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Cette traversée de ~ 240 miles est la plus grosse traversée que nous ayons fait jusque-là. C’est aussi l’une des plus grosses traversées que l’on peut faire en méditerranée. Nous avions une petite appréhension car cela représentent quelques jours en mer sans réseau.

Je reviens à Minorque le 24 mai et retrouve Pierre et Jacques qui va nous aider. J’amène avec moi une nouvelle girouette que Jacques monte directement. Je découvre aussi que le pilote automatique est réparé. Ouf ! Sans ces 2 choses-là, la traversée allait être moins drôle.

La météo nous annonce une bonne fenêtre de vent pour les 5 prochains jours, à partir du lendemain, par contre le vent ne nous poussera pas. Jacques nous explique qu’il est très rare d’avoir ce genre de vent et qu’il faut donc profiter de cette semaine de mer tranquille et de vents cléments.

1er jour

Nous partons donc le lendemain 25 mai de la baie de Mao vers midi, car c’était l’heure ou le vent se levait.

En sortant de notre mouillage, nous découvrons de petites vagues venant de face. Bon… la météo s’est encore trompée. Il va falloir nous y habituer, ça semble récurrent… Nous prenons le bon cap, le vent vient pile de face, nous devons donc tirer des bords.

Nous jetons la ligne de pêche à la mer. Un flotteur remontera à la surface pour nous avertir si quelque chose a mordu. Croisons les doigts.

Nous essayons de calculer le juste milieu entre cap et vitesse. Les vagues ont un peu grossis 1,50, certaines à 2m, rien de dangereux, quelques gerbes d’eau nettoient l’avant du bateau, celui-ci se comporte très bien. Mais ça bouge un peu, si bien que je suis nauséeuse. Pas de chance… je vais avoir un peu de mal à faire des quarts cette nuit. Heureusement que Jacquouille est là pour aider Pierre. Le pilote tient donc ils peuvent en profiter pour boire un petit verre.

Quelques heures plus tard, Pierre vient me réveiller en criant : « DAUPHINS ! ». J’oublie subitement mon mal de mer et cours près des filets en n’oubliant pas d’attraper mon appareil photo au passage. Il y en a partout ! Sans connaitre exactement leur nombre, nous pensons qu’il y en avait au moins une trentaine.

Même après en avoir vu plusieurs fois, nous sommes toujours émerveillés par le spectacle qu’ils nous offrent. C’était d’autant plus impressionnant avec les vagues. Et la cerise sur le gâteau, c’est de savoir (enfin de croire) qu’ils venaient pour nager avec nous car cette fois-ci, ils ne pouvaient pas nous prendre pour un bateau de pêcheur, puisque nous étions à la voile. C’est peut-être une théorie stupide, mais c’est plus chouette de penser comme ça.

Après ce magnifique moment, je retourne dormir difficilement car les vagues qui tapent contre la coque font des bruits perturbants.

Les premiers quarts se passent bien pour nos deux hommes malgré l’absence de vent et sa direction toujours pourrie. Les vagues ont un peu diminués, mais pas assez pour décider de mettre le moteur sans paniquer. En plus, nous n’avons pas assez d’essence pour faire tout le voyage au moteur. Il faut donc avancer lentement, mais surement.

Et là, le pilote décide de faire grève, il ne veut plus tenir. Quel dommage, il n’aura marché que quelques heures… Cette traversée risque de nous paraitre plus longue…

Cette première nuit prend fin, nous avons parcouru approximativement 90 miles.

2 ème jour

Nous décidons de faire dévier le cap vers la Sardaigne car la météo annonçait un vent contraire de 25 nœuds dans les bouches de Bonifacio le lundi, nous n’avancerions pas. Cela nous rajoute quelques miles, mais c’est pour le mieux. Seulement, petit problème… le vent baisse encore, et vient encore plus dans notre nez, à croire qu’il se joue de nous… Nous continuons à faire des bords… pas le choix… Mais pour avancer à une allure correcte, il faut faire des bords carrés, ce qui veut dire, ne pas progresser beaucoup sur la distance qui nous sépare de notre destination. Ce deuxième jour sera un peu inutile, si bien que la nuit, nous décidons d’allumer le moteur. Toutes les 2 heures, nous réessayons de monter les voiles pour nous faire gagner 1 nœuds, mais le vent est tellement faible qu’elles faseyent.

Nous n’avons que de 40 miles vers la Sardaigne. Pas terrible….  Mais nous avons encore vu des dauphins ! Ça nous remonte le moral. Nous avons aussi vu des jets d’eau très loin sur l’horizon. Surement une très grosse baleine.

