivant, ville suivante. Calvi. Pareil que pour trop d’endroits en corse, les mouillages à proximité des villes sont inaccessibles à cause de bouées.

On arrive en plein « festival » de plage. Une musique techno est jouée assez fort,… ca y est, on est vieux c’est officiel.

L’eau est turquoise et transparente et on y aperçoit un crabe et une sole en faisant du snorkeling.

Après cette interlude rafraîchissant, nous partons pour visiter la ville. Elle n’est pas tout prêt, on passe bien 20 minutes dans le dinghy, heureusement le moteur marche !

Le soir, nous allons sur la plage en espérant trouver de la musique pour les filles mais tout est fermé. Très étrange comme concept. Au loin, on entend un gros concert. On trouve un kicker et, par chance, on a pris des boissons. Les soirées improvisées sont les meilleurs, on finit même par faire un bain de minuit. L’eau est vraiment bonne cette fois.

L’Ile Rousse

9 juillet 2018

Visiblement on est très mauvais en math car on avait pas très bien mesuré la taille de la Corse. Arrêt necessaire pour refaire le plein, et quelques courses dans la ville nommée l’Ile Rousse. On a pas le droit de rester à l’ancre entre les bouées donc après le plein en dinghy (impossible d’y aller en bateau, heureusement qu’on a pas osé tester), on laisse les filles aller faire les courses et on déplace le bateau.

Là on rencontre un voisin qui fait quelques brasses. De fil en aiguille, on le rejoint dans l’eau et on discute. Bien sur, on l’invite à venir manger ce soir, ainsi que son co-capitaine. Leur cata était très spécial et ils nous partagent leur histoires de traversée,… notamment une journée dans le détroit de Gibraltar ou des vagues de 15 mètres sont apparues soudainement. Ils ont du surfer d’une manière spéciale. Ils nous donnent aussi de précieux conseils notamment sur les voiles. Céline et gizem peuvent pas la même occasion gouter le fromage corse. On se demande si Marco et Georges, sur leur cata sur mesure Bluenote ne sont pas des navigateurs connus, on ne saura jamais.

Saleccia et Saint Florent

10 juillet 2018

Départ assez tôt pour la ville de Saint Florent, en faisant une petite halte dans la plage paradisiaque de Saleccia.

On en a vu des plages magnifiques en Corse, mais celle là est vraiment incroyable. Uniquement accessible en bateau (il y a d’ailleurs des bateaux touristiques qui déposent les carpettes le matin et les reprend le soir), le sable y est blanc et l’eau cristalline dont les reflets brillent avec le soleil. Pas de poisson mais la vue suffit à nous émerveiller. Je n’ai pas de photo, j’ai du oublier ou les perdre avec le téléphone, alors je met le lien vers les photos de Google pour les souvenirs.

Après ce bain de mer et de soleil, on fonce à toute allure vers Saint Florent histoire d’être à l’heure pour le match France-Belgique. On va pas se mentir, la Corse c’est pas le meilleur endroit pour regarder ce match là, surtout quand on connait l’issue, mais bon.

On ressort nos déguisements et on essaye de trouver un bar. C’est bien plus périlleux que la fois précédente mais on finit par se poser chez un glacier où on est pratiquement seul. Les gens sont supers sympas, on fait même des photos ensemble. On est peut-être sur leur mur du ridicule maintenant qui sait.

11 juillet 2018

Nous restons encore là car il y a une tempête plus loin et nous avons demandé à un mécanicien de venir arranger le moteur qui a des problèmes de puissance.

Il arrive en bateau à moteur, démonte le mercury avec l’aide de Pierre, en faisant tomber au passage une pièce que Pierre a été rechercher. Il emmene ensuite le carburateur pour le nettoyer chez lui. Nous laissant à la mercie de la méteo.

En plus le mouillage se trouve pile dans une zone de jeux d’eau et un type qui traine une bouée prend un malin plaisir à passer entre les bateaux. Nos nerfs sont mis à rude épreuve…

12 juillet 2018

Le mécanicien qui était supposé venir le matin, arrive à 3h, pose le carburateur, vérifie que le moteur redémarre, et repart. On dirait preque qu’il fuit. Même pas le temps de replacer le moteur. Bon, … pas une très bonne impression pour le coup.

