Tag

navigation

Browsing

La corse, île de beauté, île bipolaire

30 mail 2018

Nous voici donc arrivé à Bonifacio, le bateau bien amarré aux rochers, en train de chercher la voiture de Carole, l’amie de Jacques qui nous a invité à manger chez elle.

Mouillage à Bonifacio
Pierre, pas content d’être mouillé
Bonifacio

Avec notre gros sac de lessive bien voyant, nous faisons un peu tache dans cette ville visiblement aisée à en croire les dizaines de mega-yachts à quai. Nous rencontrons Carole qui nous permet de prendre une douche avant le soir – 2 vrais douches en une semaine, on vit dans le luxe…

Puis nous allons faire quelques emplettes pour ne pas arriver les mains vides. Nous nous rendons vite compte que le coût de la vie n’est plus le même qu(en Espagne. Nous achetons une tomme de brebis et du vin Corse et partons pour le dîner. Nous arrivons pile à l’heure malgré une adresse approximative… (après le rond point, tu roules jusqu’à un resto,…  nous avons bien ri).

Là, nous rencontrons des personnages tout à fait attachants tel qu’un conseiller municipal – vigneron qui veut nous marier. Dommage que nos familles n’ait pas été là, car il a failli nous convaincre avec son lieu de cérémonie… Il y a aussi un boucher qui nous a fait goûter de très bons morceaux de viande, accompagné de sa femme, corse de souche qui a partagé avec nous quelques bouts d’histoire. Et puis Carole, ses gentils parents en vacances et son voisin qui nous a raconté ses expériences en mer.

Nous passons une super soirée à manger de la viande, boire du champagne, manger une salade, boire du rosé, manger du fromage, boire du vin rouge, manger des desserts corses, boire du café, manger une glace, boire de la myrte… je crois que vous avez saisi le concept.

Nous ne dormirons pas au bateau cette nuit, une chance que nous soyons bien attaché.

31 mai 2018

Le lendemain, Jacques nous dépose au bateau pour que nous nous rapprochions de Porto Vecchio. Les cotes corses sont vraiment superbes, si on aime les rochiers et la verdure bien sur… nous ça nous émerveille. Une plage déserte par ci par là, ça fait vraiment rêver. Pas étonnant que Bonifacio soit rempli de bateaux à touristes.

Le vent n’est pas exceptionnel, mais nous arrivons à faire le plus gros à la voile, en se faisant dépasser par quelques bateaux à moteurs qui ne ralentissent pas et nous font des grosses vagues.

(SPOILER ALERT : ça arrivera souvent à partir de là, tout comme le jeté de main en l’air de Pierre et moi, suivit d’une insulte quelconque, vous avez l’image?)

Les gentils bateaux à moteurs…

Porto Vecchio

Nous parvenons sans encombre dans la baie de Porto Vecchio où nous trouvons un mouillage grâce à Navily, application où les utilisateurs ajoutent des points d’ancrage (similaire à Park4Night pour les camping-caristes qui connaissent).

Baie de Porto Vecchio, vue du Bélvédère

Déjà quelques bateaux sont ancré, quelques autres sur des bouées. Nous n’osons pas en prendre une, nous ne savons pas si elles sont payantes.

2-4 juin 2018

Les jours suivants, nous faisons quelques réparations sur le bateau, beaucoup de rangement. Nous faisons une sortie avec Carole dans la jolie baie de saint Cyprien (San Ciprianu), à seulement quelques miles de notre mouillage. Nous y découvrons une eau turquoise et transparente, loin de la couleur « mer du nord » de la baie de Porto Vecchio. Dommage qu’elle soit encore trop froide, nous aurions bien fait un petit plongeon. En revenant, nous nous accrochons à la bouée, car un petit coup de vent est annoncé.

cof

Un autre jour, elle nous rejoindra pour un petit apéro pour montrer le bateau à ses parents qui garderons un souvenir ineffaçable de leur courte virée en dinghy.

Pierre va aider 2 femmes à fixer une vitre sur leur bateau et ils discutent au passage de la bouée. Elles disent qu’elles ne savent pas qui gère ça. Retenez ça, c’est important pour la suite…

5-10 juin 2018

Je dois retourner en Belgique pour de l’administratif. Pierre et Jacquouille se retrouvent seuls et font quelques travaux chez des clients de Carole.