3 ème jour

…et dernier jour, sans connexion. Le vent ne veut toujours pas se lever, nous faisons le même cinéma que cette nuit. Nous n’avons plus beaucoup d’essence donc nous n’avançons pas… Mais au petit matin, nous apercevons enfin la terre. Incroyable et bizarre sensation à la fois, qu’est-ce que ça doit être après une transatlantique.

Une tortue à moitié endormie passe à côté de nous, un casque de chantier, du plastique, encore du plastique… Quelle tristesse. Une heure avant d’atteindre les côtes, nous remontons la ligne de pêche. Toujours pas de poissons… et on comprend pourquoi ! L’hameçon au bout de la cuillère a disparu. Simplement détaché ou arraché par un poisson, nous ne saurons jamais… mais ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas encore pour aujourd’hui le poisson au barbecue…

Plus que quelques miles avant l’arrivée, et plus que quelques litres d’essence aussi. Tant pis pour le temps perdu, nous arrêtons le moteur. Il faut quand même que nous gardions de l’essence pour le mouillage.

Après 52 heures en mer, nous entrons dans une jolie baie au nord-ouest et nous jetons l’ancre. Il reste à peine 1 ou 2 litres dans notre bidon. Il y a un port juste à côté, il faut maintenant espérer qu’il y ait une pompe et qu’elle propose de l’essence.

Mais pour l’heure, c’est dodo ! 2 nuits de quarts (bon une pour moi, ok !), c’est éprouvant…

4 ème jour

Le lendemain, nous chargeons les bidons dans le dinghy et partons à la recherche de la pompe. Après avoir mal interprété les infos d’un italien, nous rencontrons un français qui nous renseigne. Et après avoir fait le plein pour un montant exorbitant… on voit bien qu’on a quitté l’Espagne… il nous rejoint pour nous aider à transporter tous ces bidons. Et nous cherchons sa femme sur le chemin pour un petit tour du bateau. C’est marrant comme nous rencontrons plein de gens curieux de voir un wharram en vrai. Très gentil couple, ils nous invitent ensuite à monter sur leur voilier et gouter un petit vin local accompagné d’un morceau de fromage. Nous sommes assez surpris quand ils nous disent qu’ils n’ont pas aimé la Corse. Sans tout à fait nous dire pourquoi, ils nous disent plusieurs fois qu’il faut rester en Sardaigne. Mais nous ne pouvons pas, nous devons être en Corse pour le 30 car nous avons un dîner de prévu. D’ailleurs ça se rapproche.

Nous avions prévu de partir directement mais une grosse drache (comme en Belgique), suivi d’un orage nous est tombé dessus. Nous avons donc reporté ça au lendemain.

5 ème jour

Nous sommes maintenant le 29 et il nous reste 100 miles à parcourir pour arriver à Porto Vecchio. C’est faisable… si la mer est calme. Mais elle nous oblige à nous arrêter dans un port. Chose que nous n’avions plus fait depuis… Carthagène. Pas grave, nous avons droit à une vraie douche… chose que nous n’avons pas fait depuis… non je rigole.

6 ème jour

Vers 2h du matin, les vagues se calment et nous repartons. Mais le vent n’étant toujours pas avec nous (qu’est qu’on a bien pu te faire), nous n’atteindrons pas Porto Vecchio aujourd’hui. Nous nous arrêterons à Bonifacio.

Vers 7h du matin, je relève Jacquouille et prend la barre. La grand-voile est montée mais vu le non-vent, elle fait office de décoration. Mais au moins, nous serons prêts s’il y a 10 minutes de vent. Le soleil tape déjà fort donc je m’assois dans l’ombre de la voile, une main sur le gouvernail. Toutes les dix minutes, je me relève pour faire un tour d’horizon. Personne.

Jusqu’à ce qu’il soit 9-10h. Au moment de jeter un coup d’œil aux alentours, je vois un bateau à moteur noir qui se dirige à tout allure dans notre direction. Il ne dévie pas de sa course. C’est donc bien la douane qui va nous accoster. Désolé les gars, il faut vous réveiller. On descend vite la grand-voile, même pas le temps de se mettre face aux vent. On installe les défenses et ils s’amarrent. A l’abordage ! Ah non… Ils nous demandent nos papiers et font un tour très rapide du bateau. On est un peu soulagé car Jacques nous avait raconter que ceux qui l’avaient contrôlé avaient tout retourné. Faut dire qu’après 3 jours de nav, il n’y avait plus grand-chose à retourner chez nous.