Pour ne pas perdre une journée de plus, on décide de partir directement après, pour une navigation de nuit vers l’île italienne de Capraia

Finalement pas un pet de vent cette nuit. Un orage au loin nous fait un peu paniquer, surtout qu’on ne voit rien sur les applications de météo mais on ne le ressent pas. On fait des petits quarts et on décide au moment de passer le cap de passer la nuit juste après le cap Corse, et de profiter du vent du lendemain. Dernier dodo dans la crique juste après les iles Finocchiarola


Ce qu’on a retenu de la Corse, c’est qu’elle porte très bien son nom.

Les paysages sont incroyablement beaux, les gens sont très gentils et leur accent est très dur à imiter. La météo est hyper capricieuse et les applications ne sont jamais correctes. La vie est un peu cher et augmente en été. En résumé, on a vraiment adoré

La corse, île de beauté, île bipolaire

30 mail 2018

Nous voici donc arrivé à Bonifacio, le bateau bien amarré aux rochers, en train de chercher la voiture de Carole, l’amie de Jacques qui nous a invité à manger chez elle.

Mouillage à Bonifacio
Pierre, pas content d’être mouillé
Bonifacio

Avec notre gros sac de lessive bien voyant, nous faisons un peu tache dans cette ville visiblement aisée à en croire les dizaines de mega-yachts à quai. Nous rencontrons Carole qui nous permet de prendre une douche avant le soir – 2 vrais douches en une semaine, on vit dans le luxe…

Puis nous allons faire quelques emplettes pour ne pas arriver les mains vides. Nous nous rendons vite compte que le coût de la vie n’est plus le même qu(en Espagne. Nous achetons une tomme de brebis et du vin Corse et partons pour le dîner. Nous arrivons pile à l’heure malgré une adresse approximative… (après le rond point, tu roules jusqu’à un resto,…  nous avons bien ri).

Là, nous rencontrons des personnages tout à fait attachants tel qu’un conseiller municipal – vigneron qui veut nous marier. Dommage que nos familles n’ait pas été là, car il a failli nous convaincre avec son lieu de cérémonie… Il y a aussi un boucher qui nous a fait goûter de très bons morceaux de viande, accompagné de sa femme, corse de souche qui a partagé avec nous quelques bouts d’histoire. Et puis Carole, ses gentils parents en vacances et son voisin qui nous a raconté ses expériences en mer.

Nous passons une super soirée à manger de la viande, boire du champagne, manger une salade, boire du rosé, manger du fromage, boire du vin rouge, manger des desserts corses, boire du café, manger une glace, boire de la myrte… je crois que vous avez saisi le concept.

Nous ne dormirons pas au bateau cette nuit, une chance que nous soyons bien attaché.

31 mai 2018

Le lendemain, Jacques nous dépose au bateau pour que nous nous rapprochions de Porto Vecchio. Les cotes corses sont vraiment superbes, si on aime les rochiers et la verdure bien sur… nous ça nous émerveille. Une plage déserte par ci par là, ça fait vraiment rêver. Pas étonnant que Bonifacio soit rempli de bateaux à touristes.

Le vent n’est pas exceptionnel, mais nous arrivons à faire le plus gros à la voile, en se faisant dépasser par quelques bateaux à moteurs qui ne ralentissent pas et nous font des grosses vagues.

(SPOILER ALERT : ça arrivera souvent à partir de là, tout comme le jeté de main en l’air de Pierre et moi, suivit d’une insulte quelconque, vous avez l’image?)

Les gentils bateaux à moteurs…

Porto Vecchio

Nous parvenons sans encombre dans la baie de Porto Vecchio où nous trouvons un mouillage grâce à Navily, application où les utilisateurs ajoutent des points d’ancrage (similaire à Park4Night pour les camping-caristes qui connaissent).