Un matin, Pierre se fait reveiller par un homme qui lui demande de bouger le bateau car la bouée appartient à une association pour handicapés et leur bateau peut arriver à tout moment. Ça parait un peu bizarre comme histoire, mais il s’exécute et jette l’ancre un peu plus loin. Un peu plus tard dans la journée, les 2 femmes, qui étaient parties faire un tour, s’attachent à la bouée. Pierre  va gentiment les prévenir que quelqu’un est passé lui dire que cette bouée était réservée et que lui répondent ces femmes ? :  » Nous faisons parties de cette association et on nous a autorisé à nous attacher »… Louche non… D’autant plus qu’elles ont quitté leur bateau par la suite. Pas pratique si ce bateau devait arriver à tout moment… Le karma se chargera d’elles.

11 juin 2018

Je reviens enfin sur le bateau en compagnie de mes parents.

Pierre ayant trouvé le matin même un dinghy à vendre dans le nord de la corse, nous partons le chercher pour éviter que mes parents n’aient à subir notre petit dinghy qui se dégonfle et qui prend l’eau.

Après avoir apprécié les paysages depuis la fenêtre, fait la rencontre du gentil monsieur qui nous le vendait et qui nous a offert un petit verre, et apprécié la Corse dans le sens inverse, nous arrivons au moment fatidique de gonfler l’annexe et de faire monter tout le monde sur le bateau.

Pierre monte et gonfle Gold sans trop de peine, et nous nous asseyons sur ce nouveau destrier, bien plus solide et bien plus grand. Derrière nous, notre ancien dinghy que l’on traîne avec nos valises.

Ce soir, ce sera barbecue sur le bateau.

12  juin 2018

Pour bien débuter leurs vacances, nous faisons une visite de Porto Vecchio, courte car c’est une petite ville en fait. Là nous avons découvert une église très particulière. L’intérieur est tapissé de trompes l’œil.

Nous montons sur le belvédère pour avoir un panorama de la baie et s’assurer que notre bateau est toujours au même endroit

Pas de chance pour mes parents, la météo de la Corse est très capricieuse.  Nous devons resté dans la baie deux jours à cause d’orage et de vents forts. Même si des petites vagues déplaisantes se forment, le bateau ne bouge pas.

13 juin 2018

Pour l’anniversaire de ma maman, nous allons dans un restaurant de spécialités qui propose un concert de chants corses. Un peu cliché mais intéressant pour découvrir la gastronomie de la région. Le groupe est super doué et nous avons une visite inattendue… Carole nous avait déjà parlé des sangliers qui se promenaient près de chez elle mais nous ne pensions pas en voir. On apprend que le resto leur donnent à manger. Un peu étrange quand on sait que dans nos assiettes se trouvent leur frères et sœurs.

14 juin 2018

Bonifacio

Comme nous n’avons pas beaucoup de temps et plus trop envie de retenter l’expérience de s’attacher aux rochers, nous allons visiter Bonifacio en voiture.

Cette ville fortifiée, visible depuis le large, est construite sur les falaises. Assez impressionnant. Malgré les touristes nombreux, nous apprécions beaucoup ces petites ruelles et ces maisons couleur sable. Et les vues sur les falaises sont magnifiques.

15 juillet 2018

Démarrage du moteur, relevage de l’ancre, et c’est parti pour 2 jours de visite de criques. Ça aurait été dommage de ne pas pouvoir sortir.

Premier arrêt pas très loin, sur l’île de maestro maria. Les fonds sont peu profonds et l’eau est incroyablement transparente et turquoise.

Te fiti et sa corne

Le bateau voisin nous fait un peu peur en parlant de hauts fonds et comme le vent doit monter un peu, nous décidons de nous diriger vers la crique d’en face, Capu di Acciaju, où nous voyons un voilier sur une bouée.

Après avoir jeté l’ancre, Pierre va faire un petit coucou à ce voisin, et l’invite pour manger le soir. C’est comme ça dans le monde de la navigation, on a l’apéro facile.

L’eau est tellement belle que je me décide à faire le premier saut de la saison.

Le soir, nous accueillons Julien pour un petit dîner et puis nous partons boire un digestif sur son bateau tout beau tout neuf.

Après une nuit un peu roulante, nous partons sur les conseils de Julien, pour une crique à 30 minutes, où il y aurait une source.

Nous avons cherché un petit temps, mais jamais nous ne l’avons trouvé.