Ils restent bien 45 minutes à faire des recherches dans leur bateau avec nos documents d’identité en main. Et puis ils s’en vont. Aussi rapidement qu’ils sont venus. Et nous reprenons notre route.

Nous arrivons vers 16h à Bonifacio dans une crique ou il faut s’attacher au rocher. Une première pour nous. Et surement une dernière, c’est trop de chipotage. Pierre a dû se tremper jusqu’au cou pour nous passer les cordes. Mais l’avantage, c’est que nous pouvons quitter le bateau l’esprit tranquille, et les mains pleines de sacs de lessive.

Cette traversée a été plutôt positive, pas de gros problèmes, de méchantes météo. Nous avons vu tous les jours des dauphins. Mais nous regrettons d’avoir dû consommer autant d’essence.

Des criques paradisiaques et des supers rencontres

Traversée Calpe-Formentera

Nous partons de Calpe à 5h30 du matin pour être sur de ne pas arriver à la tomber de la nuit, car devoir trouver un mouillage dans un endroit que nous ne connaissons pas dans le noir ne nous plait pas plus que ça.

Il y a 60 miles, normalement cela prendrait 10h, mais le vent n’a pas envie de se montrer. Après 3h de navigation, nous n’avons plus de réseau téléphonique, à l’exception de quelques rares minutes quand de gros bateaux passaient à proximité de nous.

Vers midi, nous avons une escorte personnelle d’une dizaine de dauphins, et quel bonheur, ils nous amènent le vent.

Nous arrivons vers 18h30 à Formentera. Nous voulions mouiller dans la Savina mais l’entrée est trop étroite pour nous. Nous nous accrochons à une bouée juste à coté.

Vers 20h, nous trouvons le courage d’aller à terre pour faire une petite visite, mais tout est fermé et il n’y avait pas grand chose à faire.

Traversée Formentera-Ibiza

Le lendemain, nous devons bouger de notre mouillage car le vent va tourner. Et au lieu de passer de l’autre côté de l’île, nous décidons de faire la courte traversée de 3h vers Ibiza.

Il y quelques petites vagues jusqu’à la pointe de Formentera et puis une mer très plate et du bon vent arrière. Nous avons encore du mal à savoir comment positionner nos voiles mais nous arrivons quand même à frôler les 9 nœuds.

Nous voulions d’abord aller dans la très belle Cala Longua que nous avions visité lors du rappatriement du bateau vers Cartagène, mais le vent rebondissait sur les parois et étaiet trop fort pour que nous puissions s’y ancrer. Nous avons donc continuer quelques miles plus loin pour trouver Santa Eularia des Riu grâce à Navily.

Santa Eularia Des Riu

Seuls dans cette baie, avec de jolis fonds, quel paradis. Nous sommes tout de suite descendus à terre pour une petite visite. Nous avons suivi le chemin  pour découvrir la ville en version courte et n’avons pas été déçu. Nous avons escaladé les escaliers jusqu’à l’église Puig de Missa, pour ensuit redescendre par une superbe promenade jusqu’à l’embouchure du Riu. 

Santa Eularia des Riu

Puig de Missa

Pont Vell

Vue depuis le Puig de Missa

Cala Roig

Cala  Roig

En regardant la météo, nous voyons qu’il faut être au nord avant samedi, donc nous commençons à avancer.

Nous nous arrêtons dans cette petite crique pour couper le chemin en deux. Nous avons un peu de mal à trouver un bon lieu d’ancrage mais nous finissons pas pouvoir nous rapprocher de la plage quand tous les baigneurs sont partis. L’eau devait être à 15 degrés, nous ne comprenons toujours pas comment ils ont pu mettre plus qu’un orteil dans l’eau… A coté de la cala, des champs.. ce n’est pas aujourd’hui que nous allons visiter.

Nous y passons la nuit et le lendemain, vers 10h, nous reprenons  la mer.

Portinatx

Nous arrivons dans ce beau lagon bleu désert où nous avons eu tout le choix de notre place.

Nous avons fait une petite balade mais tout semblait fermé…

1er jour à Portinatx

Et puis un autre voilier nous a rejoind, et puis 2 et puis 3.

Nous étions tranquillement entrain de bronzer dans nos filets quand un dinghy s’est approcher de nous… C’était Suzanne,  une allemande qui naviguait seul sur « Mistral ». Nous lui proposons de venir a bord pour un petit apéritif improvisé et nous avons très vite sympathisé.