Baie de Porto Vecchio, vue du Bélvédère

Déjà quelques bateaux sont ancré, quelques autres sur des bouées. Nous n’osons pas en prendre une, nous ne savons pas si elles sont payantes.

2-4 juin 2018

Les jours suivants, nous faisons quelques réparations sur le bateau, beaucoup de rangement. Nous faisons une sortie avec Carole dans la jolie baie de saint Cyprien (San Ciprianu), à seulement quelques miles de notre mouillage. Nous y découvrons une eau turquoise et transparente, loin de la couleur « mer du nord » de la baie de Porto Vecchio. Dommage qu’elle soit encore trop froide, nous aurions bien fait un petit plongeon. En revenant, nous nous accrochons à la bouée, car un petit coup de vent est annoncé.

cof

Un autre jour, elle nous rejoindra pour un petit apéro pour montrer le bateau à ses parents qui garderons un souvenir ineffaçable de leur courte virée en dinghy.

Pierre va aider 2 femmes à fixer une vitre sur leur bateau et ils discutent au passage de la bouée. Elles disent qu’elles ne savent pas qui gère ça. Retenez ça, c’est important pour la suite…

5-10 juin 2018

Je dois retourner en Belgique pour de l’administratif. Pierre et Jacquouille se retrouvent seuls et font quelques travaux chez des clients de Carole.

Un matin, Pierre se fait reveiller par un homme qui lui demande de bouger le bateau car la bouée appartient à une association pour handicapés et leur bateau peut arriver à tout moment. Ça parait un peu bizarre comme histoire, mais il s’exécute et jette l’ancre un peu plus loin. Un peu plus tard dans la journée, les 2 femmes, qui étaient parties faire un tour, s’attachent à la bouée. Pierre  va gentiment les prévenir que quelqu’un est passé lui dire que cette bouée était réservée et que lui répondent ces femmes ? :  » Nous faisons parties de cette association et on nous a autorisé à nous attacher »… Louche non… D’autant plus qu’elles ont quitté leur bateau par la suite. Pas pratique si ce bateau devait arriver à tout moment… Le karma se chargera d’elles.

11 juin 2018

Je reviens enfin sur le bateau en compagnie de mes parents.

Pierre ayant trouvé le matin même un dinghy à vendre dans le nord de la corse, nous partons le chercher pour éviter que mes parents n’aient à subir notre petit dinghy qui se dégonfle et qui prend l’eau.

Après avoir apprécié les paysages depuis la fenêtre, fait la rencontre du gentil monsieur qui nous le vendait et qui nous a offert un petit verre, et apprécié la Corse dans le sens inverse, nous arrivons au moment fatidique de gonfler l’annexe et de faire monter tout le monde sur le bateau.

Pierre monte et gonfle Gold sans trop de peine, et nous nous asseyons sur ce nouveau destrier, bien plus solide et bien plus grand. Derrière nous, notre ancien dinghy que l’on traîne avec nos valises.

Ce soir, ce sera barbecue sur le bateau.

12  juin 2018

Pour bien débuter leurs vacances, nous faisons une visite de Porto Vecchio, courte car c’est une petite ville en fait. Là nous avons découvert une église très particulière. L’intérieur est tapissé de trompes l’œil.

Nous montons sur le belvédère pour avoir un panorama de la baie et s’assurer que notre bateau est toujours au même endroit

Pas de chance pour mes parents, la météo de la Corse est très capricieuse.  Nous devons resté dans la baie deux jours à cause d’orage et de vents forts. Même si des petites vagues déplaisantes se forment, le bateau ne bouge pas.

13 juin 2018

Pour l’anniversaire de ma maman, nous allons dans un restaurant de spécialités qui propose un concert de chants corses. Un peu cliché mais intéressant pour découvrir la gastronomie de la région. Le groupe est super doué et nous avons une visite inattendue… Carole nous avait déjà parlé des sangliers qui se promenaient près de chez elle mais nous ne pensions pas en voir. On apprend que le resto leur donnent à manger. Un peu étrange quand on sait que dans nos assiettes se trouvent leur frères et sœurs.