Mais la vue depuis le haut de la colline valait le détour et être seule sur une plage de sable fin c’est une sensation terrible.

Après  un saut dans l’eau et quelques poissons qui nous frôlent les pieds, nous repartons pour voir les iles Lavezzi. En fait, c’est plutôt pour apercevoir car la météo monte tout d’un coup et nous ne voulons pas prendre le risque que la météo se dégrade plus, surtout avec les fonds peu profonds. Nous nous dirigeons plutôt vers une grosse crique bien protégée en face. Mais pendant cette petite heure, l’attache du génois arrache le bois et la balustrade dans son passage. Rien de très grave, mais bien pénible.

17 juin 2018

Le lendemain nous repartons pour Porto Vecchio à notre aise, en insultant au passage les bateaux à moteurs qui nous cassent une assiette. Et c’est déjà le dernier jour pour mes parents. Mais les visites ne sont pas finis, car l’avion qui les ramènera en Belgique, déposera la soeur de Pierre par la même occasion. Je ne me rappelle plus des dates exactes mais nous rencontrons aussi Didier, propriétaire d’un superbe Fontaine Pageot de plus de 50 pieds, Beluga, ainsi qu’un autre Pierre et Christel, à bord de leur voilier Antika. Tous les 3 font du charter et nous donnerons de précieux conseils de navigation, réparation et itinéraire.

cof

La météo n’est décidément pas notre alliée en ce mois de juin. Orages, journée à 30 noeuds,… pas les meilleurs conditions pour une visite de Corse. Nous finissons par refaire les mêmes coins que la semaine précédente mais ce n’est rien car on ne se lasse pas de cette eau transparente et de ces paysages verdoyants.

Nous sommes retournés à la plage de Julien et celle où nous n’avions pas trouvé de source. Là nous avons rencontré une charmante famille qui avait loué un gros dinghy. Nous croisons aussi Pierre, d’Antika (faut préciser car visiblement, 2 hommes sur 3 que nous rencontrons portent ce nom ou presque), qui skippe également sur ce genre de bateau.

cof

On peut résumer la semaine à baignade, snorkeling, cocktails, rencontres, salade de boubou et météo capricieuse…

Petite mésaventure dont nous nous rappèlerons,… avec Jacquouille( qui n’est pas dans une période très chanceuse) nous voulons visiter une crique qui semble être une des plus belles de ce coté de l’ile, en tout cas, les photos font rêver. Il s’agit de la plage quelques miles après celle de Saint Cyprien, la plage Pinarello, un peu couverte en cette journée. Et là, problème, le bateau freine et se coince sur une posidonie. On pensait l’éviter en regardant la carte mais apparement il a bien grossi depuis la dernière mis à jour ou bien n’avait pas été encodé correctement.

Le bateau est seulement posé, et pourtant impossible de le bouger avec notre moteur. Pierre essaye de le pousser depuis le sol pendant que l’on se met tous sur le coté opposé, mais rien y fait. Heureusement, il y a un bateau à moteur un peu plus loin qui accepte de nous aider, à distance, car sa coque est plus profonde que la notre. Après quelques minutes à galérer à amener une corde de leur coté, nous réussissons à nous décoincer de cette posidonie.

Le ciel gris est menaçant et nous nous abritons le temps de manger dans un creux de la crique. Et puis nous repartons sans encombre.

Marine repart et nous avons quatre jours seulement pour faire des lessives et arriver à Ajaccio ou ma soeur et une amie à elles vont atterrir… Ca n’arrete pas…

Nous partons le jour du match France – Algérie… Il n’y a tellement pas de vent, qu’on peut même le regarder en naviguant. Vu notre vitesse incroyablement lente, on a sorti la canne à pêche en se disant que même un poisson sans nageoire pourrait mordre… mais c’est sans compter Jacques qui passe en bateau et coupe la ligne… oui oui jacquouille, si tu lis ça, tu nous a coulé notre super hameçon… pas de poisson pour nous, ca fait juste 3 mois qu’on rêve de poisson au barbecue…

Comme il est déja tard et que nous n’avançons toujours pas, nous décidons de nous arrêter plus tôt que prévu, dans la baie de Rondinara. Eau encore plus turquoise que sur les autres plages ( est ce que c’est seulement possible ?) , chants de criquets sur la plage, et poissons qui tournent autour des posidonies. Point négatif, il y a pas mal de bateau mais Te fiti se fraye un chemin et notre audace et petit tirant d’eau nous permet de nous mettre un peu à l’écart.