Une demi-heure plus tard, nous voyons passé un autre dinghy, mené par un renard des mers, et ses deux maîtres,  un charmant couple d’allemand, du voilier second life, Christine, Peer et bien sûr Nuchi, qui nous racontent leur super histoire.

Ce fut une super soirée et nous décidons de nous donner rendez vous le lendemain, toujours sur notre bateau, pour faire un petit barbecue où tout le monde apporte ce qu’il a envie de manger. On ne se prend pas la tête sur un bateau.

vue depuis la rue

Nous faisons donc un saut pour faire les courses, et quand nous revenons sur la plage, nous remarquons qu’un autre voilier est arrivé et qu’il porte le pavillon français. Après avoir jeté les courses dans le filet depuis le dinghy, nous pagayons jusqu’au bateau de Suzanne, qui se trouve juste à côté de celui des Français, pour lui donner une heure approximative : vous venez quand vous avez envie. Et sur le retour, nous parlons un peu plus fort que necessaire pour que quelqu’un sorte de sa tanière sur le voilier d’à coté. Mission réussi, nous rencontrons Vivian, sur son voilier « Vivianne » et nous lui proposons de passer ce soir pour se joindre avec nous.

L’heure arrive, nous préparons tout, et nos amis arrivent. Heureusement, ils pensent à prendre des couverts supplémentaires.. Et oui, nous n’étions pas préparer à accueillir autant de personne dès la premiere semaine.  Vivian et sa copine Marion nous rejoignent un peu plus tard.

de gauche à droite : Peer, Nuchi, Christine, Sunzanne, Pierre, Vivian, Marion

Ce fut une excellente soirée, de celle qui nous rassurent sur le choix d’abandonner une vie normale pour se lancer dans ce genre d’aventure. C’est exactement ce que nous espérions pour ce départ.

Le lendemain, Peer nous propose de monter à notre mât pour tenter de réparer notre girouette qui s’arrête de temps en temps… Mais ça n’a pas marché, il faudra retenter un autre jour. Les français continuent leur voyage

Peer, le funambule

Cala Benirras et Calo des Moro

Cala Benirras

Le lendemain, nous partons les rejoindre à la Cala Berinnas où ils ont pu assister à un spectacle de djembé la veille. Mais nous avons quelques soucis à poser l’ancre et décidons d’avancer plus pour atteindre une crique proche de San Antonio, Calo des Moro. Sur le chemin, un yacht hollandais nous a donné quelques petites frayeurs en nous collant au train et faisant volontairement de vagues une fois qu’il nous a eu dépassé… Nous le retrouverons dans cette même cala où nous passerons deux nuits avec Christine, Peer et Nuchi.

Calo des Moro

Calo des Moro ; le yacht pénible

Après avoir refait le plein de provisions, nous parcourons les 25 miles nous reliant à Ibiza ville.

Sans girouette, impossible de dire exactement combien de vent nous avons eu, mais ce n’était pas une excellente navigation pour nous. Nous avons eu le vent de face, ainsi que les vagues, et comme je vous l’ai déjà dit, notre moteur n’apprécie pas trop les vagues…  En plus il a plus. Mais après 6h, nous sommes enfin arrivés à la Cala Tallamanca.

Ibiza

Même si cette crique était supposé être bien protégée, il y eu pas mal de vent et surtout un rouli incessant. Pas une bonne nuit de sommeil en perspective. Mais nous mettons notre confiance en notre ancre et nous partons visiter la citadelle d’Ibiza

après avoir grimpé jusqu’à la cathédrale, le point le plus haut, les yeux plissés à cause du soleil

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Nous avions bien sûr déjà visité celle de Namur, mais son charme  n’est en rien comparable  à celle d’Ibiza. La vue imprenable sur toute la ville (nous pouvions même voir que le bateau ne bougeait pas), les petits rues étroites, les escaliers, les interminables montées, mais aussi les descentes glissantes…

Nous faisons un arrêt pour boire un verre de rosé et nous féliciter d’avoir fait nos 10 000 pas aujourd’hui. Peer et Christine, qui avait été promener Nuchi, nous rejoignent pour un café, et pour tirer notre dinghy une fois l’heure de rentrer, nous faisant éviter les rouleaux.

Traversée Ibiza-Palma

Encore habitué au rythme belge, nous sommes ponctuels et partons a 5h30. Il n’y a pas plus de vent que la dernière fois, et nous ne pouvons utiliser les voiles qu’un court laps de temps… Dommage, mais il fait beau et les vagues sont petites, donc nous sommes quand même contents.