14 juin 2018

Bonifacio

Comme nous n’avons pas beaucoup de temps et plus trop envie de retenter l’expérience de s’attacher aux rochers, nous allons visiter Bonifacio en voiture.

Cette ville fortifiée, visible depuis le large, est construite sur les falaises. Assez impressionnant. Malgré les touristes nombreux, nous apprécions beaucoup ces petites ruelles et ces maisons couleur sable. Et les vues sur les falaises sont magnifiques.

15 juillet 2018

Démarrage du moteur, relevage de l’ancre, et c’est parti pour 2 jours de visite de criques. Ça aurait été dommage de ne pas pouvoir sortir.

Premier arrêt pas très loin, sur l’île de maestro maria. Les fonds sont peu profonds et l’eau est incroyablement transparente et turquoise.

Te fiti et sa corne

Le bateau voisin nous fait un peu peur en parlant de hauts fonds et comme le vent doit monter un peu, nous décidons de nous diriger vers la crique d’en face, Capu di Acciaju, où nous voyons un voilier sur une bouée.

Après avoir jeté l’ancre, Pierre va faire un petit coucou à ce voisin, et l’invite pour manger le soir. C’est comme ça dans le monde de la navigation, on a l’apéro facile.

L’eau est tellement belle que je me décide à faire le premier saut de la saison.

Le soir, nous accueillons Julien pour un petit dîner et puis nous partons boire un digestif sur son bateau tout beau tout neuf.

Après une nuit un peu roulante, nous partons sur les conseils de Julien, pour une crique à 30 minutes, où il y aurait une source.

Nous avons cherché un petit temps, mais jamais nous ne l’avons trouvé.

Mais la vue depuis le haut de la colline valait le détour et être seule sur une plage de sable fin c’est une sensation terrible.

Après  un saut dans l’eau et quelques poissons qui nous frôlent les pieds, nous repartons pour voir les iles Lavezzi. En fait, c’est plutôt pour apercevoir car la météo monte tout d’un coup et nous ne voulons pas prendre le risque que la météo se dégrade plus, surtout avec les fonds peu profonds. Nous nous dirigeons plutôt vers une grosse crique bien protégée en face. Mais pendant cette petite heure, l’attache du génois arrache le bois et la balustrade dans son passage. Rien de très grave, mais bien pénible.

17 juin 2018

Le lendemain nous repartons pour Porto Vecchio à notre aise, en insultant au passage les bateaux à moteurs qui nous cassent une assiette. Et c’est déjà le dernier jour pour mes parents. Mais les visites ne sont pas finis, car l’avion qui les ramènera en Belgique, déposera la soeur de Pierre par la même occasion. Je ne me rappelle plus des dates exactes mais nous rencontrons aussi Didier, propriétaire d’un superbe Fontaine Pageot de plus de 50 pieds, Beluga, ainsi qu’un autre Pierre et Christel, à bord de leur voilier Antika. Tous les 3 font du charter et nous donnerons de précieux conseils de navigation, réparation et itinéraire.

cof

La météo n’est décidément pas notre alliée en ce mois de juin. Orages, journée à 30 noeuds,… pas les meilleurs conditions pour une visite de Corse. Nous finissons par refaire les mêmes coins que la semaine précédente mais ce n’est rien car on ne se lasse pas de cette eau transparente et de ces paysages verdoyants.

Nous sommes retournés à la plage de Julien et celle où nous n’avions pas trouvé de source. Là nous avons rencontré une charmante famille qui avait loué un gros dinghy. Nous croisons aussi Pierre, d’Antika (faut préciser car visiblement, 2 hommes sur 3 que nous rencontrons portent ce nom ou presque), qui skippe également sur ce genre de bateau.

cof

On peut résumer la semaine à baignade, snorkeling, cocktails, rencontres, salade de boubou et météo capricieuse…

Petite mésaventure dont nous nous rappèlerons,… avec Jacquouille( qui n’est pas dans une période très chanceuse) nous voulons visiter une crique qui semble être une des plus belles de ce coté de l’ile, en tout cas, les photos font rêver. Il s’agit de la plage quelques miles après celle de Saint Cyprien, la plage Pinarello, un peu couverte en cette journée. Et là, problème, le bateau freine et se coince sur une posidonie. On pensait l’éviter en regardant la carte mais apparement il a bien grossi depuis la dernière mis à jour ou bien n’avait pas été encodé correctement.