Demain nous passerons à coté de Bonifacio pour aller du coté ouest de l’île

Cette traversée de ~ 240 miles est la plus grosse traversée que nous ayons fait jusque-là. C’est aussi l’une des plus grosses traversées que l’on peut faire en méditerranée. Nous avions une petite appréhension car cela représentent quelques jours en mer sans réseau.

Je reviens à Minorque le 24 mai et retrouve Pierre et Jacques qui va nous aider. J’amène avec moi une nouvelle girouette que Jacques monte directement. Je découvre aussi que le pilote automatique est réparé. Ouf ! Sans ces 2 choses-là, la traversée allait être moins drôle.

La météo nous annonce une bonne fenêtre de vent pour les 5 prochains jours, à partir du lendemain, par contre le vent ne nous poussera pas. Jacques nous explique qu’il est très rare d’avoir ce genre de vent et qu’il faut donc profiter de cette semaine de mer tranquille et de vents cléments.

1er jour

Nous partons donc le lendemain 25 mai de la baie de Mao vers midi, car c’était l’heure ou le vent se levait.

En sortant de notre mouillage, nous découvrons de petites vagues venant de face. Bon… la météo s’est encore trompée. Il va falloir nous y habituer, ça semble récurrent… Nous prenons le bon cap, le vent vient pile de face, nous devons donc tirer des bords.

Nous jetons la ligne de pêche à la mer. Un flotteur remontera à la surface pour nous avertir si quelque chose a mordu. Croisons les doigts.

Nous essayons de calculer le juste milieu entre cap et vitesse. Les vagues ont un peu grossis 1,50, certaines à 2m, rien de dangereux, quelques gerbes d’eau nettoient l’avant du bateau, celui-ci se comporte très bien. Mais ça bouge un peu, si bien que je suis nauséeuse. Pas de chance… je vais avoir un peu de mal à faire des quarts cette nuit. Heureusement que Jacquouille est là pour aider Pierre. Le pilote tient donc ils peuvent en profiter pour boire un petit verre.

Quelques heures plus tard, Pierre vient me réveiller en criant : « DAUPHINS ! ». J’oublie subitement mon mal de mer et cours près des filets en n’oubliant pas d’attraper mon appareil photo au passage. Il y en a partout ! Sans connaitre exactement leur nombre, nous pensons qu’il y en avait au moins une trentaine.

Même après en avoir vu plusieurs fois, nous sommes toujours émerveillés par le spectacle qu’ils nous offrent. C’était d’autant plus impressionnant avec les vagues. Et la cerise sur le gâteau, c’est de savoir (enfin de croire) qu’ils venaient pour nager avec nous car cette fois-ci, ils ne pouvaient pas nous prendre pour un bateau de pêcheur, puisque nous étions à la voile. C’est peut-être une théorie stupide, mais c’est plus chouette de penser comme ça.

Après ce magnifique moment, je retourne dormir difficilement car les vagues qui tapent contre la coque font des bruits perturbants.

Les premiers quarts se passent bien pour nos deux hommes malgré l’absence de vent et sa direction toujours pourrie. Les vagues ont un peu diminués, mais pas assez pour décider de mettre le moteur sans paniquer. En plus, nous n’avons pas assez d’essence pour faire tout le voyage au moteur. Il faut donc avancer lentement, mais surement.

Et là, le pilote décide de faire grève, il ne veut plus tenir. Quel dommage, il n’aura marché que quelques heures… Cette traversée risque de nous paraitre plus longue…

Cette première nuit prend fin, nous avons parcouru approximativement 90 miles.

2 ème jour

Nous décidons de faire dévier le cap vers la Sardaigne car la météo annonçait un vent contraire de 25 nœuds dans les bouches de Bonifacio le lundi, nous n’avancerions pas. Cela nous rajoute quelques miles, mais c’est pour le mieux. Seulement, petit problème… le vent baisse encore, et vient encore plus dans notre nez, à croire qu’il se joue de nous… Nous continuons à faire des bords… pas le choix… Mais pour avancer à une allure correcte, il faut faire des bords carrés, ce qui veut dire, ne pas progresser beaucoup sur la distance qui nous sépare de notre destination. Ce deuxième jour sera un peu inutile, si bien que la nuit, nous décidons d’allumer le moteur. Toutes les 2 heures, nous réessayons de monter les voiles pour nous faire gagner 1 nœuds, mais le vent est tellement faible qu’elles faseyent.

Nous n’avons que de 40 miles vers la Sardaigne. Pas terrible….  Mais nous avons encore vu des dauphins ! Ça nous remonte le moral. Nous avons aussi vu des jets d’eau très loin sur l’horizon. Surement une très grosse baleine.

3 ème jour

…et dernier jour, sans connexion. Le vent ne veut toujours pas se lever, nous faisons le même cinéma que cette nuit. Nous n’avons plus beaucoup d’essence donc nous n’avançons pas… Mais au petit matin, nous apercevons enfin la terre. Incroyable et bizarre sensation à la fois, qu’est-ce que ça doit être après une transatlantique.

Une tortue à moitié endormie passe à côté de nous, un casque de chantier, du plastique, encore du plastique… Quelle tristesse. Une heure avant d’atteindre les côtes, nous remontons la ligne de pêche. Toujours pas de poissons… et on comprend pourquoi ! L’hameçon au bout de la cuillère a disparu. Simplement détaché ou arraché par un poisson, nous ne saurons jamais… mais ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas encore pour aujourd’hui le poisson au barbecue…

Plus que quelques miles avant l’arrivée, et plus que quelques litres d’essence aussi. Tant pis pour le temps perdu, nous arrêtons le moteur. Il faut quand même que nous gardions de l’essence pour le mouillage.

Après 52 heures en mer, nous entrons dans une jolie baie au nord-ouest et nous jetons l’ancre. Il reste à peine 1 ou 2 litres dans notre bidon. Il y a un port juste à côté, il faut maintenant espérer qu’il y ait une pompe et qu’elle propose de l’essence.

Mais pour l’heure, c’est dodo ! 2 nuits de quarts (bon une pour moi, ok !), c’est éprouvant…

4 ème jour

Le lendemain, nous chargeons les bidons dans le dinghy et partons à la recherche de la pompe. Après avoir mal interprété les infos d’un italien, nous rencontrons un français qui nous renseigne. Et après avoir fait le plein pour un montant exorbitant… on voit bien qu’on a quitté l’Espagne… il nous rejoint pour nous aider à transporter tous ces bidons. Et nous cherchons sa femme sur le chemin pour un petit tour du bateau. C’est marrant comme nous rencontrons plein de gens curieux de voir un wharram en vrai. Très gentil couple, ils nous invitent ensuite à monter sur leur voilier et gouter un petit vin local accompagné d’un morceau de fromage. Nous sommes assez surpris quand ils nous disent qu’ils n’ont pas aimé la Corse. Sans tout à fait nous dire pourquoi, ils nous disent plusieurs fois qu’il faut rester en Sardaigne. Mais nous ne pouvons pas, nous devons être en Corse pour le 30 car nous avons un dîner de prévu. D’ailleurs ça se rapproche.

Nous avions prévu de partir directement mais une grosse drache (comme en Belgique), suivi d’un orage nous est tombé dessus. Nous avons donc reporté ça au lendemain.

5 ème jour

Nous sommes maintenant le 29 et il nous reste 100 miles à parcourir pour arriver à Porto Vecchio. C’est faisable… si la mer est calme. Mais elle nous oblige à nous arrêter dans un port. Chose que nous n’avions plus fait depuis… Carthagène. Pas grave, nous avons droit à une vraie douche… chose que nous n’avons pas fait depuis… non je rigole.

6 ème jour

Vers 2h du matin, les vagues se calment et nous repartons. Mais le vent n’étant toujours pas avec nous (qu’est qu’on a bien pu te faire), nous n’atteindrons pas Porto Vecchio aujourd’hui. Nous nous arrêterons à Bonifacio.

Vers 7h du matin, je relève Jacquouille et prend la barre. La grand-voile est montée mais vu le non-vent, elle fait office de décoration. Mais au moins, nous serons prêts s’il y a 10 minutes de vent. Le soleil tape déjà fort donc je m’assois dans l’ombre de la voile, une main sur le gouvernail. Toutes les dix minutes, je me relève pour faire un tour d’horizon. Personne.