Le bateau est seulement posé, et pourtant impossible de le bouger avec notre moteur. Pierre essaye de le pousser depuis le sol pendant que l’on se met tous sur le coté opposé, mais rien y fait. Heureusement, il y a un bateau à moteur un peu plus loin qui accepte de nous aider, à distance, car sa coque est plus profonde que la notre. Après quelques minutes à galérer à amener une corde de leur coté, nous réussissons à nous décoincer de cette posidonie.

Le ciel gris est menaçant et nous nous abritons le temps de manger dans un creux de la crique. Et puis nous repartons sans encombre.

Marine repart et nous avons quatre jours seulement pour faire des lessives et arriver à Ajaccio ou ma soeur et une amie à elles vont atterrir… Ca n’arrete pas…

Nous partons le jour du match France – Algérie… Il n’y a tellement pas de vent, qu’on peut même le regarder en naviguant. Vu notre vitesse incroyablement lente, on a sorti la canne à pêche en se disant que même un poisson sans nageoire pourrait mordre… mais c’est sans compter Jacques qui passe en bateau et coupe la ligne… oui oui jacquouille, si tu lis ça, tu nous a coulé notre super hameçon… pas de poisson pour nous, ca fait juste 3 mois qu’on rêve de poisson au barbecue…

Comme il est déja tard et que nous n’avançons toujours pas, nous décidons de nous arrêter plus tôt que prévu, dans la baie de Rondinara. Eau encore plus turquoise que sur les autres plages ( est ce que c’est seulement possible ?) , chants de criquets sur la plage, et poissons qui tournent autour des posidonies. Point négatif, il y a pas mal de bateau mais Te fiti se fraye un chemin et notre audace et petit tirant d’eau nous permet de nous mettre un peu à l’écart.

Demain nous passerons à coté de Bonifacio pour aller du coté ouest de l’île

Cette traversée de ~ 240 miles est la plus grosse traversée que nous ayons fait jusque-là. C’est aussi l’une des plus grosses traversées que l’on peut faire en méditerranée. Nous avions une petite appréhension car cela représentent quelques jours en mer sans réseau.

Je reviens à Minorque le 24 mai et retrouve Pierre et Jacques qui va nous aider. J’amène avec moi une nouvelle girouette que Jacques monte directement. Je découvre aussi que le pilote automatique est réparé. Ouf ! Sans ces 2 choses-là, la traversée allait être moins drôle.

La météo nous annonce une bonne fenêtre de vent pour les 5 prochains jours, à partir du lendemain, par contre le vent ne nous poussera pas. Jacques nous explique qu’il est très rare d’avoir ce genre de vent et qu’il faut donc profiter de cette semaine de mer tranquille et de vents cléments.

1er jour

Nous partons donc le lendemain 25 mai de la baie de Mao vers midi, car c’était l’heure ou le vent se levait.

En sortant de notre mouillage, nous découvrons de petites vagues venant de face. Bon… la météo s’est encore trompée. Il va falloir nous y habituer, ça semble récurrent… Nous prenons le bon cap, le vent vient pile de face, nous devons donc tirer des bords.

Nous jetons la ligne de pêche à la mer. Un flotteur remontera à la surface pour nous avertir si quelque chose a mordu. Croisons les doigts.

Nous essayons de calculer le juste milieu entre cap et vitesse. Les vagues ont un peu grossis 1,50, certaines à 2m, rien de dangereux, quelques gerbes d’eau nettoient l’avant du bateau, celui-ci se comporte très bien. Mais ça bouge un peu, si bien que je suis nauséeuse. Pas de chance… je vais avoir un peu de mal à faire des quarts cette nuit. Heureusement que Jacquouille est là pour aider Pierre. Le pilote tient donc ils peuvent en profiter pour boire un petit verre.