Jusqu’à ce qu’il soit 9-10h. Au moment de jeter un coup d’œil aux alentours, je vois un bateau à moteur noir qui se dirige à tout allure dans notre direction. Il ne dévie pas de sa course. C’est donc bien la douane qui va nous accoster. Désolé les gars, il faut vous réveiller. On descend vite la grand-voile, même pas le temps de se mettre face aux vent. On installe les défenses et ils s’amarrent. A l’abordage ! Ah non… Ils nous demandent nos papiers et font un tour très rapide du bateau. On est un peu soulagé car Jacques nous avait raconter que ceux qui l’avaient contrôlé avaient tout retourné. Faut dire qu’après 3 jours de nav, il n’y avait plus grand-chose à retourner chez nous.

Ils restent bien 45 minutes à faire des recherches dans leur bateau avec nos documents d’identité en main. Et puis ils s’en vont. Aussi rapidement qu’ils sont venus. Et nous reprenons notre route.

Nous arrivons vers 16h à Bonifacio dans une crique ou il faut s’attacher au rocher. Une première pour nous. Et surement une dernière, c’est trop de chipotage. Pierre a dû se tremper jusqu’au cou pour nous passer les cordes. Mais l’avantage, c’est que nous pouvons quitter le bateau l’esprit tranquille, et les mains pleines de sacs de lessive.

Cette traversée a été plutôt positive, pas de gros problèmes, de méchantes météo. Nous avons vu tous les jours des dauphins. Mais nous regrettons d’avoir dû consommer autant d’essence.

Première étape de l’aventure : L’achat du bateau
Buying a boat

Mai 2017

Nous ne sommes qu’à quelques jours du départ pour l’Espagne afin d’apprendre à naviguer avec Jacquouille. Pendant que je fais les valises, Pierre vient près de moi et me dit qu’il a trouvé notre bateau. Je dois battailler pour ne pas qu’on s’emballe. En effet, ce wharram répond à beaucoup de nos critères, il est à Palma de Majorque, l’annonce affirme qu’il est prêt à partir et il est dans notre budget. C’est peut-être un signe. Nous contactons la propriétaire et nous planifions une visite pour le milieu du mois de juin. Nous tenterons d’y aller en voilier, vu que c’est notre itinéraire.

Juin2017
Nous voilà sur le voilier sous un beau soleil. Nous avons du renoncer à la traversée vers Ibiza et Palma en raison du vent contraire et des vagues de face. Nous irons donc en avion le jour venu.

Nous recevons des nouvelles de la propriétaire qui ne saura être présente, ce sera un de ses amis qui nous fera la visite. Elle nous donne le numéro du chantier ou est entreposé le bateau. Première nouvelle, celui-ci se trouve à 10 km dans les terres et nous ne pourrons donc pas tester le bateau dans l’eau.
Nous appelons donc la directrice du chantier qui nous apprend qu’il est démonté, que le moteur avait été volé auparavant et qu’il y a des trous à réparer,…

On décide quand même d’aller voir, on a déjà pris nos billets de toute façon.

Nos billets étant très (trop) tôt le matin, nous arrivons avant l’ami. Impossible de rater le bateau, il est immense.

 

Comme nous sommes en avance, nous visitons déjà l’intérieur du bateau et inspectons les dommages. Il y a plein de pièces éparpillées partout sur le chantier, si bien qu’on ne sait pas ce qui va où, ou même si cela fait parti du bateau.

 

dommage de la coque

le bateau vue de l’arrière, sans plancher

 

la boite du moteur

Un dommage de la coque

L’ami arrive, qui n’est pas vraiment un ami, sans surprise il ne connait rien au bateau.
Il va nous chercher un devis réalisé par le chantier pour rendre le bateau navigable et là, notre mâchoire se disloque et touche terre, il est 2 fois plus élevé que le prix du bateau… Autant dire qu’il est bien en dehors de notre budget. Je vous laisse imaginer la déception que nous avons ressenti.

Nous prenons tout de même une copie du devis pour la consulter et c’est plus tard que nous avons remarqué que certains points du devis pouvaient être retirés.

La propriétaire nous dit qu’elle avait fait faire un devis moitié moins cher,… on hésite un bon moment et on finit par se dire qu’on va tenter une offre ridicule et si elle accepte, ce serait un signe de l’univers.

Quelques jours plus tard, l’univers nous a répondu… La propriétaire nous laisse le bateau pour un peu plus que l’offre que nous avions faite. Entre-temps, nous avions trouvé une autre entreprise pour les travaux : http://rescateveleros.com/.
Et voila comment nous avons acheté notre Wharram ariki 47  !