Quelques heures plus tard, Pierre vient me réveiller en criant : « DAUPHINS ! ». J’oublie subitement mon mal de mer et cours près des filets en n’oubliant pas d’attraper mon appareil photo au passage. Il y en a partout ! Sans connaitre exactement leur nombre, nous pensons qu’il y en avait au moins une trentaine.

Même après en avoir vu plusieurs fois, nous sommes toujours émerveillés par le spectacle qu’ils nous offrent. C’était d’autant plus impressionnant avec les vagues. Et la cerise sur le gâteau, c’est de savoir (enfin de croire) qu’ils venaient pour nager avec nous car cette fois-ci, ils ne pouvaient pas nous prendre pour un bateau de pêcheur, puisque nous étions à la voile. C’est peut-être une théorie stupide, mais c’est plus chouette de penser comme ça.

Après ce magnifique moment, je retourne dormir difficilement car les vagues qui tapent contre la coque font des bruits perturbants.

Les premiers quarts se passent bien pour nos deux hommes malgré l’absence de vent et sa direction toujours pourrie. Les vagues ont un peu diminués, mais pas assez pour décider de mettre le moteur sans paniquer. En plus, nous n’avons pas assez d’essence pour faire tout le voyage au moteur. Il faut donc avancer lentement, mais surement.

Et là, le pilote décide de faire grève, il ne veut plus tenir. Quel dommage, il n’aura marché que quelques heures… Cette traversée risque de nous paraitre plus longue…

Cette première nuit prend fin, nous avons parcouru approximativement 90 miles.

2 ème jour

Nous décidons de faire dévier le cap vers la Sardaigne car la météo annonçait un vent contraire de 25 nœuds dans les bouches de Bonifacio le lundi, nous n’avancerions pas. Cela nous rajoute quelques miles, mais c’est pour le mieux. Seulement, petit problème… le vent baisse encore, et vient encore plus dans notre nez, à croire qu’il se joue de nous… Nous continuons à faire des bords… pas le choix… Mais pour avancer à une allure correcte, il faut faire des bords carrés, ce qui veut dire, ne pas progresser beaucoup sur la distance qui nous sépare de notre destination. Ce deuxième jour sera un peu inutile, si bien que la nuit, nous décidons d’allumer le moteur. Toutes les 2 heures, nous réessayons de monter les voiles pour nous faire gagner 1 nœuds, mais le vent est tellement faible qu’elles faseyent.

Nous n’avons que de 40 miles vers la Sardaigne. Pas terrible….  Mais nous avons encore vu des dauphins ! Ça nous remonte le moral. Nous avons aussi vu des jets d’eau très loin sur l’horizon. Surement une très grosse baleine.

3 ème jour

…et dernier jour, sans connexion. Le vent ne veut toujours pas se lever, nous faisons le même cinéma que cette nuit. Nous n’avons plus beaucoup d’essence donc nous n’avançons pas… Mais au petit matin, nous apercevons enfin la terre. Incroyable et bizarre sensation à la fois, qu’est-ce que ça doit être après une transatlantique.

Une tortue à moitié endormie passe à côté de nous, un casque de chantier, du plastique, encore du plastique… Quelle tristesse. Une heure avant d’atteindre les côtes, nous remontons la ligne de pêche. Toujours pas de poissons… et on comprend pourquoi ! L’hameçon au bout de la cuillère a disparu. Simplement détaché ou arraché par un poisson, nous ne saurons jamais… mais ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas encore pour aujourd’hui le poisson au barbecue…

Plus que quelques miles avant l’arrivée, et plus que quelques litres d’essence aussi. Tant pis pour le temps perdu, nous arrêtons le moteur. Il faut quand même que nous gardions de l’essence pour le mouillage.

Après 52 heures en mer, nous entrons dans une jolie baie au nord-ouest et nous jetons l’ancre. Il reste à peine 1 ou 2 litres dans notre bidon. Il y a un port juste à côté, il faut maintenant espérer qu’il y ait une pompe et qu’elle propose de l’essence.

Mais pour l’heure, c’est dodo ! 2 nuits de quarts (bon une pour moi, ok !), c’est éprouvant…

4 ème jour

Le lendemain, nous chargeons les bidons dans le dinghy et partons à la recherche de la pompe. Après avoir mal interprété les infos d’un italien, nous rencontrons un français qui nous renseigne. Et après avoir fait le plein pour un montant exorbitant… on voit bien qu’on a quitté l’Espagne… il nous rejoint pour nous aider à transporter tous ces bidons. Et nous cherchons sa femme sur le chemin pour un petit tour du bateau. C’est marrant comme nous rencontrons plein de gens curieux de voir un wharram en vrai. Très gentil couple, ils nous invitent ensuite à monter sur leur voilier et gouter un petit vin local accompagné d’un morceau de fromage. Nous sommes assez surpris quand ils nous disent qu’ils n’ont pas aimé la Corse. Sans tout à fait nous dire pourquoi, ils nous disent plusieurs fois qu’il faut rester en Sardaigne. Mais nous ne pouvons pas, nous devons être en Corse pour le 30 car nous avons un dîner de prévu. D’ailleurs ça se rapproche.

Nous avions prévu de partir directement mais une grosse drache (comme en Belgique), suivi d’un orage nous est tombé dessus. Nous avons donc reporté ça au lendemain.

5 ème jour

Nous sommes maintenant le 29 et il nous reste 100 miles à parcourir pour arriver à Porto Vecchio. C’est faisable… si la mer est calme. Mais elle nous oblige à nous arrêter dans un port. Chose que nous n’avions plus fait depuis… Carthagène. Pas grave, nous avons droit à une vraie douche… chose que nous n’avons pas fait depuis… non je rigole.

6 ème jour

Vers 2h du matin, les vagues se calment et nous repartons. Mais le vent n’étant toujours pas avec nous (qu’est qu’on a bien pu te faire), nous n’atteindrons pas Porto Vecchio aujourd’hui. Nous nous arrêterons à Bonifacio.

Vers 7h du matin, je relève Jacquouille et prend la barre. La grand-voile est montée mais vu le non-vent, elle fait office de décoration. Mais au moins, nous serons prêts s’il y a 10 minutes de vent. Le soleil tape déjà fort donc je m’assois dans l’ombre de la voile, une main sur le gouvernail. Toutes les dix minutes, je me relève pour faire un tour d’horizon. Personne.

Jusqu’à ce qu’il soit 9-10h. Au moment de jeter un coup d’œil aux alentours, je vois un bateau à moteur noir qui se dirige à tout allure dans notre direction. Il ne dévie pas de sa course. C’est donc bien la douane qui va nous accoster. Désolé les gars, il faut vous réveiller. On descend vite la grand-voile, même pas le temps de se mettre face aux vent. On installe les défenses et ils s’amarrent. A l’abordage ! Ah non… Ils nous demandent nos papiers et font un tour très rapide du bateau. On est un peu soulagé car Jacques nous avait raconter que ceux qui l’avaient contrôlé avaient tout retourné. Faut dire qu’après 3 jours de nav, il n’y avait plus grand-chose à retourner chez nous.

Ils restent bien 45 minutes à faire des recherches dans leur bateau avec nos documents d’identité en main. Et puis ils s’en vont. Aussi rapidement qu’ils sont venus. Et nous reprenons notre route.

Nous arrivons vers 16h à Bonifacio dans une crique ou il faut s’attacher au rocher. Une première pour nous. Et surement une dernière, c’est trop de chipotage. Pierre a dû se tremper jusqu’au cou pour nous passer les cordes. Mais l’avantage, c’est que nous pouvons quitter le bateau l’esprit tranquille, et les mains pleines de sacs de lessive.

Cette traversée a été plutôt positive, pas de gros problèmes, de méchantes météo. Nous avons vu tous les jours des dauphins. Mais nous regrettons d’avoir dû consommer autant d’essence.